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Pub­lié le 9 septembre 2018 | Éti­quettes : ,

Sonia Devillers

France Inter, à gauche toute !

Née le 31 janvier 1975, Sonia Devillers est la fille de l’architecte Christian Devillers. Journaliste sur France Inter, ancienne du Figaro, elle s’occupe de culture et des médias sur le service public et est en même temps la voix de la bobosphère, toujours prête à pourfendre les « fachos » de Valeurs Actuelles et à offrir un refuge complaisant à Aude Lancelin, patronne d’un Média en pleine tourmente.

Formation

Sonia Devillers fait une classe prépa littéraire, rate deux fois le concours de Normale Sup’ puis étudie la philosophie à l’université Paris I – Panthéon-Sorbonne où elle suit une licence puis une maîtrise tout en faisant plusieurs stages comme journaliste.

Son mémoire de maîtrise applique à la sculpture contemporaine les notions d’esthétique, de temps et d’espace chez Bergson. Elle envisageait une thèse sur Bergson qu’elle a abandonnée pour rejoindre la presse écrite.

Parcours professionnel

1999 : elle entre à la rédaction du Figaro, d’abord comme stagiaire à la rubrique Culture pendant un an, puis à la rubrique Médias et communication du Figaro Économie, où elle reste dix ans.

Elle explique en 2016 aux élèves de la classe Médias du lycée Montaigne qu’elle en avait assez que la page médias ne soit pas lue par le grand public… et qu’elle s’est fait virer du Figaro au moment de l’adaptation du titre au numérique.

2005-2012 : elle travaille à l’émission Service Public de France Inter sur des sujets d’économie, de consommation et de société. L’émission a été animée par Isabelle Giordano, épinglée par Acrimed en 2009 et le film Les Nouveaux chiens de garde en 2012 pour les « ménages » rémunérés qu’elle réalisait au bénéfice d’entreprises et de groupes de pression privés.

2011 : avec Marie Colman, André Manoukian et Daniel Morin, elle fait partie de l’émission les Affranchis – présentée encore par Isabelle Giordano, sur France Inter toujours.

Septembre 2012 – août 2014 : elle anime le Grand Bain, tous les samedis à 16h sur France Inter. L’émission est consacrée aux médias et à l’industrie culturelle. Reconduite à la rentrée 2013, elle est aussi produite par Sonia Devillers.

Depuis août 2014 : elle présente l’Instant M sur France Inter, une émission quotidienne de 9h40 à 10 heures consacrée à l’actualité des médias. Dans l’équipe, outre Philippe Vandel, on trouve Alexandra Ackoun et Hélène Chevallier (France Inter), Erwann Gaucher (France Télévisions), Benoît Daragon (PureMédias), Amaury de Rochegonde (Stratégies), Jean-Marie Durand (les Inrocks), Daniel Psenny (Le Monde), Renaud Revel (L’Express)

En avril 2018, l’émission passe la barre du million d’auditeurs.

2018 : elle commence à écrire pour Grazia dans la nouvelle formule du printemps 2018, elle fait une chronique hebdomadaire sur les médias. Selon Telestar, elle va animer à la rentrée aussi une émission hebdomadaire au sujet… des médias sur France 5 chaque week-end, mais elle ne le confirme pas.

Publications

Aucune

Ce qu’elle gagne

Non renseigné.

Parcours militant

Elle n’a pas d’activité politique connue.

Collaborations

  • 2012 : le 28 janvier, elle anime le TedxConcorde où sont présentées « des idées qui méritent d’être répandues », en l’occurrence cette année « la diversité en soi ». Parmi les intervenants, Yasmine Chouaki, journaliste sur RFI, ou encore Hanou Bouakkaz, adjoint à la démocratie locale à la mairie de Paris…

Sa nébuleuse

Isabelle Giordano, qui l’a lancée sur France Inter. Sur Grazia, le 11 juin 2018, Sonia Devillers écrivait : « C'est une belle voix de radio, Isabelle Giordano, qui m'a fait commencer au micro. Elle disait souvent que la télé (elle en venait) "montre tout pour mieux masquer, alors qu'à la radio, tout transparaît. Pas de maquillage, pas d'effet de lumière, pas de sourire professionnel. La voix, juste la voix, qui dit tout de soi et ne trompe personne." Et elle ajoutait : "Combien de stars de la télé n'ont jamais imprimé en radio ?" Ses exemples étaient flagrants : des signatures éclatantes sur une grille de programme, mais des voix qui sonnent creux, qui sonnent faux. Des amuseurs éteints »

Philippe Val, qui l’a recrutée sur France Inter.

Elle l’a dit

« Je croyais voir débarquer l’animateur triomphant du Petit Journal de Canal, gonflé aux stéroïdes du succès. J’ai vu arriver un garçon frêle, terrassé à l’idée d’être interviewé », au sujet de Yann Barthès, Les Inrockuptibles 27 septembre 2016.

« Enthousiaste ou mordant, L’Instant M n’est jamais dans le règlement de comptes ni le copinage. Les gens que je reçois ne sont ni mes amis, ni mes ennemis », ibid.

« La caricature de France Inter qui se bouche le nez parce qu’on parle de la télévision, c’est faux et archifaux. C’est le premier loisir des Français, il n’y a aucun mépris à avoir », ibid.

« Un grand patron du Figaro m’a dit : ‘Tu sais, demain, ta page sera dans la caisse du chat.’ Ça m’a fait du bien de l’entendre », au sujet de son travail au Figaro, où elle écrivait au début des brèves de cinq lignes, ibid.

« Je n’avais aucune vocation journalistique ! », le Sorbonn@ute, 29 mars 2017.

« Il faut angler un sujet, et ensuite organiser la chronologie des étapes dans lesquelles il faut l’aborder. Cela, je l’ai appris en prépa », ibid.

« Cyril Hanouna. En 2017, il est devenu un phénomène de société à part entière, polémiques à l'appui. Reflet vertigineux de notre époque, charriant vacuité et vulgarité, mais intégrant, en temps réel, dans ses progr/ammes, un public multiple avec lequel il entretient un lien d'une folle modernité », Ozap/Puremédias, 8 décembre 2017.

« Manuel Valls. C'était son heure. Chaque étape de sa chute est l'acte d'une tragédie shakespearienne dont il est le seul auteur, enfermé dans ses obsessions. Finissant par vociférer, dans une matinale, qu'il faut "faire rendre gorge" à des journalistes. Symbole d'une génération qui s'enferre dans les clivages et la surenchère médiatique », ibid.

« La dénonciation du "SYSTEME", cette élite fantôme qui mépriserait les Français, à laquelle les candidats de tous bords (anciens ministres, présidents de la République et chefs de partis) n'appartiendraient pas, mais les journalistes si, bien entendu. Bref, un populisme lâche, hypocrite et ravageur auquel tant ont cédé », au sujet du mensonge médiatique de l’année, ibid.

« Plus la question est ardue, plus l'enjeu est subtil et plus la télé vous crie dessus. Quand la télé cause du voile, c'est aussi élémentaire et péremptoire. Pas de place pour les 50 nuances d'hésitations qui sont les nôtres au quotidien. Pour l'humilité et la fragilité de nos convictions à l'épreuve du réel. Oui, on doute. Nos coeurs balancent. Et cela, on ne le montre pas. Jamais. La télé a tué le permis de douter », Grazia, 12 mars 2018.

« L'heure est aux manifestes et aux tribunes qui s'attaquent aux manifestes [dans la presse]. Leurs signataires sont invités sur les plateaux. Un système nourrit l'autre. Mais si vous vous êtes laissé un peu convaincre par Caroline de Haas et un peu par Catherine Deneuve, nul ne vous tendra jamais le micro. T'es pour ou t'es contre des gens qui sont eux-mêmes pour ou contre d'autres gens », ibid.

« L'ORTF s'invente au rythme de ses pionniers. Palanquée de foutus caractères qui ont tant imaginé de la fiction, du reportage, du programme jeunesse et du journal télévisé. On leur doit tant. Mais on n'imagine plus, aujourd'hui, ce que fut la mainmise de l'Etat sur les programmes. Drucker a commencé comme ça. Il tapait à la machine le déroulé du journal qui s'en allait directement à l'Elysée. Tout y était contrôlé d'une main de fer. Une télévision aux ordres. Tremblant et cirant les pompes des hommes du général de Gaulle, qui méprisait et redoutait ce nouveau média », Grazia, 7 mai 2018.

« Mai-68 fut une révolution sans images. La plupart de celles qui en restent furent tournées par des chaînes étrangères. En juillet, lorsque la grève s'achève, la purge frappe. Les frondeurs de l'ORTF sont mutés, virés, placardisés. Ça ne trouble, ni n'attriste les Français. Leurs deux chaînes et le Général sont revenus. Le pouvoir et la télévision. Indissociables. Après comme avant », ibid.

« Il faut que la personne que l’on souhaite inviter soit la bonne personne pour le sujet, pertinente, idéalement qu’elle puisse être hors promo pour obtenir des interviews déconnectées de cette pratique mais aussi et surtout qu’elle tienne de « bons discours« , c’est à dire des prises de parole qui amènent une certaine épaisseur au sujet », la Tête dans le Poste, 11 mai 2018.

« Plus qu’un titre de presse, ce sont deux journalistes en particulier pour lesquels j’ai une immense admiration ; Raphaëlle Bacqué, Grand Reporter au Monde et tout particulièrement ses portraits ainsi que Blandine Grosjean, ancienne journaliste à Libération en charge des questions de droit des famille et des femmes notamment. De ces deux journalistes, j’ai toujours eu un plaisir et une gourmandise à décortiquer le moindre de leur papier, que cela soit dans les angles, les tons, les styles. Tout chez ces deux journalistes m’a toujours enthousiasmé et elles représentent, chacune dans leur style, une véritable école du journalisme pour moi », ibid.

« CNews, c’est une version low-cost de la Fox News », France Inter, 31 mai 2018.

« Pascal Praud, faconde à toutes épreuves, jovial, braillard, décomplexé, s'emportant contre les débatteurs en son nom propre. Plateau à son image, sans conviction véritable, du moment qu'on s'entrechoque. Dérapages en pagaille. Chaque sortie de route pointée et renvoyée à l'envoyeur, taxé d'affreux bien-pensant. Assembler des personnalités de tous bords. Donc, faites du bruit ! A la fin, ce sont les populistes qui gagnent ! », au sujet de Pascal Praud, ibid.

« Patrick Cohen vous projette vers l'avant, ce qui va advenir, ce que l'actualité va produire, ce que l'invité va donner. La voix de Cohen dirige, au sens premier du terme, elle donne une direction. Nicolas Demorand, lui, vous entraîne dans son arrière-monde. Une nuée où se mêlent familles, souvenirs, lectures, séries... plein de fantômes écrits et vécus qui l'habitent et qui affleurent dans sa voix. Avant, arrière, et nous, on reste l'oreille collée au poste », Grazia, 11 juin 2018.

« Le portrait, mon genre préféré : alliage d'intuition et de précision, un tour de force. Mais pas seulement : faire le portrait d'un homme, c'est faire un choix. Un angle, un seul, pour raconter une vie », Grazia, 25 juillet 2018.

« Moi j’ai l’impression que la loi anti-fake news a été faite en réaction à l’arrivée des médias russes en France dans le paysage de l’information française. C’est ça qui a déclenché la volonté après le Brexit, l’élection de Trump et la campagne électorale de Macron de faire voter cette loi. Il me semble qu’elle n’aboutit pas à grand-chose, ça fait un arsenal législatif un petit peu vague, un peu mou, un peu fourre-tout, pas très contraignant et pas très menaçant […] pas très efficace et pas très probant », au micro de RussiaToday France lors du festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne, 14 juillet 2018.

« C’était une vraie volonté du pouvoir macronien de remettre de l’ordre et de reprendre la main dessus. Une vraie volonté du pouvoir pour assainir le paysage de l’information et qu’il y ait des outils législatifs pour ne pas laisser circuler des fake news et des théories de complot. A mon avis, ça rate sa cible dans les deux cas », ibid.

« Sous Nicolas Sarkozy, extase : « La Honte de la République », « Le Voyou de la République » même et ce titre, « Putain 4 ans ! ». Patience « Marianne », fallait savourer. Arrive François Hollande. Là, c’est la gueule de bois. Des dirigeants du journal sont débarqués. Il y a, avec eux, de gros contentieux financiers. Surtout, Marianne qui a perdu son filon éditorial, s’enfonce dans la banalité. […] Le journal n’avait plus d’os à ronger. Renaud Dély, son patron des deux dernières années, va lui en retrouver, ce sera la laïcité. Marianne, gardien du temple républicain, pointe sans phare l’antisémitisme des quartiers depuis un bail. Mais là, Dély passe un cap en bastonnant sur l’islamisme et les « idiots utiles », les « bien-pensants » qui « s’apitoient sur le destin des malheureux terroristes ». Dans ce débat, Marianne a souvent dit la même chose que Le Figaro, mais pas au nom des cathos ; que Le Point, mais pas au nom des libéraux ; et que Valeurs actuelles, mais pas au nom des fachos », France Inter, 4 septembre 2018.

On a dit sur elle

« Elle doit beaucoup à Isabelle Giordano, qui l’a fait venir sur Inter en 2006, dans l’émission Service public. “Elle me répétait constamment : ‘Mais à qui tu parles ? Ça intéresse qui, ce que tu racontes ? », les Inrockuptibles 27 septembre 2016, op. cit.

« Elle entre au service culture [du Figaro, en 1999], qu’elle déteste: elle n’y trouve que des personnes spécialisées dans leur domaine, qui ne sont pas très ouvertes aux nouveaux arrivants. Elle caractérise le Figaro comme très varié: on y trouve des personnes d’extrême droite comme d’extrême gauche, des grands intellectuels comme des alcoolique », résumé de sa rencontre avec la classe Médias du lycée Montaigne, 23 décembre 2016.

« Elle doit avoir tout un plan dans sa tête lorsqu’elle invite des personnes : un sujet, une problématique, un angle… c’est la base de tout selon elle. Cependant, ses manières d’agir et de questionner l’invité ont pu en choquer certains, comme Anne-Sophie Lapix et Cyril Hanouna qui refusent de se faire interviewer dans son émission [l’Instant M]. Cependant, il y a aussi certaines personnes qu’elle refuse d’inviter sur son plateau (telles que Karine Lemarchand ou Frédéric Lopez) », ibid.

« Sonia Devillers retient un grand ennui de ces années en philosophie. Juste après l’intensité épuisante et jubilatoire de la classe prépa, juste avant de se lancer dans un mémoire passionnant, elle se retrouve perdue dans l’immensité de l’université, avec quelques heures de cours seulement par semaine. « C’était désespérément vide comme cursus… », confie-t-elle. Sans passion, elle fait des allers retours entre le monde universitaire et les stages en journalisme », le Sorbonn@ute, 29 mars 2017, op. cit.

« Sonia Devillers estime qu’elle fait partie de la dernière génération à entrer dans le journalisme [mainstream] sans y avoir été formée dans ses études. Elle admet également, à demi-mots, le corporatisme d’une profession qui se reproduit via des écoles spécifiques », ibid.

« Lorsque l’on écoute « L’instant M », on entend une émission qui parle de manière concernée. Ce ne sont pas des sujets qui paraissent être traités par défaut, ils le sont car ils concernent celles et ceux qui font cette émission. Les médias sont convoqués par ce qu’ils témoignent d’une actualité, d’une dimension prise par celle-ci dans la sphère publique. Le questionnement reste sous une certaine forme engagée, on ressent avant tout la défense de valeurs démocratiques, d’accès et de compréhension de l’information », La tête dans le poste, 11 mai 2018.

Crédit photo : Mbelghiti via Wikimedia (cc)

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