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Geoffroy Lejeune

Rastignac de la droite

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 21/08/2018

Né en 1988, journaliste et auteur Geoffroy Lejeune fait une carrière fulgurante. En mai 2016, à seulement 28 ans, il est catapulté rédacteur en chef de l’hebdomadaire Valeurs actuelles. Il remplace à ce poste Yves de Kerdrel, son mentor, qui assurait l’intérim depuis le départ d’Eric Branca en 2015.

À un an des élec­tions prési­den­tielles, c’est une con­sécra­tion pour ce jour­nal­iste très jeune mais infor­mé, dis­cret et pro­fes­sion­nel. Il est l’auteur d’un roman de poli­tique-fic­tion imag­i­nant une can­di­da­ture d’union des droites autour d’Éric Zem­mour à la prési­den­tielle de 2017. Le roman con­tient en fil­igrane une analyse pointue de la tec­tonique des plaques à droite et com­porte quelques épisodes que l’on peut qual­i­fi­er de vision­naires.

Formation

Après des études de droit à l’université de Mar­seille, Geof­froy Leje­une intè­gre l’École Supérieure de Jour­nal­isme de Paris (ESJ), dont il sort diplômé en 2011.

Parcours professionnel

Geof­froy Leje­une décou­vre les couliss­es de la poli­tique en rem­plis­sant, en par­al­lèle de ses études, le rôle d’attaché par­lemen­taire pour un député UMP des Bouch­es-du-Rhône.

Après son école de jour­nal­isme, il fait ses class­es au Point, où il écrit pour le site inter­net, le ser­vice Société et les pages « Le Point de la semaine ».

Il est ensuite embauché à Valeurs actuelles, où il débute au ser­vice société, puis au ser­vice monde au moment de la chute de Kad­hafi. Il intè­gre ensuite le ser­vice poli­tique aux côtés d’Arnaud Folch, et suit la cam­pagne prési­den­tielle de 2012. Après la défaite de Sarkozy il suit la droite. En juin 2013, il est nom­mé rédac­teur en chef adjoint par Yves de Ker­drel et prend la tête du ser­vice poli­tique, Arnaud Folch pas­sant directeur délégué des rédac­tions.

Fin mai 2016, Yves de Ker­drel annonce que Geof­froy Leje­une est nom­mé à la tête de la rédac­tion de Valeurs Actuelles, devenant le plus jeune rédac­teur en chef d’un mag­a­zine de ce type et dont les ventes sont en pro­gres­sion con­stante depuis 2006. Son frère cadet Bastien Leje­une tra­vaille aus­si dans le mag­a­zine, depuis mars 2016.

Les deux pre­miers défis du jeune rédac­teur en chef seront de taille, puisqu’il s’agira de présen­ter une nou­velle for­mule pour les 50 ans du mag­a­zine, en octo­bre 2016, puis de suiv­re la prési­den­tielle en 2017 – et cette fois-ci, ce ne sera pas une fic­tion.

Parcours militant

Le seul engage­ment con­nu de Geof­froy Leje­une est une par­tic­i­pa­tion à des cel­lules de for­ma­tion organ­isées par des catholiques engagés.

Publications

En mai 2015, Geof­froy Leje­une pub­lie son pre­mier ouvrage aux édi­tions RING. Il s’agit d’une œuvre de poli­tique-fic­tion savam­ment conçue, de telle façon que le lecteur ait, du début à la fin de ce réc­it de cam­pagne, un doute sur la vérac­ité des faits relatés. Ain­si, « Une élec­tion ordi­naire » démarre sur une scène de dîn­er entre Patrick Buis­son, Philippe de Vil­liers et Éric Zem­mour à La Rotonde, un dîn­er qui a sans doute véri­ta­ble­ment eu lieu. À ceci près que dans la fic­tion, il se con­clut ain­si : « La solu­tion, c’est toi qui l’as entre les mains, Éric. Il faut que tu ailles à la prési­den­tielle ».

Ain­si démarre ce réc­it de cam­pagne prési­den­tielle, avec Éric Zem­mour en can­di­dat d’union des droites, sous la plume d’un jeune jour­nal­iste qui pour­rait être Geof­froy Leje­une (à la dif­férence qu’il décou­vre à peine la droite, à laque­lle sa rédac­tion vient de l’affecter).

Fait mar­quant de cette cam­pagne imag­inée par l’auteur, des atten­tats per­pétrés au mois de décem­bre, dont l’analyse est pré­moni­toire : «  Les atten­tats de décem­bre avaient plongée la France dans un engour­disse­ment trompeur. Aucun sur­saut mas­sif et pop­u­laire n’était venu s’opposer à la bar­barie des fana­tiques religieux qui avaient trau­ma­tisé le pays. Je m’étais inter­rogé sur cette pas­siv­ité ; cette fois, seuls des anonymes avaient été touchés par les rafales de kalach­nikov dans cette rame du métro parisien. Les vingt neuf vic­times et la sauvagerie du mode opéra­toire auraient pu engen­dr­er une réac­tion pro­por­tion­née, mais les Français appa­rais­saient résignés. »

Si la réal­ité rejoignait la fic­tion, Frédéric Mit­ter­rand aurait encore à ral­li­er le Front Nation­al, Marine Le Pen à suiv­re l’enterrement de son père à la télévi­sion, et Hen­ri Guaino et Mar­i­on Maréchal-Le Pen a quit­ter leur par­ti respec­tif pour rejoin­dre l’union des droites…

Collaborations

Geof­froy Leje­une tient une chronique poli­tique quo­ti­di­enne dans la mati­nale de Sud Radio. Il inter­vient régulière­ment dans les débats poli­tiques sur Europe 1 et I Télé. Il a égale­ment fait quelques pas­sages dans l’émission de Thier­ry Ardis­son, « Salut les Ter­riens ».

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné

Il l’a dit

« Nous ne sommes pas sur la même ligne que le Front Nation­al, mais nous faisons des efforts pour ne pas être sec­taires. Il faut par­ler à tout le monde, de Flo­ri­an Philip­pot à François Bay­rou », « Valeurs actuelles, le jour­nal qui veut tir­er la droite vers la droite », Le Monde, 28 mai 2016

À pro­pos de Marine Le Pen : « (elle) dérive vers un mélen­chon­isme économique mât­iné de ful­gu­rances gay friend­ly », Valeurs actuelles du 26 mai 2016.

« Le choix de Valeurs actuelles pour annon­cer ce tour­nant de la cam­pagne n’était pas anodin. Le mag­a­zine était cou­tu­mi­er des titres racoleurs. Ses patrons sur­faient sur un suc­cès fac­tice, et rad­i­cal­i­saient leur ton au gré des ventes qui ne ces­saient d’augmenter. La presse tombait sys­té­ma­tique­ment dans le pan­neau, reprenant leurs cou­ver­tures les plus hard­core pour en faire des scan­dales. Eux vendaient, et se frot­taient les mains. Le suc­cès n’était que relatif, mais dis­ait beau­coup d’une époque où le con­cept de mod­éra­tion était devenu une incon­gruité», dans son roman, Une élec­tion ordi­naire (Ring, Mai 2015), sous la plume du nar­ra­teur.

« Il la trou­vait affligeante. Sa cer­ti­tude d’être appelée à un grand des­tin l’aveuglait. Le con­stat sur l’immigration dessi­nait une poten­tielle majorité élec­torale, et elle s’échinait à séduire les sym­pa­thisants de gauche. Elle avait sanc­tion­né le pau­vre Chauprade, coupable de s’être attaqué à la « cinquième colonne » islamiste en France, avait délais­sé le con­cept de « Grand rem­place­ment » cher à Renaud Camus pour le qual­i­fi­er de « thèse com­plo­tiste ». Elle avait accueil­li à bras ouverts les mil­i­tants gays. Zem­mour ricana. Marine croy­ait avoir inven­té l’eau tiède avec son « ni droite ni gauche » mais singeait mal les pre­miers inven­teurs du slo­gan. Son FN à elle n’était « ni de droite, ni de droite » », idem, sous la plume du nar­ra­teur.

« Il existe aujourd’hui en France une soif de change­ment, de rup­ture, de révo­lu­tion presque, que per­son­ne ne réus­sit à incar­n­er. Voilà pourquoi une parole libre et intel­li­gente pour­rait trou­ver sa place dans un débat pub­lic terne, usé, en un mot sclérosé. Les dis­cours de Michel Onfray et d’Éric Zem­mour séduisent pré­cisé­ment parce qu’ils sont libres», « Geof­froy Leje­une : Eric Zem­mour et Michel Onfray séduisent parce qu’ils sont libres », inter­view au Figarovox, 3 octo­bre 2015.

A pro­pos des ren­con­tres de Béziers de mai 2016, par­rainées par Valeurs actuelles : « J’ai été très sur­pris des propo­si­tions du pub­lic, surtout de l’énervement et la colère qu’on ressen­tait ( … ) Après il y a deux options : soit on les écoute, on essaie de com­pren­dre ce qu’ils ont en tête ; soit on se fout de leur gueule, comme le fait Le Petit Jour­nal. Moi je préfère les écouter », sur le plateau du Sup­plé­ment de Canal Plus, dans une émis­sion con­sacrée à « Valeurs actuelles, nou­velle bous­sole de la droite », Le Sup­plé­ment, Canal+ : «  Valeurs actuelle, nou­velle bous­sole de la droite », émis­sion du 5 juin 2016.

« J’ai envie d’aller vers plus d’enquêtes, plus d’exclus, pour que les gens qui lisent Valeurs actuelles ne le fassent pas en se dis­ant : ‘Enfin un jour­nal avec lequel je suis d’accord !’, mais pour y appren­dre des choses », Les Inrocks, 11 octo­bre 2016.

« Il est urgent de sup­primer l’éducation à la sex­u­al­ité à l’école qui est là pour instru­ire ; c’est aux par­ents d’éduquer », LCI, 20 novem­bre 2017.

« La vraie rai­son de la créa­tion de cette école [l’ISSEP] c’est que c’est une fille qui a tou­jours été frus­trée de ne pas avoir de légitim­ité autre que cette élec­tion à 22 ans […] Elle n’a pas réus­si à trou­ver de boulot dans la vie pro­fes­sion­nelle, il y a des gens qui voulaient l’embaucher mais qui se sont dits au dernier moment elle s’appelle Le Pen c’est com­pliqué pour l’entreprise, elle s’est ren­due compte que pour tra­vailler elle était oblig­ée de créer sa boîte », C l’Hebdo au sujet de l’école de man­age­ment lancée à Lyon par Mar­i­on Maréchal le Pen, 4 juin 2018.

Ils l’ont dit de lui

Je suis très fier de diriger un groupe de presse dont le navire ami­ral, Valeurs actuelles, a le plus jeune directeur de la rédac­tion de France”, Yves de Ker­drel à l’AFP, le 31 mai 2016

« Je me demande ce qui est le plus mépris­able entre la parole de ces gens là et ceux qui, comme Mon­sieur Leje­une, font de l’argent pour inciter à ce que cette parole soit de plus en plus forte », le député PS Benoit Hamon, invité sur la plateau du « Sup­plé­ment » de Canal Plus, juin 2016.

« Geof­froy Leje­une arrive au bon moment, il y avait besoin de dépous­siér­er l’image de droite ver­sail­laise de ce jour­nal et de sec­ouer les colonnes du tem­ple avec quelqu’un de san­guin et de son temps », Patrick Buis­son, Les Inrocks, 11 octo­bre 2016 (op.cit)

« Il con­sid­ère que le ter­rain a longtemps été lais­sé libre aux Inrocks et à la gauche pro­gres­siste. veut met­tre au cen­tre du débat pub­lic les ques­tions iden­ti­taires, et il pense que la trans­gres­sion est néces­saire », Saïd Mahrane (Le Point) à son sujet, ibid.

Sa nébuleuse

Yves de Kerdrel

À son arrivée au groupe Val­monde, cet ancien du Jour­nal des Finances, des Echos et du Figaro, noue rapi­de­ment des liens avec les deux jour­nal­istes du ser­vice poli­tique, à savoir Arnaud Folch et Geof­froy Leje­une. Au fur et à mesure des évo­lu­tions de la rédac­tion, cette con­fi­ance réciproque s’est traduite en nom­i­na­tions pour ceux qui ont été surnom­mé les « Kerdrel’s boys ».

Arnaud Folch

Ce jour­nal­iste aguer­ri, qui a fait ses class­es à l’hebdomadaire Minute, forme avec Geof­froy Leje­une, depuis l’arrivée de celui-ci au ser­vice poli­tique, un tan­dem red­outable. Ils se com­plè­tent ce qui leur per­met de recouper leurs sources, et de boucler des papiers poli­tiques infor­més. Si Arnaud Folch a la con­fi­ance de Marine Le Pen — celle-ci étant réputée vouer une solide détes­ta­tion de Geof­froy Leje­une – ce dernier entre­tient quant à lui des rela­tions très ami­cales avec Mar­i­on Maréchal-Le Pen.

Marion Maréchal-Le Pen

Geof­froy Leje­une et la députée du Vau­cluse ont le même âge, et des amis com­muns. Le jeune rédac­teur en chef ne cache pas par ailleurs son admi­ra­tion pour elle. Plus que de con­tact priv­ilégié on peut par­ler de rela­tion ami­cale.

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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