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Obama/Romney : des médias US orientés

Selon le Pew Research Cen­ter, depuis leurs con­ven­tions respec­tives, Barack Oba­ma et Mitt Rom­ney ont tous deux vu les médias par­ler d’eux plus néga­tive­ment que pos­i­tive­ment, même si le pre­mier a été moins mal traité que le sec­ond. Ain­si, du 27 août au 21 octo­bre, la tonal­ité médi­a­tique a été pos­i­tive à 19% pour le Prési­dent sor­tant tan­dis qu’elle l’était à 15% pour l’ancien Gou­verneur du Mass­a­chu­setts. Elle fut mit­igée à 51% pour Barack Oba­ma, à 47% pour Mitt Rom­ney et néga­tive à 30% pour le pre­mier, à 38% pour le sec­ond.

Toute­fois, si l’on regarde dans le détail, le traite­ment médi­a­tique des can­di­dats a évolué après le pre­mier débat prési­den­tiel qui a vu le Répub­li­cain l’emporter sur le Démoc­rate : Rom­ney est alors passé de 11% de traite­ment posi­tif à 20%, Oba­ma de 22% à 13% et les retombées néga­tives sur le pre­mier ont évolué de 44% à 30% tan­dis que celles sur le sec­ond pas­saient de 27% à 36%.

Plus éton­nant, il s’avère que les réseaux soci­aux ne rééquili­brent pas tou­jours la bal­ance : le can­di­dat répub­li­cain n’obtient que 16% de traite­ment posi­tif et 58% de traite­ment négatif sur Twit­ter (respec­tive­ment 15% et 38% dans les médias main­stream) con­tre 25% et 45% pour le can­di­dat démoc­rate (19% et 30%). Face­book (24% de traite­ment posi­tif et 53% de traite­ment négatif pour Oba­ma, 23% de traite­ment posi­tif et 62% de traite­ment négatif pour Mitt Rom­ney) et surtout les blogs (19% de traite­ment posi­tif et 44% de traite­ment négatif pour Oba­ma, 18% de traite­ment posi­tif et 46% de traite­ment négatif pour Mitt Rom­ney) sont plus équili­brés.

Selon le Pew Research Cen­ter, deux chaînes du cable à la pro­gram­ma­tion idéologique­ment mar­quée se démar­quent par un traite­ment par­tial : 46% du traite­ments de la cam­pagne d’Obama par Fox News a été négatif, 6% posi­tif, soit un rap­port de 1 à 8. MSNBC établit quand à elle le record de 71% de traite­ment négatif à l’égard de Rom­ney pour seule­ment 3% de traite­ment posi­tif, soit un rap­port de 1 à 23%. CNN n’est pas beau­coup plus impar­tiale avec 36% de traite­ment négatif con­cer­nant Rom­ney con­tre 11% de traite­ment posi­tif.

Homophobie : Ce que ne dit pas Le Midi Libre

Alors que, selon Alexan­dre Mar­cel, le vice-prési­dent du comité Ida­ho (Inter­na­tion­al Day against Homo­pho­bia and Trans­pho­bia), « cinq Maghrébins se sont présen­tés vers 2 heures (du matin, ce same­di, ndlr) devant la dis­cothèque le CUD, dans le IIIe arrondisse­ment pour ‘punir les PD au nom du Coran’ », qu’« il y a eu des échanges de coups de poings », qu’« un d’entre eux a réus­si à ren­tr­er dans l’établissement et a arrosé la foule, dont moi-même à l’aide d’une bombe lacry­mogène au poivre », cer­tains médias ont une manière bien à eux de relay­er l’affaire, comme Le Midi Libre ce dimanche :

Pas sûr que le lecteur moyen com­prenne pourquoi il est ques­tion de reli­gions à la fin de la brève puisque celle-ci ne pré­cise pas au nom de quoi l’agression a été com­mise.

France TV et la convention identitaire

Réécrire une dépêche AFP con­sacrée à la con­ven­tion iden­ti­taire, en y ajoutant une pincée d’ironie et sans véri­fi­er ses affir­ma­tions, c’est ce qu’à fait le site inter­net de France Télévi­sions same­di, affir­mant que l’ancien député du Nord Chris­t­ian Vanneste s’était « décom­mandé »

alors qu’il était bel et bien présent comme l’attestent ces pho­tos postées sur Twit­ter :

Costas Vaxevanis innocenté !

Accusé de vio­la­tion de la vie privée après avoir pub­lié une liste de 2 059 de ses com­pa­tri­otes déten­teurs de comptes ban­caires suiss­es, Costas Vax­e­va­nis, 46 ans, a finale­ment été inno­cen­té ven­dre­di matin par le juge Malia Voli­ka au terme d’un procès qui s’est rapi­de­ment trans­for­mé en celui de l’évasion fis­cale. Le Pro­cureur avait accusé le jour­nal­iste d’avoir « ridi­culisé publique­ment une série de per­son­nes » et « livré ces gens à une société assoif­fée de sang », deman­dant sa con­damna­tion. Sans suc­cès.

« J’ai fait ce que tout jour­nal­iste aurait dû faire » a déclaré Costas Vax­e­va­nis à la sor­tie de l’audience. « C’était mon devoir de pub­li­er cette liste. Même si mon père avait fig­uré sur cette liste, je l’aurais pub­liée », avait-il expliqué aupar­a­vant devant le tri­bunal. « Au lieu de lut­ter con­tre les fraudeurs fis­caux, on coupe les salaires des juges et des retraités », avait-il dénon­cé. Costas Vax­e­va­nis était soutenu par de nom­breuses organ­i­sa­tions comme Reporters sans Fron­tières, Amnesty Inter­na­tion­al, le Comité de Pro­tec­tion des Jour­nal­istes. L’Observatoire des jour­nal­istes et de l’information médi­a­tique voit dans ce juge­ment une vic­toire pour la lib­erté d’expression et se réjouit de mise hors de cause de Costas Vax­e­va­nis.

La nouvelle formule de Télérama est un échec

Le 28 mars dernier, Téléra­ma fai­sait peau neuve et adop­tait un posi­tion­nement davan­tage « news cul­turel » afin d’échapper à la crise qui sec­oue la presse télévi­sion (-3,3% de dif­fu­sion glob­ale en 2011 selon l’OJD). Objec­tif de l’hebdomadaire branché ? Répon­dre « aux change­ments de con­som­ma­tion et de pra­tiques cul­turelles, afin de con­quérir de nou­veaux lecteurs et con­tin­uer de séduire les actuels », expli­quait Fabi­enne Pas­caud, direc­trice de la rédac­tion. Téléra­ma affichait une dif­fu­sion payée en baisse de 1,6% pour l’année 2011. Quelques mois plus tard, l’heure du bilan a son­né… et celui-ci n’est pas bon : le mag­a­zine TV du Groupe Le Monde a vu sa dif­fu­sion chuter de 1,9% entre avril-mai-juin 2012 (609 946 ex.) et avril-mai-juin 2011 (622 012 ex.). Les ventes au numéro sont les plus mal-en-point : d’après l’OJD, elles sont passées de 69 226 ex. à 64 088 ex. (-7,4%). Le pas­sage du prix de vente de 2,3o à 2,50 euros en févri­er dernier n’a pas dû arranger les choses.

Le CSA veut la fin de la liberté sur Internet

Les Français con­nais­sent plus ou moins le nom du CSA (Con­seil Supérieur de l’Audiovisuel) mais ils ignorent que ce dernier doit dis­paraître pour fusion­ner avec l’Arcep (Autorité de régu­la­tion élec­tron­ique et des postes, mais si ça existe, d’ailleurs vous allez en enten­dre par­ler). Sauf que le CSA défend sa peau en voulant celle de la lib­erté sur inter­net. Expli­ca­tions.

Le CSA a tou­jours été cha­griné de la grande lib­erté rég­nant sur inter­net. La règle au moins implicite – et sou­vent explicite – du web 2.0, c’est la lib­erté sur la forme et le fond. Le CSA voué à la dis­pari­tion veut gen­ti­ment entrain­er avec lui la lib­erté d’expression sur la toile.

Reprenons les récentes déc­la­ra­tions du CSA. Il dégage deux objec­tifs de régu­la­tion des con­tenus sur Inter­net : « Le respect, par tous les con­tenus audio­vi­suels, des valeurs qui appar­ti­en­nent au socle de notre République, comme la déon­tolo­gie de l’information et des pro­grammes, la lutte con­tre le racisme et l’antisémitisme, la pro­tec­tion de l’enfance, ou encore la pro­mo­tion de la cul­ture française ». La pro­tec­tion de l’enfance a bon dos… Et sur le sujet de la « lex Google » : « La péren­nité du finance­ment de la créa­tion, grâce à l’application d’un principe à
généralis­er, suiv­ant lequel tout ser­vice tirant un revenu de l’exploitation de con­tenus
audio­vi­suels pro­fes­sion­nels doit par­ticiper à leur finance­ment » (soit via le prélève­ment de tax­es, soit par des oblig­a­tions de co-finance­ment de pro­duc­tions, par exem­ple).

Suiv­ez mon regard : dans très peu de temps les « web télévi­sions » (accès à la télévi­sion sur votre téléviseur mais via Inter­net avec une prise eth­er­net) vont se mul­ti­pli­er. Et le CSA veut avoir mar­tinet en mains et trébuchet à la cein­ture pour châti­er les con­trevenants. Cir­culez, y’a rien à voir…

Source : Numéra­ma.

Arrêté pour avoir fait son travail de journaliste

Bien mal en a pris à Kostas Vax­e­va­nis de pub­li­er dans le mag­a­zine Hot Doc, dont il est le rédac­teur en chef, une liste de 2 059 de ses com­pa­tri­otes déten­teurs de comptes ban­caires suiss­es ! Accusé de vio­la­tion de la loi sur la pub­li­ca­tion de don­nées privées, le jour­nal­iste grec a été arrêté par les forces de l’ordre dimanche dernier puis relâché dans la nuit. Cette liste a été volée par un employé de la banque HSBC en Suisse, trans­mise au fisc puis, en 2010, à Geór­gios Andréas Papan­dréou, alors Pre­mier min­istre grec, par Chris­tine Lagarde, à l’époque min­istre française des Finances. Depuis, les gou­verne­ments suc­ces­sifs se sont refusés à s’en servir, au nom d’un doute sur son authen­tic­ité ou parce qu’elle a été obtenue illé­gale­ment, pré­tex­tant même, comme Yan­nis Stournaras, l’actuel min­istre des finances, l’avoir per­due… avant de promet­tre la semaine dernière à un peu­ple en colère d’en deman­der une nou­velle copie à la France. Il aurait pu en réclamer une à Kostas Vax­e­va­nis ! Ce dernier explique dans une vidéo envoyée à Reuters que « si quelqu’un doit s’expliquer devant la jus­tice, ce sont les min­istres qui ont ten­té de dis­simuler cette liste et l’ont per­due avant de dire qu’elle n’existait pas. Je n’ai fait que mon tra­vail ». « Demain, le Par­lement votera une baisse de 100 à 200 euros des salaires des fonc­tion­naires, alors que pen­dant ce temps, la plu­part de ces 2 000 per­son­nes fig­u­rant sur la liste sem­blent fraud­er les impôts en envoy­ant secrète­ment de l’argent en Suisse », con­tin­ue-t-il. L’Observatoire des Jour­nal­istes et de l’Information Médi­a­tique lui tire son cha­peau et aimerait crois­er davan­tage de jour­nal­istes de cette trempe en France.

Source : BastaMag.net

Google à l’amende, un milliard d’euros ?

Selon Le Canard enchaîné de mer­cre­di, c’est la somme que réclam­erait le fisc français au moteur de recherche cal­i­fornien. “C’est en effet près d’un mil­liard d’euros que la Direc­tion générale des impôts vient de réclamer par cour­ri­er recom­mandé au géant améri­cain pour qua­tre exer­ci­ces compt­a­bles”. Google a démen­ti, affir­mant être en con­tacts « nor­maux » avec le fisc français. Google paierait par an entre 5 et 40 mil­lions d’euros — suiv­ant les sources – d’impôts en France.

Com­ment arriv­er à une somme aus­si faramineuse ? Grâce à des mon­tages fis­caux sophis­tiqués – et légaux –, Google fait remon­ter les revenus de sa pub­lic­ité en ligne en France dans des par­adis fis­caux bien con­nus y com­pris cer­tains pays de l’Union européenne comme les Pays-Bas et l’Irlande qui offrent de loger des hold­ings à des taux d’imposition très bas.

Google paiera-t-il un mil­liard d’euros ? Sans doute pas, une négo­ci­a­tion va s’engager – comme en Alle­magne – pour que Google accepte de « loger » une par­tie de ses béné­fices en France, élar­gis­sant ain­si son assi­ette d’imposition. Si Google refuse, il fau­dra une « Google lex », dif­fi­cile à met­tre en œuvre et qui heurtera cer­tains de nos parte­naires en Europe. À suiv­re …

Source : Le Canard enchaîné

La taxe Google verra-t-elle le jour ?

François Hol­lande a reçu le 29 octo­bre le Prési­dent de Google, Eric Schmidt. Selon un com­mu­niqué de l’Élysée le prési­dent souhaite « une adap­ta­tion de la fis­cal­ité afin de mieux appréhen­der le partage de la valeur ajoutée et le finance­ment de la créa­tion de con­tenus sur chaque ter­ri­toire ».

En clair Google perçoit plus d’un mil­liard d’euros sur son activ­ité en France et ne paie des impôts – grâce à une forme juridique très étudiée – que sur 41 mil­lions d’euros. De l’autre côté, les revenus inter­net de la presse écrite – les chiffres vari­ent large­ment – se situeraient entre 140 et 240 mil­lions d’euros seule­ment. La ten­ta­tion est grande de siphon­ner une par­tie des béné­fices de Google vers les créa­teurs de con­tenus comme une loi à l’étude en Alle­magne le prévoit. Google se défend bec et ongles et men­ace de déréférencer la presse française du moteur de recherche. Curieuse­ment, l’ensemble de la PQN (presse quo­ti­di­enne nationale) habituelle­ment par­ti­san du libre échange, hos­tile à tout pro­tec­tion­nisme assim­ilé au Front Nation­al, lib­er­tarien en un mot, retrou­ve les accents de Déroulède en par­lant de « sou­veraineté numérique » (Nico­las Demor­and dans Libéra­tion). Pour Lau­rent Jof­frin dans Le Nou­v­el Obser­va­teur, « assise sur sa puis­sance et sur ses cer­ti­tudes, Google se lance dans un chan­tage pur et sim­ple sur le gou­verne­ment élu et sur la représen­ta­tion nationale si celle-ci per­siste dans son inten­tion ».

Fleur Pel­lerin, min­istre déléguée à l’Économie numérique, prône de son côté « une dis­cus­sion apaisée ». Le chef de l’État donne trois mois aux par­ties (Google et presse, ce qui don­nera lieu à de vir­iles dis­cus­sions pour la répar­ti­tion ultérieure de la manne) pour trou­ver un accord faute de quoi une « lex Google » sera votée. Pour Mau­rice Bot­bol, prési­dent du Syn­di­cat de la presse indépen­dante d’information en ligne, « cette taxe serait évidem­ment une source de revenus à court terme mais nous pen­sons qu’à long terme cela va détru­ire la diver­sité de la presse ».

Au-delà des légitimes dis­cus­sions sur les intérêts financiers de la France sur des courants économiques nés d’activités en France et ne générant que peu de revenus dans le pays, une ques­tion demeure. Ce « siphonage » est-il bien­venu pour la presse écrite la plus sub­ven­tion­née du monde ? Il faut au moins se pos­er la ques­tion.

Le portage, avenir de la presse quotidienne en France ?

Une étude par­lemen­taire récente se penche sur les dif­férents modes de dis­tri­b­u­tion de la presse quo­ti­di­enne. Un pre­mier con­stat, la France ne dis­pose que d’un point de vente pour 2 000 habi­tants con­tre un pour 800 en Alle­magne, encore peut-on con­stater chaque jour la dis­pari­tion des kiosques dans nos grandes villes. Deux­ième con­stat le portage à domi­cile ne représente que moins de 20% de la dis­tri­b­u­tion de la PQN (presse quo­ti­di­enne nationale) con­tre 60% en Alle­magne et… 88% en Hol­lande. Troisième con­stat la PQR (presse quo­ti­di­enne régionale) qui résiste mieux utilise plus le portage à hau­teur de 50% et avec des pointes à 73% pour un titre phare comme Le Télé­gramme de Brest, un des rares quo­ti­di­ens qui se por­tent bien. Du côté des « grands titres », Le Monde n’est porté que pour 15% de ses ventes et Libéra­tion pour moins de 10%. Prob­lème, le bud­get d’aide à la presse pour 2013 ne con­sacre que 38 mil­lions d’euros d’aide au portage con­tre 249 mil­lions d’euros pour l’aide à la dis­tri­b­u­tion postale.

Source : rap­port par­lemen­taire, Michel Fran­caix, évo­lu­tion des aides à la presse en 2013.

BFM et le mariage gay

Alice Weil, jour­nal­iste à BFM TV (une chaîne du Groupe Nex­tRa­dioTV que pré­side Alain Weil), ne s’en cache pas : elle souhaite réalis­er un sujet de 26 min­utes sur la ques­tion de l’homoparentalité pour le ren­dez-vous « 7 jours BFMTV » qui sera ori­en­té de manière favor­able. Sur la page Face­book du Cen­tre LGBT de Nantes, elle a demandé à ren­con­tr­er « un cou­ple (homo­sex­uel, ndlr) voulant se mari­er » et « un cou­ple avec un enfant ». L’objectif d’Alice Weil ? Non pas don­ner la parole aux deux par­ties (les pour et les con­tre) afin que le téléspec­ta­teur se fasse une opin­ion mais « mon­tr­er qu’il est impor­tant pour ces cou­ples de se mari­er » et « mon­tr­er que c’est un cou­ple comme les autres ».

Sur Face­book, le blogueur Koz iro­nise :

Bon­jour, vous voulez un reportage qui aille bien dans le sens pré-déter­miné ? Un reportage objec­tif et pas téléphoné du tout qui démon­tre comme tout va bien dans les familles et comme les enfants y sont heureux ?

Eh bien il vous suf­fit, comme d’hab, de pos­er la con­clu­sion avant de com­mencer à chercher, et de deman­der à un groupe­ment mil­i­tant de présélec­tion­ner les can­di­dats au reportage qui, comme par magie, vous tien­dront le dis­cours bien rodé qui va bien.

Les médias en France sont-ils coupés du peuple ?

Les journalistes constituent-ils une caste qui cultive l’entre soi jusqu’à l’enfermement ? Quelques réponses avec deux bons connaisseurs.

Atlanti­co : Lors de l’émission des Paroles et des actes, jeu­di sur France 2, Jean-François Copé a une nou­velle fois fustigé “la bien-pen­sance” des jour­nal­istes parisiens. La presse française est-elle vrai­ment coupée des réal­ités que vivent les Français moyens ? Peut-on par­ler, comme le dit le secré­taire général de l’UMP, de “Saint-ger­man­i­sa­tion-des-Près” des esprits médi­a­tiques ?

Jean-Marie Charon : Je pense que ce sont des for­mules qui expri­ment une ten­sion entre les poli­tiques et les médias. On a d’un côté la com­mu­ni­ca­tion d’un pou­voir qui cherche à impos­er son agen­da poli­tique et de l’autre des médias qui ten­tent de démon­ter un mes­sage qu’ils jugent trop con­stru­it. Il s’agit là d’un décalage de plus en plus fort entre la logique de com­mu­ni­ca­tion et celle de l’information. En dénonçant une cer­taine caste jour­nal­is­tique, le pou­voir tente donc de surfer directe­ment sur l’opinion, qui n’est pas imper­méable à cette dénon­ci­a­tion des grands médias. On évoque ain­si sou­vent des salaires mirobolants ou encore la con­nivence des grands jour­nal­istes qui jugulerait la lib­erté de l’information. Du reste on peut se deman­der si cette logique de con­fronta­tion n’est pas tout sim­ple­ment par­tie inté­grante du sys­tème démoc­ra­tique. C’est plutôt l’inverse qui serait inquié­tant : des poli­tiques sat­is­faits des médias, cela sous-entendrait que l’on vit dans un régime dic­ta­to­r­i­al.

André Bercoff : Vieux débat, vieilles con­tra­dic­tions. Nous sommes loin et depuis longtemps, de Zola et d’Albert Lon­dres, d’Orwell et de Kessel, de Lon­don et Camus. La con­nivence entre jour­nal­istes et poli­tiques, les milieux où l’on se con­grat­ule et se coag­ule, la dimen­sion “Ménines de Velasquez” de ceux et celles qui vivent dans le même lieu est aujourd’hui le dénom­i­na­teur com­mun, plus ou moins caché à gauche comme à droite, de l’information en général et du jour­nal­isme poli­tique en par­ti­c­uli­er. La pipoli­sa­tion récente du “milieu” étale au grand jour les amours tumultueuses ou har­monieuses des hommes de pou­voir et des chroniqueuses spé­cial­isées.

Que la presse française en général et parisi­enne en par­ti­c­uli­er ne vive pas les états d’âme du Français moyen paraît une banal­ité de base, sauf que, depuis dix ans, la rumeur per­ma­nente et trans­ver­sale d’Internet per­met aux dits Français de faire publique­ment et mas­sive­ment état de leurs opin­ions, ce qui était impens­able aupar­a­vant. Quant à l’esprit ger­manopratin, il règne depuis plus de soix­ante ans sur ce qui se dit, s’écrit et se filme puisque le socle de l’intelligentsia repose sur tou­jours sur le même trépied : uni­ver­sité, jour­nal­isme et édi­tion. La décen­tral­i­sa­tion n’a pas ébran­lé la monar­chie qua­si absolue du VIème arrondisse­ment. Mais encore une fois, Inter­net creuse comme une jeune taupe.

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Qui a dit…

« Préférez-vous enchaîn­er votre esprit et adhér­er à des par­a­digmes datés, ou bien vous libér­er et pren­dre con­science de la réal­ité du monde ? Bien sûr, il perdrait alors de son inno­cence. Mais n’est-il pas préférable de con­naître la vérité ? »

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