Poubelle la vie : un dossier exclusif

Après le dossier Yann Barthes, voici un dossier exclusif sur la série Plus belle la vie alias “Poubelle la vie”, machine de guerre idéologique du monde libéral lib­er­taire. Pour le recevoir rejoignez nos dona­teurs (avec un reçu fis­cal de 66 %). Pour nous soutenir c’est ici.

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Europe 1 a fait sa matinale en direct de Kaboul

Après New-York, où la station avait déplacé sa matinale pour suivre les élections américaines, Europe 1 a réalisé, lundi matin 3 décembre, sa matinale en direct de Kaboul.

Le retrait des troupes français­es d’Afghanistan étant au cen­tre de l’actualité, la sta­tion a donc trans­porté la mati­nale avec son équipe jusque dans la base mil­i­taire de Ware­house à 20 min­utes du cen­tre de Kaboul. Ain­si l’animateur Bruce Tou­s­saint, le directeur de la rédac­tion Fabi­en Namias et Jean-Pierre Elk­a­b­bach en inter­vieweur, ont fait le déplace­ment, accom­pa­g­nés d’une demi-douzaine de tech­ni­ciens, dans la plus grande dis­cré­tion – l’information n’a été pub­liée que le matin même à 5h pour éviter tout risque d’attaque des « rebelles ».

C’est sous l’impulsion de Fabi­en Namias, directeur de la rédac­tion d’Europe 1, que la sta­tion de la rue François Ier s’est lancée cette année dans la cou­ver­ture d’événements sur place.

Crédit pho­to : Georges Biard via Wiki­me­dia (cc)

Canal+ prend position en Pologne

Fin 2011, Canal+ et TVN, la grande chaîne privée polonaise, avaient conclu un accord de partenariat ayant abouti à la création d’une nouvelle société : nc+, plate-forme de télévision par satellite née de la fusion entre Cyfra+ (filiale de Canal+) et le bouquet n de TVN. Cet accord, officialisé à la fin novembre de cette année, vient d’être validé par la Commission Européenne, qui gère la concurrence en Europe.

Canal+, qui appar­tient au groupe Viven­di, détient désor­mais 51% des parts du nou­veau bou­quet payant. TVN (32%) et UPC (17%) se parta­gent les parts restantes. La chaîne cryp­tée vient égale­ment d’acquérir 40% de N‑Vision, société mère de Pol­ish Tele­vi­sion Hold­ing (action­naire majori­taire de TVN à hau­teur de 52,45%), pour la somme de 227 mil­lions d’euros.

Pour Bertrand Méheut, le PDG de Canal, cela représente « une étape impor­tante dans la diver­si­fi­ca­tion et l’expansion » du groupe.

Crédit pho­to : Oneal­tron via Wiki­me­dia (cc)

Alain Frachon nommé directeur par intérim du Monde

Alain Frachon, le directeur éditorial du journal Le Monde, a été nommé directeur des rédactions par intérim suite au décès d’Erik Izraelewicz.

Un nou­veau directeur sera pro­posé avant la fin du mois et sera soumis à l’approbation de la Société des rédac­teurs du grand quo­ti­di­en. Alain Fra­chon, qui est con­nu pour ses ouvrages con­cer­nant les rap­ports Occi­dent – Ori­ent ain­si que l’euro, auquel il est favor­able, a d’ores et déjà déclaré qu’il ne se présen­terait pas. Il avait fait de même en 2004 alors que tout le monde le voy­ait à la suc­ces­sion d’Edwy Plenel.

Crédit pho­to : Drum­aboy via Flickr (cc)

Monétisation des contenus : la presse s’y met

Toujours à la pointe de l’innovation et de la recherche d’un modèle économique viable pour la presse à l’heure d’Internet, le New York Times a ouvert la voie en instaurant son « paywall » (système de monétisation au compteur) en mars 2011 : l’internaute peut consulter gratuitement jusqu’à 20 articles par mois, au-delà de quoi il doit s’abonner et payer. Depuis avril 2012, le NYT a ajusté son tir et ramené le nombre d’articles gratuits à 10.

Un des écueils à éviter sem­ble être en effet de pass­er bru­tale­ment de la gra­tu­ité totale au tout payant, erreur qu’a com­mise le Times de Lon­dres en 2010. Le pub­lic n’a pas suivi.

Suiv­ant l’exemple probant du NYT, partout et de plus en plus, les sites Web des quo­ti­di­ens moné­tisent ain­si leur con­tenu : Los Ange­les Times, Toron­to Star, Die Welt, Cor­riere del­la Sera, La Rep­pub­li­ca… la liste des jour­naux con­cernés est un véri­ta­ble tour du monde occi­den­tal.

La presse économique, dont le con­tenu est plus facile à moné­tis­er que celui de la presse général­iste, a fait office de précurseur en la matière : c’est ain­si que le Finan­cial Times a récem­ment franchi un cap haute­ment sym­bol­ique en devenant le pre­mier quo­ti­di­en dont la ver­sion papi­er est moins dif­fusée que la ver­sion numérique (312 000 abon­nés numériques con­tre 296 326 exem­plaires papi­er ven­dus le mois dernier).

En France, Les Échos ont inau­guré le mois dernier un nou­veau site Inter­net avec un sys­tème de monéti­sa­tion au comp­teur. Mais c’est bien toute la presse française qui prend le pli avec retard, comme en témoignent les dernières annonces de Libéra­tion (voir brève récente) et la refonte du site du Figaro, prévue en févri­er prochain et qui don­nera plus de place au payant et à la vidéo.

Les expéri­men­ta­tions en matière de pay­wall sont nom­breuses. Le groupe slo­vaque Piano Media a mis en place un pay­wall nation­al per­me­t­tant d’accéder indif­férem­ment aux con­tenus de jour­naux con­cur­rents pour un prix for­faitaire glob­al. Autre idée : le Tele­graph bri­tan­nique vient de lancer un pay­wall unique­ment des­tiné aux inter­nautes en dehors du Roy­aume-Uni.

Pour lire gra­tu­ite­ment sur le Web un con­tenu de qual­ité, il ne restera bien­tôt plus que le Guardian et le Wash­ing­ton Post. Mais est-ce un hasard si ce sont pré­cisé­ment ces jour­naux qui réduisent aujourd’hui les effec­tifs de leur rédac­tion ?

Audiovisuel : la culture se porte mieux

Pour sa deuxième saison, « Entrée libre », le journal quotidien de la culture de France 5, animé par Laurent Goumarre, enregistre une hausse de plus de 33% de son public par rapport à la première saison (276 000 téléspectateurs).

Certes, on n’en est pas aux chiffres d’« Apos­tro­phes » de Bernard Piv­ot (deux à qua­tre mil­lions de téléspec­ta­teurs pen­dant les quinze ans qu’a duré l’émission, de 1975 à 1990). Mais à l’heure du tout-talk show, il est dif­fi­cile à une émis­sion spé­ci­fique­ment cul­turelle de tir­er son épin­gle du jeu, qu’elle soit axée sur la lit­téra­ture ou sur le ciné­ma. Un score à rap­procher du record de France Cul­ture à la ren­trée 2012 (1,1 mil­lion d’auditeurs cumulés, en hausse de 17% par rap­port à l’année précé­dente) et du boom d’Arte (+ 33% en novem­bre).

Source : Le Point, 22 novem­bre

Alexandre Lebedev : un oligarque sous pression

Le milliardaire russe, Alexandre Lebedev, patron de presse en Russie et en Grande-Bretagne, est sous pression. Copropriétaire, avec Mikhaïl Gorbatchev, du journal libéral Novaïa Gazeta, principal journal d’opposition en Russie, l’oligarque est accusé de « hooliganisme » et pourrait bien être prochainement condamné à de la prison ferme pour avoir agressé en direct un autre oligarque, le roi de l’immobilier Sergei Polonsky, en septembre 2011, à la télévision russe.

Côté bri­tan­nique, Lebe­dev est pro­prié­taire du Lon­don Evening Stan­dard, dont il a fait un gra­tu­it, et du très sérieux Inde­pen­dent, mais les deux jour­naux enreg­istrent des pertes que le mil­liar­daire ne peut plus guère se per­me­t­tre car ses autres affaires (banque, com­pag­nie aéri­enne) vont mal, elles aus­si. Résul­tat : en Russie, comme en Grande-Bre­tagne, Lebe­dev vend des parts de ses jour­naux.

Début novem­bre 2012, son fils Evgueni Lebe­dev, a mis la clé sous la porte de la « Fon­da­tion pour le jour­nal­isme », lancée à Lon­dres par son père un an plus tôt. Une fon­da­tion dont l’objectif affiché était la pro­mo­tion d’un jour­nal­isme « libre et éthique », et qui finançait des pro­jets aus­si bien en Tunisie ou au Sud-Soudan que dans les ban­lieues bri­tan­niques.

L’empire de Lebe­dev est-il en train de s’effondrer ?

Crédit pho­to : Chatham House via Wiki­me­dia (cc)

Grande Bretagne : le rapport Leveson enfin publié

La Grande-Bretagne retenait son souffle. Eh bien ça y est ! Le rapport Leveson a enfin été rendu public jeudi 29 novembre 2012. Un rapport de 2000 pages, fruit de 16 mois d’enquête sur « la culture, les pratiques et la déontologie de la presse », en particulier de la presse tabloïd. La commission Leveson a été mise en place en juillet 2011, suite à l’électrochoc provoqué par le scandale du journal News of the World, un tabloïd aujourd’hui disparu qui avait mis sur écoutes des centaines de personnalités dans le but d’obtenir des scoops.

Ver­dict du juge Leve­son et de sa com­mis­sion : le principe de l’autorégulation de la presse ayant mon­tré ses lim­ites, il faut des change­ments. À la place de la Press Com­plaints Com­mis­sion (PCC, Com­mis­sion des plaintes en matière de presse), où siè­gent des jour­nal­istes, Lord Leve­son pré­conise un organ­isme beau­coup plus indépen­dant de l’industrie médi­a­tique, et crée par la loi. Si le Pre­mier min­istre, David Cameron, s’est égale­ment déclaré en faveur d’un nou­v­el organ­isme de régu­la­tion, il est en revanche défa­vor­able à l’intervention du lég­is­la­teur.

David Cameron s’est donc décidé pour une voie inter­mé­di­aire par rap­port aux deux options qui étaient sur la table : main­tenir le sys­tème en l’état (ce que souhaitaient les médias) ou encadr­er plus stricte­ment les pra­tiques des jour­nal­istes par une nou­velle loi.

Le sujet divise la classe poli­tique. 80 hommes poli­tiques de tout bord ont adressé une let­tre au Pre­mier min­istre pour lui deman­der de ne pas s’engager dans la voie de l’encadrement, en réponse à la quar­an­taine de députés qui s’étaient, au con­traire, déclarés favor­ables à de nou­velles règles du jeu beau­coup plus strictes…

Le com­pro­mis choisi par David Cameron ne plaît évidem­ment pas à tout le monde. Il est cri­tiqué par les tra­vail­listes, ce qui est logique, mais aus­si par les Libéraux-Démoc­rates, pour­tant mem­bres de la coali­tion au pou­voir… Jeu­di, au Par­lement, le Pre­mier min­istre con­ser­va­teur et son vice Pre­mier min­istre Lib-Dem, Nick Clegg, ont don­né cha­cun une réponse dif­férente aux recom­man­da­tions du rap­port… Un désac­cord pub­lic qui est une pre­mière depuis le début de la coali­tion gou­verne­men­tale, en mai 2010. La presse en Grande-Bre­tagne est aujourd’hui un sujet explosif…

Mort d’Erik Izraelewicz : quand Télérama s’autocensure

Mardi soir, Télérama, qui appartient au groupe Le Monde, publiait un article sur la disparition d’Erik Izraelewicz, directeur du célèbre journal du soir, décédé le matin même suite à un malaise cardiaque.

L’article n’hésitait pas à porter un regard cri­tique sur le bilan du jour­nal­iste, mort subite­ment à l’âge de 58 ans. Des cri­tiques qui n’auront pas fait long feu. En effet, dès le lende­main matin, un cer­tain nom­bre de pas­sages avaient dis­parus. Ayant fait une copie du papi­er orig­i­nal, Rue89 a pub­lié les extraits en ques­tion :

« Effacé, Erik Izraelewicz a cepen­dant eu du mal, pen­dant ces presque deux ans, à s’imposer face à une rédac­tion qui lui recon­nais­sait ses qual­ités de jour­nal­iste, mais lui reprochait son manque d’autorité. Récem­ment encore, les prob­lèmes de man­age­ment avait été l’objet d’un com­mu­niqué interne. »

« Elle laisse aus­si une place vacante, qui ne pour­ra le rester longtemps. Une place aus­si con­voitée que com­plexe, à l’heure où la presse quo­ti­di­enne tra­verse une crise grave. »

Les affinités strauss-kah­ni­ennes d’Izraelewicz, dont la pre­mière ver­sion de l’article fai­sait état, ont égale­ment dis­paru suite à cette dis­crète mise à jour noc­turne. Inter­pel­lée, la rédac­tion de Téléra­ma a fourni l’explication suiv­ante : « La direc­tion de Téléra­ma a en effet décidé de couper une par­tie de l’article, con­sid­érant qu’il n’était pas oppor­tun d’établir ain­si à chaud un bilan de la direc­tion édi­to­ri­ale d’Erik Izraelewicz ».

Libération joue son avenir sur le numérique

Comme chacun sait, la presse papier est en crise. Devant la montée d’internet et son torrent d’informations gratuites, les grands quotidiens et magazines cherchent à se recycler.

C’est dans cet optique que Nico­las Demor­and, directeur de Libéra­tion, a présen­té en interne les grandes lignes de l’avenir du jour­nal. Car les ventes au numéro sont en chute libre. Ain­si, l’an­i­ma­teur d’Europe 1 a étalé ses objec­tifs : inciter les lecteurs réguliers qui achè­tent au numéro à s’abon­ner, puis les diriger pro­gres­sive­ment vers le dig­i­tal. La presse écrite n’a plus le choix : migr­er vers le numérique, ou se regarder som­br­er.

Crédit pho­to : Matthieu Riegler via Flickr (cc)

Trois licenciements suspects à « Enjeux-Les Échos »

Suite à une Assemblée Générale tenue ce mardi à la rédaction des Échos, la réunion d’un comité d’entreprise exceptionnel (CEE) a été programmée pour le 3 décembre.

En cause, trois annonces de licen­ciement envoyées à un maque­t­tiste, un icono­graphe et un rédac­teur, sans motif par­ti­c­uli­er. Si la direc­tion affirme que « rien n’est décidé », elle évoque tout de même « des motifs réels et sérieux ». De leur côté, les syn­di­cats s’étonnent : « Ce sont des per­son­nes qui sont là depuis longtemps et n’ont jamais posé de prob­lème ».

Une déci­sion d’autant plus sur­prenante que les raisons ne sem­blent pas économiques – l’entreprise ayant récem­ment lancé un plan de départs volon­taires – et que les trois salariés en ques­tion par­tic­i­paient à la con­cep­tion de la nou­velle for­mule de Enjeux-Les Échos, un mag­a­zine papi­er dis­tribué gra­tu­ite­ment chaque semaine avec le jour­nal du ven­dre­di.

Crédit pho­to : Enjeux-Les Échos

Tweets antisémites : l’UEJF assigne Twitter en référé

Après avoir obtenu le retrait des tweets précédés du hashtag #UnBonJuif sur Twitter, l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) vient d’assigner le réseau social en référé.

Le but : obtenir rapi­de­ment le nom des util­isa­teurs ayant posté des mes­sages jugés anti­sémites, en par­ti­c­uli­er celui de l’auteur de « #UnBon­Juif est un juif mort ». De son côté, le par­quet de Paris a ouvert une enquête prélim­i­naire suite à une plainte du Bureau nation­al de vig­i­lance con­tre l’an­tisémitisme (BNVCA) pour « provo­ca­tion publique à la dis­crim­i­na­tion, à la haine ou la vio­lence à l’é­gard d’une per­son­ne ou d’un groupe en rai­son de son orig­ine ou son appar­te­nance à une eth­nie, une nation, une race ou une reli­gion ».

Crédit pho­to : Scott Beale via Flickr (cc)

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Qui a dit…

« L’euro est un bouc émis­saire facile de la hausse des prix, pour­tant il n’a pas grand-chose à voir avec la for­ma­tion des prix. Il faut que les con­som­ma­teurs com­pren­nent que ce n’est pas la mon­naie unique qui génère de l’inflation mais le manque de con­cur­rence et de régu­la­tion dans cer­tains secteurs. C’est la con­séquence d’une libéral­i­sa­tion des prix insuff­isam­ment régulée. »

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