Accueil E Veille médias E Xenia Fedorova échappe aux sanctions européennes : Paris a temporisé, les détracteurs de CNews s’enflamment

Xenia Fedorova échappe aux sanctions européennes : Paris a temporisé, les détracteurs de CNews s’enflamment

24 juillet 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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Le Monde a révélé que le Quai d’Or­say avait freiné la mise sous sanc­tions de l’ex-directrice de RT France, mal­gré les deman­des pres­santes de Brux­elles et des eurodéputés macro­nistes. De quoi décevoir les détracteurs de la jeune femme, qui est au cœur d’une intense cam­pagne médi­a­tique depuis le print­emps. Pour l’heure, le poids des médias Bol­loré mais surtout les risques juridiques pèsent dans la balance.

Il n’en fal­lait pas plus pour relâch­er la meute. « La macronie a peur de l’empire Bol­loré », s’est offusqué l’historien des médias Alex­is Lev­ri­er sur X. « L’abracadabrantesque échap­pée aux sanc­tions européennes de sa pro­tégée Xenia Fedoro­va », s’indignait l’ex jour­nal­iste du Monde Mar­i­on Van Renterghem, avant d’ajouter que la chroniqueuse de CNews était une « pro­pa­gan­diste XXL du Krem­lin en France ».

Tous réagis­sent au nou­v­el arti­cle visant Xenia Fedoro­va, ex direc­trice de RT France. Le 22 juil­let dernier, le quo­ti­di­en du soir révélait (et sem­blait regret­ter) que celle-ci ait échap­pé au 21e paquet de sanc­tions européennes visant des per­son­nal­ités russ­es, annon­cé 24 heures plus tard.

« Paris a temporisé »

Brux­elles avait pour­tant inter­rogé, au début du mois de juin, les autorités français­es, ont rap­porté les jour­nal­istes Ari­ane Chemin, Vir­ginie Mal­in­gre et Ivanne Trip­pen­bach. Au sein des insti­tu­tions européennes, Xenia Fedoro­va était perçue comme une « excel­lente » can­di­date à la mise sous sanc­tions. Des sanc­tions d’ailleurs réclamées au même moment par les eurodéputés macro­nistes, Natal­ie Loiseau et Valérie Hay­er en tête.

Xenia Fedoro­va a elle-même craint d’être placée sur la liste de Brux­elles. Sur­prise : « Paris a tem­po­risé », a rap­porté Le Monde : « ce n’est pas encore le moment », aurait-on souf­flé du côté du Quai d’Orsay.

Ce nou­v­el épisode de cam­pagne médi­a­tique vise encore une fois la diplo­matie française, pressée d’agir con­tre Xenia Fedoro­va. Il s’agit de lui impos­er un dilemme : agir ou paraître faible. Déjà, Le Monde avait révélé en avril dernier que l’administration française avait accordé à la jeune femme une carte de rési­dent val­able dix ans en 2024, sans qu’aucune mesure d’éloignement ait depuis été annon­cée. Lau­rent Nunez comme Jean-Noël Bar­rot, embar­rassés, ont déjà bot­té en touche. Une déci­sion qui révolte les par­ti­sans médi­a­tiques de Kiev, hys­tériques à la moin­dre prise de parole de l’in­téressée sur l’antenne d’Europe 1 ou dans les stu­dios de CNews.

Avant Xenia Fedorova, Xavier Moreau

La pas­siv­ité, ou du moins l’hési­ta­tion de l’exé­cu­tif, étonne d’autant plus que Jean-Noël Bar­rot avait demandé, en décem­bre 2025, la mise sous sanc­tions de Xavier More­au, ressor­tis­sant français expa­trié à Moscou et fon­da­teur du think tank Strat­pol. Une procé­dure menée, rap­pelons-le, sans procès… mais qui en a généré, puisqu’une déci­sion de la 17e cham­bre est atten­due en novem­bre sur le procès en diffama­tion inten­té par ce dernier con­tre le chef de la diplo­matie française. Le min­istre l’avait qual­i­fié, sur son compte per­son­nel, de « relais de la pro­pa­gande du Kremlin ».

Or, selon nos sources, les diplo­mates doutent de l’effet béné­fique des sanc­tions visant cer­taines per­son­nes. Xavier More­au a prof­ité des sanc­tions pour s’engager en poli­tique, par­venant à se faire élire en mai dernier Con­seiller des Français de Russie et de Biélorussie. Déjà un début de cam­ou­flet pour Jean-Noël Bar­rot. Cam­ou­flet qui pour­rait s’aggraver, More­au étant désor­mais can­di­dat aux Séna­to­ri­ales. Le suf­frage aura lieu fin septembre.

Le Monde s’interroge aus­si : « la fig­ure de Vin­cent Bol­loré ferait-elle peur au pou­voir ? ». En péri­ode qua­si-prési­den­tielle, sanc­tion­ner Xenia Fedoro­va ne serait pas sans risques : « Il est cer­tain que la prox­im­ité de Fedoro­va avec Bol­loré, ça pèse », a glis­sé un con­seiller élyséen au Monde.

Demain, tous « propagandistes » ?

Alors pour l’heure, les ten­sions restent avant tout médi­a­tiques. Le 12 juil­let dernier, le chef de la diplo­matie française avait croisé le fer sur X avec la chroniqueuse de CNews, l’accusant d’« annex­er la mémoire nationale française » pour avoir cri­tiqué la présence d’un détache­ment ukrainien lors du défilé de la fête nationale.

Le 18 juil­let, Xenia Fedoro­va pour­suiv­ait son com­bat dans le JD News : « je porte la voix de ceux qui pensent que cette guerre en Ukraine aurait pu être évitée, et qu’un accord de paix avec la Russie vaut mieux qu’une guerre ouverte avec elle ». Et de prévenir : le label infamant de « pro­pa­gan­diste » pour­ra s’appliquer à d’autres demain.

Edouard Chan­ot

Voir aus­si : Apoplex­ie dans les médias dom­i­nants : le JD News appelle à renouer avec la Russie

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