TESTINGABCAccueil

Faire un don à l'Ojim

Aidez-nous à vous aider

Dans le monde opaque et le plus sou­vent homogène des médias, l’Ojim est là pour vous guider. Nous avons choisi la gra­tu­ité d’accès aux con­tenus, mais nous avons des charges. Une grande par­tie des rédac­teurs sont rémunérés et les coûts tech­niques sont lourds. Chaque don béné­fi­cie d’un reçu fis­cal de 66% du mon­tant. Un don de 100 € ne vous coûtera que 33 €. Même en été, pour nous aider, pour nous aimer c’est ici.

Les plus lus

  • Médias #Rugy­Gate : Les dîn­ers de François de Rugy, au ser­vice de la pro­mo­tion de sa femme jour­nal­iste à Gala

    François de Rugy a-t-il fait la car­rière de sa nou­velle femme Séver­ine Ser­vat aux frais des con­tribuables ? La ques­tion…

  • Médias Loi Avia : la France met fin à l’État de droit en matière d’expression

    Plus que la Corée du Nord ou autres lieux où il fait bon vivre, « la France est une des plus grandes men­aces mon­di­ales c…

  • Médias La mort du Français Vin­cent Lam­bert large­ment relatée dans les médias européens

    Le sort de Vin­cent Lam­bert et les pris­es de posi­tion des médias sont d’abord, chez nos voisins européens comme chez nous…

  • Médias Alba Ven­tu­ra ou le vocab­u­laire ori­en­té

    Avec le par­ti des médias poli­tique­ment cor­rects, tout est ques­tion de vocab­u­laire. La majeure par­tie des jour­nal­istes ne…

  • Por­traits Edwy Plenel

    PORTRAIT — Trot­skyste un jour, trot­skyste tou­jours ? Jour­nal­iste bril­lant pour les uns, revan­chard mil­i­tant peu soucieux…

  • Médias Tri­bune libre : Alain Duhamel, ses diplômes au rabais, sa légion d’honneur à pleur­er de rire

    A la suite de notre arti­cle sur les réac­tions des médias sur l’invitation de Mar­i­on Maréchal, envoyée puis retirée par l…

  • Por­traits Fab­rice Arfi

    PORTRAIT — Fab­rice Arfi est né dans le 8ème arrondisse­ment de Lyon le 4 sep­tem­bre 1981. Fils d’un polici­er de la brigade…

  • Por­traits Jean-Michel Aphatie

    PORTRAIT — Jean-Michel Aphatie est né en sep­tem­bre 1958 à Mon­cay­olle-Lar­ro­ry-Mendibieu (Pyrénées-Atlan­tiques). Après avo…

  • Por­traits Rachid M’Barki

    PORTRAIT — Rachid M’Barki, né en févri­er 1969 à Toulouse, d’origine maghrébine, est un jour­nal­iste français de télévi­sio…

  • Médias Mar­i­anne con­tre les GAFAM 

    Avec le départ de Renaud (dit « délit d’opinion ») Dély et l’arrivée de Polony, Mar­i­anne con­naît un véri­ta­ble « revival …

Gérard Gachet, victime de l’alternance

Ce sont les joies de l’alternance : le jour­nal­iste Gérard Gachet a été ren­voyé de la Délé­ga­tion à l’information et à la com­mu­ni­ca­tion de la Défense (DICoD), qu’il dirigeait depuis le début de l’année, après qua­tre ans passés à la direc­tion de la com­mu­ni­ca­tion du min­istère de l’Intérieur.

Con­nu pour son tem­péra­ment « droiti­er », l’ancien patron de Valeurs actuelles a été plac­ardisé et devient… délégué min­istériel à la Jeunesse. On sent qu’il va s’y amuser !

Le Monde : flagrant délit

Le quo­ti­di­en Le Monde, qui sou­tient claire­ment les insurgés syriens con­tre le régime de Bachar Al-Assad, se fait pren­dre la main dans le sac en page 3 dans son édi­tion du 29/30 juil­let 2012.

Une page entière est con­sacrée aux insurgés, à tra­vers deux arti­cles. D’abord un excel­lent reportage de Flo­rence Aube­nas, sur lequel il n’y a rien à redire. Les insurgés sont con­tre le régime et man­i­fes­tent aux cris de « Allah Akbar », rien de sur­prenant. On peut saluer l’honnêteté et le courage de Flo­rence Aube­nas, grand reporter de ter­rain.

Il n’en est pas de même pour un papi­er de tête signé Ben­jamin Barthe. La local­i­sa­tion du jour­nal­iste n’est pas indiquée (sur place, Paris, Bey­routh, ailleurs ?). Une chose est sûre, il com­mence très fort !

Citons l’entame du papier de Benjamin Barthe

« Sim­ple coïnci­dence ou sin­istre cal­cul ? Comme Moscou qui avait envoyé ses chars à lassaut de la Géorgie le jour même de la cérémonie douver­ture des jeux olympiques de Pékin, il y a qua­tre ans, en août 2008, Damas a déclenché son attaque con­tre Alep quelques heures après le lance­ment offi­ciel des olympiades de Lon­dres ».

Décryptage : en deux phrases, un jugement et un mensonge.

Le juge­ment est presque naïf. Qu’il y ait une sim­ple coïnci­dence ou un sin­istre cal­cul (art de l’insinuation, on n’affirme pas, on glisse le mot sous le tapis), il existe bel et bien un axe du mal : « Comme Moscou Damas». Le mal (– le sin­istre – Lit­tré : per­ni­cieux, dan­gereux, funeste) est désigné, c’est l’axe Russie-Syrie. La suite va per­me­t­tre de con­firmer l’existence du dia­ble.

Car suit le men­songe. Le lecteur non aver­ti com­prend : le jour de l’ouverture des précé­dents jeux olympiques la féroce Russie a envahi la pais­i­ble Géorgie. Mais, il y a un mais. Il y a men­songe par omis­sion (vous me copierez trois fois le code de déon­tolo­gie du Monde). Retour sur les faits, chronolo­gie en main. Le 8 août 2008 à 23h10, le gou­verne­ment GÉORGIEN informe le général russe com­man­dant les troupes russ­es en Ossétie du Sud, dans la cap­i­tale Tskhin­vali, de son inten­tion de rétablir « l’ordre con­sti­tu­tion­nel » PAR LA FORCE. Dans l’heure qui suit, une ving­taine de sol­dats russ­es sont tués. C’est l’engrenage que tout le monde con­naît, les forces russ­es inter­vi­en­nent, les troupes géorgi­en­nes sont écrasées, le 12 août Nico­las Sarkozy pro­pose sa médi­a­tion qui débouche sur un plan de paix signé le 15 août.

HISTORIQUEMENT C’EST BIEN LA GÉORGIE QUI A ATTAQUE UN TERRITOIRE – L’OSSÉTIE DU SUD – SOUS CONTRÔLE INDÉPENDANTISTE ET RUSSE DEPUIS 1992 (accords de Sotchi, signés par le prési­dent géorgien Édouard Chevard­nadze le 24 juil­let 1992).

L’article de Ben­jamin Barthe sous entend que Moscou était l’agresseur. Moscou qui aujourd’hui sou­tient le régime mau­dit de Bachar Al-Assad. Dont les troupes vien­nent d’agresser les insurgés d’Alep. CQFD : revoilà l’axe du mal qui vient per­turber une grande man­i­fes­ta­tion paci­fique et sportive suiv­ie par des mil­liards de per­son­nes. Car­ton rouge pour Le Monde et expul­sion tem­po­raire du ter­rain de la déon­tolo­gie jour­nal­is­tique !

Pho­to : cap­ture d’écran LeMonde.fr

Inrocks : Audrey Pulvar répond aux critiques

Pour Téléra­ma, l’arrivée d’Audrey Pul­var aux Inrocks « fait mal à la pro­fes­sion », tan­dis que l’hebdomadaire Mar­i­anne regrette qu’une jour­nal­iste « alliée de la façon la plus intime qui soit avec le pou­voir, désignée pour diriger un organe du con­tre-pou­voir ». Répon­dant aux cri­tiques qui ont suivi l’annonce de sa nom­i­na­tion comme direc­trice édi­to­ri­ale de l’hebdomadaire, la com­pagne d’Arnaud Mon­te­bourg a promis que Les Inrocks ne deviendraient pas un organe de pro­pa­gande du gou­verne­ment, et regret­té « l’idée archaïque » selon laque­lle elle pour­rait être « manip­ulée par son com­pagnon ». L’idée qu’elle pour­rait tout sim­ple­ment l’aimer et vouloir lui éviter des ennuis, en revanche, est-elle absol­u­ment ridicule ?

Audrey Pul­var dirig­era Les Inrocks avec le jour­nal­iste Arnaud Aubron en rem­place­ment de David Kessler, par­ti rejoin­dre le cab­i­net du prési­dent… François Hol­lande.

Pho­to : cap­ture d’écran Le Parisien

Audrey Pulvar : clash aux Inrocks

L’arrivée d’Audrey Pul­var, com­pagne du min­istre Arnaud Mon­te­bourg, au poste de direc­trice du développe­ment édi­to­r­i­al des Inrock­upt­ibles vient de provo­quer la démis­sion de Thomas Legrand, respon­s­able des pages poli­tiques du mag­a­zine.

Dans une inter­view don­née à Téléra­ma, il déclare : « Pour moi, c’était impos­si­ble de rester (…) For­cé­ment, elle aura des infos : si elle les dit, elletrahit son com­pagnon. Si elle ne les dit pas, elle trahit son jour­nal et sa con­di­tion de jour­nal­iste. (…) On ne peut plus être lu pour ce qu’on écrit. Tout sera for­cé­ment inter­prété ! On a juste­ment un arti­cle sur Mon­te­bourg, ce mer­cre­di. Et j’ai fait un édi­to très “anti” Mon­te­bourg. C’est le hasard, c’était prévu avant l’annonce de l’arrivée d’Audrey Pul­var. Mais vous voyez bien com­ment ça va être lu ! ».

Le jour­nal­iste estime ain­si qu’il y a « un gros malaise », au sein du ser­vice poli­tique du mag­a­zine avant d’affirmer « qu’il ne peut plus y avoir de traite­ment crédi­ble de la poli­tique aux Inrocks. »

Thomas Legrand écrivait pour Les Inrock­upt­ibles depuis sep­tem­bre 2010. Il col­la­bore égale­ment au site Slate.fr et par­ticipe régulière­ment au club de la presse du ven­dre­di du « Grand Jour­nal » sur Canal+.

L’écoute des podcasts radio progresse

Les audi­teurs de radio mon­trent un intérêt crois­sant pour l’écoute de la radio « en rat­tra­page » via les pod­casts, que ce soit par abon­nement ou en télécharge­ment à l’unité : ils sont près de 8 sur 10 à écouter les pod­casts téléchargés, con­tre 7 sur 10 il y a un an.

Menée pour la deux­ième année con­séc­u­tive, l’étude porte sur les com­porte­ments d’écoute des pod­cas­teurs, sur la base des sta­tions de radio mesurées par Médi­amétrie-eStat dans le cadre de la mesure des Pod­casts*.
Sur un mois, les pod­cas­teurs téléchar­gent en moyenne 15,5 pod­casts et en écoutent 12,1, soit 78% des pod­casts téléchargés qui sont écoutés. Cam­pagne prési­den­tielle, développe­ment de l’offre, et ancrage de cette pra­tique ont prob­a­ble­ment con­tribué à la pro­gres­sion de cette écoute par rap­port à 2011 : 69% des pod­casts téléchargés étaient écoutés.

Les plus adeptes des pod­casts sont les 25–34 ans, les Caté­gories Socio Pro­fes­sion­nelles Supérieures et les habi­tants de la Région Parisi­enne : les « pio­nniers » des pod­casts.

L’ordinateur : prin­ci­pal sup­port d’écoute des pod­casts… pour une écoute qui a le plus sou­vent lieu à domi­cile

Si les audi­teurs sont plus nom­breux à écouter leurs pod­casts sur un ordi­na­teur et à domi­cile, cette étude mon­tre égale­ment l’intérêt de l’offre en sit­u­a­tion de mobil­ité. Ain­si, les plus « gros con­som­ma­teurs » de pod­casts sont ceux qui les écoutent sur un télé­phone mobile – ils en écoutent en moyenne 17,2 par mois (con­tre 10 par mois chez ceux qui les écoutent sur un ordi­na­teur) – et ceux qui les écoutent en déplace­ment : 15,8 pod­casts écoutés en moyenne par mois (con­tre 10,8 par mois chez ceux qui les écoutent à domi­cile).

*Sta­tions étudiées : Europe 1, France Bleu, France Cul­ture, France Info, France Inter, France Musique, Le Mouv’ et RTL.

NRJ : première radio de France

Selon la dernière étude Médiamétrie, NRJ, radio musicale « jeune », détrône RTL en gagnant un point de part d’audience par rapport à la période avril-juin 2011 (11,7% de PDA contre 10,7%)*. Cette radio est suivie par 6,16 millions d’auditeurs contre 6,06 million pour RTL. Une performance qui est notamment à mettre sur le compte de l’émission « C’Cauet » qui progresse, sur une année, de 73%.

En début de sai­son, la radio musi­cale avait annon­cé son inten­tion de repren­dre le som­met du podi­um, qu’elle avait per­du depuis 2006 – péri­ode qui avait coïn­cidé avec l’intense actu­al­ité poli­tique de la cam­pagne prési­den­tielle pour 2007. Durant les années suiv­antes, NRJ n’avait jamais pu repren­dre le lead­er­ship. C’est désor­mais chose faite puisque Médi­amétrie révèle que, sur les mois d’avril à juin 2012, NRJ a, cette fois, dépassé tous ses con­cur­rents. Ce qui revient à con­stater qu’au cœur des cam­pagnes prési­den­tielles et lég­isla­tives, la radio la plus écoutée de France était celle des ado­les­cents et des fans de Cauet… Une grande leçon de mod­estie pour les jour­nal­istes poli­tiques !

Cet état de fait ne remet pas en ques­tion l’intérêt des Français pour la chose publique, puisque les qua­tre radios suiv­antes (RTL, France inter, France info et Europe 1) sont toutes des radios d’information ; mais il illus­tre peut-être une forme de las­si­tude face aux manières de ren­dre compte de l’actualité poli­tique.

Dans un pays où la droite et l’extrême droite réu­nies rassem­blent des scores élec­toraux plus élevés que ceux de la gauche, la con­tre-per­for­mance de RTL s’explique peut-être égale­ment par ses recen­trages con­stants depuis un an. À la fin de l’été 2011, la direc­tion avait annon­cé l’éviction de Robert Ménard, qui offi­cie depuis sur Sud-Radio. Le feuil­leton sur l’éviction ou la sim­ple plac­ardi­s­a­tion d’Éric Zem­mour a occupé une bonne par­tie du print­emps 2012, avant de se con­clure par une côte mal tail­lée . Une chose est sûre : cette perte d’audience de RTL implique des remaniements évi­dents de la grille de pro­gramme et la néces­sité de retrou­ver des snipers capa­bles de fidélis­er le grand pub­lic.

Le suc­cès de France Inter, qui s’installe solide­ment — avec 11% de part d’audience con­tre 10,2% et 5,77 mil­lions d’auditeurs — à la troisième place, lui, sem­ble résul­ter du suc­cès de la mati­nale emmenée par Patrick Cohen ain­si que des nom­breux chroniqueurs, sou­vent mar­qués à gauche, qui per­me­t­tent de mari­er infor­ma­tion et diver­tisse­ment. Philippe Val, directeur général de France Inter, veut pour­suiv­re dans cette voie à la ren­trée.

France Info a réal­isé un très bon score avec, comme l’an dernier, 9% de PDA, ce qui peut être con­sid­éré comme un résul­tat sat­is­faisant, les Français ayant claire­ment pris, courant juin, leurs dis­tances avec la poli­tique, ain­si que le fort taux d’abstention aux élec­tions lég­isla­tives l’a révélé.

Avec 8,7% de part d’audience, Europe 1 con­serve le même chiffre que l’an dernier. L’ennui, c’est que, pour crev­er ce pla­fond, la radio avait pro­fondé­ment renou­velé ses équipes en con­fi­ant la mati­nale à Bruce Tou­s­saint et en nom­mant Fabi­en Namias à la direc­tion de l’information. La vague de départs qui frappe actuelle­ment cette radio est révéla­trice d’une nou­velle crise. Après l’éviction d’Arlette Chabot, plusieurs jour­nal­istes quit­tent Europe 1 : Thier­ry Guer­ri­er, Guil­laume Cahour, Stéphane Grand, Patrick Fay et Cather­ine Boulay.

Enfin, le sondage Médi­amétrie révèle égale­ment une nette pro­gres­sion de RMC qui, avec 7,7% de PDA con­tre 6,7 % en 2011, se taille une hon­nête six­ième place. Un suc­cès qui s’explique, de toute évi­dence, par le ton « pop­uliste », hon­nête et sans con­ces­sion de la mati­nale de Jean-Jacques Bour­din. Les débats sportifs sur le foot­ball et sur le rug­by sem­blent égale­ment avoir attiré un nou­veau pub­lic. Ain­si que le note Le Figaro, « une petite radio s’invite désor­mais dans la cour des grands avec toutes les con­séquences que cela peut avoir sur le marché pub­lic­i­taire. » De quoi offrir bien des espoirs aux radios asso­cia­tives ou à celles qui osent une ligne édi­to­ri­ale tranchée et orig­i­nale.

* L’audience cumulée mesure le pour­cent­age des per­son­nes ayant écouté la radio au moins une fois dans la journée, tan­dis que la part d’audience tient compte de la durée d’écoute.

De Valeurs Actuelles à la direction du Fig’ Mag

Guil­laume Roquette, directeur des rédac­tions de Valeurs actuelles et du Spec­ta­cle du monde a annon­cé ce mer­cre­di son prochain départ… Il pren­dra en effet sous peu la direc­tion du Figaro Mag­a­zine en rem­place­ment d’Alexis Brézet, nou­veau directeur des rédac­tions du Figaro et lui-même… ancien de Valeurs actuelles !

Avec cette nom­i­na­tion, Serge Das­sault choisit un homme d’écrit et de con­vic­tions, claire­ment posi­tion­né à droite de l’échiquier poli­tique.

Ce trans­fert accom­pli en moins d’une semaine prou­ve que le groupe Val­monde est une superbe poupon­nière pour le groupe Das­sault.

Crédit pho­to : etnobofin (Flickr cc) + DR

Lorànt Deutsch : un prochain livre avec Patrick Buisson

Le prochain ouvrage du comé­di­en Lorànt Deutsch sera con­sacré « au Paris de Louis-Fer­di­nand Céline » et cosigné avec… le directeur de la chaîne His­toire, Patrick Buis­son.

L’ouvrage, un « beau livre » inti­t­ulé Le Paris de Céline, sera directe­ment inspiré du film « Paris Céline » (édi­tions Mont­par­nasse), réal­isé par l’ancien directeur des rédac­tions de Minute et Valeurs actuelles, Patrick Buis­son – et déjà présen­té par Lorànt Deutsch, auteur du best-sell­er Métronome, con­sacré à l’histoire de Paris vue à tra­vers ses sta­tions de métro.

Infati­ga­ble arpen­teur du pavé parisien et de ses ban­lieues, Céline est, nous dit le comé­di­en, « un romanci­er de la moder­nité urbaine ». Buis­son et Deutsch retra­cent donc les par­cours inso­lites de l’auteur du Voy­age au bout de la nuit. L’album est une invi­ta­tion à la décou­verte de « son » Paris : le Pas­sage Choiseul de son enfance ; Clichy, ban­lieue « pail­las­son » aux portes de la cap­i­tale où le doc­teur Destouch­es se frotte à la mis­ère ; Mont­martre, terre de poul­bots, de pein­tres et de danseuses ; Meudon, enfin, où l’écrivain mau­dit se retranche avec Lucette, son per­ro­quet et ses chiens… Des images rares ou inédites, des vues con­tem­po­raines, des anec­dotes sur­prenantes et des cita­tions choisies font revivre tout un Paris dis­paru, ses fig­ures, ses décors, ses per­son­nages et son lan­gage. À paraître le 3 sep­tem­bre chez Albin Michel.

Crédit pho­to : DR

Liberté d’expression : Zemmour sanctionné par le CSA

Le CSA a adressé le 18 juil­let un rap­pel à l’ordre à RTL, à la suite de l’émission « Z comme Zem­mour » du 23 mai dernier où Éric Zem­mour esti­mait que le nou­veau min­istre de la Jus­tice, Chris­tiane Taubi­ra, avait d’emblée « choisi ses vic­times, ses bour­reaux. Les femmes, les jeunes des ban­lieues sont dans le bon camp à pro­téger, les hommes blancs dans le mau­vais. »

Ces pro­pos « pou­vaient appa­raître comme stig­ma­ti­sant ces caté­gories de pop­u­la­tion et véhiculer des stéréo­types raci­aux et soci­aux », a con­sid­éré le CSA dans sa déci­sion basée sur l’article 2–4 de la con­ven­tion de RTL. L’article en ques­tion souligne que l’éditeur doit veiller « à ne pas encour­ager des com­porte­ments dis­crim­i­na­toires à l’égard des per­son­nes en rai­son (…) de leur sexe (…) de leur appar­te­nance ou de leur non-appar­te­nance, vraie ou sup­posée, à une eth­nie, (…) une race (… ) ».

Le chroniqueur avait cri­tiqué la volon­té de Chris­tiane Taubi­ra de sup­primer les tri­bunaux cor­rec­tion­nels pour mineurs, d’en appel­er à « moins de répres­sion » envers les délin­quants, mais de faire rapi­de­ment vot­er une nou­velle loi rép­ri­mant le har­cèle­ment sex­uel. Éric Zem­mour avait aus­si reproché au garde des Sceaux de se mon­tr­er « douce et com­patis­sante, com­préhen­sive », comme « une maman pour ses enfants, ces pau­vres enfants qui volent, trafiquent, tor­turent, men­a­cent, rack­et­tent, vio­len­tent, tuent aus­si par­fois ».

Le Mrap s’était dit « scan­dal­isé » par une « chronique haineuse, raciste et misog­y­ne ». SOS Racisme avait dénon­cé une « haine quo­ti­di­enne » dis­til­lée par l’intéressé avec « la sol­lic­i­tude de RTL ». Dès la fin du mois de juin, le remaniement de la grille des pro­grammes était tombée comme une sanc­tion pour le chroniqueur vedette de la radio : Zem­mour sera main­tenu à l’antenne de RTL à la ren­trée, mais seule­ment deux fois par semaine et non plus quo­ti­di­en­nement.

Brèves : changement de style au Figaro

Il n’a pas fal­lu beau­coup de temps à Serge Das­sault pour réor­gan­is­er son groupe après les élec­tions. Alex­is Brézet, 50 ans, rem­place Éti­enne Mougeotte, 72 ans, comme Directeur des rédac­tions du groupe Le Figaro. Mougeotte, ultra-sarkozyste, est mis sur la touche au prof­it d’un pro­fil plus lisse. Alex­is Brézet a fait sa car­rière à Valeurs Actuelles avant d’intégrer le groupe Le Figaro en 2000 où il était directeur de la rédac­tion du Figaro Mag­a­zine.

Au-delà de l’aspect directe­ment poli­tique la sig­ni­fi­ca­tion de ce change­ment pour­rait être surtout économique. Depuis mai/juin toute la presse écrite souf­fre : baisse de 10% de la pub­lic­ité et tasse­ment de la dif­fu­sion mal­gré la péri­ode élec­torale. Alex­is Brézet devra négoci­er avec les pou­voirs publics en général et Aurélie Fil­ipet­ti en par­ti­c­uli­er sur un grand nom­bre de sujets brûlants : les aides à la presse, la sit­u­a­tion de l’imprimerie, le pas­sage au numérique. Les social­istes négocieront plus facile­ment avec un Brézet qu’avec un Mougeotte auquel François Hol­lande avait refusé tout entre­tien pen­dant la cam­pagne prési­den­tielle.

Chasse aux sorcières : Robert Ménard viré d’I>Télé

Vous n’entendrez plus Robert Ménard sur i>télé en sep­tem­bre. La chaîne d’information vient de lui sig­ni­fi­er l’arrêt de son émis­sion quo­ti­di­enne « Ménard sans inter­dit », pro­gram­mée à 17h45. La direc­tion d’i>télé se défend de toute mesure poli­tique et assure que l’arrêt de ce pro­gramme s’est fait avec l’accord de Robert Ménard.

Robert Ménard con­teste vive­ment cette inter­pré­ta­tion et accuse la chaîne d’avoir cédé à des pres­sions. Récem­ment Louis Georges Tin Prési­dent du CRAN (« Con­seil Représen­tatif des Asso­ci­a­tions Noires », un groupe de pres­sion com­mu­nau­taire) avait déclaré tout de go dans cette même émis­sion que « Le quo­ta de Ménard à la radio était dépassé ». Sic. Un appel explicite à la chas­se au Ménard, un appel enten­du et suivi par la direc­tion de la chaîne. L’émission « sans inter­dit » impli­quait dans son titre une totale lib­erté d’expression. Cette lib­erté de ton a coûté son émis­sion à Robert Ménard déjà évincé de RTL en 2011. Il est main­tenant expul­sé d’i>télé. Son con­trat avec Sud Radio sera-t-il recon­duit ?

Brèves : A. Wintour / P. Chapelotte / V. Bolloré

Le Dia­ble s’habille en Pra­da… et vote Oba­ma. Anna Win­tour, célèbre rédac­trice en chef du mag­a­zine Vogue, a levé plus d’un demi-mil­lion de dol­lars de dons pour la nou­velle cam­pagne du prési­dent améri­cain. En récom­pense de ses bons et loy­aux ser­vices, elle pour­rait obtenir le poste d’ambassadeur à Lon­dres. Un bel exem­ple de rela­tions inces­tueuses entre pou­voir et con­tre-pou­voir.

Patri­cia Chapelotte, anci­enne con­seil­lère de Dominique Per­ben au min­istère de la Jus­tice, s’est recy­clée dans le con­seil en com­mu­ni­ca­tion. Elle vient de pub­li­er un livre, De Kerviel à Clearstream, L’art de com­mu­ni­quer lors des grands procès (éd. Eyrolles), où elle racon­te son expéri­ence de « démineuse de pièges », notam­ment médi­a­tiques. On y apprend com­ment elle a ten­té de redor­er l’image de Jean-Louis Ger­gorin dans le dossier Clearstream ou accom­pa­g­né le trad­er Jérôme Kerviel, bouc émis­saire d’une finance dev­enue folle. Patri­cia Chapelotte bâtit les plans de com­mu­ni­ca­tion, rythme les appari­tions de ses clients, imag­ine les for­mules « qui seront retenues par la presse » et organ­ise les ren­dez-vous qui peu­vent « infléchir le juge­ment médi­a­tique ». Intéres­sante plongée dans un univers qui, involon­taire­ment, révèle com­ment la com­mu­ni­ca­tion tente de se sub­stituer à l’information.

Vin­cent Bol­loré est un patron catholique qui met des actes au bout de ses idées. Rai­son pour laque­lle il va débours­er 60 mil­lions d’euros pour racheter le cou­vent des Petites sœurs des pau­vres, rue de Varize, dans le 16ème arrondisse­ment de Paris. Le mil­liar­daire a notam­ment prévu d’investir 20 à 30 mil­lions pour ses bonnes œuvres. Il a con­fié la ges­tion du site au con­sul­tant religieux de sa chaîne, Direct 8, l’abbé Gabriel Gri­maud, fon­da­teur de l’association tra­di­tion­nal­iste Mater Amor­is (égale­ment financée par Bol­loré). Le religieux sera assisté d’Aymer­ic Pour­baix, ancien directeur des pro­grammes de Radio Notre-Dame et nou­veau directeur de la rédac­tion de l’hebdomadaire Famille Chré­ti­enne.

Page 369 sur 370

Qui a dit…

« Non, à tout pren­dre, je préfère que les Frères musul­mans soient coop­tés par les mil­i­taires égyp­tiens qui gar­dent l’essentiel du pou­voir plutôt que de les voir gag­n­er des élec­tions libres, insti­tu­ant un Tariq Ramadan comme min­istre de la Cul­ture. Je sou­tiens donc le main­tien des dic­tatures les plus éclairées pos­si­bles – voire pas éclairées du tout – en Egypte et en Ara­bie saou­dite plutôt que l’application, dans ces régions du monde, des principes démoc­ra­tiques qui, dans l’immédiat, ne seraient que por­teurs de désor­dres et de vio­lences. »

Pour le découvrir, cliquez ici