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Sihem Souid

Police islamique, vos papiers !

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 13/10/2018

Née à Monastir, en Tunisie en février 1981, Sihem Souid arrive en France à l’âge de deux mois et y grandit. Après avoir commencé sa carrière à la Brink’s Securité aéroportuaire en 2002, elle lâche tout et entre dans la police en 2006 par idéalisme et esprit républicain. Elle devient adjointe de sécurité dans la Police aux frontières (PAF) d’Orly. Elle publie en octobre 2010 avec le journaliste Jean-Marie Montali un livre, Omerta dans la police (Le Cherche-midi), où elle dénonce des faits de racisme, sexisme, homophobie, harcèlement et la politique du chiffre survenus dans son service et ailleurs.

Le livre qui la rend célèbre lui vaut aus­si 18 mois d’exclusion de la fonc­tion publique en juil­let 2011, dont 6 mois fer­mes, pour rup­ture du devoir de réserve. Elle avait par ailleurs été sus­pendue dès le 2 décem­bre 2010, et avait été défendue par plusieurs per­son­nal­ités de gauche, dont le député social­iste Arnaud Mon­te­bourg, qui avait alors pub­lié une tri­bune dans le Monde.

Elle est recrutée par Chris­tiane Taubi­ra au min­istère de la Jus­tice début 2013, devient chroniqueuse au Point au même moment, puis se lance dans la com­mu­ni­ca­tion en 2016. Mil­i­tante de gauche, elle prend posi­tion à plusieurs repris­es pour défendre le Qatar et l’Arabie Saou­dite, qui comptent aujourd’hui par­mi les clients de son agence de com’ et dont elle est un fidèle agent d’influence.

Formation

Elle est tit­u­laire du Bac ES en 1999, puis elle a passé un BTS Action com­mer­ciale en 2001, à Thi­ais, suivi d’une licence en ges­tion des entre­pris­es et admin­is­tra­tions obtenue en 2002.

Sihem Souid a fait l’École de police de Draveil, dont elle dit être sor­tie major. Il faut pré­cis­er cepen­dant que les ADS (adjoint de ser­vice) sont sélec­tion­nés par des tests sim­ples avec un entre­tien de 20 min­utes avec un jury, suiv­is de 3 mois de for­ma­tion rapi­de. Riposte Laïque cor­rige d’ailleurs : « car dans la vraie vie, Sihem Souid n’a jamais été un fonc­tion­naire de police, c’est à dire un per­son­nel act­if ayant réus­si le con­cours per­me­t­tant d’intégrer un des trois corps de la Police Nationale. Elle a été « adjoint de sécu­rité, c’est-à-dire agent con­tractuel de droit pub­lic, engagé pour une péri­ode de 3 ans, sans con­di­tion de diplôme », autrement dit : un « emploi jeune ». Madame Souid est donc sor­tie « major » d’un con­cours qui n’a existé que dans sa tête ».

Parcours professionnel

Après un BTS action com­mer­ciale, elle entre à la Brink’s sécu­rité aéro­por­tu­aire ; selon un entre­tien paru dans un web­magazine tunisien far­ci d’approximations elle y aurait gag­né 4000 € par mois. Après avoir tout lâché, elle entre dans la police comme ADS. Fonc­tion­naire au min­istère de l’Intérieur depuis 2006, elle est nom­mée dans la PAF (police aux fron­tières) d’Orly comme ADS. En mars 2008 elle est affec­tée au GASAI (groupe d’analyse et de suivi des affaires d’immigration), où elle traite les dossiers des indi­vidus non admis sur le ter­ri­toire, les deman­des d’asile poli­tique et les enquêtes liées à l’immigration clan­des­tine. Elle est en con­flit avec sa hiérar­chie à par­tir de 2009, lorsqu’elle cherche à dénon­cer divers man­que­ments déon­tologiques sur­venus dans son ser­vice. Elle finit par être accusée d’avoir trans­mis des doc­u­ments internes de la PAF à un jour­nal­iste, inter­rogée, gardée à vue, perqui­si­tion­née, relevée de ses fonc­tions en juin 2009 et mutée en novem­bre 2009 au ser­vice de préven­tion de la police admin­is­tra­tive et à la doc­u­men­ta­tion. Après la pub­li­ca­tion de son livre en octo­bre 2010, elle est sus­pendue le 2 décem­bre 2010, écope de 6 mois de sus­pen­sion ferme de la fonc­tion publique, puis est reclassée comme adjointe admin­is­tra­tive de pre­mière classe à la Pré­fec­ture de police.

Le 9 sep­tem­bre 2010, elle signe avec 99 autres per­son­nes une péti­tion pour que le chef d’État tunisien Ben Ali soit can­di­dat à un nou­veau man­dat prési­den­tiel. Sous le numéro 90, « Souid Sihem: Ecrivaine établie à l’étranger », elle para­phe un appel qui affirme que « le Prési­dent Zine El Abidine Ben Ali, eu égard à son rôle his­torique et à ses grandes réal­i­sa­tions, est le plus apte à jouir de la con­fi­ance des Tunisiens et à porter leurs espoirs, et cela quelles que soient leur vision et leur diver­sité : jeunes et adultes, femmes et hommes. Pour toutes ces raisons, nous nous adres­sons à Son Excel­lence le Prési­dent Zine El Abidine Ben Ali pour qu’il se porte can­di­dat à la prochaine élec­tion prési­den­tielle. Notre appel traduit notre con­vic­tion pro­fonde et sincère que le Prési­dent Ben Ali est le plus qual­i­fié pour con­tin­uer à diriger le pro­jet du change­ment mod­erniste afin que la Tunisie accède au rang des pays dévelop­pés qui œuvrent pour un monde de paix, de jus­tice et de sol­i­dar­ité ».

L’affaire est révélée en juil­let 2011 par le site d’investigation les Grandes Oreilles. Sihem Souid répond à l’article que son nom a été util­isé à son insu. Le site rétorque qu’il a établi que la liste en ligne a bien été com­mu­niquée par le RCD, l’ancien par­ti de Ben Ali, et que le nom de Sihem Souid est tou­jours en ligne – ain­si que celui de l’une de ses avo­cates, Samia Mak­touf – depuis la date de paru­tion de son arti­cle.

En octo­bre 2011 elle reçoit le Prix Éthique men­tion spé­ciale « Lanceur d’alerte fonc­tion­naire » de la part de l’association Anti­cor. En novem­bre 2011, son ex-mari l’accuse de vols de doc­u­ments offi­ciels et admin­is­trat­ifs quand elle était en poste à Orly, à savoir, selon un PV qui cir­cu­lait sur le web, des passe­ports et un tam­pon offi­ciel ; une enquête a été ouverte et aucune suite n’a été don­née.

Elle est recrutée début 2013 par Chris­tiane Taubi­ra comme chargée de mis­sion au min­istère de Jus­tice au ser­vice de l’accès au droit et de l’aide aux vic­times. Elle est alors en détache­ment au Min­istère de la Jus­tice.

Le 28 févri­er 2013 elle est relaxée par la Cour d’Appel de Paris pour vio­la­tion du secret pro­fes­sion­nel.

En octo­bre 2013, elle est con­damnée à 1000 € d’amende pour diffama­tion au préju­dice de l’ancien directeur de la PAF d’Orly, suite à des accu­sa­tions for­mulées dans son livre Omer­ta dans la police. Le tri­bunal a cepen­dant recon­nu la bonne fois des coau­teurs de l’ouvrage ; ils ont été en out­re con­damnés, sol­idaire­ment avec l’éditeur Philippe Hér­a­clès (PDG de la mai­son d’édition Le Cherche-Midi), à 3000 € de dom­mages et intérêts.

À par­tir de sep­tem­bre 2011, elle devient chroniqueuse au mag­a­sine Le Point. Elle y attaque notam­ment dans une chronique du 22 mars 2013 le min­istre de l’Intérieur Manuel Valls et « sa cohorte d’islamophobes », au sujet de l’affaire de la crèche Baby Loup, et ce alors qu’elle vient de rejoin­dre le Min­istère de la Jus­tice où elle est con­nue comme une proche de Chris­tiane Taubi­ra. L’article finit par être sup­primé en rai­son de la forte polémique qu’il engen­dre, et d’une charge con­tre Jean­nette Bougrab, anci­enne patronne de la Halde (Haute autorité de lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions).

Elle s’insurge sur le Point en août 2013 con­tre le « Qatar Bash­ing » et accuse les détracteurs du Qatar d’islamophobie.

En avril 2014, elle défend dans une chronique du Point Aquili­no Morelle, con­seiller de Hol­lande, mis en cause pour ses con­flits d’intérêts et ses goûts lux­ueux. Elle estime dans sa chronique que les accu­sa­tions parues con­tre le con­seiller, poussé à la démis­sion, sont un règle­ment de comptes suite à son com­bat con­tre le Medi­a­tor.

À par­tir de 2012 jusqu’en 2015, elle écrit égale­ment sur le Huff­in­g­ton Post.

Elle inter­vient aus­si régulière­ment, depuis sep­tem­bre 2012, à l’émission les Zin­for­més sur la radio com­mu­nau­taire Beur FM.

En jan­vi­er 2014, elle col­la­bore avec Mohammed el Megarief qui pub­lie ses sou­venirs. Le prési­dent du Con­seil Nation­al en Libye d’août 2012 à fin mai 2013, opposant his­torique à Kad­dhafi, y accu­sait dans le man­u­scrit orig­i­nal Sarkozy d’avoir fait financer sa cam­pagne par Kad­dhafi. Ces pages avaient été expurgées dans le livre pub­lié, mais ont été ressor­ties en févri­er par le site d’investigation Medi­a­part qui les a pub­liées en févri­er 2014.

Elle est attaquée en 2014 par le hack­er israélien Ulcan, qui fait croire aux forces de l’ordre que ses par­ents l’auraient assas­s­inée pen­dant qu’elle dor­mait. Une cen­taine de policiers en armes débar­quent alors de nuit chez ses par­ents.

Fin 2014, elle est citée dans un arti­cle de Valeurs Actuelles au sujet de Mohammed Belaïd, ex-chauf­feur de Hol­lande. Après un jour­nal­iste du Point, elle inter­vient auprès de Mohammed Belaïd pour qu’il retire ses plaintes con­tre l’ex-conseiller de Hol­lande Faouzi Lam­daoui qui est aus­si dans le col­li­ma­teur des juges pour divers dél­its financiers. Selon Mohammed Belaïd, on lui aurait pro­posé de 15 à 35 000 € pour qu’il retire sa plainte, et Sihem Souid aurait même tenu ces pro­pos : « Tu auras tout ce que tu veux si tu enlèves ta plainte. Parce que Faouzi Lam­daoui, on a besoin de lui. Il représente notre com­mu­nauté ».

En juil­let 2015, elle réin­tè­gre le min­istère de l’Intérieur au sein de la Direc­tion des Ressources et des Com­pé­tences de la Police Nationale, qui est en fait le ser­vice des Ressources Humaines de l’Intérieur.

En octo­bre 2015 elle fonde une société de com­mu­ni­ca­tion appelée Edile Con­sult­ing. Par­mi ses clients, elle compte le Qatar et l’Arabie Saou­dite, qui a lancé en mars 2016 une opéra­tion de séduc­tion en France en faisant appel aux agences Edile Con­sult­ing et Image Sept. Selon Le Monde, « son rôle con­siste à faire le lien entre l’ambassadeur et les patrons de presse français ain­si que les jour­nal­istes chargés du Proche-Ori­ent. Une fonc­tion qu’elle assure depuis quelque temps déjà auprès de l’ambassade du Qatar, un pays dont elle gère l’image en France. »

Elle pub­lie dans Le Point une chronique (6/10/2015) qui fait l’éloge du forum pour le dia­logue des civil­i­sa­tions, lancé par Riyad, et pub­lie au print­emps 2016 un livre à la gloire de ce pays, l’Arabie Saou­dite, ce pays mécon­nu (éd. L’Harmattan). Ce livre ne fig­ure pas dans la liste des pub­li­ca­tions sur le site de Sihem Souid.

Elle se met en disponi­bil­ité de la fonc­tion publique en 2016.

En févri­er 2016, elle défend une élue voilée d’Argenteuil dans une de ses chroniques au Point, n’hésitant pas à charg­er une élue PS d’Avignon d’origine arabe.

Elle est mem­bre du bureau du Cen­tre d’Étude et de Prospec­tive Stratégique (CEPS), de l’association Ter­rafem­i­na et prési­dente d’honneur de l’association SOS Fonc­tion­naire vic­time.

En 2017, elle signe un con­trat avec l’ambassade d’Azerbaïdjan à Paris, tan­dis que le Qatar lui renou­vèle sa con­fi­ance pour sa com­mu­ni­ca­tion au sujet de la crise diplo­ma­tique et poli­tique qui l’oppose à l’Arabie Saou­dite.

En 2018, le Qatar élar­git le périmètre de son inter­ven­tion en lui con­fi­ant son lob­by­ing à Brux­elles et au Par­lement européen à Stras­bourg – le con­trat n’est plus signé par l’ambassade mais le Gov­ern­ment Com­mu­ni­ca­tions Office (GCO).

Sur le plan privé, elle est divor­cée et mère d’une fille âgée de 14 ans. Son ex-mari était tunisien. Sihem Souid est âgée de 35 ans en 2016. Elle a une sœur, Imène, élue divers gauche à Orly, et un frère, Sami Souid, directeur des écoles dans l’Éducation Nationale.

Parcours militant

Mil­i­tante au PS.

En 2010, elle a mené la cam­pagne d’Arnaud Mon­te­bourg pen­dant les pri­maires social­istes, pen­dant plus d’un an. Elle y a côtoyé notam­ment Aquili­no Morelle pen­dant un an, ce qu’elle explique dans une de ses chroniques au Point où elle prend sa défense en 2014.

Elle a été porte-parole d’Arnaud Mon­te­bourg pen­dant ces pri­maires social­istes.

Fin 2011, elle se déclare can­di­date dans la cinquième cir­con­scrip­tion de Seine-Saint-Denis, mais se heurte à l’hostilité des instances locales et nationales du PS ; Claude Bar­tolone, patron du PS dans le départe­ment, s’y oppose suite à un arti­cle au vit­ri­ol dans le Point coécrit par Sihem Souid et Aziz Zem­mouri.

Elle a dirigé courant 2013 le ser­vice de com­mu­ni­ca­tion de la Gauche Forte, un pôle de réflex­ion créé au sein du PS en jan­vi­er 2013 par le député Yann Galut et la séna­trice Patri­cia Schillinger. Son objec­tif est de riposter à la « droiti­sa­tion » d’une par­tie de l’UMP et aux argu­ments du FN.

Elle est can­di­date avec William Leday aux can­tonales 2015 pour le PS sur le can­ton altoséqua­nais de Gen­nevil­liers ; le PS n’accède pas au sec­ond tour dans ce bas­tion com­mu­niste his­torique.

Publications

  • Omer­ta dans la police, Le Cherche-midi, coll. « Doc­u­ments »,‎ 2010, 269 p. (avec Jean-Marie Mon­tali, jour­nal­iste au Parisien)
  • La sus­pendue de la République, Le Cherche-midi, coll. « Doc­u­ments »,‎ 2012, 216 p.
  • Mon com­bat pour la lib­erté, Paris, Le Cherche-midi, coll. « Poli­tique »,‎ 2014, 171 p. (avec Mohamed El Megarief)
  • L’Arabie Saou­dite, ce pays mécon­nu, éd. L’Harmattan, 2016, 110 p.

Ce qu’elle gagne

Pour ses chroniques : non pré­cisé

Elle gag­nait 4 000 € par mois lorsqu’elle était à la Brink’s (2002 à 2006), 1 250 € net lorsqu’elle était ADS.

Au min­istère de la Jus­tice, les col­lab­o­ra­teurs de cab­i­net, dont font par­tie les chargés de mis­sion, perce­vaient 12 371 € en moyenne en 2012, indem­nités com­pris­es.

Sa nébuleuse

Chris­tiane Taubi­ra, dont elle est proche au Min­istère de la Jus­tice. Arnaud Mon­te­bourg, qui l’a défendue en 2010 dans Le Monde.

Aziz Zem­mouri, au Point. Il aurait col­laboré avec elle pour l’écriture de son livre Omer­ta dans la Police, en aurait assuré la pro­mo­tion et coécrit des arti­cles avec elles dans le Point.

Les mem­bres du club de réflex­ion La Gauche Forte, dont le député PS du Cher Yann Galut, la séna­trice PS du Haut-Rhin Patri­cia Schillinger, les députés Alex­is Bachelay, Colette Capde­vielle, Hugues Fourage, Geneviève Gos­selin-Fleury, Jean-Pierre Mag­gi et le séna­teur Ronan Ker­draon.

Les offi­ciels du Qatar, d’Azerbaïdjan et d’Arabie Saou­dite.

Le CEPS (cen­tre d’étude et de prospec­tive stratégique) dont elle est mem­bre du bureau depuis jan­vi­er 2013.

L’association SOS Fonc­tion­naire Vic­time dont elle est prési­dente d’honneur depuis 2011 et qu’elle a fondé avec l’ex-policier bre­ton Gérard Gatineau qui en est le tré­sori­er. Elle sem­ble avoir aujourd’hui une activ­ité inex­is­tante après une péri­ode plus active (2012–2014), le site web est même désaf­fec­té depuis sep­tem­bre 2017.

Elle l’a dit

« Comme des mil­lions de Français j’ai vécu le 6 Mai 2012 comme une libéra­tion, et comme des mil­lions de Français je suis en attente de résul­tat », sur son site, dans une présen­ta­tion écrite en 2016.

« Les iné­gal­ités, les injus­tices, les dis­crim­i­na­tions sont des caus­es suff­isam­ment justes pour que l’on ne cesse jamais de se bat­tre pour elles. Je crois que ce com­bat est mon moteur, ce qui me motive et me donne envie de me lever le matin. Mon com­bat pour un idéal Répub­li­cain est supérieur à n’importe quelle car­rière ou pro­mo­tion. La France, ce pays que j’aime tant, mon pays, patrie des droits de l’Homme n’a pas le droit de fer­mer les yeux lorsque des indi­vidus sont humil­iés », sur son site.

« Dire que l’islam est une reli­gion d’intégristes, de polygames, de ter­ror­istes, de misog­y­nes, c’est met­tre un coup d’épée dans l’eau. Tout le monde a le droit de le dire et per­son­ne ne s’en prive. Au-delà de l’absurdité d’un tel pro­pos, il y a une libéra­tion de la parole (raciste!) qu’en France nous ne con­nais­sons pas sur d’autres sujets », Le Huff­in­g­ton Post, 8 sep­tem­bre 2012

« Quel est le terme exact pour qual­i­fi­er cette gan­grène qu’est l’islamophobie ? L’antisémitisme, tout sim­ple­ment. Les sémites con­stituent, en eth­nolo­gie, des peu­ples d’Arabie, du crois­sant fer­tile, d’Afrique du Nord et de l’est. Nous y sommes donc. La peur, pour ne pas dire la haine, du musul­man est pure­ment et sim­ple­ment de l’antisémitisme. L’antisémitisme est, depuis la fin de la Sec­onde Guerre Mon­di­ale, une déf­i­ni­tion qua­si­ment exclu­sive de la haine des juifs. Sauf qu’a l’origine ce mot cou­vre l’ensemble des per­son­nes par­lant une langue sémite. (Ara­bie, Afrique du nord de l’est…) Par con­séquent, la haine du musul­man est bien de l’antisémitisme », ibid.

« Les étrangers présents sur le ter­ri­toire français con­tribuent à la vie de la cité, à son économie, les enfants de par­ents étrangers ont per­mis durant les 5 années de Droite d’éviter tant de fer­me­tures de class­es; ces enfants Français dont les par­ents ont tant apportés à la France ne peu­vent se sen­tir un des­tin lié à leur pays qui refuse de con­sid­ér­er ceux qui les ont faits. […] Com­ment expli­quer le plus rationnelle­ment du monde qu’un Polon­ais ou un Por­tu­gais en France depuis 2 ans et pour 2 ans puisse par­ticiper à la vie de sa com­mune et qu’un Séné­galais ou un Aus­tralien présent depuis 30 ans ne puisse pas le faire? » Le Huff­in­g­ton Post, 6 décem­bre 2012

« Se ren­dre au Qatar est une mag­nifique expéri­ence. Femmes ou hommes, on s’y sent en sécu­rité. Pour les abon­nés aux clichés, les dames se promè­nent sans tuteur et vêtues comme bon leur sem­ble. Avec ou sans voile, col­orées de mille facettes. Les rues sont sûres. Du point de vue de la sécu­rité, ça ne rigole pas au Qatar, la vidéo­sur­veil­lance, adorée par nos poli­tiques, notam­ment à l’UMP, y est une alliée appré­cia­ble », Le Point, 14 août 2013

« Tous les par­tis poli­tiques devraient saluer la réus­site du Qatar ; en plus, avec une famille royale fran­coph­o­ne, la France a tout à gag­n­er à devenir son alliée priv­ilégiée. En réal­ité, tout le monde a com­pris que ce qui pose prob­lème, aux obser­va­teurs, jour­nal­istes et autres acteurs de la vie poli­tique, c’est l’islam. On peut lire régulière­ment des dia­tribes anti-Qatar, y com­pris en France, dans la presse pro­gres­siste par­tant du pos­tu­lat qu’un pays musul­man n’est pas très catholique », ibid.

« Sous l’impulsion du quin­quen­nat Sarkozy, lui aus­si issu de la diver­sité, les immi­grés devaient obéir aux injonc­tions con­tra­dic­toires de l’assimilation. Oubliez vos racines, vos par­ents et tous vos aïeux et vous devien­drez français. Évidem­ment, il s’agissait d’un dis­cours médi­ati­co-poli­tique tenu exclu­sive­ment à des­ti­na­tion des immi­grés sub­sa­hariens et maghrébins, autant dire arabes et musul­mans ! Si vous êtes améri­cains et que vous par­lez français comme si vous mâchiez un chew­ing-gum, pas de souci, l’administration vous trou­ve le décodeur sur-le-champ et vous nat­u­ralise dans le quart d’heure », Le Point, 30 août 2013

« Il faut le dire une fois pour toutes haut et fort : le racisme anti-blanc n’existe pas. Ce qui existe en revanche chez cer­tains, c’est une réac­tion épi­der­mique de rejet ponctuel. D’où ressort l’insulte “sale Blanc”, comme il est cou­tume de rabâch­er en exhibant mon­sieur Dupont en vic­time — le héros de Finkielkraut -, qui ne con­stitue cepen­dant pas un sys­tème de pen­sée de hiérar­chi­sa­tion des êtres humains. […] Quand un imbé­cile traite quelqu’un de “sale Blanc”, il ne porte préju­dice à cette per­son­ne que con­jonc­turelle­ment et non de manière sys­témique. À la grande dif­férence du racisme anti-noir, anti-arabe, anti-juif, anti-roms… Ces racismes-là non seule­ment font sys­tème, mais ren­voient aus­si à un moment de leur pro­pre his­toire où ces groupes ont pu être con­sid­érés comme ceux de “sous-hommes” ou “inférieurs”  », Le Point, 14 novem­bre 2013

« Dis­crim­i­na­tion, racisme et néo-colo­nial­isme restent, mal­gré l’optimisme du CRAN, sur les grandes villes un vrai prob­lème à gauche. Où l’on con­sid­ère donc que des quartiers qui votent pour une can­di­date social­iste française, dont les par­ents sont algériens, versent dans le com­mu­nau­tarisme. Le “bon” vote pour ces quartiers, le vote estampil­lé “répub­li­cain”, con­siste à choisir François Hol­lande, un énar­que, dont le père était un fer­vent par­ti­san de l’Algérie française ! Dans l’inconscient col­lec­tif des élites, Samia, Sihem ou Mohamed res­teront tou­jours des immi­grés, soit à utilis­er, soit à vilipen­der », Le Point, 5 décem­bre 2013

« Aquili­no Morelle n’a jamais nié ses goûts de luxe, mais ses goûts per­son­nels ne relèvent-ils pas de la sphère privée ? Doit-on impéra­tive­ment vivre mod­este­ment pour être con­sid­éré comme étant de gauche ? Non, et heureuse­ment, car une telle logique serait une entrave à la lib­erté indi­vidu­elle de cha­cun d’entre nous ! » Le Point, 18 avril 2014

« Alors oui je le dis et je l’assume: le Front nation­al est un par­ti qui véhicule ou fait naître des pro­pos racistes, xéno­phobes, anti­sémites, islam­o­phobes de la part de ses sym­pa­thisants… », Le Huff­in­g­ton Post, 28 mai 2014

« Aujourd’hui, tout le monde a sa rai­son de vot­er FN, c’est un peu comme l’alcool, on sait que c’est dan­gereux, mais quand ça ne va pas, un petit coup, quand on fait la fête, on arrose ça, quand on déje­une, ça accom­pa­gne un repas, et quand on dîne, finale­ment, ça aide à s’endormir et à se déten­dre… La tox­i­c­ité ne se paye qu’en dif­féré », Le Point, 8 sep­tem­bre 2014

« L’immigration n’est pas un fardeau pour l’Europe mais une chance. Bien sûr, cela ne résout en rien les prob­lèmes des pays en voie de développe­ment sur le long terme. C’est pourquoi il faut les aider à se dévelop­per réelle­ment », Le Point, 9 sep­tem­bre 2015

« Le port d’un signe osten­ta­toire n’implique pas néces­saire­ment une action prosé­lyte. Je tiens à te rap­pel­er que le prosé­lytisme con­siste à recruter des gens pour qu’ils puis­sent appartenir à une com­mu­nauté religieuse » Au sujet d’une élue voilée, Le Point, 29 févri­er 2016

Ils ont dit

« Pour l’illustration du pro­pos de Sihem Souid, chaque cas exposé est assor­ti d’une descrip­tion physique out­ran­cière pour que le lecteur pré­sumé défi­cient men­tal com­prenne bien où elle veut en venir. Ain­si, le flic d’origine maghrébine a un sourire doux et triste, ou un corps à affol­er les garçons, sa bon­té est extrême et il est com­pé­tent et volon­taire. Tan­dis que le flic bête­ment français, for­cé­ment queu­tard, de ceux qui se bous­cu­lent pour escorter Le Pen, un bon gros s’il s’en sort bien, a sou­vent les traits tirés par la colère, des petits yeux de pré­da­teur, une haleine tabag­ique ou un teint de suaire. Avec ça, si on ne pige pas qui sont les gen­tils et qui sont les méchants… », Béné­dicte Des­forges, ex-flic, au sujet de son livre Omer­ta dans la police.

« Sihem Souid est présen­tée comme fonc­tion­naire de police et major de sa pro­mo­tion. Pas de quoi se relever la nuit, on par­le là d’une ADS. Un ADS est un con­tractuel de la police nationale – ex emploi-jeune – for­mé en 3 mois à coups de lance-pierre pour ren­forcer des effec­tifs anémiques. Major de pro­mo c’est mignon, mais ça flat­te moins l’ego que le 50 mètres nage libre sans couler, il faut avoir un nar­cis­sisme bien malade pour le martel­er à tout bout de champ. » Ibid.

« Melle Souid, à part le crédit qu’on pour­rait peut-être lui apporter d’avoir éventuelle­ment été témoin d’actes dis­crim­i­na­toires qui restent excep­tion­nels à la Police de l’Air et des Fron­tières d’Orly, son ancien ser­vice, est totale­ment bidon. Hys­térique lorsqu’on lui apporte la moin­dre con­tra­dic­tion, elle n’a de plus aucune des qual­ités de sang froid et d’analyse que néces­site la moin­dre inter­ven­tion banale de police, domaine tech­nique qui lui est totale­ment étranger d’ailleurs », Marc Louboutin, 24 juin 2011

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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