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La presse écrite devant le coronavirus, le digital accélère

17 avril 2020

Temps de lecture : 3 minutes
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La presse écrite devant le coronavirus, le digital accélère

Fermeture d’un grand nombre de points de ventes surtout dans les grandes villes, confinement des acheteurs habituels, agonie de Presstalis distributeur des quotidiens et de certains magazines, la poste absente ou défaillante, effondrement de la publicité pour le papier, toutes les conditions sont réunies pour une accélération du digital pour nombre de médias.

Un secteur déjà mal en point

La presse imprimée représen­tait env­i­ron 11 mil­liards d’euros de chiffre d’affaires en 2007 et moins de 7 mil­liards dix ans plus tard, sans doute proche de 6 mil­liards début 2020 soit une baisse de 45% en treize ans. Au print­emps 2020, la plu­part des kiosques sont fer­més en région parisi­enne, les Relay dans les gares et les aéro­ports égale­ment. En province les maisons de la presse, sou­vent des bars-tabacs, sont restés ouverts mais leur clien­tèle se raré­fie.

Alors que la vente au numéro en kiosque était vic­time d’une attri­tion de 4 à 5% par an, les quo­ti­di­ens et cer­tains mag­a­zines se sont reportés sur les abon­nements dis­tribués par portage ou par La Poste. Las, La Poste est dev­enue aléa­toire, les annonces ont fait le yo-yo, dis­tri­b­u­tion seule­ment trois fois par semaine, puis retour à qua­tre jours voire cinq jours sans que les clients ne s’aperçoivent de la dif­férence. Les titres qui avaient choisi le portage s’en sor­tent mieux ou moins mal.

Publicité et évènementiel en berne

Pas de dis­tri­b­u­tion égale pas de pub­lic­ité. Paris Nor­mandie qui avait vu ses ressources pub­lic­i­taires chuter de plus de 90% se met sous la pro­tec­tion du tri­bunal de com­merce.

Beau­coup de titres avaient misé sur l’évènementiel. Le Télé­gramme avait bril­lam­ment investi ce secteur (la Route du Rhum, les Fran­co­folies) qui représen­tait à lui seul qua­si la moitié de ses activ­ités. De même pour L’Équipe et le groupe Amau­ry avec le Tour de France reporté fin août (avec un risque d’annulation) ou pour Le Figaro, Le Monde et Les Échos avec leurs croisières et leurs con­férences à forte marge, cette manne a dis­parue.

Chômage technique et télétravail

Des titres ont mis cer­tains jour­nal­istes au chô­mage tech­nique comme à Ouest France. Qua­si tous recourent au télé­tra­vail faute de réu­nir des con­férences de rédac­tion physiques. Des habi­tudes qui risquent de per­dur­er au moins par­tielle­ment de même que la diminu­tion du nom­bre d’éditions.

Plus de digital et plus de concentration ?

Cer­tains titres ont renon­cé à l’imprimé comme le gra­tu­it 20 Min­utes ou le mag­a­zine peo­ple Point de vue. Le quo­ti­di­en catholique Présent a renon­cé pour un temps à la dis­tri­b­u­tion en kiosque. Le mag­a­zine L’Incorrect a livré ses abon­nés papi­er mais ne livre plus les points de ventes, sub­sti­tu­ant une ver­sion dig­i­tale quo­ti­di­enne pour ses lecteurs. À l’inverse les mag­a­zines Élé­ments et Causeur ont choisi de rester en kiosque. Les jour­naux sportifs sont à la peine, Le Midi Olympique (alias le Midol alias le jaune, couleur du papi­er sur lequel il est imprimé) a bien du mal à rem­plir ses colonnes alors que le cham­pi­onnat de rug­by est arrêté, Paris Turf ne paraît plus.

Tout ceci va accélér­er puis­sam­ment le mou­ve­ment vers le dig­i­tal. Il est à pari­er que des quo­ti­di­ens comme Libéra­tion ou des heb­do­madaires comme L’Express (groupe Drahi et appar­en­tés) ver­ront leur dif­fu­sion papi­er dis­paraître à l’exception des abon­nés. Au même moment, les con­sul­ta­tions dig­i­tales s’envolent, la plu­part encore gra­tu­ites. Pour peu de temps sans doute, les grands titres ren­for­cent leur pay­wall. Ceux qui sont adossés à de grands groupes financiers ou indus­triels sor­tiront de la crise plus dig­i­taux, plus agiles. Les autres, ceux qui n’auront pas les moyens de s’adapter dis­paraîtront.

Voir notre vidéo sur les rachats dans la presse quotidienne régionale

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