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13 juillet 2026 | Temps de lecture : 21 minutes
Portrait

Pierre-Antoine Capton

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Petit dernier d’une fratrie de trois garçons, Pierre-Antoine Cap­ton est le fils de Jean-Pierre Cap­ton, moni­teur d’auto-école et adjoint à la mairie de Trou­ville, et de Suzanne Cap­ton, pro­prié­taire d’un salon de coif­fure. « Les trois garçons ont reçu une édu­ca­tion catholique de droite. La messe est de rigueur le dimanche. Le père est proche de Michel d’Or­nano (UDF). Le train de vie est mod­este », nar­rait Paris Match en mars 2025.

Par­ti de Trou­ville avec le bac en poche, ce pro­duc­teur jon­gle avec les opéra­tions finan­cières de haute volée grâce à ses amis et argen­tiers Niel et Pigasse. Pas ras­sas­ié par le suc­cès de ses émis­sions au ton « popote chic » et ses coups édi­to­ri­aux (le doc­u­men­taire sur Macron dif­fusé au lende­main de son élec­tion, c’est lui), il règne désor­mais sur un colosse de la pro­duc­tion et de la dif­fu­sion de con­tenus audio­vi­suels qui pèse 1,6 mil­liard d’euros : Medi­awan. À l’instar de son meilleur ami Vin­cent Labrune, qui a un temps dirigé l’Olympique de Mar­seille, il pré­side le con­seil de sur­veil­lance du club de foot de sa région, le Stade Mal­herbe de Caen.

Pour couron­ner le mélange des gen­res, il détient via Medi­awan Sports depuis 2025 les droits sportifs du cham­pi­onnat français de foot­ball, droits con­cédés par le prési­dent de la LFP (Ligue Pro­fes­sion­nel de Foot­ball qui n’est autre que… Vin­cent Labrune. Por­trait d’un poids lourd de l’audiovisuel qui est là pour durer.

Formation

Suite aux années de col­lège à Trou­ville, il obtient son bac­calau­réat au lycée André Mau­rois de Deauville en 1993. Via ses cours de théâtre, il entre en con­tact avec l’agent et pro­duc­teur Dominique Besne­hard, un ancien pen­sion­naire du lycée. « Un jour, alors que je venais de jouer dans Antigone, je suis allé le voir pour lui dire que je rêvais d’aller à Paris. J’avais 18 ans. Il m’a invité à venir le voir chez Art­media (une grande agence artis­tique parisi­enne ‑ndlr). J’y suis allé et j’ai son­né à sa porte. Il m’a dit : « va au cours Flo­rent et apprends ». Même s’il ne se décou­vre aucun tal­ent d’acteur, il est décidé à tra­vailler der­rière l’objectif.

Parcours professionnel

Il débute d’abord par un pre­mier stage non rémunéré chez AB Pro­duc­tions à la Plaine Saint-Denis, alors un robi­net de sit­coms et d’émissions pour la jeunesse qui est der­rière « Hélène et les garçons », où il décou­vre les couliss­es de la télévi­sion en effec­tu­ant des « petits boulots un peu désagréables ». Son quo­ti­di­en de l’époque con­siste à « apporter les cafés, faire des pho­to­copies, livr­er des cas­settes VHS ». Pour la petite his­toire, Cap­ton rachètera la boîte de pro­duc­tion en 2017 avec Medi­awan. Après s’être fait les dents, le jeune homme débar­que à Canal Jim­my, une fil­iale du groupe Canal+ créée en 1990 par Michel Thoulouze : « Nous avions une dizaine de chaînes thé­ma­tiques. C’était un peu branché, il y avait Edouard Baer, Ariel Wiz­man, et tout un tas de jeunes tal­ents ». Arrivé comme sta­giaire, il monte en grade et devient chargé des pro­grammes. Il se fait repér­er par Marc-Olivi­er Fogiel suite à la pro­gram­ma­tion d’un marathon de la série « Friends », une idée alors avant-gardiste dans le monde du câble et qui ne passe pas inaperçue. Fogiel l’embauche après un entre­tien de trente min­utes. Il tra­vaillera ain­si deux ans avec l’enfant chéri de la télé sur son émis­sion heb­do­madaire « TV+ », où il fera notam­ment la ren­con­tre d’Anne-Élisabeth Lemoine, puis s’occupera de la décli­nai­son de Nulle Part Ailleurs à par­tir du tour­nant du siècle.

Peu après la prise de con­trôle sur Canal de Jean Marie-Messier en 2000, il est une des vic­times du plan social qui dégraisse alors les effec­tifs de la chaîne cryp­tée. Sans se laiss­er abat­tre, il utilise son chèque de sor­tie de 50 000 francs pour lancer à 25 ans sa pro­pre boîte de pro­duc­tion dans un park­ing de Boulogne-Billancourt.

3e œil productions

L’année du lance­ment de 3e œil pro­duc­tions, il con­va­inc le patron de TPS de lui laiss­er réalis­er le pilote d’une émis­sion cul­turelle après avoir fait le pied de grue devant l’immeuble de la chaîne. Il investit toutes ces économies dans ce pro­gramme, une quo­ti­di­enne de ciné­ma, inti­t­ulée « Star Mag ». L’émission sera dif­fusée pen­dant dix ans sur TPS Star jusqu’à la fusion entre TPS et Canal+ et con­naî­tra plusieurs présen­ta­teurs, dont Emmanuelle Gaume, Estelle Denis, Éric Naul­leau ou encore Valérie Amourou.

La con­sécra­tion du pro­duc­teur vient avec « C à Vous », un talk-show con­vivial et déten­du pro­gram­mé à la même heure que le « Grand Jour­nal » de Canal+, la grande-messe médi­a­tique des années 2000. D’abord con­cur­rente, l’émission rivalise avec le vais­seau-ami­ral de Canal+ et finit par lui pass­er devant à par­tir de 2015 avec des moyens beau­coup moins impor­tants. Intel­lectuels, artistes et poli­tiques se pressent désor­mais sur le plateau de France 5 où les chroniqueurs dînent en prime-time dans une ambiance bour­geoise-bohème assumée où la com­plic­ité et la bien­veil­lance règ­nent. Comme le résume bien Patrick Cohen, le chroniqueur le plus ancien de l’émission : « On n’invite pas quelqu’un pour se le pay­er. Sur d’autres chaînes, c’est la poli­tique édi­to­ri­ale… »

Mediawan

Le pro­duc­teur, pas ras­sas­ié par le suc­cès de ses émis­sions phares (Zemmour&Naulleau, C à Vous) se lance dans une opéra­tion inédite en 2015 avec les deux mil­liar­daires de gauche Math­ieu Pigasse et Xavier Niel. C’est le pre­mier qui pro­pose à Cap­ton de présider une SPAC (Spe­cial Pur­pose Acqui­si­tion Com­pa­ny), une société sans activ­ité opéra­tionnelle dont les titres sont émis sur un marché bour­si­er en vue d’acquisitions dans un secteur par­ti­c­uli­er, ici le secteur des médias. La veille de l’introduction en bourse de Medi­awan, le 22 avril 2016, la société a levé pas moins de 250 mil­lions d’euros. Fort de cette puis­sance finan­cière peu com­mune, le con­glomérat s’enrichit très vite de nom­breuses sociétés de pro­duc­tion, par­mi lesquelles AB Pro­duc­tions (son act­if prin­ci­pal), CC & C, ON kids & fam­i­ly et l’ac­tiv­ité télévi­sion d’Eu­ropa Corp, la société de Luc Besson. Les acqui­si­tions de sociétés ital­i­ennes (Palo­mar) et espag­noles (Good Mood, Week­end Stu­dio) lais­sent présager la mise en œuvre de copro­duc­tions à l’échelle européenne alors même que Medi­awan met la main en 2020 sur le cat­a­logue de Lagardère Stu­dios, présent en Espagne (Groupe Boomerang), en Fin­lande (Aito Media), aux Pays-Bas (Sky­high TV), mais aus­si sur le con­ti­nent africain (Keewu au Sénégal).

Dans l’ensem­ble ce sont les fil­iales européennes et français du groupe qui garan­tis­sent son pres­tige créatif et artis­tique dans les fes­ti­vals inter­na­tionaux. Lors du Fes­ti­val de Cannes 2026, l’Ojim rap­por­tait que Medi­awan était crédité au générique de pas moins de neuf films, preuve de l’influence indé­ni­able qu’exerce l’homme dans l’écosystème cul­turel français, seule­ment com­pa­ra­ble en France à celle de Ban­i­jay et Canal +.

Le fonds d’investissement KKR, entré au cap­i­tal de Medi­awan en 2020, devient l’acteur-clé de la stratégie améri­caine du groupe. Hen­ry Kravis, un des trois cofon­da­teurs de ce fonds pres­tigieux, met à la dis­po­si­tion de Cap­ton son réseau hol­ly­woo­d­i­en. Les résul­tats ne se font pas atten­dre : en 2022, Medi­awan rachète le stu­dio indépen­dant fondé par Brad Pitt, Plan B Pro­duc­tions. Cap­ton met ain­si la main sur env­i­ron 60% du cap­i­tal du stu­dio, tout en pré­parant une option de rachat pour le sol­de d’ici trois ou cinq ans. En échange, Brad Pitt et ses asso­ciés actuels entrent à hau­teur de près de 10% dans Medi­awan, moyen­nant titres et cash, où ils dis­posent désor­mais d’un représen­tant au con­seil de surveillance.

Dans la foulée du rachat de Plan B, Cap­ton appro­fon­dit l’extension du groupe sur le marché améri­cain. En plus de fig­ur­er au générique de block­busters mon­di­aux (Ford vs Fer­rari), il orchestre en 2026 le rachat d’une struc­ture beau­coup plus large du secteur audio­vi­suel améri­cain, North Road Com­pa­ny, qui pro­duit aus­si bien via ses nom­breuses fil­iales des pro­grammes de télé-réal­ité ultra pop­u­laires (« Love is Blind » ; « Mar­ried at First Sight ») que des doc­u­men­taires haut de gamme sur le thème du sport (« The Last Dance ») et de la pop cul­ture. La force de frappe indus­trielle du groupe dans le con­tenu dit “non-scrip­té” (téléréal­ité, flux), facile­ment exportable et très rémunéra­teur, est l’argument prin­ci­pal der­rière ce rachat.

Voir aus­si : Medi­awan, infographie

Ce qu’il gagne

En tant que prési­dent de Medi­awan, il reçoit en 2020 une rémunéra­tion de 450 000€ ver­sée en douze men­su­al­ités comme l’atteste le rap­port du Con­seil du direc­toire du groupe.

Vie privée

Pierre-Antoine Cap­ton épouse Alexan­dra Bikia­lo à Trou­ville le 23 juin 2013. Par­mi les invités, au risque d’en oubli­er : les trois témoins, Alessan­dra Sub­let, Vin­cent Labrune et Flo­ri­an Zeller sont ses témoins de mariage. Par­mi les invités, Julie Andrieu, Karl Zéro et Jacques Chan­cel sont de la partie.

Il est le cadet d’une fratrie de trois garçons. Son frère aîné Jérôme est jour­nal­iste sportif.

Sa femme, Alexan­dra Biak­i­lo, d’origine litu­ani­enne, sœur de Nico­las Biak­i­lo acteur et com­pos­i­teur et fille du pianiste Ger­ard Biak­i­lo. Pro­fesseure de yoga, elle a fondé la mai­son d’édition Loui­son spé­cial­isée dans la pub­li­ca­tion de lit­téra­ture d’Europe ori­en­tale. Éric Naul­leau siège au comité de lec­ture. Ils se ren­con­trent en 2004 alors qu’il cherche une rédac­trice en chef pour son émis­sion « Star Mag ».

Sa femme, Alexan­dra Biak­i­lo, d’origine litu­ani­enne, sœur de Nico­las Biak­i­lo acteur et com­pos­i­teur et fille du pianiste Ger­ard Biak­i­lo. Elle a fondé la mai­son d’édition Loui­son spé­cial­isée dans la pub­li­ca­tion de lit­téra­ture d’Europe ori­en­tale. Éric Naul­leau siège au comité de lecture.

Le cou­ple est à la tête d’une famille recom­posée de qua­tre enfants, trois filles et un garçon, et réside dans un apparte­ment de Saint-Ger­main. Ses deux enfants se prénom­ment Nema et Vadim.

Il l’a dit

« L’appel d’offres pour « C à vous » en 2010 – si je ne dis pas de bêtis­es – a coïn­cidé avec le lance­ment de la TNT en France. France 5 dif­fu­sait jusqu’à 19 heures, puis Arte pre­nait le relais. Pour la pre­mière fois, ces chaînes avaient des canaux pleins. Donc France Télévi­sions voulait exis­ter et cher­chait une pro­duc­tion low cost. Je crois que j’ai fait la dif­férence et que j’ai réus­si à pro­gress­er parce que je fai­sais des émis­sions moins chères que les autres. C’est un des points com­muns que j’ai avec Xavier Niel, qui a dévelop­pé son entre­prise dans les télé­coms en pro­posant des for­faits moins chers. Troisième Œil a fait la même chose. Quand l’appel d’offres a été lancé, j’ai tout don­né. J’ai per­du mon prin­ci­pal con­trat, avec TPS Star : j’ai appris un mar­di que je devais vir­er tout le monde parce que Canal + avait mis un terme à mon con­trat et que je n’avais plus d’émission. Et le lende­main, j’ai gag­né l’appel d’offres de « C à vous ». Ça a relancé mon entre­prise. Avec toutes les équipes qui ont créé cette émis­sion, avec Alessan­dra Sub­let et tous ceux qui ont mis la main à la pâte, on a vécu qua­tre années incroy­ables à la dévelop­per et à tra­vailler. Ce n’était pas gag­né. On dis­ait beau­coup de mal de nous dans la presse pour que l’émission ne marche pas ; ça a été ma pre­mière réus­site », Audi­tion par­lemen­taire dans le cadre de la com­mis­sion d’enquête sur le ser­vice pub­lic, 26/02/2026.

« Peu de sociétés français­es ont réus­si à faire leur trou aux États-Unis — Gau­mont y est par­venu, mais d’autres comme Europa­Corp et Canal Plus Group ont échoué.
C’est drôle parce qu’a­vant de con­clure cet accord, tout le monde me rap­pelait ce qui s’é­tait passé avec Europa­Corp et Canal Plus. Mais nous par­lons d’une époque que les moins de 20 ans n’ont jamais enten­du par­ler. Aujour­d’hui, le marché du con­tenu audio­vi­suel est mon­di­al et, il y a 15 ou 20 ans, c’était encore un marché local, qui fonc­tion­nait très dif­férem­ment. Main­tenant, nous avons des tal­ents français comme Omar Sy, Flo­ri­an Zeller ou Louis Let­terier qui sont aux com­man­des d’énormes machines aux États-Unis. Ce qui m’intéresse main­tenant, c’est d’établir une stratégie pour les années à venir, afin de per­me­t­tre à mon groupe de se dévelop­per et de prospér­er. Et je ne suis pas un dis­trib­u­teur de salles de ciné­ma comme l’a été Europa­Corp un temps, et je n’ai pas acheté Uni­ver­sal comme l’a fait Jean-Marie Messier à l’époque. Je ne fais pas affaire avec une société de 4 000 per­son­nes. Je ne fais affaire qu’avec Plan B et ses trois fon­da­teurs », Vari­ety, 12/12/2022.

« Mais mon pre­mier vrai suc­cès est “C à vous”. J’ai con­sacré qua­tre ans de ma vie à cette émis­sion. Du matin au soir, je pro­dui­sais, j’étais en régie, j’inventais les chroniques, j’ai choisi et je con­tin­ue de choisir l’équipe d’antenne. C’est mon bébé. Face à un “Grand jour­nal” tout-puis­sant, on était des out­siders, et au fil des années, en restant fidèles à nous-mêmes, on a vu les courbes se crois­er. D’un coup, Lady Gaga, Sia, les poli­tiques… tout le monde voulait venir » Paris Match, 06/04/2021.

« Vous pour­riez pro­duire aujourd’hui l’émission qu’Éric Zem­mour fait sur CNews ou pas ? — Non parce qu’on est dans la con­fronta­tion aujourd’hui sur Paris Pre­mière arbi­trée par Anais Bou­ton. Sur CNews, il est inter­viewé et inter­vieweur à la fois. Ce n’est pas un for­mat avec lequel je serais à l’aise. Aujourd’hui on arrive à le pro­duire car il est en con­fronta­tion en per­ma­nence avec Éric Naul­leau », BFMTV, 12/10/2020.

«Toutes les déci­sions stratégiques sont pris­es ensem­ble [avec Niel et Pigasse, NDLR]. On se par­le par mail tout le temps. Ils me chal­len­gent sans arrêt et sont au courant de tout, explique PAC dans son bureau cosy du quarti­er Oberkampf, au siège de 3e OEil. Même dans trois ans, si Medi­awan pèse 1 ou 2 mil­liards d’eu­ros, je con­tin­uerai à suiv­re les séries et les ani­ma­teurs qui marchent. Ma force, c’est de con­naître ce milieu de l’in­térieur, de garder le nez dans les con­tenus » Les Échos, 09/03/2018.

« J’avais con­nu la fin de l’ère Les­cure-De Greef à Canal+ qui était, en ter­mes d’indépendance et de lib­erté, l’une des choses les plus mer­veilleuse que j’aie vécues. Depuis les bureaux, on pre­nait l’ascenseur et on arrivait sur le plateau de “Nulle part ailleurs” où Prince jouait en live. Ça m’a mar­qué. D’ailleurs si vous prenez l’ascenseur ici, vous arriverez sur le plateau de “C à vous” », Paris Match, 06/04/2021.

Sa nébuleuse

Marc-Olivi­er Fogiel : Il ren­con­tre pour la pre­mière fois Marc-Olivi­er Fogiel en 1998 à l’initiative de l’animateur. « J’ai eu l’idée de dif­fuser tous les épisodes de la série Friends dans une seule et même soirée. C’était le pre­mier « marathon ». A l’heure de Net­flix, ça fait rire, mais à l’époque, c’était révo­lu­tion­naire. Il y avait eu un petit papi­er dans le Jour­nal du dimanche qui a été lu par Marc-Olivi­er Fogiel. Il présen­tait l’émission « TV+ » qui fai­sait rêver tout le secteur… Il m’a appelé, on a eu un ren­dez-vous qui a duré une demi-heure. » Fogiel est tout de suite séduit : « Plus que des com­pé­tences, Pierre-Antoine Cap­ton affichait une telle déter­mi­na­tion que je l’ai pris tout de suite ». Ils col­la­boreront ensem­ble pen­dant deux ans avant que Fogiel ne rejoigne France 3.

Voir aus­si : Marc-Olivi­er Fogiel, portrait

Xavier Niel : « Il lançait Free mobile mais il était invité du “Grand jour­nal” avant de venir chez nous. J’ai appelé son attachée de presse en lui dis­ant qu’on allait enreg­istr­er son pas­sage avant qu’il aille sur le plateau du “Grand jour­nal”, mais qu’on ne le dif­fuserait que le lende­main. Il est venu, on a enreg­istré et, au moment où il a pris son taxi pour aller chez Canal, on a annon­cé qu’il était en exclu le soir même chez nous. Ils ont été oblig­és de le dépro­gram­mer! ». À la fois exas­péré et intrigué par l’audace du pro­duc­teur, il cherche à l’inviter au restau­rant le lendemain.

Math­ieu Pigasse : C’est Anne Hom­mel, l’an­ci­enne con­seil­lère de DSK et fon­da­trice de l’a­gence de com­mu­ni­ca­tion Majorelle, qui le présente à Matthieu Pigasse en 2015.

La com­po­si­tion du con­seil de sur­veil­lance de Medi­awan ren­seigne sur l’ampleur des réseaux du pro­duc­teur : Pierre Les­cure (chroniqueur de «C à vous») à la prési­dence, le patron d’Eu­tel­sat, Rodolphe Bellmer (ex-Canal +), Cécile Caba­n­is, la direc­trice générale Finances de Danone, Julien Codor­gnou (Face­book Europe) ou Jacaran­da Carac­ci­o­lo (la fille de Car­lo Carac­ci­o­lo, action­naire his­torique de La Repub­bli­ca en Ital­ie). Autre cheville ouvrière du dis­posi­tif : l’av­o­cat d’af­faires Bruno Cav­al­ié (cab­i­net Racine) qui est le con­seil de Medi­awan et, acces­soire­ment, un cousin de Matthieu Pigasse.

Voir aus­si : Matthieu Pigasse, infographie


Frédéric Michel : Nom­mé con­seiller spé­cial à la com­mu­ni­ca­tion et stratégie de l’Elysée, l’homme est un proche de Pierre-Antoine Cap­ton qui a large­ment mil­ité auprès du prési­dent Macron en faveur de cet homme de réseaux, qui a con­stru­it de solides rela­tions dans le milieu de la presse dès sa jeunesse blairiste au Roy­aume-Uni. Diplômé de la Lon­don School of Eco­nom­ics, l’homme entre au ser­vice du mag­nat aus­tralien Rupert Mur­doch en tant que lob­by­iste. Il con­tribue, entre autres, à con­va­in­cre son fils James Mur­doch à entr­er au cap­i­tal de Brut en 2021, via le fonds d’investissement Lupa Sys­tem. Egale­ment proche de Matthieu Pigasse, il devient aus­si admin­is­tra­teur des Inrocks la même année.

Comme un sym­bole, Cap­ton fait par­tie de l’aréopage de grands patrons accom­pa­g­nant Emmanuel Macron à Wash­ing­ton en novem­bre 2022, aux côtés de Luc Rémont (EDF), Patrick Pouyan­né (Total­En­er­gies) ou Bernard Arnault (LVMH).

Vin­cent Labrune : L’ancien prési­dent de l’Olympique de Mar­seille, qui a longtemps joué le rôle d’intermédiaire en TF1 et la presse, est un intime de Pierre-Antoine Cap­ton, qui le ren­con­tre alors que Labrune n’est encore qu’attaché de presse de France 2. Il est même le par­rain de l’un de ses enfants. Dans Chal­lenges, il ne tar­it pas d’éloges sur l’homme qui « est drôle [et] racon­te bien les his­toires ».

Patrice Duhamel : Le frère de l’antédiluvien Alain Duhamel donne un coup de pouce impor­tant au pro­duc­teur lorsqu’il fait pencher l’appel d’offres de France 5 en faveur de Pierre-Antoine Cap­ton. À l’époque, pas moins de soix­ante-cinq sociétés sont en com­péti­tion pour le rem­porter. Sans Duhamel, point de C à Vous.

Jacques Chan­cel : Selon Tech­nikart, il aurait béné­fi­cié des réseaux de droite de la voix mythique de « Radio­scopie » lors de la prési­dence Sarkozy. C’est par son entrem­ise qu’il ren­con­tre Flo­ri­an Zeller, l’auteur dra­ma­tique à suc­cès. Une fois oscarisé grâce à sa pro­pre adap­ta­tion ciné­matographique de sa pièce « Le Père », avec Antho­ny Hop­kins dans le rôle-titre, Zeller s’associe avec Medi­awan pour créer une société de pro­duc­tion, Blue Morn­ing Pic­ture. De ce parte­nar­i­at devrait débouch­er de nom­breux films et séries télévisés dans les années à venir.

Jean-Luc Delarue : L’animateur star du début des années 2000 a eu des vel­léités sur la société de pro­duc­tion de Pierre-Antoine Cap­ton, 3e œil. Même si ce dernier décline la propo­si­tion, il recon­naît en Delarue un mod­èle en télévi­sion :  « Per­son­ne n’a réus­si à égaler Jean-Luc Delarue en télévi­sion. Il est le meilleur ani­ma­teur-pro­duc­teur que j’aie jamais con­nu. Il avait tout pour lui pro­fes­sion­nelle­ment, mais il accu­mu­lait trop de maux per­son­nels pour pou­voir tenir longtemps ».

Éric Naul­leau : Naul­leau, alors mod­este édi­teur, est repéré par Cap­ton qui le fait débuter en tant que chroniqueur sur sa pre­mière émis­sion « Star­Mag ». Cinq ans plus tard, il lui offre la présen­ta­tion de « Ça bal­ance à Paris » sur Paris Pre­mière. Les deux hommes se doivent beau­coup l’un à l’autre. Selon le chroniqueur, Cap­ton « est rég­lo, on a un car­ac­tère assez facile tous les deux, on ne se prend pas au sérieux ».

Distinctions

  • Lors de l’édition 2024 du Fes­ti­val de Cannes, le prix du Inter­na­tion­al Vision­ary Award lui est décerné par le mag­a­zine améri­cain Vari­ety.
  • Preuve de son influ­ence gran­dis­sante dans le paysage cul­turel, Pierre-Antoine Cap­ton est pro­mu par Emmanuel Macron au grade de Com­man­deur dans l’or­dre des Arts et des Let­tres en Octo­bre 2025.

Ils ont dit

« Dans un arti­cle du 6 décem­bre 2021 inti­t­ulé « Les astuces de Luc Besson et de Medi­awan pour con­tin­uer à touch­er des aides publiques », le mag­a­zine Cap­i­tal explique que votre société aurait mis en place un mon­tage financier lui per­me­t­tant de con­tin­uer à béné­fici­er des aides du CNC mal­gré le poids prépondérant de fonds étrangers, dont KKR, dans son action­nar­i­at. Nous avons audi­tion­né il y a quelques jours le Syn­di­cat des pro­duc­teurs indépen­dants, qui a vis­i­ble­ment déposé devant le tri­bunal admin­is­tratif un recours con­tre cette déci­sion du CNC d’accorder des fonds à Medi­awan, esti­mant que la présence impor­tante à votre cap­i­tal du fonds améri­cain KKR, qui est prob­a­ble­ment – sûre­ment, même – le pre­mier action­naire de l’entreprise, ne respecterait pas les critères per­me­t­tant de recevoir ces aides. Nous les avons enten­dus ; ils ont con­fir­mé leur démarche : selon eux, un tel poids don­né à un fonds d’investissement étranger ne vous per­me­t­tait pas d’obtenir ces sub­ven­tions », Charles Allon­cle, Audi­tion par­lemen­taire dans le cadre de la com­mis­sion d’enquête sur le ser­vice pub­lic, 26/02/2026.

« Pierre-Antoine Cap­ton reste hum­ble alors que l’humilité est la car­ac­téris­tique la plus rare dans l’univers des médias. Sa per­son­nal­ité dis­crète l’a aidé dans son par­cours. Il a sou­vent été sous-estimé et être sous-estimé est un atout dans les affaires », Maxime Saa­da, prési­dent du groupe Canal +, Paris Match, 06/04/2025.

« Dans le domaine poli­tique, il joue les équilib­ristes. Il a pro­duit le doc­u­men­taire sur la pre­mière cam­pagne d’Emmanuel Macron ; il s’entend bien avec l’ancien prési­dent Nico­las Sarkozy ; il a pro­duit « Zem­mour et Naul­leau » (Paris Pre­mière) ; il a engagé Patrick Cohen dans « C dans l’air ». Sa femme passe pour être plus à gauche que lui », Paris Match, 06/04/2025.

« On met sou­vent en par­al­lèle les tra­jec­toires de Stéphane Cour­bit et de Pierre-Antoine Cap­ton à cause de leur ascen­sion ful­gu­rante et de leur goût de la diver­si­fi­ca­tion. Le pre­mier est à la tête de Ban­i­jay (numéro un dans le domaine du flux) et le sec­ond de Medi­awan (numéro un dans le domaine du script). Un obser­va­teur du milieu souf­fle : « Stéphane Cour­bit est un indus­triel et Pierre-Antoine Cap­ton, un créatif. Ils sont deux cap­i­taines d’industrie, arrivés au som­met, mais par des chemins dif­férents », Paris Match, 05/04/2025.

« 2015, dans un salon de la banque Lazard à Paris, potas­sant porte close, le patron des lieux, Matthieu Pigasse, expert en dettes sou­veraines, mae­stro des con­struc­tions finan­cières, Xavier Niel, indus­triel mil­liar­daire, et le faiseur de télé, accep­tant de se faire cham­br­er — par le ban­quier — sur son anglais de col­légien. A dire vrai, les deux grands voulaient lancer leur groupe audio­vi­suel avec Rodolphe Belmer, ancien patron de Canal +. Le hasard fait bien les choses, avant de déclin­er, celui-ci a étudié le dossier avec son con­seil… Vin­cent Labrune, eh oui, le foot­balleur du quatuor de pok­er, le par­rain de son fils, l’ami éter­nel. Quand faute de Belmer, ils approchent le boss de C à vous, Labrune le pré­pare, l’entraîne, “il a bossé comme un con­cours des grandes écoles”, et, strike, le moins lancé, moins fameux, mais du cof­fre, de la niaque, fran­chit la barre », L’Express, 23/04/2023.

« Une ren­con­tre de plus pour jalon­ner ce bel itinéraire dun entre­pre­neur jamais ras­sas­ié et qui ne manque jamais une occa­sion de dîn­er un soir avec ses potes dans une brasserie de Trou­ville (Les 4 Chats) Arnaud de Puy­fontaine ou Gilles Pélis­son. Pas vrai­ment des incon­nus non plus : respec­tive­ment patron de Viven­di et tout juste ex-PDG de TF1 », Entre­pren­dre, 10/10/2022.

«C à vous” est l’émission la plus mar­quante de ma car­rière, géniale et telle­ment dure… Toutes ces remar­ques misog­y­nes, ces arti­cles odieux qu’on a écrits sur moi et que j’ai con­servés ! Con­tre vents et marées, Pierre-Antoine Cap­ton y a cru. Il n’y a pas beau­coup de gens à qui je peux vrai­ment tout dire, mais lui en fait par­tie », Alessan­dra Sub­let, Paris Match, 02/06/2021.

« Il n’y a rien de dingue dans leur porte­feuille. Ils avan­cent une stratégie européenne, mais cela reste très fran­co-français.» Cer­tains con­cur­rents n’ex­clu­ent pas une opéra­tion de «build-up financier» dans l’op­tique de reven­dre l’ensem­ble dans cinq ou dix ans. Selon le patron d’un poids lourd du secteur, «pour l’in­stant, c’est surtout un empile­ment de sociétés. Ce n’est pas Pierre-Antoine Cap­ton qui va fédér­er tout ça et organ­is­er un groupe. C’est plutôt un chef de bande » Les Échos, 09/03/2018.

« Pierre-Antoine a rapi­de­ment assim­ilé les codes extrême­ment com­plex­es des marchés financiers inter­na­tionaux et se meut main­tenant dans ce monde très par­ti­c­uli­er avec agilités » Bruno Cav­al­ié, Tech­nikart, 04/09/2017.

« Le tra­vail du ser­vice pub­lic, c’est d’être l’école du peu­ple, et pour ça, il faut spec­tac­u­laris­er la cul­ture, la ren­dre digeste. En tant que pub­lic­i­taire, je pense savoir le faire. Si elle ne l’est pas, les gens ne la con­som­ment pas. France Télévi­sions préfère employ­er des pro­duc­teurs qui se plantent, comme Pierre-Antoine Cap­ton, dont « Un soir à la tour Eif­fel » n’est qu’une sorte de « Vive­ment dimanche » et « C à vous » une pau­vre copie du dîn­er de « 93, Faubourg Saint-Hon­oré ». » Thier­ry Ardis­son, Le Monde, 23/10/2014.

Illus­tra­tion : cap­ture d’écran vidéo Foot Nor­mand via YouTube (Pierre-Antoine Cap­ton : “Je pense beau­coup à Jean-François Fortin”, 16 mai 2021)

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