Mai, le mois du muguet

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Stéphane Guillon clashe Audrey Puylvar sur Twitter

L’humoriste Stéphane Guil­lon a attaqué Audrey Pul­var, nou­velle patronne des Inrocks, sur Twit­ter. Guil­lon est per­suadé qu’Audrey Pul­var a décroché son nou­v­el emploi grâce à son con­joint, le min­istre du Redresse­ment pro­duc­tif, Arnaud Mon­te­bourg, qui aurait ren­con­tré Matthieu Pigasse, le pro­prié­taire du mag­a­zine, juste avant sa nom­i­na­tion… Audrey Pul­var nie évidem­ment et affirme qu’elle ne doit ce tra­vail qu’à la sueur de son front.

Guil­lon a twit­té, ce 14 sep­tem­bre : « On nous apprend que Mon­te­bourg et Pigasse se sont bien ren­con­trés 15 jours avant la nom­i­na­tion d’Audrey aux Inrocks. Impos­si­ble, pure calom­nie. »

Dans un deux­ième mes­sage, posté juste après, il ajoute « Audrey a écrit sur Twit­ter que les 2 hommes ne s’étaient jamais ren­con­trés. La ten­dre, la douce, l’exquise ne peut pas nous avoir barat­inés ! » Cela va sans dire.

Libé : une provoc’ à 700 000 balles

L’équilibre financier de Libéra­tion (atteint en 2010 et 2011) pour­rait être com­pro­mis cette année.

En effet, selon Le Monde, la Une du 10 sep­tem­bre sur Bernard Arnault (“Casse-toi, riche con !”) pour­rait faire per­dre 700 000 euros de recettes pub­lic­i­taires au quo­ti­di­en du Baron Édouard de Roth­schild.

La faute, on s’en doute, au retrait immé­di­at des opéra­tions pub­lic­i­taires prévus d’ici la fin de l’année par les sociétés du groupe LVMH (- 150 000 euros). Mais pas seule­ment : d’autres entre­pris­es du monde du luxe ont décidé, par sol­i­dar­ité avec Bernard Arnault, de ne plus annon­cer dans Libéra­tion, rap­porte le quo­ti­di­en du soir qui cite “des sources internes”.

Libéra­tion s’est quand même payé le luxe de paraître mar­di 11 sep­tem­bre avec un gros encart pub­lic­i­taire Yves Saint Lau­rent, une mar­que du groupe PPR, con­cur­rent de LVMH. Il était “pro­gram­mé de longue date”, a fait savoir François-Hen­ri Pin­ault, son pro­prié­taire.

Le même jour, Renaud Rev­el, le “M. Médias” de L’Express, évo­quait une perte de 500 000 euros de recettes pub­lic­i­taires pour Libé. Un mon­tant revu à la hausse par Le Monde du 13 sep­tem­bre, donc…

De jan­vi­er à août 2012, le groupe LVMH aurait, selon Yacast, dépen­sé 405 000 euros (une somme qui ne tient pas compte des remis­es com­mer­ciales) pour pro­mou­voir ses mar­ques Dior et Givenchy dans les pages de Libé, soit 1,5% du porte­feuille pub­lic­i­taire total du quo­ti­di­en et 20% du sup­plé­ment cul­turel Next, croit savoir Marc Bau­dri­er, jour­nal­iste à Chal­lenges.

Seule con­so­la­tion pour Libéra­tion, ses ventes : elles ont aug­men­té ce jour-là de 27% par rap­port à leur moyenne alors que la dif­fu­sion du titre (comme la pag­i­na­tion pub­lic­i­taire) est en forte baisse depuis l’élection prési­den­tielle…

Crédit pho­to : DR.

Alexis Brézet

PORTRAIT — De l’avis unanime de ses col­lègues jour­nal­istes, Alex­is Brézet se dis­tingue par une solide cul­ture his­torique et un style d’écriture de grande qual­ité : « clair, sere­in, de qual­ité, vif et gai de sur­croît », selon François d’Orcival, qui fut son men­tor à ses débuts.

Yves de Kerdrel directeur général du groupe Valmonde

Yves de Ker­drel, jour­nal­iste au Figaro, a été nom­mé directeur général du groupe Val­monde en rem­place­ment de Guil­laume Roquette. Ce dernier ayant rem­placé Alex­is Brézet à la direc­tion du Figaro Mag­a­zine. Yves de Ker­drel prend ain­si la tête d’un groupe de presse qui regroupe trois titres : Valeurs actuelles, Spec­ta­cle du monde et Jours de chas­se.

Yves de Ker­drel a dirigé la rédac­tion du Jour­nal des Finances de 2006 à 2009. Il a été mem­bre de la Com­mis­sion Attali pour la libéra­tion de la crois­sance. Il dirige égale­ment le site d’intelligence économique Wan­Square.

Il tient, depuis quelques années, une chronique économique dans Le Figaro dont le ton est résol­u­ment libéral. En 2008, il prend résol­u­ment posi­tion pour le tra­vail du dimanche.

En avril 2010, l’une de ses chroniques inti­t­ulée “Arrêtez de tir­er sur les rich­es !” sus­cite quelques remous!

Le gouvernement ne vendra pas son CUL aux médias

On s’en est payé une bonne tranche au Con­seil des min­istres du 22 août. À l’origine de la rigo­lade, le min­istre de la Ville, François Lamy, venu présen­ter son pro­jet de créa­tion de « con­trats urbains locaux » dans les ban­lieues sen­si­bles. Vic­torin Lurel, secré­taire d’État chargé de l’Outre-mer, a aus­sitôt rebon­di, sérieux comme un pape : « Bonne chance pour ven­dre médi­a­tique­ment les… CUL ». Et François Hol­lande, hilare, de tranch­er : « Oui, effec­tive­ment, remar­que judi­cieuse ». On s’est plus sage­ment rabat­tu sur les « Con­trats urbains globaux ». C’est plus facile à assumer, mais incon­testable­ment moins médi­a­tique…

L’islamisme modérément rigolo

Les islamistes n’ont décidé­ment pas d’humour. En Tunisie, une émis­sion satirique inspirée des « Guig­nols de l’info » a été inter­dite moins d’un mois après son lance­ment. Selon le syn­di­cat des jour­nal­istes tunisiens, la chaîne Ettoun­siya TV a cédé « à des pres­sions indi­rectes des autorités ». Les « Guig­nols » tunisiens s’en pre­naient apparem­ment trop dure­ment au pou­voir en place. D’après les rares jour­nal­istes osant encore s’exprimer, les « islamistes mod­érés » d’Ennada seraient en train de pren­dre le con­trôle des médias publics en nom­mant des proches à leur tête. Pour les médias privés, les men­aces con­stitueraient une alter­na­tive con­va­in­cante. Des méth­odes sans aucun doute « islamistes », puisqu’elles s’inspirent des Frères musul­mans, mais, il faut bien l’avouer, « mod­éré­ment » démoc­ra­tiques.

France Télévisions licencie à tour de bras…

C’est timide­ment que Rémy Pfim­lin, prési­dent de France Télévi­sions, a admis, le 30 août, qu’il y aurait sans doute « une réduc­tion des effec­tifs plus impor­tante que les 5 % prévus » pour la péri­ode 2011–2015. Selon les syn­di­cats, les licen­ciements pour­raient par­ti­c­ulière­ment frap­per France 3, engagée dans une réor­gan­i­sa­tion com­pliquée.

Une mau­vaise nou­velle qui arrive sur fond de querelle autour du rétab­lisse­ment de la pub­lic­ité en soirée sur les chaînes publiques. Le min­istre de la Cul­ture, Aurélie Fil­ip­pet­ti a claire­ment annon­cé que l’interdiction serait main­tenue. Or, sans recettes sup­plé­men­taires, Pfim­lin ne pour­ra pas boucler son bud­get. Et pas ques­tion d’augmenter la rede­vance ou de deman­der une sub­ven­tion au gou­verne­ment, qui vient de cri­ti­quer la mau­vaise qual­ité des pro­grammes. Autrement dit, Pfim­lin, fidèle sarkozyste, se retrou­ve coincé par le nou­veau pou­voir. En atten­dant d’être poussé vers la sor­tie.

Faveurs financières pour Le Monde et Les Inrocks ?

En don­nant à la banque Lazard man­dat pour con­seiller son min­istère sur la créa­tion de la Banque Publique d’Investissement, Pierre Moscovi­ci a don­né lieu à soupçon de con­flit d’intérêt où les médias représen­tent le cen­tre d’un pos­si­ble échange de (bons ?) ser­vices. Comme le mon­tre l’infographie ci-dessous Matthieu Pigasse est le piv­ot de l’affaire. La (fausse ?) protes­ta­tion d’Arnaud Mon­te­bourg peut appa­raître comme un écran de fumée pour cacher une opéra­tion clas­sique : je te donne, tu me donnes.

Sondage Ifop-UMP : collusion entre médias et politiques ?

Le 25 juil­let, un sondage IFOP pub­lié dans L’Express annonçait : « Les sym­pa­thisants UMP préfèrent les motions mod­érées aux droitières ». À la ques­tion de savoir pour la motion de quelle sen­si­bil­ité ils voteraient, s’ils le pou­vaient, les sym­pa­thisants plac­eraient en tête celle de la Droite mod­erne des libéraux emmenés par l’ancien min­istre Luc Cha­tel (31%), juste devant celle des Human­istes de l’ex-premier min­istre Jean-Pierre Raf­farin (29%).

Viendraient ensuite la Droite forte (18%), lancée par le sarkozyste Guil­laume Pelti­er. Presque bonne dernière, arriverait la Droite pop­u­laire (12%), dont le chef de file est l’ancien min­istre Thier­ry Mar­i­ani.

Au total donc, les courants « cen­tristes » et libéraux de l’UMP récolteraient près de 60% des suf­frages ; et le mou­ve­ment ayant incar­né la « droiti­sa­tion » de Nico­las Sarkozy se retrou­verait aux pelotes. Exit, donc, la fameuse « ligne Buis­son ».

Cette analyse a été rapi­de­ment reprise par Le Monde et l’AFP, puis leurs con­frères, sans le moin­dre recul. Or, le résul­tat de ce « sondage » appelle plusieurs remar­ques :

Il est d’abord en con­tra­dic­tion avec ceux effec­tués durant les cam­pagnes prési­den­tielle et lég­isla­tives, où la majorité des sym­pa­thisants et adhérents de l’UMP se clas­sait très net­te­ment à droite, sur la fameuse « ligne Buis­son », du nom du prin­ci­pal con­seiller de Nico­las Sarkozy. Régulière­ment, les électeurs de droite se dis­aient majori­taire­ment favor­ables à des accords avec le Front nation­al. Et la Droite pop­u­laire sem­blait le courant le mieux placé pour répon­dre à leurs attentes (sources : lien 1, lien 2).

Com­ment expli­quer cet appar­ent revire­ment des « sym­pa­thisants » UMP annon­cé par L’Express, Le Monde et l’AFP – entre autres ?

Tout sim­ple­ment en regar­dant en détail com­ment l’IFOP a tra­vail­lé : « Ce sondage, nous dit l’institut, a été réal­isé par Inter­net du 10 au 24 juil­let auprès d’un échan­til­lon de 544 sym­pa­thisants de l’UMP ». Autrement dit, il s’agit d’un sim­ple coup de sonde sur Inter­net, avec toutes les lim­ites de l’exercice, et non d’un sondage effec­tué avec la rigueur habituelle, sur l’ensemble de la pop­u­la­tion, à par­tir d’un échan­til­lon dépas­sant 1 000 per­son­nes.

Ensuite, les son­deurs ont inter­rogé des gens se dis­ant « sym­pa­thisants » de l’UMP et non des adhérents – qui seront pour­tant les seuls à vot­er lors du con­grès.

À ce niveau de super­fi­cial­ité, on peut dif­fi­cile­ment tir­er des con­clu­sions per­ti­nentes de ce qui, dans le jar­gon spé­cial­isé, n’est même pas un « sondage », mais une sim­ple « con­sul­ta­tion ».

Il serait intéressant de savoir qui l’a commandée et s’il ne s’agirait pas d’un coup de communication émanant de certains « spécialistes » des relations publiques au sein de l’UMP.

Le but pour­rait être de con­solid­er une ligne « cen­triste » et libérale en prévi­sion du con­grès du 18 novem­bre. Et d’asphyxier l’incontrôlable Droite pop­u­laire.

Les médias qui ont don­né à cette con­sul­ta­tion la valeur d’un sondage ont fait preuve d’imprudence : ils lui don­nent une dimen­sion per­for­ma­tive : les adhérents de l’UMP, influ­encés par les com­men­taires des jour­naux « de référence » pour­raient bien caler leur vote en fonc­tion des prin­ci­pales con­clu­sions de qu’ils perçoivent comme une étude sérieuse. À ce stade, faut-il blâmer la légèreté des jour­nal­istes ou car­ré­ment leur col­lu­sion avec cer­tains poli­tiques ? Les analy­ses du poli­to­logue Alain Gar­rigou, L’ivresse des sondages, La Décou­verte, 2006 sem­blent par­faite­ment validées.

Paul Amar

PORTRAIT — Paul Amar est né le 11 jan­vi­er 1950 à Con­stan­tine (Algérie) de Charles (agent de la SNCF) et Julie Ghenas­sia. La famille sera rap­a­triée en 1961 et s’installera dans la région lyon­naise.

Gérard Gachet, victime de l’alternance

Ce sont les joies de l’alternance : le jour­nal­iste Gérard Gachet a été ren­voyé de la Délé­ga­tion à l’information et à la com­mu­ni­ca­tion de la Défense (DICoD), qu’il dirigeait depuis le début de l’année, après qua­tre ans passés à la direc­tion de la com­mu­ni­ca­tion du min­istère de l’Intérieur.

Con­nu pour son tem­péra­ment « droiti­er », l’ancien patron de Valeurs actuelles a été plac­ardisé et devient… délégué min­istériel à la Jeunesse. On sent qu’il va s’y amuser !

Le Monde : flagrant délit

Le quo­ti­di­en Le Monde, qui sou­tient claire­ment les insurgés syriens con­tre le régime de Bachar Al-Assad, se fait pren­dre la main dans le sac en page 3 dans son édi­tion du 29/30 juil­let 2012.

Une page entière est con­sacrée aux insurgés, à tra­vers deux arti­cles. D’abord un excel­lent reportage de Flo­rence Aube­nas, sur lequel il n’y a rien à redire. Les insurgés sont con­tre le régime et man­i­fes­tent aux cris de « Allah Akbar », rien de sur­prenant. On peut saluer l’honnêteté et le courage de Flo­rence Aube­nas, grand reporter de ter­rain.

Il n’en est pas de même pour un papi­er de tête signé Ben­jamin Barthe. La local­i­sa­tion du jour­nal­iste n’est pas indiquée (sur place, Paris, Bey­routh, ailleurs ?). Une chose est sûre, il com­mence très fort !

Citons l’entame du papier de Benjamin Barthe

« Sim­ple coïnci­dence ou sin­istre cal­cul ? Comme Moscou qui avait envoyé ses chars à lassaut de la Géorgie le jour même de la cérémonie douver­ture des jeux olympiques de Pékin, il y a qua­tre ans, en août 2008, Damas a déclenché son attaque con­tre Alep quelques heures après le lance­ment offi­ciel des olympiades de Lon­dres ».

Décryptage : en deux phrases, un jugement et un mensonge.

Le juge­ment est presque naïf. Qu’il y ait une sim­ple coïnci­dence ou un sin­istre cal­cul (art de l’insinuation, on n’affirme pas, on glisse le mot sous le tapis), il existe bel et bien un axe du mal : « Comme Moscou Damas». Le mal (– le sin­istre – Lit­tré : per­ni­cieux, dan­gereux, funeste) est désigné, c’est l’axe Russie-Syrie. La suite va per­me­t­tre de con­firmer l’existence du dia­ble.

Car suit le men­songe. Le lecteur non aver­ti com­prend : le jour de l’ouverture des précé­dents jeux olympiques la féroce Russie a envahi la pais­i­ble Géorgie. Mais, il y a un mais. Il y a men­songe par omis­sion (vous me copierez trois fois le code de déon­tolo­gie du Monde). Retour sur les faits, chronolo­gie en main. Le 8 août 2008 à 23h10, le gou­verne­ment GÉORGIEN informe le général russe com­man­dant les troupes russ­es en Ossétie du Sud, dans la cap­i­tale Tskhin­vali, de son inten­tion de rétablir « l’ordre con­sti­tu­tion­nel » PAR LA FORCE. Dans l’heure qui suit, une ving­taine de sol­dats russ­es sont tués. C’est l’engrenage que tout le monde con­naît, les forces russ­es inter­vi­en­nent, les troupes géorgi­en­nes sont écrasées, le 12 août Nico­las Sarkozy pro­pose sa médi­a­tion qui débouche sur un plan de paix signé le 15 août.

HISTORIQUEMENT C’EST BIEN LA GÉORGIE QUI A ATTAQUE UN TERRITOIRE – L’OSSÉTIE DU SUD – SOUS CONTRÔLE INDÉPENDANTISTE ET RUSSE DEPUIS 1992 (accords de Sotchi, signés par le prési­dent géorgien Édouard Chevard­nadze le 24 juil­let 1992).

L’article de Ben­jamin Barthe sous entend que Moscou était l’agresseur. Moscou qui aujourd’hui sou­tient le régime mau­dit de Bachar Al-Assad. Dont les troupes vien­nent d’agresser les insurgés d’Alep. CQFD : revoilà l’axe du mal qui vient per­turber une grande man­i­fes­ta­tion paci­fique et sportive suiv­ie par des mil­liards de per­son­nes. Car­ton rouge pour Le Monde et expul­sion tem­po­raire du ter­rain de la déon­tolo­gie jour­nal­is­tique !

Pho­to : cap­ture d’écran LeMonde.fr

Page 359 sur 361

Qui a dit…

« De l’ordre. Partout. Dimanche, à Mar­seille, Marine Le Pen se pose comme la seule can­di­date de l’extrême droite française. »

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