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Geoffroy Lejeune

3 septembre 2020

Temps de lecture : 13 minutes

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Geoffroy Lejeune

Geoffroy Lejeune

Rastignac de la droite

Né en 1988, journaliste et auteur Geoffroy Lejeune fait une carrière fulgurante. En mai 2016, à seulement 28 ans, il est catapulté rédacteur en chef de l’hebdomadaire Valeurs actuelles. Il remplace à ce poste Yves de Kerdrel, son mentor, qui assurait l’intérim depuis le départ d’Éric Branca en 2015.

À un an des élec­tions prési­den­tielles de 2017, c’est une con­sécra­tion pour ce jour­nal­iste très jeune mais infor­mé, dis­cret et pro­fes­sion­nel. Il est l’auteur d’un roman de poli­tique-fic­tion imag­i­nant une can­di­da­ture d’union des droites autour d’Éric Zem­mour à la prési­den­tielle de 2017. Le roman con­tient en fil­igrane une analyse pointue de la tec­tonique des plaques à droite et com­porte quelques épisodes que l’on peut qual­i­fi­er de visionnaires.

Formation

Après des études de droit à l’université de Mar­seille, Geof­froy Leje­une intè­gre l’École Supérieure de Jour­nal­isme de Paris (ESJ), dont il sort diplômé en 2011.

Parcours professionnel

Geof­froy Leje­une décou­vre les couliss­es de la poli­tique en rem­plis­sant, en par­al­lèle de ses études, le rôle d’attaché par­lemen­taire pour un député UMP des Bouches-du-Rhône.

Après son école de jour­nal­isme, il fait ses class­es au Point, où il écrit pour le site inter­net, le ser­vice Société et les pages « Le Point de la semaine ».

Il est ensuite embauché à Valeurs actuelles, où il débute au ser­vice société, puis au ser­vice monde au moment de la chute de Kad­hafi. Il intè­gre ensuite le ser­vice poli­tique aux côtés d’Arnaud Folch, et suit la cam­pagne prési­den­tielle de 2012. Après la défaite de Sarkozy il suit la droite. En juin 2013, il est nom­mé rédac­teur en chef adjoint par Yves de Ker­drel et prend la tête du ser­vice poli­tique, Arnaud Folch pas­sant directeur délégué des rédactions.

Fin mai 2016, Yves de Ker­drel annonce que Geof­froy Leje­une est nom­mé à la tête de la rédac­tion de Valeurs Actuelles, devenant le plus jeune rédac­teur en chef d’un mag­a­zine de ce type et dont les ventes sont en pro­gres­sion con­stante depuis 2006. Son frère cadet Bastien Leje­une tra­vaille aus­si dans le mag­a­zine. Il dirige la par­tie web du jour­nal depuis mars 2016, tout en consignant des arti­cles avec d’Ornellas.

Les deux pre­miers défis du jeune rédac­teur en chef sont de taille, puisqu’il s’agit de présen­ter une nou­velle for­mule pour les 50 ans du mag­a­zine, en octo­bre 2016, puis de suiv­re la prési­den­tielle 2017 – sans une hypothé­tique can­di­da­ture Zem­mour cette fois.

L’ère Leje­une est car­ac­térisée par cer­taines accoin­tances, directes ou plus sou­vent indi­rectes avec le pou­voir élyséen de l’ère Macron, dont cer­taines remon­tent à loin. En effet, Yves de Ker­drel siégeait dans la com­mis­sion Attali en 2007 aux côtés d’Emmanuel Macron, tan­dis que le rédac­teur en chef de Valeurs, Louis de Raguenel, est entré en con­tact avec le con­seiller en com­mu­ni­ca­tion de l’Élysée, Syl­vain Fort, via le groupe de Four­tou, un cer­cle informel (dont Camille Pas­cal était l’instigateur) qui se réu­nis­sait en 2011 afin d’œuvrer à la réélec­tion de Sarkozy, sans par­ler de l’amitié de Leje­une pour le porte-parole du palais, Bruno Roger-Petit. Plusieurs sources s’accordent sur le fait que le prési­dent lit régulière­ment l’hebdomadaire, dont il aurait dit qu’« il faut le lire pour com­pren­dre ce que pense la droite » au grand dam de sa garde rap­prochée (Joseph Zimet, Sibeth N’diaye, Alex­is Kohler). Ce rap­proche­ment apparem­ment con­tre-nature est con­fir­mé par l’entretien accordé par le prési­dent à Louis de Raguenel dans l’avion prési­den­tiel le 25 octo­bre 2019 qui paraît en kiosques le 31 octo­bre et excite la jalousie de nom­breux con­frères. Ceci au moment où Leje­une est som­mé par les action­naires en interne de met­tre de l’eau dans le vin de sa ligne édi­to­ri­ale, jugée trop réac­tion­naire par Mougeotte et Vil­leneuve qui ont appuyé la nom­i­na­tion d’Erik Mon­jalous au poste de rédac­teur en chef. Cet entre­tien dans l’hebdomadaire appa­raît comme une dou­ble aubaine, Macron espère grig­not­er l’électorat de droite en se présen­tant comme le garant de l’autorité régali­enne et de l’ordre répub­li­cain, le jour­nal réalise une vente excep­tion­nelle du numéro. Si Valeurs Actuelles se vend moins bien que sous Hol­lande (120 000 numéros écoulés en moyenne con­tre 80 000 en 2020), il a été adoubé en haut lieu et con­sid­éré comme respectable.

Sur un autre plan, c’est la péren­nité économique du jour­nal qui est attaquée à plusieurs niveaux, depuis le début du quin­quen­nat Macron : Yann Barthès divulgue sur Insta­gram un dossier cri­tique con­sacré à ses méth­odes, espérant ain­si cass­er les ventes en kiosques. Il obtien­dra un résul­tat con­traire et le numéro sera un suc­cès com­mer­cial écla­tant. Plus tard, la meute déla­trice des Sleep­ing Giants intime aux annon­ceurs de cess­er toute col­lab­o­ra­tion avec le jour­nal. Leje­une, dans les deux cas, monte en pre­mière ligne pour livr­er la riposte médi­a­tique, fait front et pare les attaques mal inten­tion­nées et mal­adroites dirigées con­tre le jour­nal et ce qu’il représente.

En jan­vi­er 2020, le prési­dent de Sci­ence­sPo Lille, Pierre Math­iot, cède aux desider­a­ta des syn­di­cats d’extrême-gauche qui fai­saient pres­sion pour inter­dire une con­férence inti­t­ulée « À droite, où en sont les idées ? » où fig­u­raient Geof­froy Leje­une et Charles Con­signy. Geof­froy Leje­une déclare dans la foulée à CNews : « On invite Edwy Plenel et Fab­rice Arfi de Medi­a­part mais on n’in­vite pas Valeurs Actuelles. Dans le débat pub­lic, le sec­tarisme se trou­ve exclu­sive­ment à gauche. » Suite à cette déci­sion qui crée un tol­lé dans une par­tie du Lan­derneau médi­a­tique, Pierre Math­iot ne tarde pas à recevoir des men­aces de mort qui le poussent à porter plainte pour « diffama­tion, injures et men­aces de mort ».

Le feu roulant des polémiques ne faib­lit pas et, pour la pre­mière fois, Valeurs recule devant l’offensive à l’occasion de « l’affaire Obono ». Le 27 août 2020, l’hebdomadaire pub­lie dans ces colonnes un réc­it uchronique qui place la députée dans la peau d’une esclave ven­due par des noirs et subis­sant les affres de la traite négrière. Ce réc­it est agré­men­té d’illustrations, dont l’une d’elles donne à voir le vis­age d’Obono entravée par des chaînes. Il n’en faut pas plus pour sus­citer les cris d’orfraie du lan­der­nau politi­co-médi­a­tique, entraî­nant même les con­damna­tions inat­ten­dues de fig­ures comme Wallerand de Saint-Just ou Yves de Ker­drel. Emmanuel Macron, qui cajo­lait jusque-là la rédac­tion, donne le coup de grâce en appelant Danièle Obono pour l’assurer de son sou­tien, comme il l’avait fait pour Éric Zem­mour (seule per­son­nal­ité à défendre le jour­nal) quelques mois plus tôt. La Ligue de Défense Noire Africaine, représen­tée par le repris de jus­tice Syl­vain Afoua, fait irrup­tion dans les locaux déserts de la rédac­tion et exige de par­ler à Geof­froy Leje­une, qui s’exécute deux jours plus tard. La pro­ces­sion de Leje­une sur le plateau de BFM et la pub­li­ca­tion d’un com­mu­niqué où la rédac­tion présente ses excus­es à l’intéressée ne suff­isent pas à étein­dre l’incendie : rap­pel­er des vérités his­toriques déplaisantes, comme la cas­tra­tion des esclaves noirs par les Arabes ou la nature patri­ar­cale des sociétés africaines, n’est plus à l’ordre du jour dans la France arc-en-ciel du nou­veau mil­lé­naire. Geof­froy Leje­une y perd sa col­lab­o­ra­tion sur LCI alors que le par­quet de Paris entame une enquête pour « injures racistes ».

Parcours militant

Le seul engage­ment con­nu de Geof­froy Leje­une est une par­tic­i­pa­tion à des cel­lules de for­ma­tion organ­isées par des catholiques engagés.

Publications

En mai 2015, Geof­froy Leje­une pub­lie son pre­mier ouvrage aux édi­tions RING. Il s’agit d’une œuvre de poli­tique-fic­tion savam­ment conçue, de telle façon que le lecteur ait, du début à la fin de ce réc­it de cam­pagne, un doute sur la vérac­ité des faits relatés. Ain­si, « Une élec­tion ordi­naire » démarre sur une scène de dîn­er entre Patrick Buis­son, Philippe de Vil­liers et Éric Zem­mour à La Rotonde, un dîn­er qui a sans doute véri­ta­ble­ment eu lieu. À ceci près que dans la fic­tion, il se con­clut ain­si : « La solu­tion, c’est toi qui l’as entre les mains, Éric. Il faut que tu ailles à la prési­den­tielle ».

Ain­si démarre ce réc­it de cam­pagne prési­den­tielle, avec Éric Zem­mour en can­di­dat d’union des droites, sous la plume d’un jeune jour­nal­iste qui pour­rait être Geof­froy Leje­une (à la dif­férence qu’il décou­vre à peine la droite, à laque­lle sa rédac­tion vient de l’affecter).

Fait mar­quant de cette cam­pagne imag­inée par l’auteur, des atten­tats per­pétrés au mois de décem­bre, dont l’analyse est pré­moni­toire : « Les atten­tats de décem­bre avaient plongée la France dans un engour­disse­ment trompeur. Aucun sur­saut mas­sif et pop­u­laire n’était venu s’opposer à la bar­barie des fana­tiques religieux qui avaient trau­ma­tisé le pays. Je m’étais inter­rogé sur cette pas­siv­ité ; cette fois, seuls des anonymes avaient été touchés par les rafales de kalach­nikov dans cette rame du métro parisien. Les vingt neuf vic­times et la sauvagerie du mode opéra­toire auraient pu engen­dr­er une réac­tion pro­por­tion­née, mais les Français appa­rais­saient résignés. »

Si la réal­ité rejoignait la fic­tion, Frédéric Mit­ter­rand aurait encore à ral­li­er le Front Nation­al, Marine Le Pen à suiv­re l’enterrement de son père à la télévi­sion, et Hen­ri Guaino et Mar­i­on Maréchal-Le Pen a quit­ter leur par­ti respec­tif pour rejoin­dre l’union des droites…

Collaborations

Geof­froy Leje­une tient une chronique poli­tique quo­ti­di­enne dans la mati­nale de Sud Radio. Il inter­vient régulière­ment dans les débats poli­tiques sur Europe 1 et I Télé. Il a égale­ment fait quelques pas­sages dans l’émission de Thier­ry Ardis­son, « Salut les Terriens ».

Depuis la ren­trée 2018, il fer­raille avec le psy­ch­an­a­lyste et cofon­da­teur du Média, Gérard Miller, chaque lun­di à 17h sur LCI. Alors qu’il inter­ve­nait dans le « Quart d’heure Pujadas » et devait chroni­quer dans le « Grand soir » (22h-minu­it) de Julien Arnaud il est brusque­ment écarté le 31 août 2020 à la suite de l’affaire Obono (voir supra), la direc­tion de LCI se joignant au quart d’heure de la haine style 1984 de George Orwell.

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné

Il l’a dit

« Nous ne sommes pas sur la même ligne que le Front Nation­al, mais nous faisons des efforts pour ne pas être sec­taires. Il faut par­ler à tout le monde, de Flo­ri­an Philip­pot à François Bay­rou », « Valeurs actuelles, le jour­nal qui veut tir­er la droite vers la droite », Le Monde, 28 mai 2016

À pro­pos de Marine Le Pen : « (elle) dérive vers un mélen­chon­isme économique mât­iné de ful­gu­rances gay friend­ly », Valeurs actuelles du 26 mai 2016.

« Le choix de Valeurs actuelles pour annon­cer ce tour­nant de la cam­pagne n’était pas anodin. Le mag­a­zine était cou­tu­mi­er des titres racoleurs. Ses patrons sur­faient sur un suc­cès fac­tice, et rad­i­cal­i­saient leur ton au gré des ventes qui ne ces­saient d’augmenter. La presse tombait sys­té­ma­tique­ment dans le pan­neau, reprenant leurs cou­ver­tures les plus hard­core pour en faire des scan­dales. Eux vendaient, et se frot­taient les mains. Le suc­cès n’était que relatif, mais dis­ait beau­coup d’une époque où le con­cept de mod­éra­tion était devenu une incon­gruité», dans son roman, Une élec­tion ordi­naire (Ring, Mai 2015), sous la plume du narrateur.

« Il la trou­vait affligeante. Sa cer­ti­tude d’être appelée à un grand des­tin l’aveuglait. Le con­stat sur l’immigration dessi­nait une poten­tielle majorité élec­torale, et elle s’échinait à séduire les sym­pa­thisants de gauche. Elle avait sanc­tion­né le pau­vre Chauprade, coupable de s’être attaqué à la « cinquième colonne » islamiste en France, avait délais­sé le con­cept de « Grand rem­place­ment » cher à Renaud Camus pour le qual­i­fi­er de « thèse com­plo­tiste ». Elle avait accueil­li à bras ouverts les mil­i­tants gays. Zem­mour ricana. Marine croy­ait avoir inven­té l’eau tiède avec son « ni droite ni gauche » mais singeait mal les pre­miers inven­teurs du slo­gan. Son FN à elle n’était « ni de droite, ni de droite » », idem, sous la plume du narrateur.

« Il existe aujour­d’hui en France une soif de change­ment, de rup­ture, de révo­lu­tion presque, que per­son­ne ne réus­sit à incar­n­er. Voilà pourquoi une parole libre et intel­li­gente pour­rait trou­ver sa place dans un débat pub­lic terne, usé, en un mot sclérosé. Les dis­cours de Michel Onfray et d’Éric Zem­mour séduisent pré­cisé­ment parce qu’ils sont libres», « Geof­froy Leje­une : Eric Zem­mour et Michel Onfray séduisent parce qu’ils sont libres », inter­view au Figarovox, 3 octo­bre 2015.

A pro­pos des ren­con­tres de Béziers de mai 2016, par­rainées par Valeurs actuelles : « J’ai été très sur­pris des propo­si­tions du pub­lic, surtout de l’énervement et la colère qu’on ressen­tait ( … ) Après il y a deux options : soit on les écoute, on essaie de com­pren­dre ce qu’ils ont en tête ; soit on se fout de leur gueule, comme le fait Le Petit Jour­nal. Moi je préfère les écouter », sur le plateau du Sup­plé­ment de Canal Plus, dans une émis­sion con­sacrée à « Valeurs actuelles, nou­velle bous­sole de la droite », Le Sup­plé­ment, Canal+ : « Valeurs actuelle, nou­velle bous­sole de la droite », émis­sion du 5 juin 2016.

« J’ai envie d’aller vers plus d’enquêtes, plus d’exclus, pour que les gens qui lisent Valeurs actuelles ne le fassent pas en se dis­ant : ‘Enfin un jour­nal avec lequel je suis d’accord !’, mais pour y appren­dre des choses », Les Inrocks, 11 octo­bre 2016.

« Moi, je nai pas limpres­sion d’être jeune, répond Geof­froy, les aînés dici sont mes potes, ce poste à mon âge, OK, cest flip­pant, mais tout le monde ma aidé dans la rédac, il y a eu une sorte de com­pas­sion pour ce qui marrivait. Le truc mest tombé dessus, et ça me fait flip­per, parce que je ne sais pas si je pour­rai redescen­dre pour écrire des papiers. Con­traire­ment à Jean-Marc Ayrault, ancien Pre­mier min­istre, qui a pu revenir en min­istre des Affaires étrangères. » Charles, 21 mai 2017.

« Il est urgent de sup­primer l’é­d­u­ca­tion à la sex­u­al­ité à l’é­cole qui est là pour instru­ire ; c’est aux par­ents d’é­du­quer », LCI, 20 novem­bre 2017.

« La vraie rai­son de la créa­tion de cette école [l’IS­SEP] c’est que c’est une fille qui a tou­jours été frus­trée de ne pas avoir de légitim­ité autre que cette élec­tion à 22 ans […] Elle n’a pas réus­si à trou­ver de boulot dans la vie pro­fes­sion­nelle, il y a des gens qui voulaient l’embaucher mais qui se sont dits au dernier moment elle s’ap­pelle Le Pen c’est com­pliqué pour l’en­tre­prise, elle s’est ren­due compte que pour tra­vailler elle était oblig­ée de créer sa boîte », C l’Heb­do au sujet de l’é­cole de man­age­ment lancée à Lyon par Mar­i­on Maréchal le Pen, 4 juin 2018.

« Son influ­ence poli­tique sest rapi­de­ment affais­sée, mais elle a surtout aban­don­né ce quon appelle le « catholi­cisme social » qui lui don­nait une assise pop­u­laire. Longtemps, les gens ont vécu dans un bain cul­turel catholique. Leur journée était ryth­mée par les cloches, ils suiv­aient quelques offices, se retrou­vaient à la messe le dimanche. Même si dans le secret de leur con­science, ils n’étaient pas néces­saire­ment ani­més dune foi intense, ils avaient recours aux ser­vices du curé dans les moments impor­tants de leur vie : le mariage, la mal­adie, la mort. Jaime beau­coup lidée de « foi du char­bon­nier » par­fois décrite par Balzac comme le fait « daimer la sainte vierge comme on aime sa femme » : une piété fil­iale, un attache­ment dénué de réflex­ion théologique ou philosophique, une fidélité à une his­toire et à des racines davan­tage quune révéla­tion mys­tique. Je me situe par­faite­ment dans cette catégorie là ; cette foi sim­ple con­sti­tua le ciment dune civil­i­sa­tion. […] Et l’Église sem­ble sexcuser dexis­ter encore. Récem­ment, en France, nous avons vécu un vaste mou­ve­ment dinsur­rec­tion de la part de ceux quon pour­rait appel­er les « lais­sés pour compte de la mon­di­al­i­sa­tion », les gilets jaunes. Ces gens cri­aient une colère venue de loin et ils étaient soutenus par une majorité de la pop­u­la­tion. Un phénomène social de cet ordre ne peut échap­per à aucune insti­tu­tion revendi­quant davoir un pro­jet pour les hommes. A défaut dexercer une influ­ence poli­tique, l’Église aurait pu jouer son rôle en offrant un pro­jet spir­ituel à ceux qui se bat­tent con­tre une perte de sens glob­ale. Il existe 104 diocèses en France, soit autant d’éques, qui sont les représen­tants de l’Église dans le pays. Un dentre eux, un seul, a jugé bon de se ren­dre à la ren­con­tre des gilets jaunes. Peut mieux faire. » First Things, mai 2019.

« En 1996, Patrice Lecon­te met­tait en scène dans son film Ridicule un Bernard Giraudeau étince­lant, dans le rôle dun abbé capa­ble de démon­tr­er à ses ouailles épous­tou­flées lexis­tence de Dieu, avant de se van­ter de pou­voir prou­ver lexact inverseEmmanuel Macron nest pas curé mais il prêche en vir­tu­ose, jusqu’à devenir le prési­dent de loxy­more per­ma­nent, érigé en mode de gou­verne­ment. Le voilà capa­ble dexpli­quer à une femme voilée maro­caine, restée illégale­ment sur le ter­ri­toire, quelle doit ren­tr­er chez elle car elle nest pas en dan­ger dans son pays, tout en faisant vot­er une loi — “asile et immi­gra­tion” — élar­gis­sant le regroupe­ment famil­ial et en accep­tant lexplo­sion du nom­bre de titres de séjour accordés sous sa prési­dence. Il est ce prési­dent chantre de lapaise­ment qui promet, dans le domaine socié­tal, de ne rien faire sans con­sen­susavant de chang­er davis en con­statant quil nexiste pas, faisant mal­gré tout vot­er la PMA sans père à lAssem­blée. Qui est cet homme capa­ble de dire que le voile islamique « nest pas con­forme à la civilité » française, tout en se lavant les mains devant le débat qui agite le pays : ça « nest pas [s]on affaire »… ?
Voilà quels nœuds nous souhaitions déler au moment où l’Élysée nous pro­posa daccom­pa­g­n­er le voy­age prési­den­tiel à May­otte et à La Réunion. » Valeurs Actuelles, 30 octo­bre 2019.

Ils l’ont dit de lui

Je suis très fier de diriger un groupe de presse dont le navire ami­ral, Valeurs actuelles, a le plus jeune directeur de la rédac­tion de France”, Yves de Ker­drel à l’AFP, le 31 mai 2016

« Je me demande ce qui est le plus mépris­able entre la parole de ces gens là et ceux qui, comme Mon­sieur Leje­une, font de l’argent pour inciter à ce que cette parole soit de plus en plus forte », le député PS Benoit Hamon, invité sur la plateau du « Sup­plé­ment » de Canal Plus, juin 2016.

« Geof­froy Leje­une arrive au bon moment, il y avait besoin de dépous­siér­er l’image de droite ver­sail­laise de ce jour­nal et de sec­ouer les colonnes du tem­ple avec quelqu’un de san­guin et de son temps », Patrick Buis­son, Les Inrocks, 11 octo­bre 2016 (op.cit)

« Il con­sid­ère que le ter­rain a longtemps été lais­sé libre aux Inrocks et à la gauche pro­gres­siste. veut met­tre au cen­tre du débat pub­lic les ques­tions iden­ti­taires, et il pense que la trans­gres­sion est néces­saire », Saïd Mahrane (Le Point) à son sujet, ibid.

« Geof­froy Leje­une est aujourd’hui le plus jeune directeur de rédac­tion en France. A défaut d’avoir été un acteur direct du mou­ve­ment de con­tes­ta­tion en France, il en a été l’un des meilleurs obser­va­teurs au point qu’en 2015 la Manif pour Tous l’a choisi pour ani­mer les débats avec les can­di­dats aux régionales. Leje­une est surtout l’un des rares jour­nal­istes à avoir com­pris la révolte souter­raine qui, depuis une dizaine d’années, tra­verse la France silen­cieuse. […] Nul doute que son intu­ition a par­ticipé de l’accroissement du lec­torat de Valeurs Actuelles. Sa nom­i­na­tion à la tête de l’hebdomadaire après une tra­jec­toire météorique est un des signes du bas­cule­ment cul­turel et généra­tionnel en cours. », Alexan­dre Devec­chio, Les nou­veaux enfants du siè­cle, 2016.

« En févri­er dernier, des jour­nal­istes ont été enten­dus afin de déter­min­er les prob­lèmes dans la rédac­tion. Selon Geof­froy, il a tapé du poing sur la table devant Iskan­dar Safa ; afin d’obtenir l’éloignement de Mougeotte et Vil­leneuve de la rédac­tion. Ces derniers sem­blent peu appréci­er sa ligne droitière. », un mem­bre de la rédac­tion de VA souhai­tant rester anonyme, Le Média, 18 mai 2018.

« Christophe, jour­nal­iste pour le mag­a­zine depuis plusieurs années(2), nous affirme que « la prox­im­ité de Geof­froy Leje­une avec Mar­i­on Maréchal Le Pen peut causer des fric­tions en réu­nion de rédac­tion : il veille sur elle comme un agent veille sur sa star. » Il déplore aus­si que depuis sa nom­i­na­tion « l’aspect mil­i­tant a pris le pas sur le jour­nal­isme ». S’il rap­pelle que « VA a tou­jours eu une ligne et l’a assumée », il con­state que cer­taines choses ont changé. « Des jour­nal­istes ne quit­tent jamais leur bureau et écrivent leurs papiers en se reposant unique­ment sur des arti­cles de con­frères aux­quels ils ajoutent un ton édi­to­r­i­al pro­pre à VA », nous explique-t-il. De son côté, Damien remar­que que les arrivées sont « plus issues de la mou­vance mil­i­tante que jour­nal­is­tique ». Le résul­tat est que, selon Christophe, « cer­tains jour­nal­istes ont de la peine à défendre la ligne du jour­nal par­ti­c­ulière­ment lorsqu’il s’agit de sujets socié­taux. » Gré­goire, égale­ment jour­nal­iste au sein de l’hebdomadaire, va dans le même sens. Selon lui, « une cer­taine droite proche de la Manif pour tous ou de Vil­liers, qui flirte avec l’extrême droite, a pris le pou­voir et ce n’est pas au goût de tout le monde. », Ibid.

Sa nébuleuse

Yves de Kerdrel

À son arrivée au groupe Val­monde, cet ancien du Jour­nal des Finances, des Echos et du Figaro, noue rapi­de­ment des liens avec les deux jour­nal­istes du ser­vice poli­tique, à savoir Arnaud Folch et Geof­froy Leje­une. Au fur et à mesure des évo­lu­tions de la rédac­tion, cette con­fi­ance réciproque s’est traduite en nom­i­na­tions pour ceux qui ont été surnom­mé les « Kerdrel’s boys ». Ker­drel démis­sionne de son poste du directeur général du groupe Val­monde en mai 2018, une déci­sion souhaitée par les action­naires, et est rem­placé par Erik Mon­jalous, ancien directeur com­mer­cial et mar­ket­ing de l’AFP. Leje­une survit à son éviction.

Arnaud Folch

Ce jour­nal­iste aguer­ri, qui a fait ses class­es à l’hebdomadaire Minute, forme avec Geof­froy Leje­une, depuis l’arrivée de celui-ci au ser­vice poli­tique, un tan­dem red­outable. Ils se com­plè­tent ce qui leur per­met de recouper leurs sources, et de boucler des papiers poli­tiques infor­més. Si Arnaud Folch a la con­fi­ance de Marine Le Pen — celle-ci étant réputée vouer une solide détes­ta­tion de Geof­froy Leje­une – ce dernier entre­tient quant à lui des rela­tions très ami­cales avec Mar­i­on Maréchal-Le Pen.

Marion Maréchal-Le Pen

Geof­froy Leje­une et la députée du Vau­cluse ont le même âge, et des amis com­muns. Le jeune rédac­teur en chef ne cache pas par ailleurs son admi­ra­tion pour elle. Plus que de con­tact priv­ilégié on peut par­ler de rela­tion amicale.

Bruno Roger-Petit

Leje­une com­mence à fréquenter celui qui n’est alors que l’éditorialiste phare de la revue Chal­lenges alors qu’il n’est encore que chef du ser­vice poli­tique de Valeurs Actuelles. Ils assis­tent ensem­ble à des matchs de foot­ball au Parc des Princes et Roger-Petit l’in­vite dans son émis­sion «#BRP» dif­fusée sur Sport 365 (par exem­ple, « Woz­ni­ac­ki est-elle de droite ou de gauche ? », le 29 sep­tem­bre 2014). La rédac­tion de Valeurs entre dans les bonnes grâces d’Emmanuel Macron dès que Roger-Petit entre en fonc­tion comme porte-parole de l’Élysée, tant et si bien que Le Monde rap­porte que ce sont les deux hommes qui ont, « imag­iné, puis organ­isé » la céré­monie de la remise de la Légion d’honneur à Michel Houelle­becq (avec qui Leje­une a don­né un entre­tien à la revue religieuse con­ser­va­trice améri­caine First Things), le 18 avril 2019. Leje­une est évidem­ment présent lors de la céré­monie, accom­pa­g­né de Char­lotte d’Ornellas.

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PORTRAIT — À la croisée des mou­ve­ments soci­aux et com­mu­nau­taires, le jeune Bouhafs mène habile­ment sa bar­que en rêvant de ses lende­mains qui chantent à lui, un soulève­ment des ban­lieues sous la ban­nière du crois­sant islamique. Et il ne recule ni devant les fake news éhon­tées, ni devant une vio­lence ver­bale peu com­mune sur les réseaux sociaux.

Charline Vanhoenacker

PORTRAIT — Jour­nal­iste, ani­ma­trice et pro­duc­trice, Char­line Van­hoe­nack­er est dev­enue le fer de lance de l’hu­mour autorisé sur France Inter, un humour hard dis­count, avec force gags facile con­tre les con­cur­rents des chaînes privées et les opposants désignés par la bien-pensance.

Charlotte d’Ornellas

PORTRAIT — Née à Orléans en 1986, Char­lotte d’Ornellas est jour­nal­iste à Valeurs Actuelles, chroniqueuse et édi­to­ri­al­iste sur CNEWS et TV Libertés.

Sonia Mabrouk

PORTRAIT — Née en Tunisie le 17 décem­bre 1977, Sonia Mabrouk est une jour­nal­iste con­nue pour ses émis­sions d’information et de débat poli­tique sur Pub­lic Sen­at, Europe 1 et CNews.

Pascale Clark

PORTRAIT — Pas­cale Clark a longtemps été une des grandes voix de France Inter où elle se fai­sait par­ti­c­ulière­ment remar­quer pour sa morgue, son mépris et son par­ti pris face aux per­son­nal­ités poli­tiques de droite.