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Coronavirus et confinement dans les médias

Le coronavirus est légitimement au centre des analyses des médias. Comment certains essaient-ils encore d'édulcorer les faits ? Comment d'autres sont-ils rattrapés par le principe de réalité ?
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Qui sommes-nous ? Un groupe de citoyens intéressés par le monde de l’information, son évolution, son influence, aussi ses dérives.

Le qua­trième pou­voir est devenu le pre­mier pou­voir. Celui qui fait et défait les répu­ta­tions. Celui qui mod­èle l’opinion. Assail­li par des mil­liers de mes­sages, le lecteur, l’auditeur, le spec­ta­teur est sou­vent dans un état de sidéra­tion. Nous souhaitons l’aider à pren­dre du recul, à mieux com­pren­dre d’où vient l’information et com­ment elle peut par­fois être fil­trée ou biaisée.

C’est dans cet esprit que nous avons créé l’Obser­va­toire du jour­nal­isme (OJIM). Nous souhaitons que nos lecteurs par­ticipent à notre entre­prise sous forme col­lab­o­ra­tive. Pro­posez-nous des mod­i­fi­ca­tions de por­traits ou d’analyse de réseaux, des arti­cles sur l’évolution des médias (pro­posez un arti­cle). Con­tribuez aus­si finan­cière­ment (aidez-nous).

Avec nous devenez obser­va­teurs. Mer­ci, et à tout de suite.

Claude Chol­let
Prési­dent de l’OJIM

Soyez informés sur ceux qui vous informent

Le matin en vous réveillant vous allumez la radio. C’est même parfois un radio-réveil qui vous tire du sommeil. Vous écoutez les informations. Si vous allez au travail vous poursuivez votre écoute en voiture ou dans les transports en commun grâce à votre téléphone. Vous lisez un journal gratuit et achetez un quotidien. Dans la journée vous allez naviguer sur les principaux sites d’information. Le soir vous regardez les informations télévisées. Si vous êtes addictif vous écoutez en continu les radios et les télévisons spécialisées et ce en plusieurs langues.

Mais cette infor­ma­tion qui la crée ? La sélec­tionne pour vous ? Qui la trans­forme ? Qui décide pour vous ce qui doit être mis en exer­gue ou ce qui doit être tu ? L’information n’est pas un objet neu­tre, elle est pro­duite, gérée, ori­en­tée. Par qui ? Par les jour­nal­istes eux-mêmes bien sûr et par les médias qui les emploient. Les mêmes médias sou­vent con­trôlés par des groupes indus­triels et financiers qui, s’ils pré­ten­dent à la neu­tral­ité, défend­ent leurs pro­pres intérêts.

C’est Edmond Burke qui en 1787 a créé l’expression « qua­trième pou­voir », reprise ensuite par Toc­queville en 1837. Les moyens de com­mu­ni­ca­tion (tous les moyens) ser­vent – ou devraient servir – de con­tre-feux aux trois pou­voirs incar­nant l’État : exé­cu­tif, lég­is­latif et judi­ci­aire.

Mais ce qua­trième pou­voir est peut-être devenu le pre­mier. Il influ­ence les élec­tions, locales, nationales ou européennes ; il com­mente et ori­ente les déci­sions du lég­is­latif comme de l’exécutif. Le qua­trième pou­voir juge aus­si les juges comme on peut le voir à tra­vers les con­tro­ver­s­es sur les déci­sions judi­ci­aires les plus sen­si­bles. Il fait et défait les répu­ta­tions, la vôtre comme celle des groupes.

Les jour­nal­istes sont ils indépen­dants ? Ils dépen­dent de leur hiérar­chie dans les médias qui les font tra­vailler. Ils dépen­dent encore plus de leur édu­ca­tion, des cer­cles qu’ils fréquentent, de l’atmosphère cul­turelle et poli­tique restreinte dans laque­lle ils baig­nent.

Tous les jour­nal­istes ne sont bien sûr pas logés à la même enseigne. À côté de quelques dizaines de vedettes (objets de nos pre­miers por­traits) et de quelques cen­taines de jour­nal­istes employés sur une longue durée, la réal­ité est celle de mil­liers de soutiers de l’information payés à a la pige, nou­velle classe intel­lectuelle pré­carisée.

Peut-on par­ler d’une crise du jour­nal­isme ? D’une cer­taine forme de fin de la lib­erté d’expression ? Les lois en vigueur défend­ent la lib­erté de la presse tout en l’encadrant. Serge Hal­i­mi dans son ouvrage Les chiens de garde (1) est plus que cri­tique vis à vis des médias et de leurs acteurs. Hal­i­mi reprend les thès­es de Guy Debord sur la société mod­erne « Tout ce qui était directe­ment vécu s’est éloigné dans la représen­ta­tion » (2). Mais qui représente la représen­ta­tion ? La révérence devant le vrai pou­voir, la fausse imper­ti­nence, la pru­dence devant l’argent, les habi­tudes de vie com­mune ont créé un nou­veau jour­nal­isme « … en se dévoy­ant dans une société de cour et d’argent, en se trans­for­mant en machine à pro­pa­gande de la pen­sée de marché, le jour­nal­isme s’est enfer­mé dans une classe et dans une caste » (3).

Si les jour­nal­istes doivent être pro­tégés, le lecteur, l’auditeur, le spec­ta­teur ont aus­si des droits. Le droit de savoir qui par­le, qui écrit, par quel itinéraire. Prenons un exem­ple. Michel Field a par­faite­ment le droit d’avoir mil­ité active­ment chez les trot­skystes dans sa jeunesse. Mais les audi­teurs de Michel Field ont aus­si le droit de con­naître les ami­tiés de Michel Field et ses arrières plans idéologiques. Sans oubli­er les com­man­di­taires qui l’emploient. Exem­ple par­al­lèle celui de Joseph Macé-Scaron passé du droiti­er GRECE au statut d’icône du boboïsme gay chez Mar­i­anne. Ou bien Éric Le Bouch­er et ses mul­ti­ples inter­ven­tions – rémunérées – au ser­vice d’entreprises privées. Ou encore François d’Orcival passé des engagés Cahiers Uni­ver­si­taires au noble Insti­tut.

C’est ce droit de savoir de l’auditeur, du spec­ta­teur, du lecteur que l’Obser­va­toire du jour­nal­isme (OJIM) veut pro­mou­voir. Une meilleure con­nais­sance du monde jour­nal­is­tique et des médias favorise une véri­ta­ble démoc­ra­tie et une éthique civique.

C’est ce que l’Observatoire met en œuvre à tra­vers des por­traits de jour­nal­istes et des analy­ses des médias. Tout ceci dans un esprit citoyen et par­tic­i­patif. Vous êtes invité à enrichir notre site. Pour cela nous encour­a­geons nos lecteurs à com­pléter nos rubriques. Ces ajouts seront pris en compte et inté­grés dans la mesure où ils sont sour­cés et exclus d’esprit polémique. L’OJIM vise à mieux informer les citoyens sur leur envi­ron­nement médi­a­tique quo­ti­di­en. Avec votre par­tic­i­pa­tion.

Notes :
(1) Serge Hal­i­mi, Les nou­veaux chiens de garde, nou­velle édi­tion 2005, Édi­tions Raisons d’Agir, télécharge­able sur Inter­net.
(2) Guy Debord, La Société du Spec­ta­cle, Folio, thèse 1.
(3) Serge Hal­i­mi, ibi­dem. Voir aus­si le remar­quable film éponyme.

À propos de Claude Chollet, président de l’Ojim

Après des études de sci­ences poli­tiques à Paris, Claude Chol­let a tra­vail­lé à l’in­ter­na­tion­al pour l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique. Prési­dent du GRECE (Groupe­ment de Recherch­es et d’E­tudes pour la Civil­i­sa­tion Européenne) dans le courant de 1986, il a créé avec un groupe de jour­nal­istes et d’é­tu­di­ants en jour­nal­isme l’O­jim, Obser­va­toire du jour­nal­isme et de l’in­for­ma­tion médi­a­tique en juil­let 2012, devenu Obser­va­toire du jour­nal­isme en 2017.

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