David Kessler et Marie-Christine Saragosse reconduits à Public Sénat et France Médias Monde

Télécharger en PDF

Le mois d’avril 2018 aura été riche en nominations au sein de l’audio visuel public français. Alors que le 11 avril Emmanuel Hoog était remplacé à l’AFP par Fabrice Fries, le lendemain Sybile Veil, de la même promotion à l’ENA qu’Emmanuel Macron, était nommée à la tête de Radio France.

À Public Sénat, c’est le Sénat qui gagne

En coulisses se déroulait une autre bataille autour de la Chaîne parlementaire, partagée entre LCP-AN (Assemblée Nationale) et Public Sénat (Sénat). Si pour LCP-AN le très macronien Bertrand Delais était choisi, la lutte semblait plus incertaine au Sénat entre le sortant Emmanuel Kessler, considéré comme un bébé Elkabbach, et le journaliste Jean-François Achilli. Kessler défendait l’indépendance de Public Sénat alors que Achilli indiquait souhaiter plus de coordination avec LCP-AN dirigée par Bertrand Delais.

Au Sénat ce sont les sénateurs qui choisissent le Président de leur chaîne. Et les sénateurs sont en froid avec le Président de la République qui souhaite une modification de la constitution, une diminution du nombre des parlementaires et un moindre pouvoir des Assemblées. En reconduisant David Kessler, ils ont envoyé un message d’indépendance à l’exécutif : touche pas à ma chaîne.

Du rififi à France Médias Monde (FMM)

Si peu d’auditeurs ou de téléspectateurs connaissent FMM, ils sont plus familiers de France 24 et de Radio France Internationale (RFI), tous deux chapeautés par cet organisme. Reconduite en juin 2017 par le CSA, Marie-Christine Saragosse, socialiste classique, avait été suspendue en tant que Présidente en février 2018 pour retard dans sa déclaration de patrimoine mais maintenue à un poste de direction par le CSA pour ne pas perturber les antennes.

Elle aura eu finalement gain de cause en étant réélue pour 5 ans à compter du 23 avril 2018. Une élection un peu particulière, car sur 7 membres du CSA, deux étaient malades (dont le Président socialiste Olivier Schrameck) et un autre en déplacement. Il fallait donc l’unanimité des suffrages pour réélire la Présidente. Son opposition était bien maigre, avec la seule candidature du journaliste sportif de France 2 Michel Goldstein. À l’unanimité des présents, Marie-Christine sauve sa tête, son engagement en faveur de la diffusion de France 24 et RFI en Afrique, un sujet cher au Président Macron, ne lui aura sans doute pas nui.