Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Sophia Aram

31 mai 2020

Temps de lecture : 13 minutes
Accueil | Portraits | Sophia Aram

Sophia Aram

L’accident industriel

Issue d’une famille d’origine marocaine, Sophia Aram est née à Ris-Orangis (Essonne) le 29 juin 1973. Elle grandit au milieu de 5 frères et sœurs. Son père était cuisinier d’entreprise et sa mère, aide-éducatrice devenue adjointe à la mairie de Trappes.

Parcours professionnel

Sophia Aram s’ini­tie à l’art de l’im­pro­vi­sa­tion dans les étab­lisse­ments sco­laires de Trappes puis au sein de la com­pag­nie « Déclic Théâtre », où elle côtoie Jamel Deb­bouze. Elle par­ticipe notam­ment à une coupe du monde d’im­pro­vi­sa­tion organ­isée au Québec. Par­al­lèle­ment, elle débute sur les planch­es avec la « com­pag­nie du théâtre du Sable ».

Oubliant ses aspi­ra­tions à faire car­rière dans le jour­nal­isme poli­tique, Sophia Aram se tourne vers l’au­dio­vi­suel et débute à la télévi­sion sous le patron­age de l’ex « Ani­ma­teur le plus con de la bande FM », Arthur (Jacques Esse­bag). Elle par­ticipe alors à « CIA », « Le club de l’in­fo ama­teur » et « Les Enfants de la Télé », des émis­sions pro­duites par le groupe Ende­mol.

Après quelques inter­ven­tions sur NRJ et sur Europe 2, elle se fait con­naître du grand pub­lic à par­tir de 2008 en ten­ant une chronique heb­do­madaire sur France Inter dans l’émis­sion « Le Fou du Roi » ani­mée par Stéphane Bern. A par­tir de sep­tem­bre 2010, elle se voit con­fi­er une puis deux chroniques heb­do­madaire dans la mati­nale de la même radio. Les dia­tribes « citoyennes » et les polémiques devi­en­nent alors son fonds de com­merce, priv­ilé­giant des cibles aus­si orig­i­nales que Marine Le Pen ou Nadine Mora­no. Out­re ses itéra­tives injures à l’en­con­tre des électeurs du Front nation­al, elle s’at­taque aus­si à son con­sœur Audrey Pul­var, com­pagne du min­istre social­iste Arnaud Mon­te­bourg, dénonçant un sup­posé « con­flit d’in­térêts » lors de sa nom­i­na­tion à la tête des Inrock­upt­ibles (par Math­ieu Pigasse, dont la banque d’af­faires a, par ailleurs, été choisie par le min­istère de l’É­conomie pour con­seiller la Banque publique d’in­vestisse­ment) et égratigne même ses anciens col­lègues humoristes de France Inter, comme Stéphane Guil­lon ou Didi­er Porte.

Par­al­lèle­ment à ses activ­ités radio­phoniques, l’hu­moriste monte égale­ment deux spec­ta­cles comiques, du « Plomb dans la tête » et « Crise de Foi », dont le sec­ond, qui ridi­culise les trois reli­gions du Livre, sus­cite un cer­tain émoi et quelques réac­tions cour­roucées qui lui assurent une pub­lic­ité non nég­lige­able.

À l’été 2013, elle est choisie par France 2 pour occu­per la case stratégique de « l’ac­cess prime time » avec l’émis­sion « Jusqu’i­ci tout va bien » tous les jours à 18h10. Sophia Aram est rapi­de­ment sous pres­sion, les taux d’au­di­ence du pro­gramme étant extrême­ment faibles (moins de 4% à la fin de la pre­mière semaine de dif­fu­sion). Apparem­ment, l’hu­mour poli­tique­ment cor­rect de celle qui affir­mait que « les électeurs du Front Nation­al sont des gros cons », très appré­cié par la cri­tique, peine à séduire les téléspec­ta­teurs.

Les audi­ences demeurent cat­a­strophiques, l’émission se mue en acci­dent indus­triel – 70.000 € de coût par jour aux­quels s’ajoutent 30.000 € de manque à gag­n­er pub­lic­i­taire. Bruno Roger-Petit explique en effet sur L’Obs : « le vol­ume des plages de pub­lic­ité qui enca­drent le talk-show ont dimin­ué de 40% en dix jours. Con­séquence : aujourd’hui, la Deux casse les prix. Les trente sec­on­des avant l’émission sont désor­mais fac­turées env­i­ron 1.500 euros au lieu de 3.400 euros, et celles d’après 4.900 con­tre 7.400 euros. Une vraie tuile pour la chaîne qui compte nor­male­ment sur la tranche 18–20 heures pour engranger 30% de ses recettes pub­lic­i­taires ». L’émission est finale­ment arrêtée le 20 décem­bre 2013. Ce bide coûte aus­si fin octo­bre sa place au directeur des pro­grammes de France 2, Philippe Vil­am­int­jana.

Néan­moins mal­gré les pertes énormes subies par le con­tribuable, la caste n’al­lait pas per­dre un fidèle servi­teur : à par­tir de fin août 2014 elle se livre à un bil­let heb­do­madaire sur France Inter, où elle compte par­mi les faux « humoristes » et vrais porte-flingues prêts à tir­er sur tout ce qui dérange le pou­voir social­iste – Marine Le Pen, Fil­lon, Ludovine de la Rochère etc…, voire à régler ses petits comptes (Karine le Marc­hand) ou à hurler avec les loups (Cyril Hanouna). Elle y inter­ve­nait déjà de façon spo­radique et péremp­toire depuis 2010.

En 2015, elle joue son troisième spec­ta­cle, Le fond de l’air effraie, où elle ne cri­tique, fort courageuse­ment, que les per­son­nal­ités que le sys­tème exècre, comme Éric Zem­mour ou Valérie Tri­er­weil­er.

Face à Jean-Marc Ayrault, alors min­istre des Affaires Étrangères, elle fait sa chronique en niqab le 7 mars 2016 pour dénon­cer la Légion d’Hon­neur accordée au prince et min­istre de l’In­térieur de l’Ara­bie Saou­dite, Mohammed Bin Nayef.

En 2017, elle par­ticipe à l’ou­vrage col­lec­tif Qu’est-ce que la gauche ?, édité chez Fayard.

Le 8 mai 2017 elle souhaite la bien­v­enue aux audi­teurs en arabe… pour se pay­er les électeurs de Marine Le Pen dont la can­di­date est dis­tancée au sec­ond tour. Elle lance ain­si en arabe « Mes­dames et messieurs, bon­jour et bien­v­enue sur France Inter », avant de con­tin­uer en français : « C’est peut-être un détail pour vous, mais pour les 34,2% d’électeurs qui ont voté Le Pen, enten­dre de l’arabe sur France Inter, surtout ce matin, ça doit faire beau­coup quand même. Peut-être qu’ils ont déjà quit­té la France, et qu’ils vont même devenir des immi­grés ».

En 2018 elle joue dans le film Neuil­ly sa mère sa mère ! en rem­place­ment de Rachi­da Brakni et con­tin­ue de se pro­duire en one-man-show avec un nou­veau spec­ta­cle.

Début 2020, en dépit de la vague épidémique qui défer­le sur la France, Sophia Aram n’oublie pas l’essentiel : la croisade antipop­uliste. Mais elle ne s’attaque plus à ses têtes de turcs habituelles, comme le Rassem­ble­ment Nation­al, et voit plus large.
Extrait :

« Non, non, devenez crétin, neuneu, nunuche, nounouille, mais vrai­ment. Bête à manger du foin, quoi. 
Idiot, demeuré, décérébré, puéril, pri­maire… 
A la manière d’un bulot, d’une huître morte ou d’un fan de Don­ald Trump. 
Mais ça marche aus­si avec les fans de Pou­tine, de Bol­sonaro, les iden­ti­taires, l’extrême droite ou la fachos­phère en générale, je vous jure, j’ai essayé, c’est MA-GIQUE. » 

Formation

Lycée de la Plaine de Neauphle (Trappes).

Maîtrise d’arabe à l’In­sti­tut nation­al des langues et civil­i­sa­tions ori­en­tales.

Parcours militant

Sophia Aram se veut une mil­i­tante « fémin­iste et athée ». Sur France Inter, ses attaques vir­u­lentes et répétées con­tre le Front nation­al et ses électeurs lui valent des rap­pels à l’or­dre de sa direc­tion mais égale­ment du CSA.

En 1998, Sophia Aram a donne nais­sance à un petit garçon. Pour elle et son com­pagnon, Benoit Cam­bil­lard, il est « hors de ques­tion de l’appeler Med­hi ou Pierre». Le cou­ple choisit alors un prénom hébreu, Chaïm, qui sig­ni­fie « la vie ». Ce choix est pour eux un « geste mil­i­tant » exp­ri­mant leur refus des déter­min­ismes iden­ti­taires.

Le 31 août 2011, elle s’en prend à la sta­tion Sud Radio, en expli­quant que les électeurs du Front Nation­al ont désor­mais une sta­tion bien à eux pour exprimer leurs idées.

En juin 2011, Khadi­ja Aram, la mère de l’hu­moriste, est con­damnée à deux ans de prison, dont 18 mois avec sur­sis, pour avoir promis, con­tre rémunéra­tion, des titres de séjour à des immi­grés clan­des­tins. Faux titres de séjour qui n’ont jamais été remis à ceux qui les ont payés.

Anci­enne adjointe au maire de Trappes, la mère de Sophia Aram a été recon­nue coupable de « traf­ic d’in­flu­ence » et « abus de con­fi­ance » par le tri­bunal de Grande Instance de Ver­sailles. Une affaire famil­iale qui fait tache pour Sophia qui aime à se présen­ter comme la défend­er­esse des valeurs « citoyennes », la petite sœur des pau­vres et des déshérités de la société…

Théâtre

  • Sophia Aram, crise de foiDu plomb dans la tête (2006)
  • Crise de Foi (2010)
  • Le fond de l’air effraie (2015)
  • À nos amours (2019)

Cinéma

  • La Let­tre, court métrage de François Audoin (2011)
  • Neuil­ly sa mère sa mère (2018)

Récompenses

  • Prix Atten­tion Tal­ent Humour Fnac 20062.
  • Prix du fes­ti­val Juste pour Rire de Nantes en 2006.
  • Prix du jury et des tech­ni­ciens au fes­ti­val d’Humour de Vienne 2009.
  • Gérard de la Télévi­sion 2013 pour l’émis­sion dont les con­cep­teurs auraient peut-être dû atten­dre les audi­ences avant de lui don­ner un titre.

Collaborations

À sa hau­teur : la dorade en croute de sel dans Voici (sep­tem­bre 2013).

Ce qu’elle gagne

Sur France Inter, la chronique mati­nale était payée 230 € en 2015, selon Le Parisien.

Sa nébuleuse

Philippe Val, Stéphane Bern, Benoit Cam­bil­lard (son com­pagnon et co-auteur, fils de protes­tants – ils ont ensem­ble un enfant auquel ils don­nent un prénom hébreu, Chaïm).

Elle l’a dit

« Mon spec­ta­cle peut heurter la sen­si­bil­ité des per­son­nes plaçant leur foi au-dessus de leur sens de l’hu­mour », Crise de Foi (2010)

« Le fémin­isme n’est pas une mal­adie hon­teuse. Comme la laïc­ité, c’est tou­jours un grand com­bat à men­er », Téléra­ma n°3286, 5 jan­vi­er 2013

« « Il existe des com­mis­sions d’at­tri­bu­tion des marchés publics. Il n’est pas inter­dit de penser que Matthieu Pigasse ait pu trou­ver quelques com­pé­tences à Audrey. D’ailleurs, cela nous est bien arrivé à France Inter. Ce serait un peu comme si on soupçon­nait la femme d’Éric Woerth de par­ler des dossiers d’op­ti­mi­sa­tion fis­cale de mamie Bet­ten­court avec son min­istre du bud­get de mari. Ça ne tient pas la route », à pro­pos de la nom­i­na­tion d’Audrey Pul­var à la tête des Inrock­upt­ibles, France Inter, 11 sep­tem­bre 2012.

« Les insultes resur­gis­sent surtout quand je par­le publique­ment de mon athéisme : cer­tains islamistes ne tolèrent pas l’a­pos­tasie, qui est un péché mor­tel. Mais il suf­fit de s’or­gan­is­er, ce n’est pas si gênant, et cela ne m’empêche pas de vivre. Con­traire­ment aux apparences, je ne suis pas une petite chose frag­ile », Téléra­ma, 5 jan­vi­er 2013.

« Jean-Marie Le Pen est un ther­momètre fiché dans le der­rière des Français pour mesur­er leur degré de xéno­pho­bie », France Inter, 12 jan­vi­er 2011.

Sur France Inter le 27 févri­er 2015, elle cri­tique verte­ment Don­ald Trump, notam­ment pour son « ado­ra­tion obses­sion­nelle des armes et de Dieu ».

« Quand on voit la mon­tée de l’ex­trême droite en France et en Europe, la mon­tée de l’is­lam rad­i­cal, la mon­tée du chô­mage, la crise… On se dit que, para­doxale­ment, on n’en finit plus de touch­er le fond », Mar­i­anne, 25/09/2015.

« Con­sid­ér­er que tous les musul­mans seraient inca­pables de vivre dans un pays dans lequel la lib­erté d’ex­pres­sion prime sur le religieux, j’as­sim­i­le ça à une forme de racisme », ibid., au sujet de l’es­sai Qui est Char­lie ? d’Em­manuel Todd.

« Je suis de gauche et de mau­vaise foi. Que voulez-vous ? Je pars du principe que tout peut être cat­a­logué à gauche ou à droite. Au-delà des idées poli­tiques, il existe une esthé­tique de gauche et une esthé­tique de droite, que nous avons inté­grées mal­gré nous », ibid.

« Je me moque de ce que sont devenus les bobos parisiens. Des car­i­ca­tures. On mange des panais et des top­inam­bours, des « légumes oubliés ». On va dans des super­marchés qui ressem­blent à des entre­pôts rem­plis d’odeurs d’épices. L’im­pres­sion d’être au souk ! Ou alors on se fait livr­er notre petit panier bio… Voilà ce qu’on est devenus. Moi-même, je passe trois heures à lire les éti­quettes avant d’a­cheter un sham­po­ing. C’est très com­pliqué d’a­cheter du sham­po­ing quand on est bobo », ibid.

« Je me suis gaufrée : je ne suis pas la pre­mière, je ne serai pas la dernière. La vie con­tin­ue. Ça a été un naufrage ; mais, comme je l’ex­plique dans le spec­ta­cle, con­traire­ment au Titan­ic, je me suis pris l’ice­berg dans la fig­ure alors que j’é­tais encore dans le port. », au sujet de Jusqu’i­ci tout va bien.

« Je ne me con­sid­ère pas comme le porte-dra­peau de quoi que ce soit, si ce n’est de la lib­erté et de la laïc­ité. Des valeurs de la République, en fait. Je suis de gauche, je l’as­sume et le dis claire­ment », Téléra­ma, 14/10/2015.

« Si je revendique autant mon athéisme, c’est parce que le fait religieux est omniprésent. Partout, tout le temps », ibid.

« Bien sûr que sa réac­tion est irre­spon­s­able, puérile et impul­sive, mais met­tez-vous à sa place: elle passe ses journées à ronger son frein, à sourire, toute gen­tille mais après le «zéro région» aux élec­tions, à un moment, les cou­tures finis­sent par lâch­er. Et vous vous retrou­vez devant celle qu’elle n’a jamais cessé d’être: une énervée con­géni­tale inca­pable de répon­dre à la con­tra­dic­tion, autrement qu’en vom­is­sant sa haine», au sujet de Marine Le Pen sur France Inter, 21/12/2015.

« Dès qu’on lui a expliqué que le décapité [sur l’une des pho­tos] était James Foley, elle l’a retirée. […] Dès qu’elle a com­pris que c’é­tait pas un bougn… un musul… enfin.. un ara… Enfin, dès qu’elle a com­pris qu’il s’agis­sait d’un être humain, un vrai, bref, un occi­den­tal, elle l’a retirée. Pourquoi n’a-t-elle pas retiré les deux autres pho­tos ? Mais parce que pour elle, ce sont des boug­noules! Des boug­noules de Boug­noulie qui se bat­tent entre eux », ibid.

« Ta gueule Ludovine !», à Ludovine de la Rochère, prési­dente de La Manif pour tous, qu’elle appelle Ludovine de la Mal­baise, sur France Inter mi-octo­bre 2016. Elle pour­suit : « Soit vous ressus­citez Pétain, soit vous admet­tez que vous avez juste envie de vous balad­er dans les rues de Paris le dimanche après la messe et per­son­ne ne vous en voudra ».

« Vu d’ici, l’élection de Don­ald Trump aux États-Unis, c’est comme si les Améri­cains s’étaient endormis avec Rihan­na et se sont réveil­lés avec Chris­tine Boutin… », Le Creusot, novem­bre 2016

« Comme tous les gourous, il a aban­don­né son iden­tité civile pour un titre. Lui se fait appel­er ‘Baba’ par ses adeptes, à qui il accorde en retour le titre de ‘fan­zouzes’, s’oc­troy­ant une fig­ure pater­nelle en échange d’une recon­nais­sance qui prend la forme d’une assig­na­tion au statut de fan », au sujet de Hanouna dans son bil­let d’hu­mour (?) du 22/5/2017 sur France Inter.

« Hanouna se répand sale­ment sous le regard du CSA atten­dant com­plaisam­ment qu’il sorte du stade anal », ibid.

« À la ques­tion est-ce que tous les prob­lèmes des Français sont liés à la présence d’é­trangers sur le sol français ? Les électeurs ont répon­du non à 63%. Mais on peut aus­si se rap­pel­er qu’ils étaient 80% en 2002 et ça, ça fout un petit peu la trouille quand même », France Inter, 08/05/2017.

« Aujour­d’hui en 2018, en France, peu importe que Men­nel [une can­di­date de The Voice qui a aban­don­né l’aventure après la révéla­tion de pro­pos qui sem­blaient faire l’apologie du ter­ror­isme] ou pas, parce que l’occasion est trop belle pour libér­er la boite à cons de tous les médiocrates faisandés du PAF ergotant sur l’opportunité de chanter en arabe à la télévi­sion, “par les temps qui courent” comme le susurre dis­crète­ment l’empaffée médi­a­tique Isabelle Mori­ni-Bosc», France Inter, 12/02/2018. L’intéressée avait déclaré au sujet de Men­nel que « chanter en arabe, par les temps qui courent, ça ne s’imposait pas néces­saire­ment »

« On les appelle com­ment, les habi­tants du Puy ? Des Ponots ?! C’est mignon, un Ponot. Un poney, des Ponots ? », lors de son spec­ta­cle au Puy. C’est ce que L’Éveil de la Haute-Loire (31/03/2018) appelle un « humour engagé et piquant ».

Ils l’ont dit

« Les électeurs du Front nation­al ne sont pas des gros cons con­traire­ment à ce qu’a dit une petite conne il y a quelques jours sur une autre radio pour faire le buzz et rem­plir ses salles de spec­ta­cle », Guy Car­li­er, Europe 1, 25 mars 2011.

« Vous ne me faites pas rire. Ça c’est le tra­vers des humoristes qui veu­lent faire croire qu’ils font rire en se ser­vant de petites phras­es qu’ils vont glan­er sur inter­net pour en faire un melt­ing pot et essay­er d’en sor­tir un por­trait qui n’est pas la réal­ité. Pop­u­laire ça ne veut pas dire vul­gaire », Nadine Mora­no à Sophia Aram, RTL, 4 jan­vi­er 2012.

« France 2 est en dan­ger. Et même en dan­ger de mort. Par l’un de ces effets domi­no pro­pre à la télévi­sion, l’échec hal­lu­ci­nant de l’émis­sion de Sophia Aram a déclenché une onde de choc de très forte ampli­tude qui, aujour­d’hui, met en péril la tranche dite d’ac­cess, le jour­nal de 20h, les ren­trées pub­lic­i­taires, et même tout l’équili­bre (tou­jours pré­caire) de France 2. Dans ce genre de sit­u­a­tion, le proces­sus est tou­jours le même. Si une émis­sion s’ef­fon­dre dans des pro­por­tions dites de “cat­a­stro­phe indus­trielle”, la con­t­a­m­i­na­tion est immé­di­ate. Les pro­grammes qui suiv­ent s’ef­fon­drent égale­ment, leur audi­ence tombe, de manière d’abord amor­tie, puis de plus en plus à mesure que passe le temps […] France 2 est entrée dans ce proces­sus infer­nal. L’émis­sion de Sophia Aram, “Jusqu’i­ci tout va bien”, est l’ice­berg qui a frap­pé la chaîne publique et entraîne le naufrage par con­ta­gion. Les chiffres d’au­di­ence de ce jeu­di passé en attes­tent. Dans la foulée de l’émis­sion de l’an­i­ma­trice (475.000 téléspec­ta­teurs, 3.6% de part de marché), l’émis­sion de Nagui, “N’ou­bliez pas les paroles”, coule à son tour (8% de PDA con­tre 10% à la même époque en 2012), et, pire encore, le plus grave, le plus inquié­tant, le 20h de David Pujadas est entraîné à son tour dans la cat­a­stro­phe (4.100.000 téléspec­ta­teurs, 16.4% de PDA, con­tre 20% il y a un an) », L’Obs, 04/10/2013.

« Ce naufrage n’est pas sans évo­quer celui qui frap­pa Antenne 2, ancêtre de France 2, en 1988. L’ar­rivée de Chris­tine Ock­rent et la révéla­tion de ce que la chaîne publique lui attribuait (un salaire de 120.000 francs men­su­els, une somme colos­sale pour le ser­vice pub­lic de l’époque) avait déclenché une crise de très forte inten­sité débouchant sur la chute du jour­nal de 20 heures, puis celle de tous les JT de la chaîne, puis celle de la chaîne elle-même. En quelques jours, c’est toute la mai­son Antenne 2 qui se retrou­va dans le rouge. La chaîne ami­rale du ser­vice pub­lic mit qua­tre ans à se remet­tre, ne retrou­vant une audi­ence digne de ce nom, pour elle-même et ses JT, que sous la prési­dence d’Hervé Bourges. […] Avec le naufrage de l’émis­sion de Sophia Aram, France 2 se retrou­ve dans la même sit­u­a­tion qu’en 1988, ce qui sig­ni­fie que si rien n’est fait dans les jours qui vien­nent, la chaîne publique ne sera pas ren­flouée, au mieux, avant 2020 », ibid.

« Le naufrage de Sophia Aram, entraî­nant dans sa chute Nagui et Pujadas, met à jour l’ex­tra­or­di­naire fragilité de France 2. Depuis des années, la chaîne publique n’a rien renou­velé, rien changé, rien imag­iné, rien créé qui soit de nature à la faire entr­er dans le XXIe siè­cle. France 2 est une chaîne faite pour les plus de 60 ans, à l’ex­clu­sion de tous les autres », ibid.

« Si les bobos sont un peu sa cible, l’humoriste épin­gle surtout les “réacs” de retour sur les ondes, le Front nation­al, ou encore les inté­gristes religieux », Le Jour­nal du Creusot, 04/11/2016, au sujet de son dernier spec­ta­cle.

« Quand on pense à Sophia Aram, on pense à ses coups de gueule face à Marine Le Pen, etc. Il ne fal­lait donc pas tomber dans l’écueil d’une inter­view de Sophia Aram pour Sophia Aram et par Sophia Aram qui n’au­rait par­lé qu’aux gens qui l’ai­ment bien », Jérémy Suyk­er, Slate, 06/09/2017.

« C’est une per­son­ne aigrie et n’a aucun tal­ent », Gilles Verdez au sujet des pro­pos de Sophia Aram sur Isabelle Mori­ni-Bosc et l’affaire Men­nel, dans Touche pas à mon poste (C8) le 13/02/2018.

« Il n’y a que de la pré­ten­tion. Elle est venue une fois en télé, en 2013. Elle a fait “Jusqu’i­ci tout va bien”, ça a duré trois mois et ça a fail­li ruin­er le ser­vice pub­lic […] Qu’elle cesse d’u­tilis­er les ondes publiques pour dévers­er sa bile nauséabonde et qu’en­fin elle ferme sa gueule », ibid.

Con­cer­nant sa tri­bune con­tre la Manif pour Tous : « Pour­tant, on pour­rait imag­in­er que Sophia Aram, employée à l’antenne par un média, c’est-à-dire un organe de presse, pour­rait s’intéresser, de temps en temps, à cette chose qu’on appelle l’information. L’information fraîche – glanée sur le ter­rain, s’entend – et pas macérée dans la vieille soupe de ses préjugés.
Puisque le hasard les avait mis sur son chemin, plutôt que s’écarter avec dégoût telle une hau­taine lady de Charles Dick­ens le nez dans le mou­choir pour éviter les miasmes, peut-être aurait-elle pu, soyons fous… s’interroger ?
Se deman­der, par exem­ple, pourquoi le pub­lic y est si jeune – le gros des troupes a entre 15 et 25 ans – et pourquoi on y trou­ve tant de jeunes filles ? Il exis­terait donc des Gaulois­es réfrac­taires aux dogmes fémin­istes ?
Se deman­der encore si, après tout, la trans­gres­sion, si prisée par la jeunesse, n’est pas à présent là, et le vieux monde du côté de la douair­ière atra­bi­laire Sophia Aram, que tant de gai­eté juvénile rend grognon ? », Boule­vard Voltaire, 21 jan­vi­er 2019.

Au sujet de son spec­ta­cle « À nos amours » : « Ain­si, celle à pro­pos de qui on titra naguère « L’Aram du futur» se retrou­ve-t-elle désor­mais noyée dans le pelo­ton des filles qui ont décidé de l’ouvrir (Ali­son Wheel­er, Nadia Roz, Noémie de Lat­tre… la liste n’en finit plus de s’allonger, dans le sil­lage du mod­èle top, Blanche Gardin).
Cosigné comme les précé­dents avec son con­joint, Benoît Cam­bil­lard, le spec­ta­cle — qui, une nou­velle fois, veille à faire un sort aux trois reli­gions monothéistes — ne décolle pour­tant jamais vrai­ment (à l’exemple d’une expli­ca­tion de texte très con­v­enue de la chan­son pail­larde Jean­neton prend sa fau­cille). Quand bien même nul ne songera à con­tester la voca­tion édi­fi­ante d’une dia­tribe dans l’air analep­tique du temps », Gérard Vail­lant, Libéra­tion, 7 févri­er 2019.

« Le bil­let de Sophia Aram du 10 févri­er 2020 est intéres­sant à plus d’un titre. Il mon­tre qu’on peut trafi­cot­er les pro­pos des per­son­nes dont on va par­ler pour leur nuire sous cou­vert d’humour. Deux bribes de phras­es ici, deux mots-là et voici Alain Finkielkraut mis dans le même panier que Jean-Michel Apathie, Nabi­la et Ségolène Roy­al : tous nient la lib­erté d’expression de la jeune Mila et réin­tro­duisent « doucette­ment » le droit de blas­phème – Finkielkraut fait exacte­ment l’inverse, est-il néces­saire de le pré­cis­er. « Alors je ne sais pas si l’enfer est pavé de bonnes inten­tions, mais ce dont je suis cer­taine c’est que l’autoroute qui y mène est goudron­née par la bêtise », con­clut notre don­neuse de leçons, con­tente d’elle. », Causeur, 11 févri­er 2020.

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo France Inter via Youtube

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).