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Sibyle Veil

19 février 2022

Temps de lecture : 5 minutes
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Sibyle Veil

19 février 2022

Temps de lecture : 5 minutes

Femme de réseaux

Sibyle Veil fut, sur les bancs de l’ENA, une amie d’Emmanuel Macron. Après avoir été la première femme à la tête de Radio France depuis 1981 (après Michèle Cotta) et alors que son mandat s’achèvera en 2023, quel sera le poste promis à celle qui côtoie avec aisance et de longue date les milieux politiques et médiatiques ?

Sibyle Veil est née Petit­jean le 26 sep­tem­bre 1977 à Lan­gres ; elle est la fille d’un con­sul­tant, Michel Petit­jean, et de Nicole Sauvage, psy­cho­logue. Son mari, Sébastien Veil, est le petit-fils de Simone Veil et le neveu de Jean Veil (avo­cat de Jérôme Cahuzac) : il est ancien maître des requêtes au Con­seil d’État, asso­cié chez PAI Part­ners et aurait rédigé des notes pour Emmanuel Macron qu’il a côtoyé à l’occasion de sa pré­pa à Hen­ri IV. Ils sont mar­iés depuis le 2 sep­tem­bre 2006 et ont trois enfants de cette union.

Formation

Sibyle Veil fait ses class­es au lycée Carnot à Dijon.

Elle fait son entrée sur le marché du tra­vail en qual­ité de vendeuse dans un cen­tre com­mer­cial de Dijon.

En 1999, elle suit ensuite ses études supérieures à l’Institut d’études poli­tiques de Paris (IEP).

En 2000, elle reçoit le Diplôme d’Etudes appro­fondies de poli­tiques européennes (DEA) à l’université Paris III – Sor­bonne nouvelle.

De jan­vi­er 2002 à mars 2004, elle est Elève de l’ENA (pro­mo­tion Léopold Sédar Sen­g­hor). Elle sort 8ème de sa promotion.

Parcours professionnel

Du 1er avril 2004 au 1er octo­bre 2005, elle est audi­teur de 2e classe au Con­seil d’Etat avant de devenir audi­teur de 1ère classe, du 1er octo­bre 2005 au 1er avril 2007.

De 2005 à 2006, elle est maître de con­férences en droit pub­lic à l’IEP de Paris.

En 2006, elle est cor­rec­trice adjointe au jury du con­cours de recrute­ment com­plé­men­taire de con­seillers de tri­bunal admin­is­tratif et de cour d’administrative d’appel.

En 2007, elle est cor­rec­trice adjointe au jury du con­cours de recrute­ment com­plé­men­taire de con­seillers de tri­bunal admin­is­tratif et de cour admin­is­tra­tive d’appel.

Le 29 mars 2007, elle devient mem­bre du Con­seil nation­al de la for­ma­tion des élus locaux.

Du 1er avril 2007 au 21 août de la même année, elle est maître des requêtes au Con­seil d’Etat.

Du 1er avril 2007 au mois de juin de la même année, elle est rap­por­teur à la sec­tion des finances du Con­seil d’Etat.

De juin 2007 au 2 juil­let 2010, elle est Con­seiller tech­nique à la Prési­dence de la République (Nico­las Sarkozy) chargée des ques­tions de tra­vail, loge­ment, rela­tions sociales et solidarités.

Le 26 sep­tem­bre 2008, elle est con­fir­mée offi­cielle­ment dans ses fonc­tions de Con­seil­lère technique.

Du 2 juil­let 2010 au 22 novem­bre 2010, elle est con­seil­lère (ques­tions du tra­vail, du loge­ment, des rela­tions sociales et de la san­té) à la Prési­dence de la République.

Du 22 novem­bre 2010 au 1er mai 2015, elle est Directeur du pilotage de la trans­for­ma­tion de l’Assistance publique-Hôpi­taux de Paris. Lorsque Mar­tin Hirsh rem­place Mirelle Faugère à la tête de l’AP-HP, elle décide de chang­er de maison.

Du 1er mai 2016 au 1er juil­let 2015, elle réin­tè­gre le Con­seil d’Etat.

Du 1er juil­let 2015 au 9 sep­tem­bre 2015, elle est Direc­trice de pro­jet auprès de Math­ieu Gal­let (PDG de Radio France).

Du 9 sep­tem­bre 2015 au 16 avril 2018, elle est direc­trice déléguée en charge des opéra­tions et des finances de Radio France et mem­bre du Comité exécutif.

Le 21 mars 2018, sa can­di­da­ture à la tête de Radio France est déclarée recev­able par le CSA.

Depuis le 16 avril 2018, elle est prési­dente-direc­trice-générale de Radio France. Elle signe son pre­mier mail de prési­dente par la men­tion : « Bien­v­enue à vous toutes et tous », soulig­nant des reven­di­ca­tions fémin­istes qu’elle avait déjà fait pressen­tir lorsqu’elle tra­vail­lait pour l’AP-HP.

Out­re ce par­cours, elle est aussi :

  • mem­bre du con­seil de sur­veil­lance d’Arte France (en qual­ité de représen­tante de Radio France) ;
  • depuis 2018, mem­bre de l’Assemblée de direc­tion des Médias fran­coph­o­nes publics, dont elle est la prési­dente de jan­vi­er 2019 au 1er mai 2021 ;
  • depuis 2018, admin­is­tra­trice de Médiamétrie ;
  • elle est mem­bre de la pro­mo­tion 2018 du pro­gramme « Young Lead­ers » de la France Chi­na Foundation19 ;

Elle reste, depuis le 21 août 2019, con­seiller d’État.

Distinctions

Le 31 décem­bre 2020, elle est nom­mée Cheva­lier de l’ordre nation­al du Mérite.

Sa nébuleuse

  • Emmanuel Macron, avec qui elle fait ses études à l’ENA. Si elle indi­quait en 2018 ne pas avoir vu Emmanuel Macron depuis près de trois ans, elle a fréquen­té, durant leurs études, son « clan d’amis assez fêtards », com­prenant notam­ment Gas­pard Gantzer, Math­ias Vicher­at (SNCF), Frédéric Mauger (Crédit Munic­i­pal), Éléonore Von Bardeleben (Cour de jus­tice européenne), Pierre-Alain de Maller­ay (San­tiane).
  • Lau­rent Guimi­er, avec qui elle fait cam­pagne pour accéder à la tête de Radio France.
  • Math­ieu Gal­let, qui l’appelle à la rescousse à Radio France après une longue péri­ode de grève.
  • Yan­nick Bol­loré, PDG d’Havas, qui admet être son « copain ».

Publications

Sig­nataire du Man­i­feste con­tre le nou­v­el anti­sémitisme, paru dans Le Parisien le 2 mai 2018.

Parcours militant

À par­tir de 2005, elle est engagée auprès de Nico­las Sarkozy, pour lequel elle aurait rédigé des notes et des dis­cours. Son recru­teur, Emmanuelle Mignon, salue son « tra­vail remar­quable » et note que « sur la fin, elle était au QG soirs et week-ends… ».

Ce qu’elle gagne

Elle perçoit à Radio France la somme de 18 500 euros par mois. Avant sa nom­i­na­tion, le salaire du PDG de Radio France s’élevait à 14 200 euros brut par mois, avec une par­tie vari­able pou­vant s’élever jusqu’à 37 000 euros par an.

Elle l’a dit

« J’ai tou­jours voulu me con­fron­ter à des dif­fi­cultés. C’est un souci d’ex­i­gence et aus­si une éthique per­son­nelle », TV5 Monde, 12 avril 2018.

« Je n’ai pas l’âme poli­tique », Cap­i­tal, 31 août 2018.

« Il faut agir sur la cul­ture interne, les baron­nies et les inci­ta­tions au change­ment pour arriv­er à faire bouger les lignes », Chal­lenges, 8 sep­tem­bre 2018.

« Sarkozy por­tait les valeurs du mérite, de l’engagement, de l’énergie, du retour de l’ascenseur social, de la lib­erté, de l’Europe », cité par Nico­las Quen­dez, 26 octo­bre 2020.

« Nous sommes pris en tenaille entre deux forces : d’un côté, l’autoritarisme clas­sique de cer­tains courants qui ne recon­nais­sent comme légitime que la pen­sée qui coïn­cide avec la leur ; de l’autre, la sus­cep­ti­bil­ité out­ragée de par­ti­sans de la cul­ture woke qui voudraient juste que l’on pense « bien». Dans les deux cas, l’une des cibles toute trou­vée est l’humour, man­i­fes­ta­tion ultime de la lib­erté d’expression. », tri­bune parue dans Le Figaro Vox, 7 novem­bre 2020.

« Je voudrais partager avec vous les principes qui nous guident ; la lib­erté est notre ligne ; la plu­ral­ité est notre méth­ode ; l’humilité est notre devoir. Le ser­vice pub­lic n’est pas infail­li­ble : parce qu’il est fait par des humains et non des algo­rithmes. », tri­bune parue dans Le Figaro Vox, 7 novem­bre 2020.

Ils l’ont dit

« Elle a à la fois une vision stratégique et la capac­ité à la met­tre en œuvre […] [C’est une] bonne man­ageuse […] très effi­cace […]  Elle a fait des choix pro­fes­sion­nels courageux : quit­ter l’Élysée pour l’As­sis­tance publique, une grande mai­son pas facile où elle s’est très bien inté­grée. Elle a ensuite cher­ché à se con­fron­ter de nou­veau à un opéra­teur de l’État, mais dans un milieu très dif­férent, Radio France. Elle a fait le choix de met­tre les mains dans le cam­bouis. », Mireille Faugère, direc­trice AP-HP, TV5 Monde, le 12 avril 2018.

« Alors que Math­ieu Gal­let était très cas­sant, capa­ble de se met­tre plus qu’à dos ses inter­locu­teurs, elle est à l’é­coute, tran­quille, et prend des déci­sions motivées. Cela per­met la dis­cus­sion » (Olivi­er Mar­tocq, secré­taire général de FO Radio France, TV5 Monde, le 12 avril 2018.

« J’ai toute con­fi­ance dans la capac­ité de Sibyle Veil à men­er, avec l’ensemble des équipes de Radio France, ce pro­jet de trans­for­ma­tion, dans le con­texte actuel de réflex­ion glob­ale sur les évo­lu­tions du ser­vice pub­lic de l’audiovisuel. », Françoise Nyssen, TV5 Monde, le 12 avril 2018.

« Sibyle était pré­cise. Elle est frêle, mais c’est une femme forte, très ferme », Ray­mond Sou­bie, Cap­i­tal, 31 août 2018.

« Elle enfile les per­les et répète qu’il faut pren­dre le virage du numérique. Gal­let n’était pas un grand ora­teur, mais elle est pire. […] Nous sommes tous des amoureux de la radio. Pas elle. », Une jour­nal­iste de France Inter, Chal­lenges, 8 sep­tem­bre 2018.

« Elle n’a rien d’austère : elle est appliquée, réfléchie, et c’est une maman très présente et très proche de ses enfants. », Marie Druck­er, Chal­lenges, 8 sep­tem­bre 2018.

« Elle tra­vaille dans la sérénité, mais elle est intel­li­gente et bosseuse, elle a l’esprit vif, elle réus­sis­sait très bril­lam­ment les exa­m­ens et con­cours. Elle a beau­coup de car­ac­tère et de force. », Gas­pard Gantzer, Chal­lenges, 8 sep­tem­bre 2018.

« Elle fait par­tie de ces femmes à la force tran­quille dou­blée d’une grande maîtrise d’elle-même », Maryam Sale­hi, direc­trice déléguée de NRJ Group, Chal­lenges, 8 sep­tem­bre 2018.

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