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France Soir disparaît et L’Express est réduit de moitié

21 octobre 2019

Temps de lecture : 2 minutes

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France Soir disparaît et L’Express est réduit de moitié

France Soir disparaît et L’Express est réduit de moitié

Sale temps pour les journalistes. Déjà le rachat des titres français du groupe Mondadori/Berlusconi par le groupe Reworld avait fait des dégâts. C’est au tour de France Soir de couler tandis que L’Express divise sa rédaction par deux avant sans doute de passer au tout digital, abandonnant le papier dans un avenir non déterminé mais qui semble proche.

France Soir, vers la fin de partie

La rédac­tion était en grève depuis fin août comme nous vous le disions début sep­tem­bre. Le quo­ti­di­en qui a vécu son heure de gloire sous Pierre Lazareff était devenu un sim­ple copi­er-coller de dépêch­es de l’AFP avec quelques arti­cles orig­in­aux du plus plat con­formisme comme ceux dont nous vous par­lions en mai 2019. Le 18 octo­bre 2019, Xavier Azal­bert, le pro­prié­taire qui avait racheté le titre en 2014, a licen­cié économique­ment l’ensemble de la rédac­tion. Un titre réduit à sa plus sim­ple expres­sion, qua­tre jour­nal­istes con­tre plus d’une cen­taine au début du siècle.

L’éditeur sem­ble vouloir con­tin­uer le titre dans d’obscures con­di­tions. Les jour­nal­istes dans un com­mu­niqué qui est un baroud d’honneur se déclar­ent « fiers du tra­vail accom­pli » et annon­cent une « nou­velle bataille » pour France Soir dont on dis­cerne mal les contours.

L’Express à la machette

Alain Weill, nou­veau patron de L’Express, a repris début 2019 51% du titre pour un euro sym­bol­ique. Alors qu’il était patron du groupe médias d’Altice, il avait annon­cé la couleur dès mars 2018 :

« La déci­sion a été prise pour Libéra­tion et L’Express d’engager un pro­jet de trans­for­ma­tion dig­i­tale impor­tant. Le mot d’ordre est « dig­i­tal first ». Désor­mais, toutes les équipes seront tournées vers le site, qui sera à très forte valeur ajoutée. Nous allons pouss­er les abon­nements numériques. Cela fonc­tionne très bien aux États-Unis. Enfin, il y aura une petite équipe qui extraira des con­tenus et fab­ri­quera un jour­nal papi­er ». (Les mots en gras sont soulignés par nous).

Les salariés du mag­a­zine protes­tent aux cris de « Weill Mas­sacre L’Express », con­tre un plan dras­tique de réduc­tion des coûts. Notre dernier arti­cle évo­quait une quar­an­taine de départs sur 172 postes. C’était pra­tique­ment fait fin sep­tem­bre 2019 avec 40 jour­nal­istes béné­fi­ciant de la clause de con­science plus quelques départs négo­ciés hors rédac­tion, pour arriv­er à 50 employés de moins.

Pata­tras, à la mi-octo­bre 2019, la nou­velle direc­tion demande la sup­pres­sion de 26 postes sup­plé­men­taires et le trans­fert de 21 salariés vers le groupe Altice (Libéra­tion, BFM, pro­priétés de Patrick Drahi). Faisons les comptes : 172 postes au départ moins les 50 déjà en instance de départ, moins 26, moins 21, reste ? Restent moins de la moitié des salariés en poste.

Alain Weill, patelin, affirme vouloir recruter du « sang neuf » pour faire un mag­a­zine type The Econ­o­mist, Newsweek ou Time. Il n’est pas cer­tain que les exem­ples de Newsweek ou Time soient des plus per­ti­nents. Newsweek est passé de plus de 3 mil­lions d’exemplaires ven­dus à moins de 1,2 mil­lions, a aban­don­né son édi­tion papi­er avant d’y revenir sur abon­nements seule­ment et sans présence en kiosques. Time est passé de plus de 4 mil­lions d’exemplaires à moins de 2 mil­lions, après son rachat par le PDG de Sales­force. Le recrute­ment, pour relancer L’Express, d’Eric Chol qui n’avait pu sauver le mag­a­zine économique La Tri­bune ne ras­sure pas les salariés restants qui demeurent dubi­tat­ifs et récla­ment « une charte d’indépendance » qui tarde à venir. Vous pou­vez voir l’histoire de L’Express sur notre info­gra­phie ici.

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