Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Lauriers de l’Audiovisuel : entre-soi, haie d’honneur pour Arte et abondance de service public

21 février 2020

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Lauriers de l’Audiovisuel : entre-soi, haie d’honneur pour Arte et abondance de service public

Lauriers de l’Audiovisuel : entre-soi, haie d’honneur pour Arte et abondance de service public

Le Club de l’Audiovisuel, “lieu de rencontres avec l’ambition de fédérer l’ensemble des acteurs du secteur de l’audiovisuel et du numérique”, tenait le 10 février 2020, sa vingt-cinquième cérémonie des Lauriers de l’Audiovisuel.

Cette céré­monie attribue des “Lau­ri­ers” à dif­férents pro­grammes télévisés ou radio, à la manière des prix décernés lors du Fes­ti­val de Cannes. Celle qui vient de se dérouler récom­pen­sait les pro­grammes dif­fusés en 2019. Et comme son sem­blable ciné­matographique, cette céré­monie fut aus­si le fes­ti­val de l’entre-soi et du poli­tique­ment correct.

Un jury représentatif… du monde médiatique

Avant de par­ler des Lau­ri­ers, revenons sur le jury de cette céré­monie. Patrick Bézi­er, prési­dent du Club de l’Audiovisuel de Paris, en était à la tête. Ancien directeur général du groupe Audi­ens ; acteur de la pro­tec­tion sociale des pro­fes­sion­nels de cul­ture, com­mu­ni­ca­tion et médias ; par­ti à la retraite avec un para­chute doré, il dit souhaiter “dia­loguer avec les nou­veaux acteurs tels que Molo­tov, Net­flix, SALTO ou encore Dis­ney et Ama­zon” (pas pour tout de suite l’union con­tre les GAFA) et être “con­va­in­cu que c’est tou­jours par la con­cer­ta­tion que les valeurs de diver­sité cul­turelle (?) pour­ront être préservées”.

Il est accom­pa­g­né cette année, de Jean-Marie Colom­bani, co-fon­da­teur du poli­tique­ment cor­rect Slate et ancien directeur du Monde. On retrou­ve aus­si Chris­tine Kel­ly, anci­enne mem­bre du CSA et présen­ta­trice de l’émission de Zem­mour, par ailleurs, seule représen­tante de la “diver­sité” pour­tant si vénérée par ses com­pères. Vien­nent ensuite Gilles Leclerc, “mem­bre du comité d’éthique de Radio-France” et Math­ieu Gal­let, ancien PDG de Radio France. France 24 est aus­si représen­tée avec Gérard Saint-Paul, ancien directeur général et fon­da­teur. Enfin, on retrou­ve aus­si bien d’autres acteurs des médias de grands chemins.

Arte, grande gagnante des Lauriers

Arte, habituée à la pro­pa­gande sur l’Europe, la Pologne ou la Russie, est la grande gag­nante des Lau­ri­ers avec, mal­gré ou grâce à ses 2,6% des audi­ences annuelles, le plus de récom­pens­es. La chaîne a dif­fusé et pro­duit le télé­film “Huguette”, offrant le “Lau­ri­er d’Interprétation Fémi­nine” à Line Renaud. Elle a aus­si co-pro­duit et dif­fusé “Tout con­tre elle”, gag­nant du “Lau­ri­er Fic­tion”, “Venezuela, l’ombre de Chavez”, du “Lau­ri­er Pre­mière Œuvre” et “Cor­leone, le par­rain des par­rains”, du “Lau­ri­er Doc­u­men­taires”. Sans oubli­er Arte Radio, gag­nant du “Lau­ri­er Numérique” avec son pod­cast “Dal­i­da et moi”

Les médias du service public, très bien positionnés aussi, France Inter en tête

La poli­tique­ment cor­recte France Inter (groupe Radio France) est le deux­ième média dont les pro­duc­tions ont le plus été récom­pen­sées. Son pod­cast “Une his­toire et… Oli” qui racon­te des con­tes pour enfants a reçu le “Lau­ri­er Jeunesse” et son émis­sion “Ça peut pas faire de mal”, le “Lau­ri­er Cul­ture” (cocasse quand on fait délibéré­ment une faute de français dans le titre de son émission).

Mais ce n’est pas tout pour le groupe Radio France (mer­ci Gilles Leclerc et Math­ieu Gal­let d’être dans le jury), dont France Cul­ture a obtenu le “Lau­ri­er Infor­ma­tion Radio” pour son émis­sion “Les matins”, et France Musique, le “Lau­ri­er Pro­gramme Radio” pour “Au cœur de l’orchestre ”.

Enfin, le JT de 20h sur France 2, du 13 octo­bre 2019, a été récom­pen­sé du “Lau­ri­er Grand Reporter” pour un reportage inti­t­ulé “Syrie/Turquie : un con­voi de civils pris pour cible”.

Pour finir, ce sont des per­son­nal­ités qui ont reçu des Lau­ri­ers, le “Lau­ri­er d’Honneur” pour Patrick Brion dans “Ciné­ma de Minu­it” sur France 5 et le “Lau­ri­er d’Or” pour la social­iste Marie-Chris­tine Saragosse, prési­dente de France Médias Monde.

Les médias privés aussi récompensés avec quelques Lauriers

Après les innom­brables récom­pens­es reçues par les médias publics, on retrou­ve tout de même quelques Lau­ri­ers pour les chaînes privées.

L’émission “Quo­ti­di­en” de Yann Barthès dont nous sommes revenus sur les méth­odes entre men­songes et déri­sion dans un grand dossier, dif­fusée sur TMC, a obtenu le “Lau­ri­er Mag­a­zine” pour l’ensemble de sa sai­son 4 (rien que ça).

Gul­li rem­porte le “Lau­ri­er Civisme et Grandes Caus­es” pour son doc­u­men­taire “Objec­tif Kil­i­mand­jaro : Oscar et Arthur sur le toit de l’Afrique” qui retrace les péripéties de deux ados en fau­teuil roulant cher­chant à gravir le fameux sommet.

Net­flix a aus­si reçu son Lau­ri­er, celui relatif aux séries, pour “Le bazar de la char­ité”, co-pro­duit avec TF1.

Enfin, Roschdy Zem, acteur fran­co-maro­cain diver­si­taire, a obtenu le “Lau­ri­er d’Interprétation Mas­cu­line” pour son rôle dans la série “Les sauvages” co-pro­duite et dif­fusée par Canal+.

Voilà donc le pal­marès des Lau­ri­ers de cette année, du Arte encore et encore, des médias du ser­vice pub­lic, du “Quo­ti­di­en” et un peu de Gul­li, Net­flix, TF1 et Canal+, his­toire de vari­er. Comme une impres­sion d’entre-soi dont le pal­marès sem­ble se prévaloir.

Derniers portraits ajoutés

Claude Askolovitch

PORTRAIT — Claude Askolovitch débute sa car­rière à Sci­ences et Vie Économie puis entre à RFO avant d’être engagé au Matin de Paris. Fin 1987, il rejoint Europe 1 puis devient reporter à l’EDJ et à Marianne.

Christophe Barbier

PORTRAIT — Ex-Patron de L’Express (2006–2016), Christophe Bar­bi­er a ren­du omniprésents dans le débat pub­lic sa sil­hou­ette svelte et son écharpe rouge. Est-il vrai­ment de gauche, comme il l’a longtemps soutenu ?

Élisabeth Laborde

PORTRAIT — Anci­enne attachée de presse de Matthieu Pigasse, auquel elle doit sa mobil­ité pro­fes­sion­nelle ful­gu­rante, Élis­a­beth Labor­de est l’archétype de la « dircom » fémin­iste et bobo qui veut remod­el­er le monde de l’entreprise à son l’aune des mantras pro­gres­sistes contemporains.

Pascal Praud

PORTRAIT — Loin d’être l’homologue français de Tuck­er Carl­son ou de Sean Han­ni­ty comme le fan­tasme la presse de gauche, Pas­cal Praud prof­ite d’un cli­mat poli­tique trou­blé et d’une cen­sure gran­dis­sante pour endoss­er le rôle des “porte-parole des Mar­cel au bistrot” et faire grimper les audiences.

Glenn Greenwald

PORTRAIT — Ancien avo­cat d’af­faires, par la suite spé­cial­isé dans les lit­iges civiques et con­sti­tu­tion­nels, Glenn Green­wald est depuis près de 20 ans entière­ment dédié à la défense lit­térale et intran­sigeante de la con­sti­tu­tion améri­caine et de ses garanties en matière de lib­ertés individuelles.