Accueil | Portraits | Fabien Namias

Fabien Namias

L’ambitieux fils de son père

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 19/08/2018

Journaliste politique aussi discret qu’efficace, Fabien Namias a été nommé, en mars 2013, à 41 ans, directeur de la rédaction et directeur général d’Europe 1. Hasard ou mimétisme, sa carrière de journaliste politique le mène quasiment dans les mêmes rédactions et aux mêmes postes que son père, Robert Namias, quelques années plus tôt.

Famille et formation

Fabi­en Namias est né en novem­bre 1971 à Paris 14ème. Il est le fils de Robert Namias, jour­nal­iste, et de Nicole née Hal­i­mi. Mar­ié avec Car­o­line Durand, égale­ment jour­nal­iste, il a 3 filles. Son père, Robert Namias, est lui-même un jour­nal­iste poli­tique réputé, aujourd’hui à la tête de L’Hémicycle, Offici­er de la Légion d’Honneur, de l’Ordre Nation­al du Mérite (con­tin­gent du Pre­mier min­istre Lionel Jospin, 2002) et Com­man­deur de l’Ordre des Arts et des Let­tres.

Petit-fils d’un marc­hand de tis­sus juif de Salonique, Robert Namias a com­mencé par faire des études de philoso­phie, qu’il enseigne jusqu’en 1968, date à laque­lle il se lance dans le jour­nal­isme en inté­grant la rédac­tion de RTL. Il passera ensuite à Europe 1 (où on lui doit la fon­da­tion de la sec­tion CFDT, dont il fut le pre­mier respon­s­able), France 3 et TF1 (où il a été rédac­teur en chef du Jour­nal télévisé de 20h, puis directeur de la rédac­tion et directeur de l’information). Il par­ticipe aujourd’hui à l’émission « Les Grandes voix d’Europe 1 », et à la mati­nale de LCP.

Robert Namias, aujourd’hui mar­ié avec Anne Bar­rière, pro­duc­trice de télévi­sion influ­ente (coprésen­ta­trice de « San­té à la Une ») a eu deux fils de son pre­mier mariage : Fabi­en et Nico­las.

Fabi­en Namias est diplômé de Sci­ences Po Aix-en-Provence et du Cen­tre de for­ma­tion des Jour­nal­istes, le CFJ.

Parcours professionnel

De 1999 à 2004, Fabi­en Namias est jour­nal­iste poli­tique à la rédac­tion de la chaîne d’information con­tin­ue de TF1, LCI. Son père étant alors directeur de l’information de TF1. En 2004 il entre à Europe 1, dont il devient le chef du ser­vice poli­tique en 2008, et directeur adjoint de la rédac­tion en 2009. Il y ani­me l’émis­sion « Le Grand ren­dez-vous » du dimanche matin, aujour­d’hui reprise par Jean-Pierre Elk­a­b­bach. En octo­bre 2010, il quitte Europe 1 pour le poste de rédac­teur en chef des ser­vices poli­tique et économie de France 2 – à seule­ment 35 ans ! - où il rem­place Gérard Leclerc, nom­mé à la prési­dence de Pub­lic Sénat. Il y restera le temps d’as­sur­er la péri­ode de la cam­pagne prési­den­tielle de 2012. En juil­let, il revient sur Europe 1 pour rem­plac­er Arlette Chabot en tant que directeur de la rédac­tion. En mars 2013, Denis Olivennes, qui reste prési­dent de l’an­tenne, le nomme au poste de directeur général.

Les défis du jeune directeur de la radio sont nom­breux : la sta­tion his­torique a enreg­istré une baisse d’au­di­ence en 2012, pas­sant de 9 points d’au­di­ence à 8,5 au pre­mier semes­tre 2013, der­rière RTL (11,9 points d’au­di­ence) et France Inter (10). Avec 4,5 mil­lions d’au­di­teurs en moyenne par jour, Europe 1 doit pré­cis­er son posi­tion­nement face au suc­cès pop­u­laire de son ambitieuse rivale RMC, en pro­gres­sion con­tin­ue, qui la talonne avec 4,2 mil­lions d’au­di­teurs par jour. A peine instal­lé dans son fau­teuil de directeur général, Fabi­en Namias a annon­cé deux recrute­ments de taille : Thomas Sot­to (ani­ma­teur de « Cap­i­tal » sur M6) pour rem­plac­er Bruce Tou­s­saint à la mati­nale, et Cyril Hanouna (Vir­gin Radio et Direct 8) pour pren­dre la place lais­sée vacante par Michel Druck­er, qui a pris une année sab­ba­tique.

Suite à la chute des audi­ences d’Europe1, il est rem­placé à la direc­tion générale par Richard Lenor­mand en jan­vi­er 2016, mais reste directeur de l’in­for­ma­tion et rem­place en décem­bre 2017 Jean-Pierre Elk­a­b­bach pour l’in­ter­view poli­tique quo­ti­di­enne mati­nale. Le 5 févri­er 2017 il récupère la présen­ta­tion du Grand Ren­dez-vous après le départ de Jean-Pierre Elk­a­b­bach.

En juil­let 2017, il quitte Europe 1 pour LCI. Il tient un édi­to dans la mati­nale de Pas­cale de la Tour du Pin et l’in­ter­view poli­tique du jour dans 24h Pujadas, l’In­fo en ques­tions. En jan­vi­er 2018 il est nom­mé directeur général adjoint de LCI, en charge du développe­ment édi­to­r­i­al et des pro­jets dig­i­taux.

Sa nébuleuse

Le frère de Fabi­en Namias, Nico­las Namias (ENA pro­mo­tion Léopold Sedar Sen­g­hor), a été nom­mé à Matignon auprès de Jean-Marc Ayrault en 2012. Il est con­seiller tech­nique auprès du Pre­mier Min­istre pour le finance­ment de l’économie, les entre­pris­es et les affaires économiques inter­na­tionales. Il était jusque-là directeur du pilotage et de l’analyse de la per­for­mance à la BPCE, fusion de la Caisse nationale des Caiss­es d’Épargne et de la Banque Fédérale des Ban­ques pop­u­laires.

Fabi­en Namias ne tar­it pas d’éloges au sujet de Jean-Pierre Elk­a­b­bach (« irrem­plaçable », « c’est le meilleur ») auquel il doit une par­tie de sa for­ma­tion, dis­pen­sée à ses débuts à Europe 1 : il dit lui-même que c’est son aîné qui l’a for­mé à l’art déli­cat de l’interview poli­tique.

Fabi­en Namias est d’autre part « Tintinophile » et s’intéresse à la civil­i­sa­tion améri­caine.

Il fig­ure à la soirée des dis­tinc­tions de la FIDH (Fédéra­tion inter­na­tionale des Droits de l’Homme) à l’Hô­tel de Ville de Paris le 6 décem­bre 2016, avec sa femme.

Thier­ry Thuil­li­er, qu’il a con­nu à France 2 – ce dernier était directeur de l’in­for­ma­tion du groupe tan­dis que Fabi­en Namias dirigeait le ser­vice poli­tique de la chaîne. Il passe sous ses ordres en quit­tant Europe1 pour LCI en 2017.

Collaborations

Pen­dant la cam­pagne prési­den­tielle de 2012, Fabi­en Namias était l’un des chroniqueurs de l’émission « Des paroles et des actes », ani­mée par David Pujadas sur France 2.

Publications

Aucune

Il l’a dit

«Il (Thier­ry Thuil­li­er, alors directeur de l’in­for­ma­tion du groupe France Télévi­sion, NDLR) m’a appelé cet automne en dis­ant qu’il souhaitait créer à France 2 un ser­vice France, Économie et Poli­tique. Je trou­ve le pro­jet génial. J’avais juste­ment eu l’idée à Europe 1 (sans qu’elle puisse aboutir) de rap­procher la poli­tique et l’é­conomie compte-tenu du fait que la crise économique dicte aujour­d’hui toutes les déci­sions et les pris­es de parole poli­tiques. Lun­di, la moitié de la con­férence de presse du chef de l’É­tat était con­sacrée aux prob­lèmes économiques. Les diver­gences actuelles entre les can­di­dats poten­tiels au PS se font sur des ques­tions essen­tielle­ment économiques. On sort de la poli­tique politi­ci­enne. Il nous faut donc réfléchir à la façon d’or­gan­is­er le traite­ment de la cam­pagne prési­den­tielle avec ce prisme économique», dans une inter­view au Figaro, le 25 jan­vi­er 2011, alors qu’il vient d’être nom­mé rédac­teur en chef du ser­vice France, Poli­tique et Economie de France 2.

« Son père (Jean-Marie Le Pen, NDLR) était for­mi­da­ble­ment télégénique ! Depuis les pre­mières émis­sions dans les années 80, son père a été l’un des rares à faire venir des téléspec­ta­teurs, même des gens qui le détes­tent, ce n’est pas le sujet. Le Pen, c’est une machine à audi­ence, dans le jar­gon on dit que c’est un bon client. Sa fille sus­cite aus­si l’in­térêt, elle est nou­velle sans mod­i­fi­er le con­tenu, elle sem­ble rénover la forme du FN. Quand on l’a invitée sur le plateau du 20 heures, on a eu un par­ti pris édi­to­r­i­al, c’é­tait de l’in­ter­roger con­crète­ment sur son pro­gramme et sa poli­tique si elle deve­nait prési­dente (…). Pen­dant des années les médias se sont demandés s’il fal­lait inviter le FN. Il réu­nit entre 10 et 15% des voix lors des élec­tions locales et nationales. A ce titre-là, ils ont le droit de s’ex­primer comme tous les par­tis poli­tiques. La vraie ques­tion est de savoir com­ment les traiter. Nous, on les traite nor­male­ment. Si on dia­bolise le FN, on tombe dans son jeu. En revanche en allant le chercher sur les vraies répons­es aux vraies ques­tions, cha­cun peut juger s’il doit vot­er ou non Front Nation­al. Ne pas les inviter serait mépris­er 15% des Français qui votent pour ce par­ti », dans une inter­view à Pure­me­dias, le 28 jan­vi­er 2011

« Il faut avoir une info qui se démar­que, don­ner de la valeur ajoutée. Deux moyens pour cela : sor­tir de la ten­ta­tion de vouloir tout racon­ter — on doit faire des choix -, et adopter un ton. Au-delà de l’indépen­dance, il faut savoir com­ment se posi­tion­ner et avoir un état d’e­sprit cri­tique », dans une inter­view au Figaro, en sep­tem­bre 2012, alors qu’il vient de pren­dre la tête de la rédac­tion d’Europe 1.

« Il ne s’ag­it pas de se dire “on garde untel parce que c’est une insti­tu­tion”, mais parce que c’est le meilleur», au sujet de Jean-Pierre Elk­a­b­bach (Idem)

« Il (son père, Robert Namias, NDLR) écoute Europe 1 tous les jours mais il ne m’a pas encore fait de com­men­taires sur la pre­mière semaine. Il le fera sans doute. Mais il a trop de respect pour moi pour me dire ce que j’ai à faire ! », dans une inter­view à Pure­me­dias, le 3 sep­tem­bre 2012

« Europe 1 est une radio général­iste, qui marie référence et inso­lence. Ces valeurs sont déjà incar­nées par des per­son­nal­ités aus­si divers­es que Lau­rent Ruquier, Nat­acha Polony, Nico­las Poin­caré, ou Nico­las Can­teloup. Nous devons fuir la mol­lesse tout comme l’ “info­tain­ment” (…) restent, entre autres, Jean-Pierre Elk­a­b­bach, qui est irrem­plaçable, et Nat­acha Polony, qui pour­suit la revue de presse. Et tant mieux si cette dernière est “cli­vante” », dans une inter­view au Monde, le 14 mai 2013, annonçant ses pre­mières déci­sions de directeur général d’Europe 1.

Ils l’ont dit de lui

« Fabi­en Namias est idéal parce que c’est un pur pro­duit d’Europe 1. Il a démon­tré à Europe 1, puis à France Télévi­sions, avec beau­coup d’efficacité son tal­ent de jour­nal­iste (…). C’est le retour de l’en­fant prodigue », Denis Olivennes, prési­dent d’Europe 1, au moment du retour de Fabi­en Namias à Europe 1 en sep­tem­bre 2012.

« Fabi­en Namias, ce petit gabar­it à la blondeur pouponne et au phrasé agité (…) con­nu du grand pub­lic pour ses inter­ven­tions plutôt droitières dans l’émis­sion “Des paroles et des actes” », Tania Kahn, auteur d’un arti­cle paru dans Libéra­tion le 3 sep­tem­bre 2012 « Namias à Europe 1 : « Des paroles avant les actes ».

Crédit pho­to : Le Figaro / le.buzz.media

Tant que vous êtes ici…

Ce contenu a été financé par les donateurs de l'OJIM

L’Ojim est là pour vous aider à vous guider dans le monde opaque et sou­vent uni­voque des médias.

Con­traire­ment à beau­coup, nous avons choisi une for­mule gra­tu­ite qui per­met de met­tre nos infor­ma­tions à la dis­po­si­tion de tous, indépen­dam­ment de leurs moyens. L’Observatoire est totale­ment indépen­dant, libre de toute pub­lic­ité, de toute sub­ven­tion, de tous action­naires. Ce qui nous per­met de don­ner une voix à ceux qui sont rarement enten­dus. Ce qui nous dif­féren­cie de nom­breux médias à un moment où la loy­auté de l’information devient cru­ciale. Votre con­tri­bu­tion, mod­este ou impor­tante, sert directe­ment à régler la par­tie tech­nique du site et à rémunér­er nos rédac­teurs. Chaque don béné­fi­cie d’un reçu fis­cal de 66%. Un don de 100 € ne vous coûtera que 33 €. Mer­ci de votre sou­tien.

Share This