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Netflix ou la déperdition de notre culture cinématographique

14 janvier 2020

Temps de lecture : 3 minutes

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Netflix ou la déperdition de notre culture cinématographique

14 janvier 2020

Les séries télévisées font maintenant partie du paysage médiatique. Leur impact, les passions (appelées parfois valeurs) qu’elles véhiculent représentent une partie du message médiatique. Nous reprenons avec son accord un article de l’Etudiant libre. Certains sous-titres sont de notre rédaction.

Créé en 1997, Net­flix compte aujourd’hui plus de 150 mil­lions d’abonnés payant un compte sur le globe. Les propo­si­tions de films et de séries sont autant var­iées qu’elles vont du doc­u­men­taire his­torique à la comédie roman­tique en pas­sant par des shows d’humoristes. Pour 7.99€ par mois, vous aurez un accès illim­ité aux séries ten­dances dont les arti­cles per­lent les forums des 15–20 an . Mais décryp­tons juste­ment ces pro­grammes Net­flix qui ont tout à envi­er au met­teur en scène de « Games of Thrones » ou au scé­nar­iste d’Inception.

Les programmes

Tout d’abord nous trou­vons les séries pour ados dans lesquelles le scé­nario est unique: l’histoire se déroule au lycée, elle se focalise sur un groupe d’amis. On a des his­toires d’amour, de trahi­son, un cou­ple star, un cou­ple homo­sex­uel, une peste. Je nomme ici « Elite » , « Riverdale » ou « Baby ». Les spec­ta­teurs s’identifient et s’attachent aux per­son­nages. C’est le bas de gamme de Net­flix. Le cerveau posé, on se détend et on ingur­gite : la mix­ité, le com­porte­ment, les mœurs légères et libérales. L’idéologie pro­gres­siste est belle et bien omniprésente. Le tra­di­tion­nal­iste n’avait qu’à bien se tenir. Et le jeu d’acteur ne ferait pas rou­gir une tomate. Sexe, drogue et alcool sont aux cœurs des épisodes. « Sense 8 » est le com­bo gag­nant. Ces films font évoluer la norme de ce qui est accept­able et accep­té dans notre société. L’objectif est de dédrama­tis­er et de nor­malis­er ce qui était jadis choquant.

Des programmes idéologiques

La ques­tion d’une idéolo­gie est indé­ni­able quant à cer­tains pro­grammes. L’histoire d’un Jésus gai déver­gondé a fait du bruit au Brésil. Il s’agit moins d’un chef d’œuvre ciné­matographique qu’une provo­ca­tion aux con­ser­va­teurs catholiques: à quand un Mahomet homosexuel ?

« Sex Edu­ca­tion » et « 13 rea­sons why » sont des séries éduca­tives dans le sens où elles appel­lent au débat. Cepen­dant je ne con­seille à aucunes lycéennes dépres­sives de regarder la dernière. Certes elles peu­vent apporter des échanges intéres­sants mais il faut vis­er un pub­lic aver­ti et dis­posé (mature). Or Net­flix est une plate­forme de mise à dis­po­si­tion et ne per­met pas un encadrement tel qu’il gèr­erait les dérives des utilisateurs.

Toute­fois il existe des séries qui ont néces­sité l’écriture d’un scé­nario bien ficelé. Que ce soit « Suits » dans le milieu des affaires (avo­cats) ou « La Casa del Papel », la réal­i­sa­tion est suff­isam­ment aboutie pour inciter le spec­ta­teur à suiv­re et réfléchir au dénoue­ment pas si évident.
Pour ce qui est de pro­gramme plus poli­tique comme « House of cards » ou « the des­ig­nat­ed sur­vivor », l’écriture réal­iste nous per­met d’en appren­dre un peu sur le pou­voir en Amérique.

À la manière d’un élec­tro­choc con­tre les séries bas de gamme, on voit appa­raitre de plus en plus de série vin­tage tels que « Peaky blind­ers » ou « Les demoi­selles du télé­phones » ou encore « Down­ton abbey ». Elles relayent les ambi­tions des femmes au début du XXème siè­cle ou encore l’aristocratie avant et après la guerre.

Netflix en France, le modèle sociétal américain

Au détour de mes exem­ples, vous pou­vez observ­er que Net­flix ne met pas en avant la pro­duc­tion française. Les jeunes regar­dent donc des mod­èles socié­taux améri­cains. Et notre min­istre de la cul­ture l’a tout autant déploré en novem­bre dernier. « Dix pour cent » est certes français mais ne représente mal­heureuse­ment pas 10% des séries Net­flix vision­nées par les français. Notez aus­si que « Plan coeur » est une comédie char­mante et légère qui pro­pose des plans dans divers quartiers de Paris notam­ment St Lazare.

Autant Net­flix ne s’offre aucun con­cur­rent sur le marché mon­di­al, autant ces propo­si­tions des films sont var­iées. L’émergence d’un con­cur­rent français est qua­si inimag­in­able mais per­me­t­trait à nos pro­duc­tions d’être vues et de créer une audi­ence cer­taine avant de se lancer sur le marché ciné­matographique mon­di­al et d’être ain­si traduit et vision­né à grande échelle. A nous de dévelop­per le patri­o­tisme cinématographique !

Marie Durand

PS : il existe une ébauche de con­cur­rent français à Net­flix, le pro­jet Salto. L’Ojim.

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