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Laure Mandeville

5 août 2022

Temps de lecture : 7 minutes
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Laure Mandeville

5 août 2022

Temps de lecture : 7 minutes

Bons baisers de Washington

« Il faut aider les Russ­es à se libér­er du régime de Vladimir Pou­tine », C Ce Soir, France 5, 7 avril 2022.

Née au Puy-en-Velay en 1962, Laure Mandeville est au Figaro ce que Sylvie Kauffmann est au Monde : une vigie à carte de presse française répandant les patenôtres américaines en Europe. Tout en les saupoudrant d’un psychologisme propre aux journalistes français, pour qui toute déviation par rapport à la norme atlantiste est forcément pathologique. Il faut lui reconnaître d’avoir, au même titre qu’André Bercoff, pressenti la lame de fond populiste qui consacrerait Trump en 2016.

Il n’est pas rare de la crois­er sur les plateaux de « C dans l’air » ou de la chaîne TV5 Monde.

Formation

Elle est déten­trice d’une licence en russe et en polon­ais obtenue à l’Université Jean-Jau­rès de Toulouse, puis elle ressort dou­ble­ment diplômée de l’IEP de Paris en rela­tions inter­na­tionales (1985) et en études sovié­tiques (1986). Elle parachève sa for­ma­tion une année plus tard au Cen­tre d’études russ­es de Har­vard (1987).

Parcours professionnel

  • Mai 1989 à novem­bre 2008, elle est, au Figaro — grand reporter au ser­vice de poli­tique étrangère du quo­ti­di­en. Cou­vre la Com­mu­nauté des États indépen­dants (CEI) et des Pays de l’Est.
  • D’octobre 1994 à mai 1997 : prési­dente de l’Association des jour­nal­istes France-Russie.
  • De 1997 à 2000 : chef du bureau du Figaro à Moscou.
  • De 1998 à mars 2022 : elle est vice-prési­dent de l’Association des jour­nal­istes France-Russie.
  • De décem­bre 2001 à mars 2002, elle est coprési­dente par intérim de l’Association des jour­nal­istes France-Russie.
  • De 2000 à 2008, elle est grand reporter et cou­vre l’Europe, la Russie, l’Islam en l’Europe ain­si que les rela­tions transatlantiques.
  • De décem­bre 2008 à août 2016, elle est chef de bureau du Figaro à Washington.
  • Depuis 2016, elle est chargée des enquêtes sur l’Europe et les États-Unis.
  • En avril 2018, elle réus­sit le prodi­ge d’annoncer le lun­di suiv­ant le vote, dans le Figaro papi­er, la défaite aux élec­tions en Hon­grie de Vik­tor Orbán (qui les rem­portera haut la main) tout en expli­quant docte­ment les raisons de cette défaite. Une cat­a­stro­phe médi­a­tique et un cas d’école dont sa direc­tion ne lui tien­dra pas rigueur.
  • Depuis 2021, elle inter­vient régulière­ment dans l’« Édi­to inter­na­tion­al » de Vin­cent Her­vouët sur Europe 1 et est une habituée des plateaux de CNews.

Parcours militant

Elle est à l’initiative de la créa­tion des Con­ver­sa­tions Toc­queville pour « réfléchir à la crise de nos démoc­ra­ties », en parte­nar­i­at avec La Fon­da­tion Toc­queville, Le Figaro, The Atlantic Coun­cil et The Amer­i­can Interest.

Elle est égale­ment mem­bre non-rési­dent (ou « chercheur asso­ciée » selon les dénom­i­na­tions) de l’Atlantic Coun­cil (The Atlantic Council’s Europe Cen­ter), un think-tank améri­cain atlantiste créé en 1961 et spé­cial­isé dans les rela­tions inter­na­tionales, dont le siège se situe à Washington.

Ce qu’elle gagne

Selon les barèmes (salaires min­i­mums) du Figaro estimés par la CGT en 2014, un grand reporter gagne en salaire de base 3027.55 €. Un salaire auquel il faut ajouter les primes d’ancienneté du jour­nal­iste, qui s’élève à 605.51 €. Il est donc envis­age­able que le salaire de Lau­re Man­dev­ille approche au moins les 4000 euros men­su­els, celle-ci ayant 33 ans d’ancienneté.

Distinctions

  • 2009 : Prix Louis Pauwels de la Société des gens de lettres
  • 2009 : Prix Ailleurs pour La recon­quête russe.

Publications

  • L’Armée russe : la puis­sance en hail­lons, édi­tions n°1, 1994
  • La recon­quête russe, édi­tions Gras­set, 2008
  • Qui est vrai­ment Don­ald Trump ?, Le Figaro / Équa­teurs, 2016
  • Rester vivants : qu’est-ce qu’une civil­i­sa­tion après le coro­n­avirus ? (con­tribu­teur), Fayard, 2020.
  • Les Révoltés d’Occident : de Trump à Zem­mour, que se passe-t-il vrai­ment ?, L’Observatoire, 2022

Elle l’a dit

« J’ai vu assez vite que ce per­son­nage totale­ment hors-norme n’était pas une étoile filante, dit-elle. Alors que les médias améri­cains pas­saient leur temps à annon­cer sa dis­pari­tion, il renais­sait chaque fois. J’ai vite com­pris que, der­rière cette capac­ité à rebondir, se cachait quelque chose de pro­fond. », à pro­pos de Don­ald Trump, Le Devoir, le 12/01/2017.

« Ceux qui ont vécu aux États-Unis savent com­bi­en la dic­tature du poli­tique­ment cor­rect est omniprésente et à quel point l’ultragauche a pris le con­trôle des idées dans les uni­ver­sités. Je pense qu’au fond, même si Trump exagère et en dit tou­jours trop, même s’il est par­fois très inquié­tant, le peu­ple améri­cain se dit que seul un per­son­nage aus­si indompt­able pour­ra ren­vers­er la vapeur. », à pro­pos de Don­ald Trump, Le Devoir, le 12/01/2017.

« J’ai le sen­ti­ment que les Améri­cains ne croient plus dans leurs médias. C’est très dan­gereux, car ils se pré­cip­i­tent vers des médias alter­nat­ifs par­fois com­plète­ment dingues ou qui don­nent car­ré­ment dans la pro­pa­gande. On a d’un côté des médias qui refusent obstiné­ment la légitim­ité du prési­dent. Et de l’autre, de nou­veaux médias qui lui per­me­t­tent de pass­er out­re. Cette rup­ture totale entre les élites, les médias et Trump est inquié­tante. Surtout dans un con­texte inter­na­tion­al qui demeure ter­ri­ble­ment frag­ile. », Le Devoir, le 12/01/2017.

« Tout en marte­lant sa vérité, Pou­tine utilise nerveuse­ment son sty­lo en rat­u­rant sur une feuille par petits coups secs. Il y a quelque chose d’un peu irréel dans toute la séquence, peut-être à cause du silence total qui accueille ses paroles. Cer­tains experts ont par­lé de « mon­tage » vidéo. En l’ob­ser­vant, on pense aux dernières semaines du dic­ta­teur Nico­lae Ceaus­es­cu, aux mis­es en scène de ses ren­con­tres avec des ouvrières en cos­tume folk­lorique, à son regard détaché d’alors, son enfer­me­ment dans une réal­ité alter­na­tive. Est-ce à cela que nous assis­tons aujour­d’hui avec Pou­tine, qui passerait, racon­te-t-on, son temps dans un bunker immense de l’Our­al, coupé du monde réel ? Sommes-nous dans les derniers mois de son règne parce que la guerre d’Ukraine va le faire som­br­er ? Ou allons-nous au con­traire tous entr­er « dans le monde de Pou­tine » s’il n’est pas stop­pé ? », Le Figaro, 11/03/2022.

« Tout ce que Vladimir Pou­tine a fait depuis qu’il est arrivé au pou­voir, où il a util­isé la vio­lence, les opéra­tions spé­ciales, la guerre hybride, les coups en douce, les empoi­son­nements, tout son fonc­tion­nement est d’une cer­taine manière crim­inelle […] », LCI, 16/03/2022.

« Les sondages dits indépen­dants mon­trent toute­fois qu’une pro­por­tion impor­tante de la pop­u­la­tion sou­tient la guerre, et c’est, je crois, dû à une sorte de mal­adie col­lec­tive russe, née à la fois du sub­strat ortho­doxo-impér­i­al dont nous avons par­lé, mais aus­si de tous les trau­ma­tismes du dernier siè­cle. La ter­reur, le men­songe, le trau­ma­tisme de l’effondrement à la fois du tsarisme puis du com­mu­nisme, toutes ces cat­a­stro­phes suc­ces­sives qui ont lit­térale­ment ren­du la société « malade » et han­tée par la peur. La pro­pa­gande des 22 dernières années a égale­ment joué un rôle ter­ri­ble pour malax­er les esprits. Beau­coup de Russ­es vivent dans un monde alter­natif, comme Pou­tine, et croient vrai­ment que des nazis domi­nent l’Ukraine et la ter­rorisent. C’est orwellien. Le blanc est noir, le noir blanc, la vérité est le men­songe et vice ver­sa. Un pour­cent­age non nég­lige­able de la pop­u­la­tion a toute­fois résisté à ce rouleau com­presseur et est resté très infor­mé grâce à inter­net (et quelques médias d’opposition récem­ment fer­més) », L’Incorrect, 25/03/2022.

« Pour moi qui ai cou­vert toute l’ascension de Don­ald Trump et avais, à con­tre-courant de l’avis majori­taire, pressen­ti sa vic­toire en sor­tant de la myopie wash­ing­toni­enne pour aller à la ren­con­tre de l’Amérique pro­fonde, l’impression de déjà-vu est assez ver­tig­ineuse », faisant un par­al­lèle entre les cam­pagnes d’Éric Zem­mour et Don­ald Trump, in Les révoltés d’Occident, avril 2022, p.16.

« Ce décryptage de l’idéologie nation­al-impéri­ale pou­tini­enne et de son désir mal­adif d’expansion, remet totale­ment en ques­tion les pré­sup­posés de ceux qui en Occi­dent, n’ont cessé, au nom du réal­isme mais avec une naïveté ou un cynisme aveu­gles, d’affirmer que la dérive de Pou­tine était imputable à une préoc­cu­pa­tion de sécu­rité russe. En réal­ité, la mal­adie est bien plus anci­enne, ce n’est nulle­ment une dévi­a­tion d’un chemin his­torique, mais au con­traire la con­tin­u­a­tion de la Russie que nous con­nais­sons, et elle n’est pas née avec l’expansion de l’Otan ni même avec le XIXe siè­cle », note le grand spé­cial­iste de la Russie de Prince­ton, Stephen Kotkin, arguant que l’organisation mil­i­taire atlan­tique a au con­traire joué un rôle de «con­tre­poids» vital pour préserv­er la Pologne et les Baltes de l’agression russe. C’est une obses­sion de dom­i­na­tion, non de sécu­rité, qui sert aujourd’hui de ressort cen­tral à la guerre de Pou­tine con­tre l’Ukraine », Le Figaro, 08/04/2022.

« Nous devons tra­vailler d’urgence à réc­on­cili­er les élites et le peu­ple, car la guerre civile à petit feu qui gronde est le ter­reau sur lequel tous nos enne­mis s’engouffreront. Nous devons égale­ment réarmer nos nations, revenir à la notion de puis­sance. Nous devons aus­si méditer la leçon de la résis­tance patri­o­tique ukraini­enne, qui mon­tre que nous avons besoin de la force et de l’esprit des nations, pour con­stru­ire une Europe forte et sol­idaire. Nous avons besoin aus­si d’apprendre à garder les yeux ouverts, au lieu de nous con­cen­tr­er sur «le réel» qui arrange nos pos­tu­lats idéologiques. En France notam­ment, la droite nationale doit recon­naître son aveu­gle­ment dans l’appréciation du dan­ger russe, et s’interroger sur les raisons pour lesquelles elle s’est lais­sée abuser. La gauche doit, de son côté, absol­u­ment pren­dre acte du dan­ger stratégique que con­stitue l’islamisation crois­sante de notre pays, sujet sur lequel elle reste plongée dans un déni sui­cidaire. Sinon, dans vingt ans, nous aurons à l’intérieur de nos murs une cat­a­stro­phe tout aus­si grave que celle qui a sur­gi à l’est de l’Europe », Le Figaro, le 7 mai 2022.

On l’a dit à son sujet

« Rares sont les jour­nal­istes qui ne se con­tentent pas d’ajouter leur voix à ce défoule­ment médi­a­tique. Ce qui dis­tingue la cor­re­spon­dante du Figaro à Wash­ing­ton Lau­re Mandeville,c’est qu’elle a très tôt pris Don­ald Trump au sérieux », Chris­t­ian Rioux, Le Devoir, le 12 jan­vi­er 2017.

« La mal­heureuse cor­re­spon­dante, dans la pre­mière édi­tion papi­er du Figaro, lais­sait prévoir (avec espoir) la défaite d’Orbán avec le titre : « Hon­grie, Orbán perd de sa superbe » (titre calqué mot pour mot sur un arti­cle de L’Humanité ?)[…] Las, la par­tic­i­pa­tion est supérieure à 69% (en hausse de 7 points), Orbán obtient près de la moitié des voix (imag­i­nons un par­ti en France qui raflerait 50% des suf­frages…), pro­gresse de qua­tre points par rap­port aux élec­tions précé­dentes et obtient les 2/3 des sièges.
La dernière édi­tion papi­er tente de rat­trap­er la boulette en titrant « Un troisième man­dat pour Orbán ». Mais le sous-titre s’emmêle tout de suite les pinceaux. « Mal­gré une mobil­i­sa­tion his­torique de près de 70% qui avait poussé l’opposition à espér­er une per­cée, le pre­mier min­istre est recon­duit con­fort­able­ment ». Il n’est pas néces­saire d’être un expert en inter­pré­ta­tion des chiffres élec­toraux pour com­pren­dre le con­traire : Orbán n’a pas gag­né mal­gré la par­tic­i­pa­tion mas­sive mais grâce à celle-ci […] La lec­ture de la pre­mière édi­tion (mod­i­fiée en urgence ensuite sur l’ édi­tion papi­er suiv­ante et sur le web) laisse une étrange impres­sion : s’agit-il d’un pois­son d’avril à retarde­ment ? D’un arti­cle humoris­tique sous forme de pas­tiche reprenant les pon­cifs lus habituelle­ment sur la Hon­grie ? D’un aveu­gle­ment à car­ac­tère com­pul­sif ? Ou bien d’une incom­pé­tence si remar­quable qu’elle devient un cas d’école pour les étu­di­ants en jour­nal­isme ? », OJIM, 10/04/2018.

« Renaud Girard, bardé de diplômes pres­tigieux, a préféré le jour­nal­isme à une car­rière à l’université ou dans la fonc­tion publique. C’est loin d’être déshon­o­rant, mais le jour­nal­isme d’opinion peut avoir ses écueils.
Il n’est guère un seul de ses édi­to­ri­aux qui ne prenne pas le par­ti de Moscou con­tre Wash­ing­ton, voire con­tre la France. Heureuse­ment, d’autres jour­nal­istes du Figaro, notam­ment Lau­re Man­dev­ille et Isabelle Lasserre, dont il importe de soulign­er l’objectivité et une approche réal­iste de la Russie […] s’attachent à sauver la mise », Desk-Russie, 14/01/2022.

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