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Le prix de l’indépendance

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Le JT de TF1 à la peine

53.000 euros. C’est le prix d’un spot de 30 sec­on­des dif­fusé après le JT de TF1, d’après une enquête du mag­a­zine Cap­i­tal con­sacré aux dif­fi­cultés du « 20 Heures » de la Une. Or le même spot était fac­turé 64.000 euros en 2008. Alors même que le coût du « 20 Heures » a aug­men­té, les pub­lic­ités qui le suiv­ent ne génèrent plus que 5% des recettes de la chaîne con­tre 7% il y a un an.

Com­ment en est-on arrivé là ? Plus que dans le cast­ing, le prob­lème réside dans la for­mule du JT, peu intéres­sante, voire ennuyeuse, pour des téléspec­ta­teurs qui, pour 95% d’entre eux, sont déjà au courant des nou­velles du jour quand ils allu­ment leur téléviseur pour le « 20 Heures ». Bref, le prob­lème de fond est une absence de direc­tion et de vision stratégique. Résul­tat : des départs volon­taires de jour­nal­istes et une « opéra­tion fit­ness » des­tinée à dégraiss­er la chaîne d’une cen­taine de postes, toutes choses qui pour­raient bien aggraver encore la sit­u­a­tion.

Source : Cap­i­tal, octo­bre 2012, Emmanuelle Andreani et Marc Endeweld

Un journaliste de « droite » nommé par Hollande

Le jour­nal­iste François Bachy a quit­té TF1, dont il dirigeait le ser­vice poli­tique, pour la direc­tion de la com­mu­ni­ca­tion de la Caisse des dépôts et consigna­tions. Ce jour­nal­iste ayant fait toute sa car­rière à TF1, et reçu l’Ordre nation­al du Mérite des mains de Chirac, sa nom­i­na­tion peut sur­pren­dre. Mais cet homme réputé de « droite », pressen­ti pour faire par­tie de l’équipe Sarkozy en 2007, a toute l’amitié de Valérie Tri­er­weil­er, et la con­fi­ance de François Hol­lande dont il fut le biographe.

Les recyclées de D8

Ce pour­rait être “le Club des cinq le retour” ou “Femmes en dif­fi­culté recherchent vis­i­bil­ité hon­or­able.” D8 recy­cle les anci­ennes gloires au chô­mage comme la pétu­lante Rose­lyne Bach­e­lot (retraite d’ancien min­istre et d’ancien député, n’envoyez pas de dons), la belle Lau­rence Fer­rari (exilée des sun­lights de TF1) ou par­fois un peu chahutées comme la douce Audrey Pul­var (mais si, vous savez, la femme de…) et d’autres moins con­nues. Le mag­a­zine Ragemag salue cette œuvre de char­ité en ter­mes choi­sis.

Les quotidiens écossais en phase terminale ?

Le quo­ti­di­en écos­sais « de référence » – The Scots­man, basé à Édim­bourg – a rehaussé son prix de vente pour la deux­ième fois cette année. De 85 pence l’an dernier, le prix est passé à 1 livre en jan­vi­er, puis à 1,10 livres ce mois-ci.

Cette déci­sion, que d’aucuns qual­i­fient de sui­cidaire, a été prise pour ten­ter de com­penser le déclin con­stant des ventes du jour­nal – un déclin qui n’a été briève­ment stop­pé qu’à l’occasion des Jeux Olympiques de Lon­dres. Une étude toute récente a révélé que le site du jour­nal avait désor­mais plus de lecteurs que le jour­nal papi­er.

La sit­u­a­tion n’est guère meilleure à 50 miles de là, à Glas­gow. Le Her­ald, fondé en 1783, ce qui en fait un des plus vieux quo­ti­di­ens de Grande-Bre­tagne, est égale­ment men­acé. Plus que la survie immé­di­ate de ces titres phares de la vie écos­saise, ce qui est en cause c’est leur capac­ité à tenir leur rang auprès des grands titres lon­doniens, tout en cou­vrant les affaires écos­sais­es de manière appro­fondie. Un para­doxe à l’heure où l’Écosse a con­fir­mé son choix de met­tre à sa tête le leader du Scot­tish Nation­al Par­ty et où la ques­tion de l’indépendance est évo­quée de plus en plus ouverte­ment.

Source : holdthefrontpage.co.uk

La presse pleure, la presse rit

La presse est une indus­trie cul­turelle mar­ginale ? Faux. Elle représente 5% du CA du secteur ter­ti­aire avec 9,7 mil­liards d’euros, devant la télévi­sion (8,8 Md€).

La presse vit de moins en moins de sa dif­fu­sion ? Le CA des ventes de con­tenus est qua­si­ment sta­ble sur 10 ans (9,7 mil­liards d’euros en 2010 con­tre 10,6 en 2000), grâce aux aug­men­ta­tions des prix de vente et aux recettes dig­i­tales (280 mil­lions d’euros en 2010). Mais les autres médias récents crois­sent rapi­de­ment.

La presse vit de la pub­lic­ité ? De moins en moins vrai. Les recettes pub­lic­i­taires de la presse imprimée sont passées de 4,7 Md€ en 2000 à 3,7 Md€ en 2010, soit une perte d’un mil­liard d’euros.

La presse est inca­pable de se diver­si­fi­er ? Faux. Le CA issu de la diver­si­fi­ca­tion représen­tait 42% du total en 2011, con­tre 39% en 2005. Mais, tou­jours en 201 le CA réal­isé sur le web ne représen­tait que 3% du total.

La presse n’est pas rentable ? Vrai et faux… Le résul­tat d’exploitation des entre­pris­es de presse n’était que de 1% en 2011 con­tre 2% en 2005 ce qui est insuff­isant pour affron­ter cor­recte­ment la crise et les muta­tions tech­nologiques. A not­er que ce résul­tat est « plom­bé » par la presse d’information poli­tique et générale (IPG) qui elle est en perte.

Source : SEPREM, études et con­seils, Matière à réflex­ion 143

Pho­to : crédit Ol.v!er via Flickr (cc)

SOS Homophobie dépose une plainte contre Minute

L’association com­mu­nau­taire homo­sex­uelle que pré­side Eliz­a­beth Ronzi­er n’a pas appré­cié du tout la une de l’hebdomadaire du 11 juil­let de cette année qui titrait « Bien­tôt: ils vont pou­voir s’enfiler… la bague au doigt » et sous-titrait : « Sida: Mal­gré les risques, ils vont vous don­ner leur sang» et «Bour­rage de crâne: le mariage homo enseigné à vos enfants ».

Le visuel (car­i­cat­ur­al) util­isé par Minute a aus­si énervé SOS Homo­pho­bie, bien que pris durant une gay pride (cf. supra).

Pour l’organisation sub­ven­tion­née par la Ville de Paris, « la lib­erté d’expression et la lib­erté de la presse cessent où com­mence le droit à la dig­nité et au respect d’autrui. SOS homo­pho­bie demande aujourd’hui à la jus­tice de recon­naître le car­ac­tère injurieux et inci­tant à la haine de cette pub­li­ca­tion ».

En juil­let, elle avait annon­cé réfléchir à des pour­suites con­tre Minute, accu­sant la pub­li­ca­tion de faire « des amal­games entre l’homosexualité et la zoophilie, entre l’homosexualité et le sida ». Elle aura finale­ment atten­du que la pre­scrip­tion (de 3 mois) approche, pour ten­ter une action judi­ci­aire.

Con­tac­té par l’Observatoire des jour­nal­istes et de l’information médi­a­tique, Patrick Cousteau, assure que Minute, dont il est rédac­teur en chef, « n’a jamais attaqué les homo­sex­uels dont beau­coup vivent nor­male­ment ».

« On s’en est pris au lob­by gay qui essaye de déstruc­tur­er la société », explique-t-il avant de nous ren­voy­er vers des arti­cles de Libéra­tion et du Figaro, « réservés eux aus­si, voire hos­tiles à la pos­si­bil­ité de don­ner son sang pour les homo­sex­uels ».

L’impartialité de la BBC remise en cause

L’impartialité de la BBC remise en cause, un modèle de bonne pratique pour Radio France ?

Une enquête sur les bonnes pra­tiques de déon­tolo­gie jour­nal­is­tique de la BBC va être menée d’ici fin 2012 et ses résul­tats pub­liés début 2013. C’est ce qu’annonce Lord Pat­ten prési­dent de BBC Trust, l’organe interne de con­trôle de déon­tolo­gie du groupe de médias bri­tan­nique au Guardian dans son édi­tion du 10 octo­bre 2012. Lord Pat­ten évoque « une auto cen­sure large­ment incon­sciente » con­duisant cer­taines opin­ions (sous-enten­dues con­ser­va­tri­ces) à être sous-représen­tées de manière rou­tinière. Un précé­dent rap­port de 2007, tout en con­statant une déon­tolo­gie générale­ment accept­able, soulig­nait une ten­dance à « penser en groupe » induisant un biais (slant) incon­scient « libéral » (au sens anglo-sax­on, en France « de gauche ») sur les grandes ques­tions.

Cette inves­ti­ga­tion sera menée par Stu­art Preb­ble, ancien prési­dent de ITV, elle véri­fiera si les « dif­férentes opin­ions des téléspec­ta­teurs, lecteurs et audi­teurs » sont bien pris­es en compte.

La BBC est régulière­ment mise en cause pour une approche biaisée des grandes ques­tions de société en par­ti­c­uli­er l’immigration, la reli­gion (attaquant le chris­tian­isme et jamais l’Islam souligne le Dai­ly Mail) et l’Union Européenne.

Un tel rap­port ne pour­rait exis­ter en France, France Télévi­sions ne dis­posant pas d’un organ­isme com­pa­ra­ble au BBC Trust. Un sujet de réflex­ion pour le nou­v­el Obser­va­toire de la Déon­tolo­gie de l’Information (ODI) récem­ment annon­cé lors des Assis­es du Jour­nal­isme de Poitiers.

Source Guardian, Josh Hal­l­i­day pour la ver­sion orig­i­nale en anglais.

L’inquisition médiatique, Le Monde et l’Ojim

La vidéo postée le 10 octo­bre matin sur le site de l’Ojim à pro­pos du livre de Fran­cis Puyalte « L’inquisition médi­a­tique » ne pou­vait pas mieux tomber. Le lien ci-dessous que nous met­tons en ligne en atteste. Il s’agit du blog d’Abel Mestre et Car­o­line Mon­not sur la ver­sion élec­tron­ique du Monde (droites-extremes.blog.lemonde.fr), datée du 9 octo­bre au soir. Cet arti­cle dénonce (à tous les sens du verbe dénon­cer) la par­tic­i­pa­tion de l’Ojim à une table-ronde de la Fon­da­tion Polémia.

C’est un flo­rilège. « …défense de la race blanche » (où ça ? Cherchez sur www.ojim.fr), « mytholo­gies nordiques » (con­tin­uez à chercher), « grande révo­lu­tion cul­turelle » (restons mod­estes) et des allu­sions au mou­ve­ment Grece… il y a plus de trente ans (archéolo­gie sous-marine). Mieux, les auteurs annon­cent déjà, une « exclu­sion » à venir. Diantre. Exclu­sion annon­cée LA VEILLE de la sup­posée telle (le 10 pour le 11). Com­ment font-ils ? À moins que cette « exclu­sion » (nous ver­rons bien) ne soit réclamée/déclenchée/incitée/instrumentalisée par ce blog ? Une ques­tion jour­nal­is­tique intéres­sante. Nous y revien­drons si néces­saire.

Mer­ci aux auteurs du blog qui nous per­me­t­tent – bien mal­gré eux – de démon­tr­er que l’Observatoire des Jour­nal­istes et de l’Information Médi­a­tique est devenu vrai­ment indis­pens­able.
« Soyez infor­mé sur ceux qui vous infor­ment ». Voir sur le site le por­trait d’Abel Mestre. Sans autres com­men­taires. Mais les vôtres sont les bien­venus.

Claude Chol­let
Prési­dent de l’Ojim

NB : Les arti­cles de l’Ojim ne sont de règle pas signés. Etant mis en cause per­son­nelle­ment je fais excep­tion à la règle. CC.

Presstalis à l’agonie

Presstalis à l’agonie, les kiosquiers condamnés par des grèves

Vous n’avez pas trou­vé Le Monde daté du 10 octo­bre « en rai­son d’un mou­ve­ment nation­al de grève, Le Monde ne sera pas disponible en kiosque » (com­mu­niqué du monde.fr du 9 octo­bre 2012. D’ailleurs vous n’aviez pas trou­vé le même jour­nal il y a deux semaines le jour du Monde des livres. Mais vous ne trou­verez pas plus Le Figaro ou Libéra­tion le mer­cre­di 10 octo­bre car Presstal­is est de nou­veau en grève.

Presstal­is, ses 200 mil­lions de déficits accu­mulés, ses 24 mil­lions de pertes sur le dernier exer­ci­ce, son « armée sud-améri­caine où les généraux sont aus­si nom­breux que les sol­dats » (Le Monde Lib­er­taire). Ses salaires moyens de 2 600 € NETS et sur qua­torze mois. L’histoire de Presstal­is qui dis­tribue entre autres les quo­ti­di­ens nationaux se ter­min­era for­cé­ment mal. Entretemps une nou­velle grève dont sont vic­times les jour­naux déjà mal en point et les plus pau­vres, les kiosquiers.

Les kiosquiers (360 à Paris) sont les vraies vic­times du Syn­di­cat du Livre. Les kiosquiers sont tra­vailleurs indépen­dants et rétribués à la com­mis­sion (22 %). Par tous les temps, ils récep­tion­nent la presse très tôt le matin, la dis­posent, la vendent et rem­bal­lent les inven­dus le soir. Dernier mail­lon de la chaîne, ils sont les par­ents pau­vres de la pro­fes­sion. Le syn­di­cat CGT du Livre scie con­scien­cieuse­ment la branche sur laque­lle tous sont assis. Une affaire à suiv­re car la restruc­tura­tion et les 1250 licen­ciements annon­cés ne se fer­ont sans doute pas dans le calme.

Le SNJ demande la création d’une instance déontologique

Le Syn­di­cat nation­al des jour­nal­istes (SNJ), réu­ni en con­grès à Villeur­banne (Rhône), a appelé à la créa­tion d’une instance déon­tologique des médias afin de « regag­n­er la con­fi­ance » des lecteurs, audi­teurs et téléspec­ta­teurs. L’objectif de cette instance « au ser­vice de la restau­ra­tion de l’image de la pro­fes­sion » sera « d’analyser les erreurs com­mis­es pour éviter qu’elles ne se repro­duisent », explique le SNJ. Un objec­tif proche de celui de l’Observatoire de la déon­tolo­gie de l’information (ODI) lancé la semaine dernière par l’historien Patrick Eveno. Le SNJ souhait­erait que la future instance émette des avis pou­vant être ren­dus publics, « cette seule pub­lic­ité ten­ant lieu de sanc­tion ». D’après le syn­di­cat, « la défi­ance, voire l’indifférence, du pub­lic envers les médias ne cesse de croître ». L’Ojim a salué la nais­sance de l’ODI dès sa nais­sance et y a adhéré en tant qu’association.

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Qui a dit…

« Je ne pense pas qu’on soit méchants et que Canal nous vende comme tel. La mise en scène est effec­tive­ment sug­ges­tive, mais on n’insulte per­son­ne »

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