Ojim.fr
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
L’hebdomadaire Marianne mis en vente par Křetínský

L’article que vous allez lire est gratuit. Mais il a un coût. Un article revient à 50 €, un portrait à 100 €, un dossier à 400 €. Notre indépendance repose sur vos dons. Après déduction fiscale un don de 100 € revient à 34 €. Merci de votre soutien, sans lui nous disparaîtrions.

16 avril 2024

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | Veille médias | L’hebdomadaire Marianne mis en vente par Křetínský

L’hebdomadaire Marianne mis en vente par Křetínský

Temps de lecture : 2 minutes

Si le Tchèque Daniel Křetínský a commencé en 2018 à bâtir son empire médiatico-culturel (Libération, Elle, Editis, une participation dans TF1 etc) par le rachat de Marianne, il souhaite (source La Lettre) s’en défaire six ans après son acquisition.

Un problème de ligne éditoriale plus que financier

Mar­i­anne souf­fre comme les autres heb­do­madaires papi­er. Sans doute moins que L’Express dont la nou­velle for­mule n’accroche pas, mais suff­isam­ment pour ne pas équili­br­er ses comptes. La Let­tre annonce un déficit de 5M€ pour l’année 2022. La nou­velle for­mule lancée au print­emps 2024 est plus économique, papi­er plus léger, pag­i­na­tion réduite à 48 pages, des sig­na­tures sem­blent avoir dis­paru suite au départ de cer­tains rédac­teurs. Des mesures qui per­me­t­tront un mieux sur le plan financier mais l’équilibre sem­ble éloigné. Mais ce n’est sans doute pas le souci prin­ci­pal de Křetín­ský. Ce dernier vient de ren­flouer Libéra­tion à hau­teur de 14M€ et la somme ne sem­ble pas inquiéter le mag­nat du char­bon et du gaz auquel on prête l’intention de racheter l’Opinion tout aus­si déficitaire.

Marianne, trop anti Macron

C’est bien la ligne de Mar­i­anne qui gêne Křetín­ský dans ses rela­tions avec l’Élysée et avec Brux­elles. Křetín­ský n’a jamais caché sa ligne poli­tique, libérale-lib­er­taire, pro Union européenne, hos­tile à tout pop­ulisme de droite ou de gauche. En sim­pli­fi­ant un peu, la ligne de Mar­i­anne est celle d’un pop­ulisme de gauche, favor­able à la démoc­ra­tie directe, hos­tile aux oli­garchies et aux monopoles. Une ligne hos­tile à Emmanuel Macron, le con­traire de Franc-Tireur alias les tal­ibans du prési­dent, lancé par le même Křetín­ský avec une ligne anti-pop­uliste et pro-estab­lish­ment.

Qui pourrait racheter ?

À l’évidence le racheteur ne pour­rait qu’être proche de la ligne de Nat­acha Polony, direc­trice de tal­ent de l’hebdomadaire. Elle ne sem­ble pas avoir été infor­mée de la mise sur le marché du titre. Par­mi les repre­neurs pos­si­bles cir­cu­lent les noms de Vin­cent Bol­loré qui pour­rait inté­gr­er le titre à la galax­ie Pris­ma avec d’importantes économies d’échelle. Encore que ce rachat entr­erait en con­cur­rence avec le pro­jet de lancer un heb­do­madaire en semaine rat­taché au JDD. Autres noms qui cir­cu­lent, ceux d’Arnaud Mon­te­bourg et de Pierre-Édouard Sterin, un sou­verain­iste de gauche asso­cié à un sou­verain­iste de droite.

Voir aus­si : Mar­i­anne, infographie