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7 mai 2026 | Temps de lecture : 17 minutes
Portrait

Matthieu Pigasse

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Le Bolloré de gauche ?

Énar­que devenu ban­quier mul­ti­mil­lion­naire puis homme de médias, Matthieu Pigasse a con­stru­it à la force du car­net d’adresses et de deals juteux un véri­ta­ble empire médi­ati­co-cul­turel. Des Inrocks à Radio Nova, en pas­sant par la mai­son de pro­duc­tion Medi­awan, il met aujourd’hui ses médias au ser­vice d’une croisade idéologique « de gauche ». Der­rière l’image du ban­quier rock se cache un pur pro­duit des élites français­es : social­iste pour mon­ter, mélen­chon­iste à matu­rité, mais tou­jours au car­refour de l’argent, du pou­voir et des réseaux.

Matthieu Pigasse ne sup­porte pas d’être com­paré à Vin­cent Bol­loré. Il le jurait en avril 2026 à Yann Barthès sur le plateau de Quo­ti­di­en : il est « beau­coup moins riche », il n’est pas un « héri­ti­er », il n’avait pas de « chapelle dans son jardin d’enfance ». Pour­tant, ce mul­ti­mil­lion­naire, pas­sion­né de punk-rock, pos­sède lui aus­si son empire médi­a­tique, qu’il utilise pour livr­er bataille con­tre « l’extrême droite ». Il se mur­mure aus­si que cet ancien ban­quier d’affaires souhaite peser avec tout son poids médi­a­tique et idéologique pour l’élection prési­den­tielle de 2027. De là à se présen­ter ? Rien n’est exclu.

Jeunesse et Formation

Matthieu Pigasse naît le 25 mai 1968 à Clichy au sein d’une famille aisée. Les Pigasse sont intime­ment liés aux métiers de la presse et de l’édition ; son père Jean-Daniel Pigasse est l’ancien secré­taire général de l’heb­do­madaire La Manche Libre et son oncle, Jean-Paul Pigasse, a été directeur de la rédac­tion de L’Ex­press. Son grand-oncle fut le fon­da­teur de la Librairie des Champs-Élysées, qui avait lancé en 1927 la col­lec­tion « Le Masque » spé­cial­isée dans le roman policier.

La fratrie Pigasse pour­suit la tra­di­tion jour­nal­is­tique : le frère aîné de Matthieu, Nico­las, est directeur de la rédac­tion du mag­a­zine peo­ple Pub­lic, sa sœur aînée Vir­ginie a par­ticipé à la radio libre Car­bone 14 et au mag­a­zine Globe, et sa sœur cadette, Sophie, est auteure. Quant à leur mère, Madeleine Bon­homme, elle gérait la com­mu­ni­ca­tion au sein du groupe Pro­mod­ès. Notons égale­ment que par­mi ses cousins, Matthieu Pigasse compte le jour­nal­iste sportif de TF1 Chris­t­ian Jean­pierre, l’an­i­ma­teur de France 3 Syl­vain Augi­er, et le jour­nal­iste du Figaro Gaë­tan de Capèle.

Dans sa jeunesse, Matthieu Pigasse fréquente les beaux quartiers parisiens puis passe une par­tie de son enfance à Reg­néville-sur-Mer, petite com­mune de 730 habi­tants dans la Manche dont il garde un sou­venir impériss­able : « Reg­néville, c’est au bout de nulle part, c’est sa valeur. C’est beau, sauvage, dif­fi­cile à tous égards. Ce n’est pas une envie, c’est un besoin que j’ai d’aller là-bas, de pêch­er la nuit. » (évo­qué dans Ouest-France, en juil­let 2010).

Matthieu Pigasse étudie au col­lège de Coutances puis au lycée Camille-Sée dans le 15ᵉ arrondisse­ment de Paris où il obtient un bac lit­téraire. Puis c’est le par­fait par­cours du haut fonc­tion­naire : Sci­ences Po Paris d’où il sort diplômé en 1990, puis l’ENA qu’il quitte en 1994.

Parcours militant

Matthieu Pigasse est au départ un mil­i­tant social­iste, ten­dance libérale. Il rejoint donc Dominique Strauss-Kahn, alors min­istre de l’Économie et des Finances en 1997, et devient son con­seiller tech­nique. Il con­serve ensuite son poste auprès des min­istres suc­ces­sifs : Chris­t­ian Saut­ter et Lau­rent Fabius, et quitte le pub­lic pour la banque privée Lazard en 2002. Vingt ans plus tard, l’ex-banquier d’affaires est beau­coup plus proche de la philoso­phie insoumise que de la social-démoc­ra­tie. Le jour­nal L’Opin­ion explique dans un arti­cle en avril 2026 son bas­cule­ment idéologique en ces ter­mes : « Strauss-kah­nien des orig­ines, Matthieu Pigasse vogue désor­mais sur les rives du mélen­chon­isme, con­va­in­cu de pou­voir surfer sur ce désir de rad­i­cal­ité que cul­tive le tri­bun insoumis. Pas un jour ne se passe sans qu’il échange par SMS avec Jean-Luc Mélen­chon qu’il dit con­naître « par cœur ». Rap­pelons que ce dernier a, lui, quit­té le PS en 2008. L’article nous apprend égale­ment son amour com­mun avec Mélen­chon pour Hugo Chavez qui avait réc­ité devant eux des vers de Vic­tor Hugo, lors d’un voy­age au Venezuela en 2011.

Avec Raphaël Glucks­mann, par con­tre, le courant ne passe pas du tout. Matthieu Pigasse traite le mari de Léa Salamé de « type de droite » et le tacle en expli­quant que « l’anti-mélenchonisme n’a jamais fait un pro­jet ». Un lan­gage qui trahit des envies de peser politiquement.

Bien sûr, le mul­ti­mil­lion­naire de gauche utilise sans la moin­dre gêne ses médias, au ser­vice de ses ambi­tions poli­tiques ; il déclarait à ce pro­pos en févri­er 2025 dans Libéra­tion : « Je veux met­tre les médias que je con­trôle dans le com­bat con­tre la droite rad­i­cale. » Matthieu Pigasse a publique­ment soutenu le Nou­veau Front pop­u­laire aux lég­isla­tives de l’été 2024 et appelle régulière­ment à l’union de la gauche la plus large possible.

Plus encore, le patron du groupe Com­bat sem­ble vouloir influer sur la prési­den­tielle : il déclarait ain­si en jan­vi­er 2026 au micro de France Inter : « Mon ambi­tion, c’est de ne pas rester le long du chemin, indif­férent, les bras bal­lants. Et donc en effet, c’est de peser le plus pos­si­ble sur la prési­den­tielle de 2027, parce que je con­sid­ère que c’est un enjeu cen­tral ». « Il est trop tôt aujourd’hui pour dire à quelle place ou dans quel rôle peser ». Et quand on lui demande s’il peut être can­di­dat, il répond : « Moi par principe, je n’exclus jamais rien. »

Parcours professionnel

Ses débuts à Bercy

À sa sor­tie de l’ENA en 1994, Matthieu Pigasse intè­gre la Direc­tion du Tré­sor, au cœur de Bercy, où il tra­vaille sur la ges­tion de la dette publique et le finance­ment de l’État. En 1997, il rejoint le cab­i­net de Dominique Strauss-Kahn comme con­seiller tech­nique, puis pour­suit sa mis­sion dans les cab­i­nets de Chris­t­ian Saut­ter et de Lau­rent Fabius. En 2002, face à la vic­toire de la droite, Pigasse aban­donne la fonc­tion publique pour le privé. Sur recom­man­da­tion d’Alain Minc, Bruno Roger, ex-prési­dent exé­cu­tif de la banque Lazard, le recrute et Pigasse devient asso­cié gérant de la banque Lazard.

Son ascension fulgurante à Lazard

Entré chez Lazard en 2002 après un pas­sage remar­qué dans les cer­cles du pou­voir à Bercy, Matthieu Pigasse s’impose en quelques années comme l’un des pro­fils les plus promet­teurs de la banque d’affaires parisienne.

Dès 2003, il prend la tête de l’activité de con­seil aux États, un poste stratégique qui le place au cœur des dossiers des dettes sou­veraines par­mi les plus sen­si­bles du moment.

Il inter­vient notam­ment dans la rené­go­ci­a­tion de la dette de l’Argentine au début des années 2000, dans le sil­lage du défaut de paiement de 2001, puis dans celle de l’Irak en 2004, au lende­main de la chute du régime de Sad­dam Hus­sein. Dans la foulée, il par­ticipe en 2006 aux négo­ci­a­tions liées à la nation­al­i­sa­tion des hydro­car­bu­res en Bolivie, avant de con­seiller en 2009–2010 le Pre­mier min­istre grec Georges Papan­dréou au plus fort de la crise de la dette sou­veraine en Europe. Autant de mis­sions qui con­tribuent à asseoir la répu­ta­tion de Lazard dans le con­seil aux gou­verne­ments et à installer Pigasse comme un inter­locu­teur clé des États en difficulté.

Cette expo­si­tion inter­na­tionale accélère sa pro­gres­sion interne. En 2005, il devient vice-prési­dent de Lazard Europe, avant d’intégrer le pre­mier cer­cle dirigeant en 2009 comme codi­recteur général délégué de Lazard France. La même année, il fran­chit un cap décisif en prenant la direc­tion de la banque en France, à moins de 45 ans, con­fir­mant une ascen­sion par­ti­c­ulière­ment rapi­de dans un univers réputé fermé.

Dans la même péri­ode, Lazard inter­vient aus­si sur des dossiers stratégiques européens et français, notam­ment la fusion entre la Caisse d’Épargne et la Banque Pop­u­laire (2009), opéra­tion majeure de con­sol­i­da­tion du secteur ban­caire français. Matthieu Pigasse négo­cie égale­ment des opéra­tions très médi­atisées, comme la vente du Paris Saint-Ger­main (PSG) en 2006, ou encore la ces­sion du jour­nal Libéra­tion à Édouard de Roth­schild en 2005, dans un con­texte de recom­po­si­tion du paysage médi­a­tique français.

Sa tra­jec­toire cul­mine en 2015 lorsqu’il est nom­mé respon­s­able mon­di­al des activ­ités de fusions-acqui­si­tions, en par­al­lèle de ses respon­s­abil­ités dans le con­seil aux États. En un peu plus d’une décen­nie, Matthieu Pigasse s’est ain­si hissé au som­met de Lazard, con­stru­isant sa car­rière à la croisée de la haute finance et des enjeux poli­tiques internationaux.

D’une banque d’affaires à une autre

Il fau­dra atten­dre 2019 pour que Matthieu Pigasse quitte Lazard et prenne en 2020 la tête de la fil­iale parisi­enne de Cen­ter­view Part­ners, une banque d’affaires améri­caine. Son rôle est de créer et struc­tur­er l’activité européenne de Cen­ter­view et de faire du con­seil en fusion/acquisition.

Un autre Matthieu Pigasse : investisseur stratégique dans les médias et les industries culturelles

Matthieu Pigasse ne se con­tente pas de négoci­er des deals à huit chiffres chez Lazard. Le ban­quier d’affaires pos­sède tou­jours cette fibre famil­iale attachée aux médias.

En con­séquence, Matthieu Pigasse essaie avec Alain Minc d’accéder à la prési­dence du con­seil de sur­veil­lance du Monde en 2007 mais il échoue. Le Strauss-Kahn boy parvient finale­ment en juin 2010 à ren­tr­er au cap­i­tal du quo­ti­di­en aux côtés de Xavier Niel et Pierre Bergé.

À par­tir de cette prise de par­tic­i­pa­tion, Pigasse s’inscrit durable­ment dans la recom­po­si­tion du paysage médi­a­tique français. Le trio d’investisseurs met en place une struc­ture de con­trôle autour du groupe Le Monde, qui leur per­met pro­gres­sive­ment d’étendre leur influ­ence à d’autres titres emblé­ma­tiques de la presse hexag­o­nale. Cette stratégie aboutit notam­ment à la prise de par­tic­i­pa­tion majori­taire (65 %) dans le groupe Le Nou­v­el Obs, con­sol­i­dant un ensem­ble édi­to­r­i­al cohérent regroupant plusieurs mar­ques fortes de la presse d’information générale.

Au fil des années, cet investisse­ment ini­tial évolue cepen­dant. Matthieu Pigasse com­mence à réduire son expo­si­tion directe dans le groupe Le Monde, jusqu’à céder 49 % de ses parts à Daniel Kretinsky. Il cèdera en 2022 de nou­veau 49 % de ses parts orig­inelles à Xavier Niel, cette fois pour ne con­serv­er que 2 % de sa par­tic­i­pa­tion originelle.

Par­al­lèle­ment à ce désen­gage­ment pro­gres­sif, Pigasse s’associe à nou­veau avec Xavier Niel et Pierre-Antoine Cap­ton en 2015 pour lancer Medi­awan, un SPAC (autrement dit un véhicule d’acquisition coté en bourse) des­tiné à acquérir des act­ifs dans la pro­duc­tion et la dis­tri­b­u­tion de con­tenus. L’entité est offi­cielle­ment intro­duite en Bourse en 2016, mar­quant le point de départ d’une stratégie vorace de rachat de boîtes de pro­duc­tion. Medi­awan est désor­mais présent dans 14 pays.

Dans le même temps, Matthieu Pigasse struc­ture un autre ensem­ble d’actifs autour des médias et de la cul­ture avec la créa­tion des Nou­velles Édi­tions Indépen­dantes (NEI), amor­cée dès 2008 et pro­gres­sive­ment con­solidée au cours des années 2010. Ce véhicule devient ensuite le groupe Com­bat, qui regroupe plusieurs par­tic­i­pa­tions dans la presse, la radio et les indus­tries cul­turelles, notam­ment autour de titres et de pro­jets comme Radio Nova, Les Inrock­upt­ibles, le fes­ti­val Rock en Seine (racheté en févri­er 2017).

Cette con­struc­tion s’inscrit dans une logique de diver­si­fi­ca­tion et de con­trôle édi­to­r­i­al, dis­tincte de ses investisse­ments financiers plus clas­siques, et traduit la volon­té de con­stituer un empire de médias et d’industries culturelles.

En 2026, Medi­awan se trou­ve être le pre­mier béné­fi­ci­aire des con­trats de France Télévi­sions. Une place qui a attiré à l’hiver 2025–26 le regard du député UDR Charles Allon­cle dans le cadre de la Com­mis­sion d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel pub­lic. Audi­tion­né le 2 avril 2026, Pigasse a accusé l’élu de men­er une « chas­se idéologique ». Allon­cle a indiqué dans son rap­port que Medi­awan « cap­tait » près de 110 mil­lions d’euros par an de com­man­des des chaînes publiques (sur les 875 mil­lions annuels), une part jugée exces­sive et con­cen­trée, faisant crain­dre un « copinage ». Sur RMC le 8 avril, l’élu a ajouté que l’entreprise sur­fac­turait de 10% toutes ses pro­duc­tions pour France TV, s’appuyant sur des audits internes et dénonçant un écart entre les marges prévues dans les devis et con­statées à la fin.

Voir aus­si : Matthieu Pigasse, infographie

Publications

  • Révo­lu­tions, Paris, Plon, 2012. (Titre à rap­procher de Révo­lu­tion, pub­lié en 2016.)
  • Éloge de l’anormalité, Paris, Plon, 2014.
  • La lumière du chaos, Paris, Édi­tions de l’Ob­ser­va­toire, 2023.

Collaborations

  • Le Monde d’après, une crise sans précé­dent, Plon, 2009 (avec Gilles Finchelstein).
  • Par­tic­i­pa­tion à l’ou­vrage col­lec­tif Qu’est-ce que la gauche ?, Fayard, 2017 (avec notam­ment Jean-Luc Mélenchon).

Nébuleuse

PS, LFI et gauche internationale

  • Col­lab­o­ra­tion avec Dominique Strauss-Kahn, Chris­t­ian Saut­ter, Lau­rent Fabius mais égale­ment Manuel Valls et Bertrand Delanoë. Matthieu Pigasse a con­seil­lé Ségolène Roy­al lors de la cam­pagne de 2007.
  • Aujourd’hui très proche de Jean-Luc Mélen­chon donc de la France Insoumise. Proche aus­si d’Olivier Fau­re avec qui il a déje­uné récem­ment. Olivi­er Fau­re songeait même à nom­mer Pigasse à Bercy après la chute de François Bayrou.
  • Il a des rela­tions par­ti­c­ulière­ment ten­dues avec Raphaël Glucksmann.
  • Matthieu Pigasse sou­tient la can­di­da­ture de François Hol­lande en 2012 et son pro­jet de taxe de 75 % sur les très hauts revenus mais cri­tique verte­ment en 2014 ce même Hol­lande et sa passivité.
  • Il cosigne avec Arnaud Mon­te­bourg un arti­cle dans le JDD en 2015 cri­ti­quant la poli­tique d’austérité du gou­verne­ment social­iste de Manuel Valls.
  • Admi­ratif d’Hugo Chávez et de Nicolás Maduro, Matthieu Pigasse a égale­ment ren­con­tré dans le cadre de son activ­ité ban­caire l’ex-premier min­istre grec social­iste démoc­rate Georges Papandréou.

Culture et radio

  • Nom­mé admin­is­tra­teur du Théâtre du Châtelet par Bertrand Delanoë à la fin des années 2000, Matthieu Pigasse en devient ensuite tré­sori­er en 2010, avant d’accéder à la vice-prési­dence de l’institution, ce qui lui per­met de fréquenter le monde de la cul­ture parisienne.
  • Mem­bre du con­seil d’orientation sci­en­tifique de la Fon­da­tion Jean Jau­rès, think tank du Par­ti social­iste ain­si que de la fon­da­tion pro-européenne Europanova
  • La galax­ie de Radio Nova : Guil­laume Meurice, Pierre‑Emmanuel Bar­ré, Aymer­ic Lom­pret, Juli­ette Arnaud et Akim Omiri
  • La radio dépend du groupe Nova Press, lui-même inté­gré à l’écosystème de Matthieu Pigasse.
  • Emmanuel Hoog : directeur général de Nova Press depuis 2019, Jean-François Latour : directeur de Radio Nova (nom­mé en 2023), Math­ieu Levieille : directeur général délégué du groupe Com­bat (mai­son mère).

Finance

Vie privée

Au début des années 2000, Matthieu Pigasse entame une rela­tion avec Alix Étour­naud, avec laque­lle il fonde une famille et a trois enfants. Cette rela­tion, déjà anci­enne et instal­lée à la fin des années 2000, est frag­ilisée en 2009 par une liai­son avec la jour­nal­iste Marie Druck­er, évo­quée à l’époque par plusieurs titres de presse.

Dans un réc­it pub­lié en 2011, Mieux vaut en rire (éd. JC Lat­tès), Alix Étour­naud revient de manière indi­recte sur cet épisode, décrivant la trahi­son d’un com­pagnon alors qu’elle est enceinte de leur troisième enfant, sans toute­fois nom­mer explicite­ment les protagonistes.

Mal­gré cette crise, Matthieu Pigasse épouse finale­ment Alix Étour­naud en 2010.

Par la suite, sa sit­u­a­tion per­son­nelle évolue. Il est aujourd’hui en cou­ple avec Was­si­la Med­das, de vingt-sept ans sa cadette, que le mul­ti­mil­lion­naire a nom­mée « direc­trice des mar­ques du groupe Com­bat », un poste spé­ciale­ment créé pour elle. Cette dernière a été citée en avril 2026 dans Libéra­tion par des employés du groupe évo­quant des pra­tiques man­agéri­ales bru­tales de la part de la com­pagne de Pigasse. L’article va jusqu’à décrire un « cli­mat de pres­sion et d’humiliations ver­bales » entretenu par Was­si­la Med­das, de « pro­pos très déval­orisants envers cer­tains col­lab­o­ra­teurs, les qual­i­fi­ant par exem­ple de “nuls” ou affir­mant qu’ils “ne savent rien faire” », quand il ne s’agit pas de « men­aces de ren­voi ». En clair, le jour­nal­iste de Libéra­tion sug­gère que la petite amie de Matthieu Pigasse prof­it­erait de son statut tout-puis­sant pour impos­er ses vues, quitte à men­ac­er les salariés du groupe Com­bat qui seraient en désac­cord avec elle.

Il a dit

« Vot­er Marine Le Pen, c’est vot­er con­tre la République. », tweet du 26 sep­tem­bre 2025

« La bataille cul­turelle, c’est au fond la lutte pour impos­er par les médias ses valeurs, ses mots, ses thèmes, ses expres­sions, son regard sur le monde. », inter­view sur France Inter, 14 jan­vi­er 2026.

« D’une part en matraquant de manière obses­sion­nelle tout au long de la journée leurs fan­tasmes sur leurs médias : CNews, Europe 1, le JDD. Et les fan­tasmes, c’est ce que moi j’ai appelé les trois I : Insécu­rité, Islam, Immi­gra­tion. », inter­view sur France Inter, 14 jan­vi­er 2026.

« CNews, c’est donc pas une chaîne d’information, c’est même pas une chaîne d’opinion. C’est une organ­i­sa­tion poli­tique avec des stu­dios. », inter­view sur France Inter, 14 jan­vi­er 2026.

« Je n’interviens jamais dans l’éditorial des médias que je con­trôle. », La Libre, 30 jan­vi­er 2026.

« Emmanuel Macron a tout de même réus­si l’ex­ploit d’en­gen­dr­er 1 000 mil­liards de dettes et un mil­lion de pau­vres en plus en moins de dix ans. », La Libre, 30 jan­vi­er 2026.

« Il y a une image qui me vient : je vais pren­dre l’exemple du Seigneur des anneaux. Il y a Sauron qui règne sur le Mor­dor, l’œil de Sauron qui tourne et qui attire à lui les forces du mal : les nazgûls, les uruk-hai, les orcs, c’est-à-dire en fait l’UDR d’Eric Ciot­ti, les Répub­li­cains de Retail­leau et les autres. », Quo­ti­di­en, 22 avril 2026.

Ils ont dit

« Il faut arrêter de financer le mil­i­tant Pigasse avec nos impôts et rap­pel­er fer­me­ment le ser­vice pub­lic à son oblig­a­tion de neu­tral­ité ! », tweet de Marine Le Pen du 17 avril 2026

« Vous avez l’impression d’être agressés ici ? Ça fait des mois avec Matthieu Pigasse que nous sommes agressés. Je pense que la réponse que nous avons apportée aujourd’hui, elle est très très très faible, à côté des men­songes que vous avez pronon­cés depuis des mois nous con­cer­nant. », Réponse de Xavier Niel à Charles Allon­cle lors de l’audition à l’Assemblée nationale, LCP, 4 avril 2026.

« Matthieu Pigasse, le ban­quier que l’on s’arrache », titre d’une inter­view du quo­ti­di­en Le Monde, 18 octo­bre 2006.

« Un garçon vif et bril­lant qui a su pren­dre les bons côtés de la tech­nocratie et laiss­er les autres. C’est un garçon drôle et volon­tiers taquin. On tombe vite sous son charme », Com­men­taire de Dominique Strauss-Kahn sur Matthieu Pigasse, Le Monde, 18 octo­bre 2006

« La rela­tion amoureuse entre Was­si­la Med­das et Matthieu Pigasse, qui n’a pas don­né suite aux sol­lic­i­ta­tions de Libéra­tion, biaise aus­si les échanges que la direc­trice des mar­ques peut avoir avec les salariés, ceux-ci red­outant que leurs pro­pos soient ensuite réper­cutés à l’actionnaire », Libéra­tion, 15 avril 2026.

« Pigasse vs. Libé : un patron de gauche ne devrait pas faire ça », titre d’un arti­cle de Poli­tis, 27 avril 2026.

« L’homme d’affaires se rêve en héros des médias de gauche… Mais quand Libéra­tion enquête sur le man­age­ment « bru­tal » de sa com­pagne, le voilà qui crie au « sui­cide col­lec­tif » … et tente de faire pub­li­er sa pub anti-Libé dans ce même jour­nal. », Poli­tis, 27 avril 2026.

« Une antenne con­stru­ite à sa main, des out­rances des­tinées à polaris­er le débat pub­lic, un désir de rad­i­cal­ité assumé… Le cock­tail sul­fureux ressem­ble furieuse­ment à une trans­po­si­tion, à gauche, des méth­odes de Vin­cent Bol­loré dans les médias. » Matthieu Pigasse souhait­erait lui don­ner rai­son, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. », Poli­tis, 27 avril 2026

« Matthieu Pigasse a dénon­cé le sec­tarisme anti-LFI, rap­pelé que c’était un obsta­cle à toute vic­toire de la gauche et plaidé pour un pro­gramme de rup­ture. Ceux qui veu­lent empêch­er la vic­toire des insoumis à tout prix en sont pour leurs frais », tweet de Manuel Bom­pard, 26 avril 2026.

« À quelques jours du vote du rap­port, le sys­tème se déchaîne. Voilà donc les méth­odes des fon­da­teurs de Medi­awan, Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Pierre-Antoine Cap­ton, tous action­naires de l’officine d’extrême-gauche « Les Jours ». Quel que soit leur pou­voir, quelles que soient leurs méth­odes, quelles que soient leurs intim­i­da­tions, ils ne me fer­ont pas taire. », tweet de Charles Allon­cle du 6 avril 2026.

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