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Presstalis et Prisma sont dans un bateau, qui va tomber à l’eau ?

8 mars 2020

Temps de lecture : 2 minutes
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Presstalis et Prisma sont dans un bateau, qui va tomber à l’eau ?

Chacun connaît la devinette enfantine, pince mi et pince moi sont dans un bateau, pince mi tombe à l’eau, qu’est ce qui reste ? Réponse « pince moi » et le répondant est pincé par celui qui pose la question. Qui pincera qui entre Prisma premier groupe de magazines en France (Voici, Gala Télé-Loisirs, Femme actuelle et bien d’autres) et la messagerie en déconfiture ? Et qui se noiera ?

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette

Cet arti­cle com­mencé par une devinette peut bien se pour­suiv­re par une comp­tine. Le groupe Pris­ma média est la fil­iale française du groupe alle­mand Ber­tels­mann (pre­mier groupe européen de com­mu­ni­ca­tion (RTL, M6, Pen­guin Ran­dom House et beau­coup d’autres) via la société Gruner+Jahr. C’est aus­si – de par son nom­bre de titres en France – le pre­mier client de Presstal­is, le plus engagé, celui qui détient les créances les plus impor­tantes sur la mes­sagerie avec un risque crois­sant de les per­dre en tout ou en par­tie.

D’autant (source Let­tre A du 4 mars 2020) que Pris­ma a assuré par­tielle­ment les fins de mois de Presstal­is en 2017 avec une avance de 17M€ dont il est cer­tain qu’elle ne sera jamais recou­vrée. Que peut faire devant une telle sit­u­a­tion Rolf Heinz, le puis­sant patron de Pris­ma ?

Discrète retraite sans flambeaux

Tout d’abord, quit­ter la direc­tion du navire qui coule en démis­sion­nant du con­seil d’administration main­tenant dom­iné par Louis Drey­fus du groupe Le Monde, voir notre arti­cle sur le sujet. Démis­sion entérinée en févri­er 2020. Ensuite, informer les salariés du groupe que le pre­mier semes­tre 2020 serait « très dur », pour les pré­par­er à des mesures qui pour­raient être sévères. Si Presstal­is boit le bouil­lon c’est a min­i­ma une perte sèche supérieure à 20M€ pour Pris­ma, en sus des 17M€ éva­porés du prêt de 2017. Papa Ber­telss­mann ne sera sans doute pas très con­tent.

Enfin en dimin­u­ant pro­gres­sive­ment le risque ou du moins en ralen­tis­sant sa crois­sance. La sit­u­a­tion est para­doxale, plus Pris­ma vend à tra­vers la dis­tri­b­u­tion de Presstal­is plus la dette de la mes­sagerie aug­mente et plus le risque d’impayé croît dans les mêmes pro­por­tions. C’est pourquoi Pris­ma repousse la paru­tion de numéros spé­ci­aux, de sup­plé­ments et autres hors-série. L’autre moyen c’est de dimin­uer le prix de vente des mag­a­zines, au moins pour un temps. Les heureux lecteurs de Télé-loisirs n’ont payé que 0,9€ (au lieu de 1,40€) leur guide sur deux numéros de févri­er, de même pour cer­tains numéros de Gala (2€ au lieu de 3€). Le sig­nataire de cet arti­cle – à regret — n’a pu prof­iter de cette offre excep­tion­nelle.

Mais, comme la marge de Presstal­is est cal­culée en par­tie sur ce prix, en dimin­u­ant le prix de vente l’éditeur dimin­ue de fac­to la marge brute de la mes­sagerie, la frag­ilisant encore plus. Surtout si d’autres édi­teurs suiv­ent le mou­ve­ment. Nous don­nons ren­dez-vous à tous les par­tic­i­pants au grand jeu Presstal­is après les élec­tions munic­i­pales, quo­ti­di­ens, mag­a­zines, imprimeurs, édi­teurs, jour­nal­istes. Le match repren­dra et il y aura des morts.

Sur la lutte entre les quo­ti­di­ens et les mag­a­zines autour de la chute de Presstal­is, voir le com­mu­niqué du SAEP (syn­di­cat des édi­teurs de presse, qui défend les mag­a­zines).

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