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Crépol : le démenti judiciaire aux négateurs du racisme antiblanc

28 juillet 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

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En retenant la cir­con­stance aggra­vante de racisme dans le dossier du meurtre de Thomas Per­ot­to, les juges d’instruction infli­gent un sévère démen­ti à ceux qui avaient relégué l’hypothèse antiblanc au rang de fan­tasme poli­tique. Retour sur un déni médi­a­tique longtemps érigé en vérité.

Près de trois ans après le bal de Crépol, la pru­dence change de camp. Dans un nou­v­el avis de fin d’information, les mag­is­trats instruc­teurs ont retenu le 23 juil­let la cir­con­stance aggra­vante de racisme à l’encontre des qua­torze mis en exa­m­en, sur la foi d’une dizaine de témoignages rela­tant des pro­pos hos­tiles aux Blancs, dont « on est là pour planter des Blancs ». Le procès devra établir les respon­s­abil­ités, mais l’hypothèse si sou­vent dis­qual­i­fiée appar­tient désor­mais pleine­ment au débat judiciaire.

Une hypothèse que le dossier n’avait jamais effacée

Dès novem­bre 2023, le pro­cureur de Valence avait pour­tant indiqué que neuf témoins ou vic­times, par­mi 104 per­son­nes enten­dues, rap­por­taient des pro­pos visant les « Blancs du vil­lage ». Rien n’autorisait donc à trans­former la néces­saire réserve judi­ci­aire en néga­tion doctrinale.

Patrick Cohen incar­na ce glisse­ment. Sur France 5, il recon­nais­sait que « des insultes racistes ont bien été enten­dues par neuf témoins », tout en assur­ant que « rien ne prou­ve qu’ils étaient venus cass­er du Blanc ».

Audi­tion­né ultérieure­ment à l’Assemblée nationale, le jour­nal­iste a admis qu’il aurait dû s’exprimer avec davan­tage de pru­dence, tout en affir­mant n’avoir « pas une seule phrase à retirer ».

CNews a été mis en demeure

Reste qu’il a été rap­pelé à l’ordre par l’Arcom, saisie notam­ment par la députée RN Lau­re Lavalette. Le gen­darme a ren­du sa déci­sion le 16 avril 2024, jugeant que cer­tains pro­pos, « dénués de pré­cau­tions ora­toires et énon­cés sur un mode déclaratif », ne sat­is­fai­saient pas aux exi­gences de mesure, de rigueur et d’honnêteté prévues par l’article 35 du cahi­er des charges de France Télévi­sions. L’autorité a toute­fois estimé qu’il s’agissait d’un édi­to­r­i­al « épou­sant un par­ti pris engagé et assumé », béné­fi­ciant d’une lib­erté d’expression accrue, tout en deman­dant à France 5 de faire preuve d’une « vig­i­lance accrue » à l’avenir sur des sujets sensibles.

CNews a aus­si été mis en demeure à la suite d’une sai­sine de Reporters sans fron­tières, l’Arcom jugeant en févri­er dernier son traite­ment du drame de Crépol « uni­voque », les inter­venants ayant « sys­té­ma­tique­ment soutenu de manière péremp­toire qu’il s’agirait d’un meurtre raciste [anti-blanc] ». À voir si le gen­darme rever­ra sa copie.

Du doute légitime au déni doctrinal

La poli­tique s’était égale­ment chargée de fer­mer le dossier avant les juges. Sur BFMTV en novem­bre 2023, Mathilde Pan­ot, prési­dente du groupe LFI à l’Assemblée, affir­mait que le racisme antiblanc était « une inven­tion de l’extrême droite ». Inter­rogée directe­ment sur Crépol par Sud Radio quelques semaines plus tard, Sab­ri­na Agresti-Roubache, alors secré­taire d’État, préférait cette expli­ca­tion : « Ce n’est pas leur orig­ine eth­nique, c’est leur bêtise. »

Le refrain a survécu au drame. San­drine Rousseau, députée écol­o­giste proche des Insoumis, cor­rigeait par exem­ple le 26 mars 2025 sur Bluesky le com­mu­niste Fabi­en Rous­sel : « Non, le racisme anti-blanc n’existe pas. » Ce dernier avait eu le mal­heur d’admettre la veille sur CNews l’existence du racisme antiblanc. « Le racisme est issu d’un ordre social insti­tu­tion­nal­isé, his­torique, et qui s’incarne dans tous les aspects de la vie : loge­ment, tra­vail, études… C’est indigne de dire l’inverse parce que ça décrédi­bilise toutes les luttes antiracistes, avait pour­suivi San­drine Rousseau.

Le service public et ses certitudes

La pro­mo­tion du livre-enquête Une nuit en France, signé Jean-Michel Décugis, Marc Lep­lon­geon et Pauline Gué­na (éd. Gras­set, 2025), avait pro­longé ce cadrage. Sur France Inter, Décugis sug­gérait qu’un « prisme idéologique » avait peut-être con­duit les gen­darmes à isol­er les témoignages, avant de tranch­er : « Ça ne cor­re­spond pas à la réal­ité du dossier. » Dans C à vous, il esti­mait encore que des insultes antiblanch­es ne prou­vaient pas une volon­té de « tuer du Blanc ».

Marc Lep­lon­geon qual­i­fi­ait, le 18 mars 2025 sur France 5, le racisme antiblanc de « con­cept d’extrême droite » qui « n’existe pas juridique­ment ». Anne-Élis­a­beth Lemoine con­clu­ait que « rien n’accréditait la thèse du crime raciste prémédité ».

La déci­sion des juges ne vaut pas ver­dict et n’établit pas davan­tage la prémédi­ta­tion. Elle révèle néan­moins la témérité de ceux qui con­fondaient pru­dence avec déné­ga­tion. À Crépol, les mêmes qui reprochaient à leurs adver­saires de devancer la jus­tice avaient, avec une assur­ance supérieure encore, décidé ce qu’elle ne pour­rait jamais reconnaître.

Olivi­er Frèrejacques

L’Ojim avait réal­isé une con­tre-enquête sur l’affaire : « Crépol : le démen­ti judi­ci­aire aux néga­teurs du racisme antiblanc ».

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