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Éric Zemmour

Une certaine idée du journalisme à la française

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 23/08/2018

Il est devenu tellement célèbre pour ses joutes télévisuelles et son talent de polémiste qu’on a tendance à l’oublier : Éric Zemmour est avant tout écrivain et un brillant journaliste politique qui dans ses essais et ses articles analyse inlassablement l’évolution de la vie politique française, à laquelle il donne une profondeur historique.

Né en août 1958 à Mon­treuil, il a gran­di en ban­lieue, à Dran­cy, et con­fie y avoir passé une enfance heureuse. Pas­sion­né par l’Histoire et la poli­tique, c’est par hasard qu’il s’est lancé dans le jour­nal­isme, sa voca­tion pre­mière étant celle d’un écrivain. Il a ain­si pub­lié de nom­breux essais et quelques romans.. Il a pub­lié, en par­al­lèle, de nom­breux essais et quelques romans. Il est aujourd’hui l’un des jour­nal­istes les plus con­nus de ce que cer­tains appel­lent la « droitosphère » ou encore la « réa­cosphère ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que ses idées tranchent dans le monde for­maté des médias. Antilibéral de plus en plus assumé, il est pour l’arrêt total de l’immigration qui selon lui met en péril la survie même du pays. Il est égale­ment très cri­tique sur le fémin­isme, qu’il accuse de nier les dif­férences entre hommes et femmes, et d’occulter la vérité des rela­tions entre les deux sex­es. Lecteur du philosophe Jean-Claude Michéa et du géo­graphe Christophe Guil­luy, deux auteurs classés « à gauche » qu’il cite régulière­ment, Éric Zem­mour s’intéresse à toutes les pen­sées de con­tes­ta­tion de la société libérale indi­vid­u­al­iste, qu’elles soient d’origine social­iste ou réac­tion­naire. Au lieu de dis­cuter ses argu­ments, nom­bre de ses adver­saires idéologiques l’accusent régulière­ment d’attiser les « haines » et le cloue au pilori.

Issu d’une famille mod­este, père pré­para­teur en phar­ma­cie avant de devenir ambu­lanci­er, mère au foy­er, il est « juif d’origine berbère » d’origine, comme il l’a dit un jour alors qu’on lui demandait ses orig­ines, mais se définit avant tout comme Français, « ni plus, ni moins ». Il se dis­tingue du reste par un amour pas­sion­né pour une France qu’il « bénit » d’avoir colonisé ses ancêtres (« On n’est pas couché », France 2, octo­bre 2010).

Formation

Éric Zem­mour est diplômé de l’Institut d’études poli­tiques (IEP) de Paris (1979). Par la suite, il échoue deux fois au con­cours d’entrée de l’ENA, à l’épreuve d’oral, ce qui sus­cit­era les rail­leries de ses opposants. Para­doxe amu­sant, sa car­rière de jour­nal­iste le ver­ra s’installer sur les bancs de ce même jury en 2006.

Parcours de journaliste

Sa car­rière de jour­nal­iste débute en 1986 au Quo­ti­di­en de Paris sous l’aile de Philippe Tes­son. Lorsque le quo­ti­di­en dis­paraît, en 1994, Éric Zem­mour devient édi­to­ri­al­iste à Info-Matin, puis jour­nal­iste poli­tique au Figaro de 1996 à 1999. En par­al­lèle, il réalise quelques piges à Mar­i­anne (1997) et à Valeurs Actuelles (1999). Il passe ensuite au Figaro Mag­a­zine avant de revenir, en 2013, au sein de la rédac­tion du quo­ti­di­en pour y livr­er une cri­tique de livre heb­do­madaire. Enfin, il con­tribue au jour­nal Le Spec­ta­cle du Monde (groupe Val­monde) en tant que chroniqueur poli­tique et cul­turel.

Aujourd’hui, Éric Zem­mour se con­sid­ère comme le digne héri­ti­er « du jour­nal­isme à la française. Un mélange de lit­téra­ture, de poli­tique et de jour­nal­isme. » Le Bloc-notes de François Mau­ri­ac est son « nir­vana » (Le Figaro Mag­a­zine, 23 mars 2013). Au Nou­v­el Obs, il con­fie égale­ment utilis­er « les tech­niques jour­nal­is­tiques pour défendre [ses] idées ».

La télévision, un heureux hasard

S’il fut tout d’abord un jour­nal­iste poli­tique de presse écrite, Éric Zem­mour a été aspiré par la télévi­sion pour son tal­ent de débat­teur.

Il débute comme chroniqueur dans l’émission « Ça se dis­pute » sur I-Télé en 2003, aux côté de Christophe Bar­bi­er (rem­placé ensuite par Nico­las Dom­e­n­ach). En 2006, il intè­gre l’émission grand pub­lic « On n’est pas couché », présen­tée par Lau­rent Ruquier sur France 2. Aux côtés de Michel Polac (puis d’Éric Naul­leau), il cri­tique sans com­plai­sance les œuvres des invités et se fait vite une répu­ta­tion de franc-tireur, qui con­tribuera au suc­cès de l’émission. En 2011, Lau­rent Ruquier décide de rem­plac­er ses deux chroniqueurs, pour des raisons qui demeurent aujourd’hui encore floues et qui ont sus­cité de vives oppo­si­tions. « De plus en plus d’acteurs, de chanteurs et d’écrivains – tous ces grands démoc­rates qui se croient une âme de gauche – étaient hor­ri­fiés à l’idée d’être assis face de moi et ne voulaient plus venir sur le plateau de Ruquier », expli­quera Zem­mour au Nou­v­el Obs en avril 2013. Peut-être l’une des raisons de cette évic­tion incom­prise.

Qu’à cela ne tienne, les deux com­pères créent leur pro­pre émis­sion, qui débute en sep­tem­bre 2013 sur Paris Pre­mière et s’intitule sobre­ment « Zem­mour & Naul­leau ». Dans le même entre­tien au Nou­v­el Obser­va­teur, Zem­mour con­fie que « des poli­tiques refusent de venir sur Paris Pre­mière à cause de moi », comme par exem­ple Mélen­chon, mais peut-être ce refus était-il plus lié à une anci­enne querelle entre Mélen­chon et Naul­leau qu’à autre chose. En par­al­lèle, Éric Zem­mour a par­ticipé, jusqu’en 2010, à « L’Hebdo » sur France Ô où ses joutes ora­toires avec Dominique Wolton sont dev­enues cultes. Il con­tribue égale­ment au « Grand débat » présente par Michel Field sur la chaîne His­toire.

Il con­fie lui-même que le petit écran n’était pas sa voca­tion pre­mière et qu’il l’utilise aujourd’hui « comme un vecteur de dif­fu­sion de [ses] con­vic­tions et de [ses] idées ». Il se con­sid­ère comme le « porte-dra­peau » d’une majorité silen­cieuse et pro­fonde qui s’oppose aux élites médi­a­tiques et poli­tiques. Il estime que « la bagarre idéologique se fait désor­mais à la télévi­sion, plus dans les revues ni dans les think tanks ». Il con­sid­ère pour­tant le petit écran comme « un univers abêtis­sant, à la fois pour le débat intel­lectuel et poli­tique. C’est un univers qui priv­ilégie l’émotion sur la rai­son ».

À la radio

Depuis jan­vi­er 2010, Éric Zem­mour signe une chronique sur les ondes de RTL. D’abord quo­ti­di­enne, du lun­di au ven­dre­di à 7h15, celle-ci devient biheb­do­madaire à la ren­trée 2013. Le chroniqueur y voit, comme d’autres, « l’une des con­séquences de la polémique sus­citée par la chronique sur Chris­tiane Taubi­ra (en mai 2012, ndlr) » lorsqu’il avait sus­cité le scan­dale en accu­sant la min­istre de la Jus­tice de s’attaquer à « l’homme blanc ». Il rap­pelle que ses bil­lets « n’engagent que [lui], pas la rédac­tion. RTL a fait ce choix de venir me chercher pour avoir un regard dif­férent et icon­o­claste sur l’actualité, un regard qui tranche avec le ron­ron médi­a­tique ».

Ses chroniques radio sont rassem­blées dans plusieurs livres : Z comme Zem­mour (Le Cherche midi, 2011), Le bûch­er des van­i­teux (Albin Michel, 2012) et Le bûch­er des van­i­teux 2 (Albin Michel, 2013).

Un écrivain avant tout

Si aujourd’hui Éric Zem­mour est surtout con­nu du pub­lic grâce à son expo­si­tion médi­a­tique et son tra­vail de jour­nal­iste poli­tique, ce dernier se con­sid­ère avant tout comme un écrivain. Son amour de la langue française l’a poussé à rédi­ger plusieurs romans et essais. Son pre­mier est con­sacré à Édouard Bal­ladur (Gras­set, 1995). En 1998, il écrit Le livre noir de la droite (Gras­set) puis, entre autres, Les rats de garde (Stock, 2000) avec Patrick Poivre d’Arvor et, en 2002, une biogra­phie de Jacques Chirac, L’homme qui ne s’aimait pas » (Bal­land).

En 2008, il écrit Petit frère (Denoël), un roman qui met en scène deux amis de ban­lieue, un juif et un musul­man, et s’inspire d’un fait réel dra­ma­tique (qui s’est sol­dé par la mort du jeune juif). Enfin, sans doute ses deux plus con­nus, il écrit en 2006 Le pre­mier sexe (Fayard), court essai où il analyse la fémin­i­sa­tion, volon­taire selon lui, de la société et des hommes, et Mélan­col­ie française (Fayard/Denoël) en 2010, où il con­te l’histoire d’une France qui recherche en vain la suc­ces­sion de Rome.

Ses auteurs de référence, sou­vent cités, sont entre autres Balzac, Chateaubriand, Racine, Baude­laire, Bainville et Michelet.

Le Suicide français (Albin Michel), d'Eric Zemmour

Le Sui­cide français (Albin Michel), d’Eric Zem­mour

Dans son dernier livre, Le Sui­cide Français, paru en octo­bre 2014 chez Albin Michel, Éric Zem­mour revient sur les 40 dernières années qui, selon lui, ont détru­it la France. Il passe au crible les dif­férentes étapes de ce sui­cide, organ­isé depuis la mort du général de Gaulle et les événe­ments de mai 68.

Pour sa pro­mo­tion, Zem­mour a fait le tour des plateaux télévisés où il a reçu un accueil hos­tile dans l’ensemble, notam­ment chez Lau­rent Ruquier dans son anci­enne émis­sion, « On n’est pas couché ». Out­re les clas­siques accu­sa­tions en intolérance réac­tion­naire, celui-ci s’est vu reprocher en par­ti­c­uli­er un pas­sage où il évoque la France de Vichy.
L’écrivain y avance que, con­traire­ment aux idées reçues véhiculées en masse depuis le livre de Robert Pax­ton en 1973 (« La France de Vichy », éd. du Seuil), le régime de Vichy a factuelle­ment sauvé l’immense majorité des juifs français (en sac­ri­fi­ant néan­moins les juifs étrangers). Ce pos­tu­lat est vite qual­i­fié de « réha­bil­i­ta­tion » de Vichy et vaut à l’essayiste une mul­ti­tude de cri­tiques et d’entretiens mus­clés. À cela faut-il ajouter l’hostilité de cer­taines per­son­nal­ités médi­a­tiques juives (comme Jacques Attali ou Frédéric Haz­iza), qui n’hésiteront pas à le qual­i­fi­er de « traître à sa com­mu­nauté » ou encore de « juif anti­sémite ».
Mais der­rière l’écran et le tumulte médi­a­tique, les Français approu­vent. En plus du suc­cès tri­om­phal de son livre (qui sera par­venu à déloger Mme Tri­er­weiller de la pre­mière place des ventes), un sondage pub­lié par Valeurs Actuelles a établi que la majorité de la pop­u­la­tion, sans approu­ver directe­ment le per­son­nage, était en accord avec les idées d’Éric Zem­mour sur l’immigration, le mul­ti­cul­tur­al­isme ou encore la mon­di­al­i­sa­tion.

En 2014 i>Télé met fin à son émis­sion ça se dis­pute après une énième polémique sur les pro­pos d’Éric Zem­mour, cette fois au Cor­riere del­la ser­ra. Deux ans plus tard, la chaîne est con­damnée à pay­er 50.000 € pour la rup­ture abu­sive du con­trat. Le chroniqueur demandait cepen­dant 1.9 mil­lions d’euros pour le préju­dice moral, mais a été débouté.

RTL annonce la sup­pres­sion de sa chronique sur la radio, pour­tant très écoutée, à la ren­trée. La presse de droite crie à la cen­sure et met en cause « les pres­sions d’une part de la rédac­tion » (Valeurs Actuelles). Cepen­dant il devrait inter­venir très régulière­ment dans le débat organ­isé dans la mati­nale à 8h17, selon Puremé­dias.

Voir aussi

Positionnement

Sou­vient décrié pour ses posi­tions tranchées, le polémiste présente surtout l’avantage de par­ler à vis­age décou­vert, con­traire­ment à l’ensemble de la pro­fes­sion qui préfère sou­vent gliss­er une idéolo­gie entre des lignes pré­ten­du­ment objec­tives. Poli­tique­ment, Éric Zem­mour se revendique de la « droite gaul­lo-bona­partiste » et recon­naît des « inspi­ra­tions marx­istes ». Dans un entre­tien accordé à Philippe Bil­ger en décem­bre 2013, il déclare « assumer » la ligne de tous les acteurs du « non » à Maas­tricht en 1992, de Jean-Pierre Chevène­ment à Jean-Marie Le Pen en pas­sant par Charles Pasqua, Philippe Séguin et Philippe de Vil­liers.

Au fil de ses livres, arti­cles et émis­sions, il véhicule la nos­tal­gie de la grandeur de la France et promeut l’assimilation et l’arrêt de l’immigration mas­sive pour remédi­er à la crise iden­ti­taire et sociale qui sévit aujourd’hui. Il com­bat le « droit d’ingérence » directe­ment issu de l’idéologie des Droits de l’Homme, qui qual­i­fie de « néo-colo­nial­isme ».

Il est égale­ment très act­if dans la cri­tique du fémin­isme et plus générale­ment de la « fémin­i­sa­tion de la société ». En octo­bre 2013, il fait par­tie des sig­nataires de « Touche pas à ma pute ! Le man­i­feste des 343 “salauds” », lancé par le mag­a­zine Causeur, pour pro­test­er con­tre la pénal­i­sa­tion des clients des pros­ti­tuées dans laque­lle il voit un des volets de la grande lutte con­tre la norme hétéro­sex­uelle.

Sa nébuleuse

Le 2 mars 2011, tout juste con­damné pour des pro­pos tenus à la télévi­sion (voir ci-dessous), il est invité par Hervé Nov­el­li à la con­ven­tion nationale des réfor­ma­teurs libéraux et ova­tion­né par les par­lemen­taires UMP. Il leur sug­gère, dans un dis­cours, de sup­primer les lois sur la dis­crim­i­na­tion raciale, les lois mémorielles, l’action pénale des asso­ci­a­tions antiracistes et leurs sub­ven­tions.

Au cours de sa car­rière de jour­nal­iste poli­tique, il a dîné avec de nom­breux hommes poli­tiques, dont Jean-Marie Le Pen, ce qui est lui est reproché au « Grand Jour­nal » de Canal+ du 6 novem­bre 2013. En colère, Éric Zem­mour répon­dra au chroniqueur : « Vous êtes grotesque ! Je vis­ite qui je veux, quand je veux. (…) Je suis jour­nal­iste poli­tique depuis 25 ans. Donc je déje­une et je dine avec des hommes poli­tiques depuis 25 ans, que ça vous plaise ou non. »

Il est ami avec Éric Naul­leau, son com­père d’émission depuis de nom­breuses années.

Il cor­re­spond régulière­ment par cour­riel avec l’intellectuel Alain Soral.

Récompenses

  • Prix de la Lib­erté d’expression 2010 (Enquête & Débat)
  • Prix du livre incor­rect 2010 (pour « Mélan­col­ie française », Fayard/Denoël)
  • Prix Riche­lieu 2011 (Asso­ci­a­tion de Défense de la langue française)

Condamnations

En 2010, il est pour­suivi par plusieurs asso­ci­a­tions antiracistes pour avoir déclaré, le 6 mars dans « Salut les ter­riens » sur Canal +, que les Noirs et les Arabes étaient con­trôlés plusieurs fois par jour « parce que la majorité des trafi­quants sont noirs et arabes ». Le même jour sur France Ô, il estime que les patrons « ont le droit » de refuser des Noirs et des Arabes à l’embauche car « la dis­crim­i­na­tion, c’est la vie ».

Pour les pro­pos tenus sur Canal +, il est recon­nu coupable de « dis­crim­i­na­tion raciale ». Pour ceux tenus sur France Ô, la 17e cham­bre du tri­bunal cor­rec­tion­nel de Paris a con­sid­éré que le chroniqueur « légiti­mait une pra­tique illé­gale, en la présen­tant comme licite ». Il est con­damné à 1.000 euros d’amende avec sur­sis. En out­re, il doit vers­er au MRAP, à SOS Racisme et à la Licra un peu plus de 10 000 euros de dom­mages et intérêts et faire état de ses con­damna­tions dans un organe de presse.

En 2014, le CSA met en garde RTL pour des pro­pos tenus à l’antenne par Éric Zem­mour, esti­mant ces derniers « de nature à encour­ager des com­porte­ments dis­crim­i­na­toires vis-à-vis des pop­u­la­tions expressé­ment désignées, et de pou­voir inciter à la haine ou à la vio­lence à l’encontre de celles-ci. » Le jour­nal­iste avait estimé dans sa chronique du 6 mai que « les grandes inva­sions d’après la chute de Rome sont désor­mais rem­placées par des ban­des de Tchétchènes, de Roms, de Koso­vars, de Maghrébins, d’Africains, qui dévalisent, vio­len­tent ou dépouil­lent. » Pour­suivi pour « diffama­tion raciale », il est relaxé en sep­tem­bre 2015 par le tri­bunal cor­rec­tion­nel de Paris.

Fin 2015, il est con­damné à 3 000 € d’amende pour provo­ca­tion à la haine envers les musul­mans. Il avait déclaré au jour­nal ital­ien Cor­ri­erre Del­la Ser­ra que les musu­lam­sn « ont leur code civ­il, c’est le Coran. Ils vivent entre eux, dans les périphéries. Les Français ont été oblig­és de s’en aller. » Il avait par ailleurs estimé que si la dépor­ta­tion des cinq mil­lions de musul­mans présents en France était « irréal­iste », elle pou­vait être rap­prochée his­torique­ment du départ des Alle­mands de l’Europe cen­trale après la guerre, ou encore de l’expulsion des pieds-noirs d’Algérie. Le soci­o­logue Math­ieu Bock-Côté a estimé que cette con­damna­tion était le signe d’une idéolo­gie mul­ti­cul­tur­al­iste « qui se défend con­tre le désaveu pop­u­laire en devenant de plus en plus autori­taire ». Cette poli­tique a aus­si valu à Éric Zem­mour son évic­tion d’i>Télé, et la fin de l’émission Ça se dis­pute qui le voy­ait s’opposer toutes les semaines à Nico­las Dom­e­n­ach.

En juin 2017, il est con­damné à 5000 € d’amende pour pro­pos islam­o­phobes qu’il a tenu dans l’émission C à Vous du 6 sep­tem­bre 2016. Il y a notam­ment déclaré qu’il fal­lait don­ner aux musul­mans « le choix entre l’islam et la France » et que « tous les musul­mans qu’ils le dis­ent ou qu’ils ne le dis­ent pas » esti­maient que les dji­hadistes étaient de « bons musul­mans ». La cour d’appel con­firme à l’été 2018 la con­damna­tion et l’amende, mais restreint les pas­sages incrim­inés.

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné.

Publications

Essais
  • Bal­ladur, immo­bile à grands pas, Gras­set, 1995
  • Le Coup d’État des juges, Gras­set, 1997
  • Le Livre noir de la droite, Gras­set, 1998
  • Une cer­taine idée de la France (sous la direc­tion d’Alain Gri­ot­ter­ay), 1998
  • Les Rats de garde, (avec Patrick Poivre d’Arvor), Stock, 2000
  • L’Homme qui ne s’aimait pas, Bal­land, 2002 (por­trait de Chirac)
  • Le Pre­mier Sexe, Denoël, 2006 (réédi­tion J’ai lu, 2009)
  • Mélan­col­ie française, Fayard /Denoël, 2010 (réédi­tion Le Livre de poche, 2011).
  • Z comme Zem­mour, Le Cherche midi, 2011
  • « Muray », in Philippe Muray, (sous la direc­tion de Jacques de Guille­bon et Max­ence Caron), édi­tions du Cerf, coll. « Cahiers d’histoire de la philoso­phie », 2011
  • Le Bûch­er des van­i­teux, Albin Michel, 2012
  • Le Bûch­er des van­i­teux 2, Albin Michel, 2013
  • Le sui­cide français, Albin Michel, 2014
  • Un quin­quen­nat pour rien, Albin Michel, 2016
  • Des­tin Français, Albin Michel, 2018 (à paraître)
Romans
  • Le Dandy rouge, Plon, 1999
  • L’Autre, Denoël, 2004
  • Petit Frère, Denoël, 2008 (réédi­tion J’ai lu, 2009)

Ils l’ont dit

« Jean-Marie Le Pen aime bien dress­er des listes spé­ciales. A qui veut l’entendre, le prési­dent du FN con­fie ces jours-ci que seuls trois jour­nal­istes se mon­trent cor­rects à son égard : Élis­a­beth Lévy, Éric Zem­mour et Serge Moati ! », François Duf­fay, Le Point n°1551, « La fronde des intel­los », 7 juin 2002.

« Ses inter­ven­tions mati­nales sont encadrées et super­visées chaque matin par la rédac­tion. Nous lui avons demandé de veiller au respect des valeurs human­istes de la sta­tion », RTL au Parisien le 22 févri­er 2011.

« Dif­fi­cile de se fâch­er avec Zem­mour. C’est un gamin facétieux, bon cama­rade, et comme il sort pas mal d’énormités, il est très tolérant avec les autres. Son seul point faible : il est dom­iné par ses hor­mones », Éric Naul­leau, Télé-Loisirs le 30 août 2012.

« Selon Éric Zem­mour, l’”homme blanc” ver­rait donc sa viril­ité remise en cause par celle d’hommes noirs et arabes qui, eux, ne seraient pas soumis à la fémin­i­sa­tion imposée aux hommes blancs par les mil­i­tants pour l’égalité. Espérons qu’un jour les com­plex­es d’Éric Zem­mour se résoudront sur un divan plutôt que par l’expression radio­phonique d’une haine quo­ti­di­enne oblig­eam­ment per­mise par la sol­lic­i­tude de RTL à l’endroit de ce per­son­nage », Dominique Sopo, à l’époque prési­dent de SOS Racisme, Le Monde, 25 mai 2012.

« En osant appel­er un chat un chat et un men­songe par son nom, Éric Zem­mour a su ren­dre con­fi­ance en eux à des mil­lions de Français », Éric Bran­ca, Valeurs Actuelles du 30 mai 2013.

« Vision­naire. Seul con­tre tous, il com­bat la pen­sée unique, vilipende nos “élites nihilistes”, fustige la vic­toire des valeurs “soix­ante-huitardes”. La con­sécra­tion de son “Sui­cide français” (Albin Michel) élève Éric Zem­mour au rang de héraut d’une France qui refuse de som­br­er dans le néant. » Geof­froy Leje­une, Valeurs Actuelles, 24 octo­bre 2014.

« On a l’impression que l’auteur du Sui­cide français a com­mis un crime de lèse-majesté parce qu’il a eu l’audace, lui jour­nal­iste tal­entueux mais icon­o­claste et éti­queté du mau­vais côté de l’esprit, de présen­ter une vision glob­ale, en quelque sorte un sys­tème ayant l’impudence de damer le pion à la con­cep­tion dom­i­nante du camp d’en face. » Philippe Bil­ger, Boule­vard Voltaire, 20 octo­bre 2014.

« La réha­bil­i­ta­tion de Pétain par Éric Zem­mour va en faire sur­sauter plus d’un. » Léa Salamé, « On n’est pas couché », France 2, 4 octo­bre 2014

« Par­fois j’ai le sen­ti­ment chez vous, et j’ai eu ce sen­ti­ment sur ce chapitre là par­ti­c­ulière­ment, que vous aimez telle­ment la France, que vous voulez telle­ment, vous le juif, faire plus goy que goy, faire plus Français que Français, que vous en arrivez à remet­tre en cause Vichy, à réé­val­uer Pétain. Là c’est dan­gereux. » Léa Salamé, « On n’est pas couché », France 2, 4 octo­bre 2014.

« Au seul pronon­cé du nom de Zem­mour, le malade est pris de trem­ble­ments puis de trans­es et sécrète un flot abon­dant d’encre, de bave et de fiel.(…) La tolérance, dis­ait Claudel, il y a des maisons pour ça. Dans la société qu’on nous a faite, il y a des pris­ons pour ça. » Dominique Jamet, Boule­vard Voltaire, 19 octo­bre 2014.

« Eric Zem­mour est passé de son statut de jour­nal­iste à celui de mil­i­tant de la haine, du révi­sion­nisme et de la réha­bil­i­ta­tion de Pétain. » Frédéric Haz­iza, le Huff­in­g­ton Post, 23 octo­bre 2014

« Com­ment Zem­mour ose-t-il salir la mémoire de ces petits enfants inno­cents, trans­for­més en cen­dres dans les fours cré­ma­toires d’Auschwitz, en les ren­voy­ant à leur statut de “juifs étrangers” ? Com­ment Zem­mour ose-t-il approu­ver, valid­er la préférence nationale ver­sion Pétain ? Serait-ce pour mieux défendre la préférence nationale ver­sion 2014 de son ami Robert Ménard ? » Frédéric Haz­iza, le Huff­in­g­ton Post, 23 octo­bre 2014.

« Un juif anti­sémite, ça fait plaisir aux anti­sémites. » Jacques Attali, BFMTV, 9 octo­bre 2014.

« Ce dis­cours sur le déclin de la France… qui porte un pro­jet, soit à tra­vers de jour­nal­istes soi-dis­ant intel­lectuels, soit à tra­vers des respon­s­ables de la droite ou de l’extrême droite, une vision triste, enfer­mée sur elle-même, rance, qui n’est pas celle de la France », Manuel Valls, pre­mier min­istre, octo­bre 2014.

« Moi, quand je paie ma rede­vance télé et que je vois qu’il est invité sur France 2, pour vom­ir sur nous à répéti­tion, nous les rappeurs, nous les musul­mans, nous les gens des quartiers, je me dis que c’est un peu gon­flé qu’il soit payé par l’argent pub­lic pour dire ces choses-là », le rappeur Akhen­aton, octo­bre 2014, LeFi­garoTV.

« Qu’on l’apprécie ou non, le con­stat s’impose : Zem­mour attire les téléspec­ta­teurs, les audi­teurs et les lecteurs comme un aimant. Alors faut-il l’inviter sur les plateaux ? Nos médias doivent-ils et peu­vent-ils s’offrir le luxe d’un boy­cott ? Ce débat un peu sur­réal­iste ani­me cer­taines rédac­tions. Les Français, eux, d’accord ou pas avec le polémiste, deman­dent et rede­man­dent du Zem­mour » Marc Bau­driller, Chal­lenges, 23 octo­bre 2014.

« Pétain­iste pour les uns, fas­ciste pour les autres, il est harcelé par une meute à peu près unanime car il pointe avec une acuité cru­elle les vrais ressorts de notre décrépi­tude morale. De notre dépos­ses­sion affec­tive. De notre mise au rebut de l’Histoire. » Denis Till­ini­ac, Valeurs Actuelles, 24 octo­bre 2014.

« Zem­mour est juif. Mais il veut être plus français que les Français. Mon grand-père était bâton­nier à Alger, il a mil­ité pour le décret Crémieux qui a fait des juifs d’Algérie des Français. Rétro­spec­tive­ment, quand je vois Zem­mour, je le regrette », Guy Bedos sur France Info, 25 septembre2015.

« RTL a décidé de se pass­er de la chronique biheb­do­madaire d’Éric Zem­mour, pour­tant très écoutée. Une telle déci­sion, de la part d’une sta­tion com­mer­ciale pop­u­laire, dans le cadre d’une con­cur­rence à couteaux tirés, donne la mesure de la puis­sance de la cen­sure ram­pante ani­mant le clergé médi­a­tique. On apprend en effet que c’est à la suite des pres­sions d’une par­tie de la rédac­tion que la direc­tion s’est trou­vée dans l’obligation de remerci­er ce chroniqueur », Valeurs Actuelles, 16 juil­let 2018.

Il l’a dit

« Tout le monde pense que je suis de droite, ce qui est approx­i­matif. Je suis réac­tion­naire, ce qui n’a rien à voir. Je n’aime pas notre époque. Je la trou­ve arro­gante, super­fi­cielle, vul­gaire, inculte. C’est le fond de l’affaire. Qu’on pense que je suis de droite n’est pas un prob­lème, ce n’est pas infamant », Palace Costes, décem­bre 2006.

« Le fémin­isme a eu un effet, c’est de per­me­t­tre aux femmes de la grande bour­geoisie de vol­er aux vrais pro­lé­taires leur statut de pro­lé­taire. Elles ont volé, par un hold-up idéologique, le statut de dom­iné aux vrais dom­inés », entre­tien au mag­a­zine Elle.

« Les femmes créent moins et trans­gressent moins que les hommes. Parce que les femmes ont une forme d’intelligence dif­férente de celle des hommes, et que les grands génies sont hommes. Ça n’est pas féminine­ment cor­rect de le dire, mais c’est la vérité. Ceux qui osent trans­gress­er ce sont des hommes, à part de raris­simes excep­tions », entre­tien au mag­a­zine Elle.

« Les hommes et les femmes ont des rôles dif­férents, mais aujourd’hui on n’a pas le droit de le dire. On doit dire qu’ils ont des rôles inter­change­ables. Eh bien je pense que l’interchangeabilité est en train de détru­ire notre société », entre­tien au mag­a­zine Elle.

« La fémin­i­sa­tion des hommes est la cause du divorce de masse », entre­tien au mag­a­zine Elle.

« Je sais. Je sais qu’il n’y a pas l’Homme et la Femme, mais des femmes et des hommes. Pas de général­ités mais unique­ment des cas par­ti­c­uliers. Autant de cas par­ti­c­uliers que d’individus. Je sais qu’il y a du féminin en l’homme et du mas­culin en la femme. Je sais que je ne suis même pas une femme… L’homme idéal est une vraie femme. Il a ren­du les armes. Le poids entre ses jambes est devenu trop lourd. Aujourd’hui, tout ce qui relève du mas­culin est un gros mot. Une tare. Mais la révolte gronde. Les hommes ont une iden­tité à repren­dre », Le pre­mier sexe, 2006.

« Aujourd’hui le dan­ger c’est la con­cur­rence vic­ti­maire. Aujourd’hui, c’est la vic­time qui est érigée en vedette de l’époque. Et en érigeant le juif en vic­time absolue, on ali­mente une con­cur­rence vic­ti­maire folle. Cha­cun veut sa shoah », « On n’est pas couché », France 2, le 23 févri­er 2008.

« Mais pourquoi on est con­trôlé 17 fois ? Pourquoi ? Parce que la plu­part des trafi­quants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait ! », « Salut les Ter­riens », Canal+, le 6 mars 2010.

« Le dis­cours que je tiens est le dis­cours du roman nation­al français qui dom­i­nait jusqu’au général de Gaulle. Il est devenu mar­gin­al­isé et il a été tué par le con­sen­sus soix­ante-huitard », Con­férence à Mont­pel­li­er, avril 2010.

« Les jeunes jour­nal­istes sont telle­ment accul­turés et con­di­tion­nés par le dis­cours des ainés qu’ils ne peu­vent même pas penser ce que je dis », ibid.

« Ce n’est pas moi qui ai été nom­mé min­istre parce que j’étais noir et femme. Donc, celui ou celle qui a béné­fi­cié d’un regard eth­ni­cisé sur la société française, ce n’est pas moi, c’est Rama Yade. Et ce n’est pas moi non plus qui ai été nom­mé présen­ta­teur du jour­nal de TF1 parce que j’étais noir. Et ce n’est pas moi qui ai dit en 1998, quand l’équipe de France a gag­né la Coupe du monde, qu’elle a gag­né parce qu’elle était ‘black-blanc-beur’ », « Ça se dis­pute », i>Télé, 15 novem­bre 2013.

« L’islam pose une ques­tion à la société française. L’islam est un droit, ce n’est pas seule­ment une spir­i­tu­al­ité, c’est un droit qui englobe la société, et inévitable­ment il y a un code religieux qui s’impose et qui se frotte et par­fois se con­fronte à notre code civ­il napoléonien. Et c’est ça la ques­tion que l’on doit régler. Est-ce que le code civ­il napoléonien et ses principes idéologiques issus de la révo­lu­tion française l’emportent à chaque fois, ou est-ce qu’on négo­cie la mul­ti­cul­tur­al­i­sa­tion revendiquée par une par­tie de la gauche et par l’Europe ? C’est la négo­ci­a­tion entre cul­tures ! Moi je refuse la négo­ci­a­tion, j’estime que les autres cul­tures étrangères, entre guillemets, mêmes si les gens vivent en France, doivent céder le pas devant la cul­ture du code civ­il napoléonien. »

« Je préfère être un réac­tion­naire qu’un pro­gres­siste, parce que les pro­gres­sistes ça finit dans les camps à Tre­blin­ka et dans les camps com­mu­nistes. Je con­nais les his­toires du pro­grès, ça finit tou­jours mal. »

« On ne négo­cie pas avec la cul­ture française on s’y soumet », « On n’est pas couché », France 2, le 26 sep­tem­bre 2009.

« Alors messieurs, allez-vous-en. Ôtez ce mail­lot qui n’a pas de sens pour vous. Oubliez-nous, comme on vous oubliera. On se con­sol­era sur inter­net avec les coups-francs de Pla­ti­ni et les drib­bles de Zidane. On les mon­tr­era à nos enfants en leur dis­ant, les yeux émus : c’était ça l’Équipe de France ! », RTL, 21 juin 2010.

« L’esclavage des noirs a été inven­té par des Noirs, en Afrique, c’est eux qui vendent les autres noirs parce qu’ils n’ont aucune con­science de fra­ter­nité noire, ça n’existe pas ça », « 93 faubourg Saint-Hon­oré », Paris Pre­mière, 26 mars 2006.

« Mes ancêtres ont été colonisés par la France et je la bénie, car elle m’a apporté les écoles et Baude­laire », « On n’est pas couché », France 2, octo­bre 2010.

« J’ai le sen­ti­ment qu’à la sacral­i­sa­tion des races de la péri­ode nazie a suc­cédé la néga­tion des races (…) J’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire (s’adressant à Rokhaya Dial­lo, ndlr) », « Paris — Berlin, le débat », Arte, 13 novem­bre 2008.

« J’essaie sim­ple­ment de sauve­g­arder, de défendre une cul­ture, un art de vivre qui a fait notre bon­heur pen­dant des siè­cles », « Les francs-tireurs », télévi­sion québé­coise, le 9 févri­er 2011.

« J’estime qu’on a eu tort d’autoriser tout le monde à don­ner n’importe quel prénom à ses enfants », « Les francs-tireurs », télévi­sion québé­coise, le 9 févri­er 2011.

« En France la pop­u­la­tion la plus pau­vre selon un rap­port admin­is­tratif récent, ce n’est pas dans les ban­lieues, c’est dans les cam­pagnes, c’est les paysans français, et ils ne trafiquent pas la drogue, ils ne brû­lent pas des voiture, ils ne tirent pas sur les flics », « Les francs-tireurs », télévi­sion québé­coise, le 9 févri­er 2011.

« Je ne me posi­tionne pas par rap­port à Israël, les Etats-Unis, le monde arabe… etc. Ce n’est pas mon prob­lème. Mon prob­lème c’est la France », « Les francs-tireurs », télévi­sion québé­coise, le 9 févri­er 2011.

« Les électeurs de Le Pen sont des Français comme les autres, sou­vent des ouvri­ers, des gens très pau­vres qui sont en pre­mière ligne, qui souf­frent de la mon­di­al­i­sa­tion, d’une immi­gra­tion mal con­trôlée, mal assim­ilée. Il faut arrêter de leur cracher à la gueule en plus », « Les francs-tireurs », télévi­sion québé­coise, le 9 févri­er 2011.

« L’édification de la Shoah comme reli­gion civile a inter­dit à la France d’avoir une poli­tique migra­toire », « Zem­mour & Naul­leau », Paris Pre­mière, le 22 novem­bre 2013.

« Ce sont les antiracistes qui, les pre­miers, ont racial­isé le dis­cours pour leur pro­pa­gande, qui ont mis la ques­tion raciale dans le débat poli­tique », entre­tien avec Philippe Bil­ger, décem­bre 2013.

« Je me recon­nais dans une tra­di­tion poli­tique très loin­taine qui est le gaul­lo-bona­partisme », entre­tien avec Philippe Bil­ger, décem­bre 2013.

« Je suis nos­tal­gique du bon­heur de vivre en France dans les années 60, et nos­tal­gique de la grandeur de la France, qui est morte pour moi à Water­loo en 1815. C’est une dou­ble nos­tal­gie qui est lourde, qui me hante et assombrit mon exis­tence », entre­tien avec Philippe Bil­ger, décem­bre 2013.

« On prend un livre de 540 pages qui racon­te l’histoire des 40 dernières années et qui traite de sujets var­iés. On prend sept pages sur Vichy, et on en prof­ite pour essay­er de me délégitimer. On fait mon­ter en ligne les his­to­riens les plus pres­tigieux pour détru­ire ce que j’écris. On incite Jean-Marie Le Pen (qui n’a jamais autant fréquen­té les plateaux de télévi­sion depuis vingt ans) à dire à quel point il est d’accord avec moi pour me coller l’étiquette lep­éniste, une éti­quette infamante pour les médias. » Le Télé­gramme, 23 octo­bre 2014.

« Je trou­ve très para­dox­al que des juifs (je pense à Jacques Attali) me ramè­nent tout le temps à ma judéité. Cela sous-entend que mon livre se vend bien parce qu’il y aurait beau­coup d’antisémites en France, ce qui est faux. L’antisémitisme n’est plus un phénomène poli­tique depuis 1945. L’attaque vient de gens qui sont très mal placés pour m’accuser d’être « l’idiot utile » de l’antisémitisme, parce que ce sont des gens qui ont porté l’antiracisme sur les fonts bap­tismaux. Aujourd’hui, ce n’est pas l’extrême droite qui crie « mort aux juifs ». Ce n’est pas l’extrême droite qui ani­me les Meh­di Nem­mouche et les Mohammed Mer­ah. » Le Télé­gramme, 23 octo­bre 2014.

« En vérité, Vichy fait un pacte avec le dia­ble. Il négo­cie avec les Alle­mands et il dit : “On vous donne les juifs étrangers (sans savoir, jusqu’en 42, qu’ils seront tous exter­minés), et vous ne touchez pas aux juifs français.” On peut trou­ver ça hor­ri­ble. Il faut sim­ple­ment rap­pel­er que dans les autres pays où cela n’a pas été fait, les Alle­mands ne s’en sont pas embar­rassés et ils ont exter­miné tout le monde. » On n’est pas couché, France 2, 4 octo­bre 2014.

« Sur la base de Pax­ton, on a expliqué que la France était le mal absolu. Et que, dès que l’État fai­sait une dis­tinc­tion entre les Français et les étrangers, ça nous menait à Auschwitz. J’explique que c’est faux, et que c’est beau­coup plus com­pliqué que ça. » On n’est pas couché, France 2, 4 octo­bre 2014.

« Il y a les méchants et les gen­tils. Et puis il y a les gen­tils qui sont bien­veil­lants, qui sont altru­istes. C’est beau, sauf que ça n’existe pas. Il y a des gens qui sont là depuis 1000 ans, et qui ont envie d’être là encore 1000 ans. Ils n’ont pas envie d’être sub­mergés, ils n’ont pas envie d’être rem­placés. C’est bas et c’est pas telle­ment altru­iste. Mais c’est leur vie. Et ils n’ont pas envie que mon­sieur Attali, le père Attali, vienne leur dire vous êtes des nuls, vous êtes des médiocres, vous êtes des racistes, vous êtes des xéno­phobes, vous n’êtes pas des bien­veil­lants. Eh bien non. Ils ne sont pas bien­veil­lants, parce que les autres non plus ne sont pas bien­veil­lants. » Ce soir (ou jamais!), France 3, 10 octo­bre 2014.

« On ne fera pas renaître le Phoenix de ses cen­dres sans pay­er les pots cassés de ce sui­cide. On va vers des choses très graves, et ce n’est qu’après ces trou­bles qu’éventuellement, un homme prov­i­den­tiel fera renaître le Phoenix. » Vidéo pro­mo­tion­nelle du Sui­cide Français, Albin Michel, octo­bre 2014.

« Depuis un siè­cle on est dans le dis­cours et on nie la beauté. L’art ne doit plus être beau, il doit provo­quer ! Et main­tenant c’est devenu un but en soi. Il faut effec­tive­ment dégon­fler ces bau­druch­es, le sym­bole est là, il faut les dégon­fler. Ce qui m’intéresse c’est la réac­tion immé­di­ate­ment des élites, des nou­veaux pom­piers en vérité, c’est de l’art pom­pi­er du début du 21ème siè­cle. Immé­di­ate­ment la Min­istre pense à l’art dégénéré, la lutte des nazis et des com­mu­nistes con­tre l’art dégénéré ! Immé­di­ate­ment on naz­i­fie la réac­tion saine des pop­u­la­tions con­tre cette fumis­terie », I-Télé, « Ça se dis­pute », 24 octo­bre 2014.

« Les Halles, c’est la syn­thèse vivante du con­sumérisme et du grand rem­place­ment (…) C’est au Forum des Halles, entre couloirs sin­istres de RER et bou­tiques aux devan­tures cri­ardes de fringues, de dis­ques ou d’ordinateurs, qu’on sent le mieux, physique­ment, la dis­pari­tion d’un peu­ple français autre­fois indus­trieux et inven­tif, trans­for­mé en con­som­ma­teurs pas­sifs et vains, tan­dis que, venant de ban­lieue, au terme d’un long périple depuis le fin fond de l’Afrique, un peu­ple arabo-musul­man s’est sub­sti­tué aux anciens habi­tants », « Zem­mour évoque “le grand rem­place­ment” des Français par “les arabo-musul­mans” », lexpress.fr, 8 avril 2016.

Crédit pho­to : The­su­per­mat via Wiki­me­dia (cc)

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