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Jean Quatremer

31 mai 2018

Temps de lecture : 21 minutes
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Jean Quatremer

Européiste… contre l’identité européenne

« Je dirais que l’Europe n’est pas une iden­tité com­mune, ça je n’y crois pas. C’est un mod­èle, qui peut être exporté, qui peut devenir le mod­èle du monde, ça peut devenir une ONU qui a réus­si et qui s’étend au reste du monde. »

Jean Quatremer est « le » spécialiste de l’Union Européenne dans les médias. Porte-voix d’un fédéralisme européen basé sur la disparition des nations, définissant l’identité européenne comme « dangereuse », il est également le premier à avoir évoqué les frasques sexuelles de Dominique Strauss-Kahn. Né en novembre 1957 à Nancy, il travaille depuis plus de trois décennies au quotidien Libération.

Formation

Il a étudié le droit (spé­cial­i­sa­tion en droit inter­na­tion­al privé, droit du com­merce inter­na­tion­al et droit européen) et a été chargé de travaux dirigés à la fac­ulté de droit à Paris X‑Nanterre et de Paris II-Assas. Il a égale­ment tra­vail­lé dans un cab­i­net d’avocats au Con­seil d’É­tat et à la Cour de cas­sa­tion.

Parcours professionnel

Depuis 1984 : jour­nal­iste au quo­ti­di­en Libéra­tion. Il est nom­mé en 1987 à la rubrique immi­gra­tion et suit notam­ment SOS-RACISME. Entre sep­tem­bre 1990 et 1992, il est respon­s­able du défunt cahi­er « Europe » — un sup­plé­ment heb­do­madaire de huit pages con­sacré à la con­struc­tion com­mu­nau­taire — avant de devenir cor­re­spon­dant auprès de l’Union Européenne.

Il est si con­nu qu’à Athènes, un indi­vidu se fait pass­er pour lui auprès des jour­nal­istes français, en expli­quant que son vrai nom est Jean-Paul Luri­er ; cet aigre­fin est cepen­dant à l’origine, ironie du sort, d’une véri­ta­ble voca­tion jour­nal­is­tique, celle de Sylvie Lasserre.

Il a réal­isé de nom­breux reportages pour la télévi­sion (France 2, France 5, Arte, Canal+ Bel­gique) sur des sujets européen ou de société. Par­mi ses films: « Faiseurs d’eu­ros » (2009), « L’U­nion et la force » (2009), « Euro, quand les marchés attaque­nt » (2010), les trois coréal­isés avec Jean-Michel Meurice.

Radio : Inter­venant réguli­er sur RMC-Info notam­ment dans l’émission les « Grandes Gueules »

Lauréat de plusieurs prix :

Son blog « Couliss­es de Brux­elles », créé en décem­bre 2005, a obtenu en 2006 le prix « Louise Weiss » du jour­nal­isme européen.

13 févri­er 2009 : Prix d’Éthique jour­nal­is­tique et de l’Orientation européenne « Kon­stan­ti­nos Kalli­gas » décerné par la presse grecque.

27 mars 2010 : Prix « Riche­lieu » décerné par l’Union de Défense de la langue française.

30 juin 2010 : Prix « Ini­tia­tive européenne », décerné par la Mai­son de l’Europe et le Club de la presse européenne.

Il est fait cheva­lier des de l’or­dre des Arts et des Let­tres au début de l’an­née 2013, mais refuse cette déco­ra­tion, au motif qu’un jour­nal­iste ne saurait être redev­able à l’é­gard d’un État.

En mai 2014, il tient, sur RMC, une chronique sur les élec­tions européennes de 2014 dans l’émis­sion Bour­din Direct.

Parcours militant

En mars 2013 il fait une reduc­tio ad Hitlerum con­tre Mélen­chon, l’accusant d’antisémitisme : « Le sec­ond à se sig­naler par sa vig­i­lance anti fas­ciste fut Jean Qua­tremer, qui recon­nut sans hési­ta­tion dans la prose de Mélen­chon des « relents d’antisémitisme », avant de se livr­er à cette « analyse » d’une grande finesse poli­tique : « Comme tou­jours les crises sont révéla­tri­ces. Celle de l’euro mon­tre qu’entre le PG et le FN, il n’y a plus grand-chose », explique Acrimed.

Le 15 mars 2017 il annonce avoir fait un don au mou­ve­ment En Marche : « Pour la pre­mière fois de ma vie, je viens de faire un don à un par­ti poli­tique, en l’occurrence En Marche. ». Sur son Face­book, il explique « La prési­dence de Hol­lande aura mar­qué ma rup­ture défini­tive avec le PS pour lequel j’ai tou­jours voté depuis 1977, à trois excep­tions près (Modem et Vert aux européennes, absten­tion aux régionales) ».

Cepen­dant son attache­ment à la per­son­ne de Macron est plus ancien – en jan­vi­er 2015 il l’explique par sa volon­té de sauver l’UE en lui redonnant du sens : « Déjà, il faut que les respon­s­ables poli­tiques s’attaquent à la recon­struc­tion d’un réc­it européen comme tente de le faire Emmanuel Macron afin du redonner du sens à ce que l’on fait. L’Europe est devenu ce truc tech­nique, hors sol, sans direc­tion, le doux mon­stre de Brux­elles ».

Ce qu’il gagne

Les grilles de salaire des jour­nal­istes des quo­ti­di­ens parisiens sont cadrées. Un grand reporter ou reporter haute­ment qual­i­fié gagne 3 060,94 € bruts men­su­els, plus 612.19 € de prime d’ancienneté pour 20 ans et plus, plus un 13e mois en décem­bre. Sans compter les primes de déplace­ment, ménages et autres droits d’auteur…

Publications

  • Ces hommes qui ont fait l’euro, querelles et ambi­tions européennes, Plon, 1999, en col­lab­o­ra­tion avec Thomas Klau, jour­nal­iste au Finan­cial Times Deutsch­land.
  • Les Maîtres de l’Europe, Gras­set, 2005, en col­lab­o­ra­tion avec Yves Clarisse, jour­nal­iste à l’agence de presse Reuters.
  • Infor­ma­tion sur l’Eu­rope en France : crise de l’of­fre, crise de la demande ? avec Sylvie Goulard et Pierre Lequi­ller, Hori­zons stratégiques 2007/4 (n°6).
  • Notre Europe, sous la direc­tion de Michel Rocard, Nicole Gne­sot­to ; avec Nico­las Baverez, Joachim Bit­ter­lich, Jean-Louis Bruguière, Paris, R. Laf­font, 2008
  • Du Larzac à Brux­elles, entre­tiens avec José Bové, Paris, Le Cherche midi, 2011.
  • Sexe, men­songes et médias, col­lec­tion “Tri­bune Libre”, Plon, 2012.
  • Debout l’Eu­rope ! Man­i­feste pour une révo­lu­tion post-nationale en Europe, man­i­feste de Daniel Cohn-Ben­dit et Guy Ver­hof­s­tadt suivi d’un entre­tien des auteurs avec Jean Qua­tremer, Acte Sud et André Ver­saille édi­teur, 2012 (livre paru simul­tané­ment en Alle­magne, Grande-Bre­tagne, Espagne, Ital­ie, Benelux et prochaine­ment, Pologne et Grèce).
  • 80 propo­si­tions qui ne coû­tent pas 80 mil­liards, sous la direc­tion de Patrick Weill, Paris, Gras­set, 2012
  • Debout l’Eu­rope ! Man­i­feste pour une révo­lu­tion post­na­tionale en Europe, man­i­feste de Daniel Cohn-Ben­dit et Guy Ver­hof­s­tadt suivi d’un entre­tien des auteurs avec Jean Qua­tremer, Acte Sud et André Ver­saille édi­teur, octo­bre 2012 (livre paru simul­tané­ment en Alle­magne, Grande-Bre­tagne, Espagne, Ital­ie, Benelux et prochaine­ment, Pologne et Grèce).
  • Debout l’Eu­rope ! Man­i­feste pour une révo­lu­tion post­na­tionale en Europe, man­i­feste de Daniel Cohn-Ben­dit et Guy Ver­hof­s­tadt suivi d’un entre­tien des auteurs avec Jean Qua­tremer, Acte Sud et André Ver­saille édi­teur, octo­bre 2012 (livre paru simul­tané­ment en Alle­magne, Grande-Bre­tagne, Espagne, Ital­ie, Benelux et prochaine­ment, Pologne et Grèce).
  • Grèce, année zéro, avec Pierre Bour­geois, 2014
  • Les salauds de l’Eu­rope, guide à l’usage des euroscep­tiques, Cal­mann-Levy, mars 2017

Collaborations

Févri­er 2013 : Invité lors des 5èmes entre­tiens européens d’Enghien à un débat sur le thème « La stag­na­tion économique : jusqu’à quand ? »

Févri­er 2013 : Invité lors du débat organ­isé par le Club Con­vic­tions sur le thème « Quelle Europe poli­tique voulons-nous ? »

Octo­bre 2012 : Par­ticipe à la clô­ture de l’Université des Maisons de l’Europe à Lyon avec Daniel COHN-BENDIT.

Mars 2012 : Inter­venant lors du col­loque « Union Européenne le Fédéral­isme ou rien » sur le thème « L’Union européenne est-elle entrain d’exploser ? » organ­isé par le « Groupe Spinel­li », un club fondé en 2010 au Par­lement européen qui milite active­ment pour une Europe fédérale.

Mars 2012 : Inter­venant lors des « Ren­con­tres de Rennes » organ­isées par Libéra­tion sur le thème « Les poli­tiques ont-ils per­du le sens moral ? » avec Ruwen Ogien, philosophe, et Myr­i­am Revault d’Allonnes, philosophe, pro­fesseur à l’EHESS et « Europe, men­songes et citoyens » avec Christophe Deloire, jour­nal­iste, directeur du Cen­tre de For­ma­tion des Jour­nal­istes (CFJ), et Christophe Dubois, jour­nal­iste.

Novem­bre 2009 : Invité au dîn­er-débat « Faut-il par­ler anglais pour être européen ?» organ­isé par la Diver­sité lin­guis­tique et langue française (DLF-Brux­elles Europe).

Févri­er 2009 : Invité lors du dîn­er-débat « La Prési­dence tchèque est-elle pas­sive ? » organ­isé par le Groupe des Belles Feuilles.

Novem­bre 2008 : Mod­éra­teur lors de l’Université d’automne du Mou­ve­ment Européen au débat « Quelle relève pour servir la cause européenne ? »

Févri­er 2008 : Invité lors de la con­férence « Com­ment se con­stru­it l’Europe au Quo­ti­di­en ? Immer­sion dans les couliss­es de Brux­elles », organ­isée par l’Institut Français de Sofia.

Novem­bre 2007 : Mod­éra­teur lors du débat « La libéra­tion de la crois­sance : le rôle de la con­cur­rence », organ­isé par le Mou­ve­ment Européen lors de la con­férence publique « La France et l’U­nion européenne face à la poli­tique de con­cur­rence ».

Févri­er 2007 : Ani­ma­teur de la con­férence « La France et l’Europe à la veille de l’élec­tion prési­den­tielle : réc­on­cil­i­a­tion ou divorce irrémé­di­a­ble ? », organ­isée par la Con­fronta­tions Europe, la Fon­da­tion pour l’in­no­va­tion poli­tique (Fon­dapol) et le Euro­pean Pol­i­cy Cen­tre (EPC).

Octo­bre 2006 : Invité sur les dix­ièmes ren­con­tres européennes de Lux­em­bourg sur le thème « Europe Unité et/ou Diver­sité Réu­nir ce qui est épars ».

Octo­bre 2006 : Invité à la con­férence « L’Eu­rope, une puis­sance douce » organ­isé par l’Université pop­u­laire européenne de Greno­ble.

Sep­tem­bre 2005 : Invité à la con­férence « L’Eu­rope men­acée — l’Eu­rope puis­sance mon­di­ale », organ­isé par le Comité économique et social européen.

Mem­bre du jury du « prix du livre européen » créé en 2007, du jury du « prix Louise Weiss du jour­nal­isme européen » et élu prési­dent de la sec­tion française de l’As­so­ci­a­tion des jour­nal­istes européens depuis sep­tem­bre 2008.

Mem­bre du Comité de par­rainage « Les Européens du Grand Lille ».

Mem­bres du Comité d’Orientation de la revue Études Européennes.

Il l’a dit

« Moi je me rap­pelle d’un arti­cle, un truc absol­u­ment extra­or­di­naire sur une affaire de tour­nante en ban­lieue parisi­enne. Tous les noms avaient été changés ce que l’on fait régulière­ment parce qu’on ne sait pas encore les iden­tités. C’é­taient tous des Alain, des Frédéric, des Mar­cel, des Mau­rice, sauf qu’en réal­ité c’é­tait des Mohamed, des Ahmed, etc. La presse bien-pen­sante, les bobos parisiens, se dis­ent : quand même, si on les car­ac­térise. (…) On cache, mais nous-mêmes [la presse française] en per­ma­nence, c’est un élé­ment [l’o­rig­ine eth­nique] qu’on ne donne pas…», Le club 28′, Arte, 15 jan­vi­er 2016

« Jean-Luc Mélen­chon est un eurodéputé, très bien payé, et pour moi c’est un emploi fic­tif puisqu’il n’y va jamais (…) Sur 751 eurodéputés il est 731ème (…) Je l’ai cri­tiqué et lui, sur son blog, il me traite de feignasse », « Jean-Luc Mélen­chon a un emploi fic­tif », Jean Qua­tremer », rmc.fr, 15/03/2012

« Je l’ai aus­si tweeté, ce qui m’a immé­di­ate­ment apporté un tombereau d’insultes et même des men­aces physiques de la part de la secte mélen­chon­iste qui croit m’impressionner », « Cœurs brisés : Jean-Luc n’aime ni Christophe, ni Jean », Couliss­es de Brux­elles, 10/03/2012

« Jeu­di dernier, je devais aller dans « Salut les ter­riens » de Thier­ry Ardis­son. Et à midi, coup de télé­phone de Ardis­son, dis­ant : “Bah non, Mélen­chon s’oppose à ta venue.” Il me lit le SMS (de Mélen­chon) : “Tu as invité Qua­tremer et Christophe Bar­bi­er, ce sont mes deux pires enne­mis. Ils sont pour­ris jusqu’à la moelle. S’ils sont là, je ne viens pas” », « Les Grandes Gueules », RMC, 15/03/2012

« Vingt-trois hommes, vingt-trois hommes blancs, vingt-trois hommes blancs en cos­tume-cra­vate som­bre posant pour la pho­to. Cet aréopage de mâles sat­is­faits est le con­seil des gou­verneurs de la Banque cen­trale européenne (BCE), l’organe qui décide de la poli­tique moné­taire de la zone euro », « La BCE, si blanche, si mâle… », libération.fr, 15/10/2012

« En réal­ité, tous les écon­o­mistes sérieux s’ac­cor­dent sur un point : l’é­clate­ment de l’eu­ro serait une véri­ta­ble apoc­a­lypse dont les pays européens auraient le plus grand mal à se remet­tre », « “C’est “hôtel Cal­i­for­nia”: une fois entré dans l’eu­ro, on ne peut plus en repar­tir” », Couliss­es de Brux­elles, 03/10/2011

« Le référen­dum n’a effec­tive­ment guère de sens, les Grecs ayant le choix entre la peste et le choléra. S’ils refusent le plan européen, cela ne peut sig­ni­fi­er que la fail­lite. En out­re, la zone euro cessera de venir en aide finan­cière au pays qui devra, mal­gré tout, rétablir l’équili­bre de ses finances publiques. Sans l’aide européenne, et sans accès au marché, l’ef­fort sera infin­i­ment plus bru­tal que celui que four­nit la Grèce actuelle­ment », « Un référen­dum sur une ques­tion aus­si com­plexe n’a guère de sens », libération.fr, 02/11/2011

« Ce mono­lin­guisme anglo­phone m’a mis en rage, car il s’agit d’une vio­la­tion de tous les accords. L’Union compte 23 langues offi­cielles, la Com­mis­sion, 3 langues de tra­vail (anglais, français, alle­mand) et la salle de presse, 2 langues d’usage (anglais et français). Surtout, je con­sid­ère qu’il s’agit d’une ques­tion de légitim­ité démoc­ra­tique », « I want you to speak eng­lish or get out », Couliss­es de Brux­elles, 31/05/2012

« Je peux donc vous con­firmer que, selon des sources con­cor­dantes, Gold­man Sachs et le fonds spécu­latif dirigé par John Paul­son seraient les deux prin­ci­paux acteurs des attaques con­tre la Grèce et l’euro. Je vous ai déjà détail­lé dans mon post du 6 févri­er le mécan­isme de la spécu­la­tion et je n’y reviendrais donc pas. Le plus choquant, dans cette affaire, est sans aucun doute le rôle joué par Gold­man Sachs qui, à la fois, con­seille le gou­verne­ment grec, et prend, en secret, des posi­tions con­tre la Grèce et l’euro », « Gold­man Sachs con­tre, tout con­tre, la Grèce », Couliss­es de Brux­elles, 17/02/2010

« Lorsque j’entends des poli­tiques, notam­ment des social­istes qui expliquent : “oui, c’est un séduc­teur”, moi, ça me scan­dalise. Quelqu’un qui se serait com­porté comme cela en Suède, en Fin­lande ou aux Etats-Unis, n’aurait même pas com­mencé une car­rière poli­tique, mais en France, sur ces affaires-là, il y a une véri­ta­ble omer­ta au nom de la vie privée. Or là, on n’est plus dans la vie privée, c’est pas les rap­ports entre M. et Mme Strauss-Kahn qui ne regar­dent qu’eux. Là, on est à l’extérieur de la vie privée, un com­porte­ment qui relève à mon avis de l’intérêt pub­lic parce qu’il n’est pas indif­férent que l’on vote pour quelqu’un qui a des prob­lèmes de com­pul­sions sex­uelles ou pas. Moi, ça me paraît faire par­tie de la sphère publique. Alors évidem­ment quand je dis ça, l’ensemble de mes con­frères et une bonne par­tie de la classe poli­tique dis­ent “ah ça y est, c’est la rigueur protes­tante qui débar­que en France”. Non, ça s’appelle l’égalité homme-femme et le respect qu’on doit avoir envers les femmes. Je sais, c’est douloureux, il faut chang­er de logi­ciel, on n’est plus dans les années 50, il faut s’y habituer. On a depuis le début de cette affaire, qui doit encore être prou­vée (…), il y a peut-être Dominique Strauss-Kahn qui est accusé injuste­ment mais il y aus­si peut-être une vraie vic­time, une jeune femme de 32 ans, qui vit dans le Bronx, qui gagne un salaire de mis­ère… », « Jean Qua­tremer bal­ance sur DSK », ndf.fr, 18/05/2011

« Évidem­ment, en tant que fédéral­iste européen con­va­in­cu que je suis, quoique cri­tique, les mots “iden­tité européenne” me plaisent, car qui dit fédéra­tion européenne, dit iden­tité européenne, car quand vous avez une iden­tité européenne, vous avez un sen­ti­ment d’appartenance à un ensem­ble qui serait plus grand. Ceci était le point de départ de ma réflex­ion. Et le point d’arrivée, est que les mots « iden­tité européenne », me fai­saient pro­fondé­ment hor­reur : j’avais un malaise vis-à-vis de ce con­cept même d’identité européenne. Par­ler d’identité européenne, c’est vouloir bâtir quelque chose qui, soit se super­poserait aux iden­tités nationales telles qu’elles exis­tent aujourd’hui, soit qui s’y sub­stituerait. Or, l’identité nationale, en Europe et dans le monde d’aujourd’hui, c’est la nation, et donc l’état nation puisque dans nos états européens, la nation s’incarne dans l’état. Ce qui lais­serait donc sup­pos­er qu’on aurait la volon­té de bâtir un état européen qui serait le récep­ta­cle naturel d’une nation européenne, que l’on pour­rait iden­ti­fi­er par un cer­tain nom­bre de car­ac­tères com­muns, dont ce fameux sen­ti­ment d’appartenance. Et c’est là que cela ne va pas, car en réal­ité, les pères fon­da­teurs de l’Europe n’avaient qu’un but : se débar­rass­er de l’état nation. Pour repren­dre les mots de Toni Negri, un philosophe ital­ien avec lequel je ne suis pour­tant pas très proche, « le but finale­ment de l’Europe était de tuer cette “merde” d’état nation », je le cite textuelle­ment. Je suis pro­fondé­ment per­suadé que la volon­té des pères fon­da­teurs de l’Europe n’était pas de refaire en plus grand l’état nation qui avait échoué en plus petit », Actes des dix­ièmes Ren­con­tres européennes de Lux­em­bourg sur le thème « Europe Unité et/ou Diver­sité Réu­nir ce qui est épars ».

« Ce con­cept même d’identité européen me parait extrême­ment dan­gereux, parce qu’on risque de renouer avec toutes les dérives de l’état nation qu’on a con­nu dans le passé », ibid.

« Je dirais que l’Europe n’est pas une iden­tité com­mune, ça je n’y crois pas. C’est un mod­èle, qui peut être exporté, qui peut devenir le mod­èle du monde, ça peut devenir une ONU qui a réus­si et qui s’étend au reste du monde. L’Europe pour moi est davan­tage une volon­té, une volon­té poli­tique, qui ne peut donc pas être ramenée à une ques­tion d’identité, et c’est pour cela que je trou­ve que l’aventure européenne est une chose extra­or­di­naire, qui fait rêver, car elle n’a pas de précé­dent his­torique. Ne cher­chons pas à ramen­er l’histoire de l’Europe à ce que nous avons fait dans le passé. L’identité européenne, si elle existe un jour, ne sera pas l’équivalent de nos iden­tités nationales », ibid.

« Non. Je n’en con­nais aucun [jour­nal­iste euroscep­tique]. Ou s’ils le sont, ils repar­tent très vite. Ce poste exige un investisse­ment total et ne sup­porte pas le cynisme. Si vous méprisez l’Union, tout devient un non-sujet ou vous mentez pour trav­e­s­tir la réal­ité », « Jean Qua­tremer : “Je suis encore comme un gamin devant un jou­et” », Médias, Print­emps 2010.

« Etre europhile ne veut pas dire que l’on se voile la face, bien au con­traire. (…) L’euroscepticisme con­stitue, selon moi, un biais idéologique qui empêche de faire son tra­vail. L’eurosceptique ne va pas tra­vailler dans la machine, ne s’implique pas », ibid.

« J’avais suivi Dominique Strauss-Kahn lorsqu’il était min­istre des Finances, entre 1997 et 2001. Un per­son­nage extrême­ment bril­lant, mais dont je con­nais­sais très bien, comme l’ensemble des jour­nal­istes, le com­porte­ment lim­ite à l’égard des femmes. J’avais plusieurs témoignages de jeunes femmes qui n’avaient guère appré­cié, et je reste gen­til, son com­porte­ment à leur égard. Mais on ne par­le pas de cela en France. Lorsqu’il a été pressen­ti pour le poste de directeur du FMI, en juil­let 2007, je l’ai écrit dans un por­trait sur mon blog. Je sig­nalais que son seul prob­lème était de se mon­tr­er trop pres­sant à l’égard des femmes (…) Si la presse inter­na­tionale a large­ment repris mon post, en France, hors du Net, le silence a été qua­si général… », ibid.

« La presse française a der­rière elle une longue his­toire de soumis­sion à l’é­gard du pou­voir », « Sexe, men­songes et médias”. L’af­faire DSK à charge con­tre la presse française », lesquotidiennnes.com, 27/03/2012

« Je suis très éton­né des ques­tions qu’on me pose depuis ce référen­dum. “Est-il bien nor­mal qu’on envoie à Brux­elles un jour­nal­iste aus­si europhile que vous ?” C’est comme si on posait la ques­tion : est-il nor­mal que l’on envoie un jour­nal­iste pas anti-améri­cain à Wash­ing­ton ? Pourquoi pas aus­si deman­der que l’on envoie un jour­nal­iste anti­sémite à Jérusalem ? C’est du grand n’im­porte quoi ! » France Cul­ture, 7 mai 2014.

« Cette for­ma­tion : elle est à la fois com­plo­tiste, xéno­phobe, défenseur de l’église ortho­doxe, anti­sémite, homo­phobe, euro­phobe, pro-russe, anti-turc et on en oublie sûre­ment dans la liste », au sujet des Grecs Indépen­dants (ANEL), Libéra­tion, 27/01/2015.

« Le jour­nal­iste européen, c’est l’un des derniers rubri­cards de la presse française. Du temps de sa splen­deur, la presse comp­tait, out­re des général­istes, toute une série des spé­cial­istes qui suiv­aient des domaines très divers (jus­tice, police, diplo­matie, défense, etc.). Avec l’appauvrissement de la presse, nous les avons per­dus : il ne reste qua­si­ment que des général­istes et des reporters. Le cor­re­spon­dant à Brux­elles a réus­si à sur­vivre grâce à la com­plex­ité des affaires européennes et à la néces­sité d’avoir une per­son­ne au plus près des insti­tu­tions com­mu­nau­taires pour avoir les con­tacts néces­saires », Le Grand Con­ti­nent, 28/01/2015.

« L’important est de dire d’où l’on par­le : je ne crois pas à l’objectivité ou à la neu­tral­ité jour­nal­is­tique, mais à l’honnêteté, ce qui n’est pas la même chose… Je me méfie des gens qui se pré­ten­dent objec­tifs comme Emmanuel Todd […] alors qu’il exprime surtout un pro­fond euroscep­ti­cisme », ibid.

« Le but de la con­struc­tion européenne est de rap­procher les États, et à tra­vers les États, les peu­ples. Or on ne rap­prochera pas les peu­ples dans une langue autre que la leur. Si les peu­ples sen­tent que leur langue, et donc leur iden­tité, est niée par l’organisation supra­na­tionale qui pré­tend les représen­ter, jamais ils ne s’identifieront à cette organ­i­sa­tion », ibid.

« Je crois pro­fondé­ment que le rôle du jour­nal­iste est de dire l’indicible ou ce qu’on juge indi­ci­ble même s’il doit déplaire », ibid.

« Il y a une vraie bulle européenne à Brux­elles qui dévore rapi­de­ment la plu­part des nou­veaux arrivants. On vit ici dans un monde à part, entre Européens. Cette bulle a ses codes, sa cul­ture, son arro­gance, sa langue (le glo­bish), ses jour­naux (le Finan­cial Times et Politi­co). […] On a atteint un tel niveau de tech­nic­ité que même les poli­tiques qui arrivent ici se lais­sent engloutir par l’administration. […]Très rapi­de­ment, les ambi­tions poli­tiques de départ sont anesthésiées par les sachants de l’eurocratie », ibid.

« Je défends l’idée européenne et pour­tant ici, on me con­sid­ère comme un antieu­ropéen parce que je cri­tique cer­taines des poli­tiques qui sont décidées. L’Europe s’est trans­for­mée en reli­gion », ibid .

« C’est la fin de l’Etat nation en tant que niveau poli­tique­ment per­ti­nent. Cepen­dant, ça reste le niveau indé­pass­able de l’organisation démoc­ra­tique pour l’instant […] Le sen­ti­ment pre­mier d’appartenance est éta­tique. Je me sens Français avant d’être européen », ibid.

« Le FN est un par­ti fas­ciste qui n’est pas répub­li­cain […]à Libéra­tion, nous n’allons jamais inter­view­er de respon­s­ables du Front Nation­al parce qu’on con­sid­ère que ce sont des menteurs », Arte, 28 min­utes mars 2015

« Cette volon­té d’éradiquer, au sens pro­pres (sic), des jour­nal­istes qui seraient l’incarnation du libéral­isme hon­nie, on la retrou­ve aus­si sur des sites spé­cial­isés dans la “cri­tique” des médias comme Acrimed ou Arrêt sur Images qui se sont fait une spé­cial­ité de clouer au pilori ceux qui ont le mal­heur de ne pas être « antilibéraux » ou anti-européens », Libéra­tion, 22/7/2015

« J’agace, car je dis ce qui est et non ce qui devrait être. J’agace quand j’ose rap­pel­er que la dette grecque n’est pas tombée du ciel, que tous les Grecs en ont prof­ité et que ce n’est pas l’euro qui a mis le pays à genoux, mais sa classe poli­tique très démoc­ra­tique­ment élue. Alors on se rabat sur mes tweets : en annonçant la fail­lite de la Grèce pour le 30 juin, je man­i­festerais une « joie mau­vaise » (Lor­don) », ibid.

« Grâce au net, ceux qui esti­ment avoir quelque chose à dire peu­vent écrire des arti­cles, faits à l’appui, trou­ver leurs lecteurs et ain­si ouvrir un débat qui pour­rait être intéres­sant. Mais, out­re qu’il est plus sim­ple de cracher des insultes et de profér­er des men­aces, le débat n’est pas le but recher­ché. Au con­traire, il s’agit de l’interdire, de décourager l’expression d’opinions diver­gentes, de met­tre en place, par la vio­lence des mots, une police de la pen­sée. Quelques dizaines de tweets anonymes et c’est le peu­ple qui s’exprime… », ibid.

« Pen­dant très longtemps, il y avait une sorte de pacte de non-agres­sion entre les extrémistes et la police belge. Mais depuis les atten­tats de Paris, le pacte a volé en éclats. La police belge fait enfin son tra­vail. Aujourd’hui, ces inté­gristes ont décidé de frap­per la Bel­gique, qui était une mai­son sûre pour eux. Pen­dant très très longtemps, la Bel­gique a lais­sé faire des imams rad­i­caux. Un groupe qui s’appelait “Sharia for Bel­gium” par exem­ple, prô­nait l’instauration de la sharia dans le pays et recru­tait des com­bat­tants pour la Syrie. Ils ont lais­sé faire ce groupe pen­dant de longues années avant de réalis­er le dan­ger qu’ils représen­tent », Europe 1, 22 mars 2016.

« La Bel­gique s’effondre sous les yeux incré­d­ules de sa pop­u­la­tion. Les atten­tats du 22 mars ont fait éclater la bulle de déni dans laque­lle le pays se com­plai­sait depuis longtemps. La déliques­cence de l’Etat, miné par les luttes inces­santes entre la majorité néer­lan­do­phone et la minorité fran­coph­o­ne, est apparue au grand jour lorsque les Belges et le monde entier ont décou­vert, à la suite des tueries du 13 Novem­bre à Paris, qu’il avait lais­sé se dévelop­per, au cœur de sa cap­i­tale, mais aus­si à Anvers ou à Vil­vo­orde, en Flan­dre, des nids de rad­i­cal­isme islamiste, soit pour acheter une illu­soire paix com­mu­nau­taire, soit par clien­télisme et cal­cul poli­tiques », Libéra­tion, 28 avril 2016.

« Le cou­vre-feu imposé à Brux­elles durant presque une semaine, fin novem­bre, par des autorités publiques totale­ment paniquées, a mis en évi­dence la dérai­son d’Etat belge, aucune expli­ca­tion rationnelle n’ayant été fournie à ce jour à ce lock­down sans précé­dent qui a coûté 0,1 % de son PIB au roy­aume », ibid.

« Aucune reprise en main, aucun sur­saut d’unité nationale à l’image de la «marche blanche» qui avait suivi l’arrestation de Dutroux en 1996. La sidéra­tion sem­ble avoir emporté ce qui restait de l’État, celui-ci mul­ti­pli­ant les déci­sions sans queue ni tête au point de met­tre en péril l’économie de la cap­i­tale et du pays. Ain­si, un mois plus tard, sans que l’on sache exacte­ment pourquoi, l’aéroport de Brux­elles, poumon du pays, n’est que par­tielle­ment opéra­tionnel. Brux­elles-Nation­al n’est à nou­veau desservi par train que depuis lun­di, bien que la gare n’ait pas été touchée, sans que per­son­ne n’en four­nisse la rai­son. De même, le métro est resté très per­tur­bé par «mesure de sécu­rité», ce qui a poussé les gens à s’agglutiner pour entr­er ou à s’entasser dans les tramways et les bus, qui sont pour­tant autant de cibles poten­tielles. », ibid.

« L’état de délabre­ment avancé d’une cap­i­tale [Brux­elles] détestée tant par la Flan­dre, qui lui reproche de ne pas par­ler le fla­mand, que par la Wal­lonie, cen­trée sur ses provinces, est alors apparu comme un sym­bole des maux belges. Une cap­i­tale qui est aus­si celle de l’Union, à son grand dés­espoir », ibid.

« Le Brex­it mon­tre à quel point le référen­dum est à la démoc­ra­tie ce que les œufs de lump sont au caviar », Libéra­tion, 06/7/2016.

« La Bel­gique, en tant qu’entité cul­turelle et poli­tique, ne fonc­tionne plus. La Wal­lonie et la Flan­dre sont deux démoc­ra­ties qui s’ignorent com­plète­ment, avec pour seul point de ren­con­tre un gou­verne­ment fédéral qui a ten­dance à s’amenuiser. Nous sommes entrés de plain-pied dans l’ère de la post-Bel­gique », Le Soir/Le Vif, 1/9/2016.

« Quand tu vas à Molen­beek, tu as un choc cul­turel et physique. On me rétorque qu’en France, nous avons les ban­lieues. C’est vrai, mais ici, c’est au cen­tre de la cap­i­tale. A deux cents mètres de la Grand-Place, tu es en Ara­bie saou­dite. Il y a un truc qui ne va pas », ibid.

« Au‑delà de la per­son­nal­ité même de Don­ald Trump, dont l’idéologie n’est pas très éloignée de celle de l’extrême droite européenne, c’est la pre­mière fois de son his­toire qu’elle va être con­fron­tée à un chef de l’État améri­cain farouche­ment iso­la­tion­niste, tant sur le plan com­mer­cial que mil­i­taire, et hos­tile à la con­struc­tion com­mu­nau­taire », Libéra­tion, 11/11/2016.

Sa nébuleuse

En 2007 Georges Soros ini­tie un nou­veau cer­cle de réflex­ion, l’Eu­ro­pean Coun­cil on For­eign Rela­tions (ECFR) dont l’ob­jet est de militer pour une poli­tique étrangère européenne plus inté­grée et plus affir­mée vis-à-vis des États-Unis. Par­mi les mem­bres fon­da­teurs, on trou­ve Dominique Strauss-Kahn, Alain Minc, Chris­tine Ock­rent, Josch­ka Fis­ch­er, Giu­liano Ama­to etc. Le bureau de Paris sera dirigé par le jour­nal­iste alle­mand Thomas Klau, édi­to­ri­al­iste du Finan­cial Times Deutsch­land, et proche du cor­re­spon­dant de Libéra­tion à Brux­elles Jean Qua­tremer (La let­tre A n°1338, 5/10/2007). Jean Qua­tremer ren­dit compte du lance­ment de ce cer­cle de réflex­ion, et décriv­it ain­si son organ­i­sa­tion : « dirigé de Lon­dres par Mark Leonard, un ancien du Cen­tre for Euro­pean Reform (CER), un think tank qui a servi de boîte à idées à Tony Blair et au par­ti tra­vail­liste, aura, dans un pre­mier temps, des bureaux à Paris (dirigé par le jour­nal­iste alle­mand Thomas Klau, un ami avec lequel j’ai écrit mon pre­mier livre : « ces hommes qui ont fait l’euro » paru chez Plon en 1999), Berlin (dirigé par la remar­quable Ulrike Guérot, anci­enne du Ger­man Mar­shall Fund), Madrid, Sofia et Varso­vie ». Il décrivait aus­si le finance­ment de cette insti­tu­tion : « Soros est à l’initiative, mais il ne four­nit qu’un petit tiers du bud­get de l’ECFR. Cela étant, ce think tank pour­ra s’appuyer sur l’Open Insti­tute, l’une des fon­da­tions créée par Soros afin de pro­mou­voir la démoc­ra­tie notam­ment en Europe de l’est ».

Il fait aus­si par­tie des con­tribu­teurs extérieurs de l’institut Jacques Delors, ain­si que de l’IRIS (Insti­tut des recherch­es inter­na­tionales et stratégiques).

Ils ont dit

« Après son départ, la rédac­tion ne désign­era pas d’autre jour­nal­iste chargé de cette rubrique avant la nom­i­na­tion de Jean Qua­tremer en sep­tem­bre 1987 : les arti­cles seront écrits par de mul­ti­ples jour­nal­istes désignés par le chef du ser­vice société et générale­ment moins hos­tiles à SOS que ne l’é­tait Eric Favereau », SOS-Racisme, his­toire d’une mobil­i­sa­tion “apoli­tique” Con­tri­bu­tion à une analyse des trans­for­ma­tions des représen­ta­tions poli­tiques après 1981, thèse de sci­ence poli­tique soutenue à l’université de Nan­terre en décem­bre 1998 sous la direc­tion du pro­fesseur Bernard Lacroix», Philippe Juhem.

« Quelques semaines plus tard, lors du con­grès de SOS précé­dant de peu les élec­tions, Jean Qua­tremer man­i­festera égale­ment une prise de dis­tance cri­tique avec l’en­gage­ment de SOS en faveur de François Mit­ter­rand, même s’il se mon­tr­era net­te­ment moins dés­ap­pro­ba­teur que Pierre Mangetout ou Alain Léau­thi­er », ibid.

« Mais plus grave que quelques arti­cles ponctuelle­ment défa­vor­ables, Jean Qua­tremer, jour­nal­iste chargé du secteur immi­gra­tion depuis la fin de 1987 et jusqu’alors plutôt favor­able à l’as­so­ci­a­tion, com­mence à se mon­tr­er plus réservé à par­tir de 1989 », Ibid.

« L’ar­ti­cle de Jean Qua­tremer qui suit le con­grès est accom­pa­g­né d’une brève inti­t­ulée « la ten­ta­tion de la cen­sure » sig­nalant que « Libéra­tion a été déclaré lun­di non gra­ta au con­grès de SOS-Racisme par un ser­vice d’or­dre zélé. (…) Le jour­nal­iste de Libéra­tion [il s’ag­it de Jean Qua­tremer] qui est allé s’en­quérir auprès du ser­vice d’or­dre des con­di­tions de l’in­ci­dent, s’est même fait traiter de “provo­ca­teur ” et de “ fou­teur de merde ” par les mem­bres du ser­vice d’or­dre. (…) Finale­ment en milieu d’après midi, Malek Boutih, vice-prési­dent de SOS, présen­tait ses “excus­es” pour l’in­ci­dent en expli­quant que “les jour­nal­istes étaient libres d’écrire” », Ibid

« Alors que Jean Qua­tremer subit la mau­vaise humeur des ani­ma­teurs de SOS pour avoir par­lé d’un aban­don de la reven­di­ca­tion du droit de vote des immi­grés aux élec­tions locales et d’un aligne­ment de l’as­so­ci­a­tion sur les posi­tions de Michel Rocard », Ibid.

« SOS-Racisme a bien fait les choses. Rien ne manque pour que cette grande messe se déroule dans le respect des meilleures tra­di­tions : ni les man­dats, ni les délégués ent­hou­si­astes, ni les bans […] scan­dés de longues min­utes, ni, enfin, les votes unanimes à main lev­ée. Sans oubli­er les inévita­bles mes­sages de sou­tien, dont celui, désor­mais rit­uel, et accueil­li par une salve exaltée, de François Mit­ter­rand, qui s’adres­sant aux con­gres­sistes, a salué leur “générosité et leur soif de jus­tice” et leur a ren­du hom­mage par ces mots : “vous avez su don­ner un nou­veau vis­age à la fra­ter­nité ”», « Le dimanche en cam­pagne de SOS-Racisme », Libéra­tion, 4/04/1988.

Quant à la ques­tion cen­trale de l’identité, Rob­bi Goebbels, l’eurodéputé lux­em­bour­geois, et Jean Qua­tremer, le cor­re­spon­dant du jour­nal français Libéra­tion à Brux­elles sont d’accords : il n’y a pas une iden­tité européenne mais des valeurs morales, poli­tiques, économiques ou sociales qui sont partagées par les européens et leurs man­dants. L’Europe a été le creuset de l’état nation. Il ne faut pas chercher à trans­pos­er ce mod­èle à l’échelle de l’Union. (…) Jean Qua­tremer retient trois groupes de références com­munes : la quête de la Paix, l’attachement aux choix col­lec­tifs (en par­ti­c­uli­er pour le rôle de l’état) et des références com­munes en matière d’institutions (démoc­ra­tie) », Actes des dix­ièmes Ren­con­tres européennes de Lux­em­bourg sur le thème « Europe Unité et/ou Diver­sité Réu­nir ce qui est épars ».

Dans Le Monde Diplo­ma­tique de juin 2011, Hubert Vedrine, ancien Min­istre des Affaires étrangères, qual­i­fie Jean Qua­tremer d’« Aya­tol­lah du fédéral­isme ».

« Ce que M. Qua­tremer ne sup­porte pas, c’est de voir son monde rêvé d’une Union européenne autori­taire, sans iden­tité, con­stru­ite con­tre les peu­ples, niant la richesse et la diver­sité des pays européens, s’écrouler devant lui », Debout la France (Damien Lem­pereur) 28/1/2015

« En qual­i­fi­ant les Grecs indépen­dants de “par­ti d’opportunistes, sans idéolo­gie pré­cise, un par­ti de réac­tion de la classe moyenne supérieure”, Jean Qua­tremer incar­ne par­faite­ment cette oli­garchie méprisante qui n’a pas encore com­pris que le réveil des peu­ples européens est en marche. Et que s’il s’ag­it d’une très mau­vaise nou­velle pour l’U­nion Européenne, c’est au con­traire un for­mi­da­ble espoir pour la véri­ta­ble Europe, celle des nations libres et des coopéra­tions utiles », ibid.

« Un fos­sé sem­ble par­fois sépar­er les arti­cles du cor­re­spon­dant de Libéra­tion à Brux­elles, qui se pla­cent net­te­ment du point de vue des créanciers de la Grèce, et d’autres arti­cles plus cri­tiques à l’égard des insti­tu­tions européennes, comme ceux de Maria Mala­gardis, qui écrit régulière­ment dans le quo­ti­di­en en tant qu’envoyée spé­ciale à Athènes. », Acrimed, 21/5/2015

« Les arti­cles de Jean Qua­tremer se pla­cent d’emblée du point de vue de Brux­elles, et citent presque exclu­sive­ment les respon­s­ables européens comme s’ils étaient des obser­va­teurs neu­tres de la sit­u­a­tion », ibid.

« Voici donc le point de vue du cor­re­spon­dant à Brux­elles de Libéra­tion : la légitim­ité démoc­ra­tique du gou­verne­ment grec se heurte à la légitim­ité des insti­tu­tions européennes. Or celle-ci est supérieure à celle des gou­verne­ments nationaux, les États l’ont accep­té en sig­nant les traités européens », ibid.

«Pourquoi con­fi­er à Jean Qua­tremer la réal­i­sa­tion d’un doc­u­men­taire sur la crise grecque ? On gage que les pro­duc­teurs d’Arte ont été séduits par l’acuité de son exper­tise sur la Grèce, qui laisse appa­raître cer­taines de ses qual­ités : son européisme con­va­in­cu, sa répul­sion pour les extrêmes-qui-se-touchent, ou encore sa grande con­nais­sance du pays, où il passe régulière­ment ses vacances », Acrimed 28/1/2015

« Chaque tweet de Jean Qua­tremer témoigne de son excel­lence jour­nal­is­tique. On relèvera plus sérieuse­ment que, selon Frère Jean des Som­mités, si on le prend au mot, chaque jour­nal­iste fait preuve d’excellence jour­nal­is­tique, et donc que tous les jour­nal­istes sont au-dessus de toute cri­tique. Le com­mun des citoyens peut pos­er des ques­tions et partager des réflex­ions : c’est tout ! Car son savoir n’égalera jamais, selon l’un des meilleurs d’entre eux, celui des jour­nal­istes, tous excel­lents et à tous égards », ibid.

« Ne lui en déplaise, Frère Jean est avant tout un symp­tôme. Ce n’est pas sa per­son­ne qui est en cause, mais ce qu’il écrit et ce qu’il per­son­ni­fie : un jour­nal­isme dont il n’est que l’une des incar­na­tions et la fonc­tion que ce jour­nal­isme rem­plit. Dom­i­nants dom­inés par leur pro­pre dom­i­na­tion, les nou­veaux chiens de garde – car c’est d’eux qu’il s’agit – sont aveu­gles à la vio­lence sourde qu’ils exer­cent quand, à plusieurs voix mais à sens unique, ils mènent dans les prin­ci­paux médias des croisades qui ren­voient à l’enfer du « pop­ulisme », du « com­plo­tisme », de « l’antisémitisme », du « total­i­tarisme » (tout à la fois ou séparé­ment), mais aus­si des pas­sions bass­es et des haines recuites, les citoyens réfrac­taires à ces chefs d’œuvre de péd­a­gogie. Jean Qua­tremer n’est que l’un d’entre eux. Cette vio­lence sourde n’est que l’auxiliaire de dom­i­na­tions économiques, sociales et poli­tiques. », ibid.

« @quatremer veut un cor­don san­i­taire con­tre le FN et pleur­niche quand on lui demande de ne pas le franchir », Marine Le Pen, 12/03/2015, après son alter­ca­tion avec le jour­nal­iste au Par­lement européen.

« Lors d’une inter­view au Petit Jour­nal de Canal+, Jean Qua­tremer a affir­mé sans retenue que Brux­elles n’est pas une ville comme les Français la conçoivent : Brux­elles, ce sont des petites maisons, cha­cun vit dans son coin et per­son­ne ne se mélange. […] Et là où Jean Qua­tremer est com­plète­ment à côté de la réal­ité, c’est quand il affirme que c’est un prob­lème pro­pre­ment brux­el­lois… Les ban­lieues parisi­ennes ou mar­seil­lais­es sont man­i­feste­ment un exem­ple de réus­site d’intégration de pop­u­la­tion d’origine étrangère » Con­tre­points, 05/4/2016

Crédit pho­to : page Face­book offi­cielle de Jean Qua­tremer (DR)

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