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Charles Villeneuve

28 mai 2015

Temps de lecture : 7 minutes
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Charles Villeneuve

Alias Charly Papa Tango

Né Charles Leroy en juillet 1941 à Beyrouth, Charles Villeneuve a présenté pendant 17 ans l’une des émissions phare de TF1, « Le Droit de savoir ». Journaliste, producteur et auteur de nombreux essais, il a été, avant sa carrière de journaliste, sous-officier dans l’armée française, issu de l’ENSOA (École nationale des sous-officiers d’active) de Saint-Maixent-l’École.

Bal­afres au vis­age, il aime par­ti­c­ulière­ment entretenir cet air de « dur à cuire », témoin et acteur de toutes les batailles, imag­i­naires ou non. Lors de son pot de départ de TF1, on lui a joué « Le salut aux caïds » ; ses col­lèges le surnom­ment « Char­ly papa tan­go ». Pour­tant, comme l’a révélé Le Parisien, Vil­leneuve ne fut jamais légion­naire (comme il a pu le laiss­er enten­dre) et n’a même jamais été au feu… Son obses­sion pour la chose mil­i­taire ne s’en est pour autant pas trou­vée affec­tée.

D’émis­sion en émis­sion, il s’est fait une spé­cial­ité dans la dénon­ci­a­tion des petites frappes, crim­inels d’en bas, pour le plus grand bon­heur du téléspec­ta­teur avide de sen­sa­tions fortes. Homme de tous les réseaux, il n’a jamais caché des opin­ions poli­tiques plutôt à droite. En 2012, il a du reste fait par­tie de l’équipe de com­mu­ni­ca­tion de Nico­las Sarkozy en vue de l’élection prési­den­tielle.

Formation

Après l’ar­mée, il reprend ses études et intè­gre Sci­ences Po à Aix en Provence en 1964, où il est le plus vieux de sa pro­mo­tion.

Parcours

Il fait ses débuts dans le jour­nal­isme à Paris-Presse l’In­tran­sigeant en 1967 (trois ans avant que le jour­nal ne soit absorbé entière­ment par France-Soir). En 1979, il se lance dans le monde de la radio quand Jean Gori­ni le recrute à Europe 1. Il cou­vre alors les con­flits au Moyen-Ori­ent, et c’est à cette occa­sion qu’il change de nom. En effet, il y avait déjà un Leroy dans la rédac­tion en la per­son­ne de son rédac­teur en chef. VSD racon­te les cir­con­stances : « Charles pro­pose Séropi­an, du nom de sa mère. Le présen­ta­teur refuse, préférant un nom plus clas­sique. Dix min­utes avant son pas­sage à l’antenne, Charles n’a tou­jours pas de pseu­do­nyme. André Arnaud cherche un jeu de mots avec “Leroy” et finit par trou­ver “Vil­leneuve-le-Roi” (nom d’une com­mune du Val-de-Marne). Il devient donc Charles Vil­leneuve. Aujourd’hui, sur son passe­port, les deux patronymes fig­urent. »

En 1987, direc­tion la télévi­sion avec la présen­ta­tion de « Le Glaive et la Bal­ance » sur M6 en guise de pre­miers pas (il en devien­dra ensuite le pro­duc­teur). La même année, il rejoint Paris Match où il crée, avec Lau­rence Masurel, les « pages jaunes », large­ment con­sacrées à la poli­tique.

En 1990, Fran­cis Bouygues lui pro­pose de rejoin­dre TF1. Il accepte et crée « Le Droit de savoir » avec Patrick Poivre d’Ar­vor, Gérard Car­rey­rou et Franz-Olivi­er Gies­bert, mag­a­zine à suc­cès qu’il présente pen­dant 17 ans. Il devient ensuite le directeur des sports de la pre­mière chaîne. En par­al­lèle, il dirige TAP (nom don­né en référence aux troupes aéro­portées), mai­son de pro­duc­tion fil­iale de TF1 avec laque­lle il pro­duit, entre autres : « Le Droit de savoir », « Le Droit de savoir faits divers », « Appels d’ur­gence », « 90 min enquêtes » sur TMC, « 50 min inside » ; ain­si que plusieurs télé­films : « La Chas­se à l’Homme », « La Véri­ta­ble His­toire de l’ar­resta­tion de Jacques Mes­rine », « L’Af­faire du Rain­bow War­rior », et le doc­u­men­taire « Ils voulaient tuer de Gaulle ».

Il quitte toutes ses fonc­tions de TF1 en avril 2008, à 67 ans, pour pren­dre le poste de prési­dent du Paris Saint-Ger­main. Pour ce départ de la pre­mière chaîne d’Eu­rope, il aurait empoché un chèque de « 3 à 4 mil­lions d’eu­ros », infor­ma­tion qu’il a cepen­dant tou­jours caté­gorique­ment démen­tie. Son entrée dans le monde du sport est très cri­tiquée. Mal­gré tout, il per­met au PSG, alors 15ème du cham­pi­onnat, de se hiss­er à la 5ème place et gagne la sym­pa­thie des sup­port­ers. Il démis­sionne le 3 févri­er 2009 suite à des ten­sions internes.

Depuis 2011, il par­ticipe régulière­ment, en tant que chroniqueur, à l’émis­sion « Les Spéci­mens » sur Canal+ (foot­ball) et au « Débat des grandes voix », présen­té par Frédéric Tad­deï sur Europe 1.

En avril 2015, il rachète, en com­pag­nie de l’homme d’af­faires libanais Iskan­dar Safa et du patron de presse Éti­enne Mougeotte, l’heb­do­madaire Valeurs Actuelles au groupe Val­monde. Aupar­a­vant, avec les mêmes asso­ciés, il avait déjà ten­té d’ac­quérir Nice-Matin et L’Ex­press, sans suc­cès.

Il est l’au­teur de plusieurs essais sur la poli­tique et le ter­ror­isme.

Faits notoires

Avec son émis­sion phare « Le Droit de savoir », il est la cible de nom­breuses cri­tiques. On lui reproche sou­vent une ligne axée sur les coupables d’actes anti­so­ci­aux (deal­ers, crim­inels, mil­i­tants poli­tiques…), par­ti­c­ulière­ment en péri­ode élec­torale.

En octo­bre 2001, il est débouté dans son procès inten­té à Pierre Bot­ton. Dans son livre Mes chers amis (Flam­mar­i­on, 2000, réédi­tion en col­lec­tion « J’ai lu ») l’homme d’af­faire, con­damné en 1996 pour abus de biens soci­aux, l’avait accusé d’avoir béné­fi­cié de ses largess­es, citant notam­ment deux séjours au ski à Courchev­el, dont l’un avec excur­sion en héli­cop­tère, offerts inté­grale­ment à la famille de Vil­leneuve. Vil­leneuve s’es­ti­mait dif­famé, ce qui n’a pas été de l’avis du tri­bunal cor­rec­tion­nel. Celui-ci a jugé les preuves fondées, et même révéla­tri­ces de « cer­taines pra­tiques en vigueur au sein du monde de la poli­tique et des médias ».

Charles Vil­leneuve a été bal­afré lors d’une man­i­fes­ta­tion à Tunis lors de son enfance. La sec­onde bal­afre provient d’un acci­dent de voiture. Selon ses dires, il aurait égale­ment été visé par des tireurs d’élite lors de la guerre du Liban, qu’il cou­vrait pour Europe 1.

En 2008, il par­ticipe à un doc­u­men­taire par­o­dique, à la base réal­isé pour la pro­mo­tion du film « Go Fast », dans lequel il car­i­ca­ture ses pro­pres reportages sur la ban­lieue. Ladi Ly, le pro­duc­teur du doc­u­men­taire, racon­te : « Sa par­tic­i­pa­tion nous a sur­pris, on avait fini le docu, on voulait une voix off, on a pen­sé à lui mais c’é­tait un délire, on ne pen­sait pas qu’il accepterait. Et puis, il a vu la vidéo et il a dit oui tout de suite. S’il joue le jeu comme ça, s’il est autant dans l’au­todéri­sion, j’imag­ine que c’est parce qu’il sait ce qu’on pen­sait de ses émis­sions. »

Il a com­men­té 13 fois le défilé mil­i­taire du 14 juil­let, et a présen­té les émis­sions « Opéra­tions spé­ciales » lors de cet événe­ment.

Engagement militant

Lors de la cam­pagne prési­den­tielle de 2012, il intè­gre l’équipe de com­mu­ni­ca­tion de Nico­las Sarkozy aux côtés de Gérard Car­rey­rou et d’Éti­enne Mougeotte.

Son réseau

D’après L’Ex­press (6 août 2008) : « Il est de tous les clubs, des moin­dres coter­ies : les Arméniens, les Français de Tunisie, les amis de la Légion étrangère, etc. Sans oubli­er la franc-maçon­ner­ie ».

Il fait égale­ment par­tie du « Club des meilleurs », fan-club très select de l’ar­mée française.

Collaborations

Le 12 mars 2014, il tient une con­férence chez les « Amis du Crif » sur le thème « La stratégie mil­i­taire : le mod­èle français et le mod­èle israélien ».

Le 2 févri­er 2015, il par­ticipe avec Bruce Tou­s­saint à la « Mas­ter­class » de l’IEJ Paris sur le thème : « L’importance de la hiérar­chie au sein d’une rédac­tion pour le traite­ment d’un évène­ment en direct ».

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné.

Publications

  • His­toire secrète du Ter­ror­isme, Plon, 1987, essai
  • Le glaive et la bal­ance, Com­pag­nie 12, 1989, essai
  • Les masques du ter­ror­isme, Édi­tions n° 1, 1991, essai. Coécrit avec avec Patrice de Méritens.
  • La Ville — Vol. 1 — Pre­mières Armes, Stock, 1991 avec Jean-Pierre Bastid
  • La Ville — Vol. 2 — Le Temps du pou­voir, Stock, 1991 avec Jean-Pierre Bastid
  • Les Liaisons dan­gereuses de Pierre Béré­gov­oy, Plon, 1993, essai

Il l’a dit

« Je suis jour­nal­iste, je reste jour­nal­iste, c’est tout ce que je sais faire », Nice-Matin, 11 octo­bre 2012

« Au sens poli­tique, non. Mais au sens d’un lob­by, d’un groupe de pres­sion, oui. Depuis quelques années, les homos s’af­fichent, ils se défend­ent, et sont organ­isés. Ils sont maires de grandes villes, hauts fonc­tion­naires, mag­is­trats, jour­nal­istes, et ils font cause com­mune. » (à pro­pos d’un “pou­voir gay” en France), La Dépêche, 26 févri­er 2002

« PPDA, on l’a égorgé au coin d’un couloir avec un couteau rouil­lé » (à pro­pos du limo­geage de PPDA de TF1) France Inter, 5 mars 2009

Marine Le Pen est un « Goebbels en jupons », Europe 1, « Le débat des grandes voix », 12 mars 2011

« Il y a tou­jours 600 mil­lions d’Arabes qui veu­lent jeter 6 mil­lions de Juifs à la mer », Europe 1, « Le débat des grandes voix », 3 juil­let 2010

Ils l’ont dit

« Charles est beau­coup plus nuancé que l’im­age qu’on donne de lui. (…) Il aime aus­si ce qui brille, il aime le pou­voir, il est oppor­tuniste, mais qui ne l’est pas dans ce méti­er ? (…) Ce n’est pas un ange, loin de là. Il a un rap­port à la parole don­née par­fois… un peu sou­ple… Mais c’est un mec qui peut chang­er d’avis. », Pas­cal Praud, Fifa.com, 26 mai 2008

« Un homme odieux, hyper-froid, jamais dans les sen­ti­ments », jour­nal­iste anonyme de TF1, Fifa.com, 26 mai 2008

« De toute manière, pour faire ce qu’il a fait, il faut être fort. C’est un para. Il est allé faire des reportages sous les bombes toute sa vie. C’est un dur de dur », Louis Acar­iès, Fifa.com, 26 mai 2008

« Pas­sion­né d’histoire, il aurait aimé vivre pen­dant la Révo­lu­tion française et être adulte durant la Sec­onde Guerre mon­di­ale. Des péri­odes exal­tantes, estime-t-il », VSD, 15 juil­let 2004

« Charles red­oute la mort par décrépi­tude. Il s’entretient physique­ment, fait deux fois par semaine du vélo en salle et mange bio » VSD, 15 juil­let 2004

« Tru­cu­lent, charmeur, n’hési­tant pas à pren­dre par­fois quelques lib­ertés avec la réal­ité », Le Parisien, 22 juin 2008

« C’est un adver­saire cori­ace. Il sait agiter tous ses réseaux, plus ou moins con­fi­den­tiels. C’est un vrai dur », Nico­las de Tav­er­nost, Le Parisien, 22 juin 2008

« Lui dire que c’est un enfoiré, c’est trop banal, c’est banalis­er l’en­foiré », Thier­ry Rol­land, « La dernière inter­view », avril 2011

« Vil­leneuve, c’est comme un dos d’âne, sauf qu’il n’y a pas le dos, il y a juste l’âne » Thier­ry Rol­land, « La dernière inter­view », avril 2011

« Il a les mâchoires d’un boule­dogue, le regard qui frise un peu plus qu’à l’ac­cou­tumée », L’Ex­press, 6 août 2008

« À l’époque de la mal­adie de Mit­ter­rand, il suff­i­sait qu’il apprenne qu’un capo­ral de garde, au six­ième sous-sol de l’hôpi­tal du Val-de-Grâce, avait vu pass­er une radi­ogra­phie pour tra­vers­er Paris… », Charles Pel­le­gri­ni, L’Ex­press, 6 août 2008

« Ses col­lègues de bureau le surnom­ment « Char­lie Papa Tan­go », car l’an­cien para adore refaire ses guer­res imag­i­naires de cette voix som­bre de con­spir­a­teur qui, plus tard, hyp­no­tis­era la France du Droit de savoir », L’Ex­press, 6 août 2008

« Éter­nel jeune homme siglé Dolce & Gab­bana de la tête aux pieds, Vil­leneuve soigne son brush­ing à l’âge où d’autres soignent leur arthrose », L’Ex­press, 6 août 2008

« Il est de tous les clubs, des moin­dres coter­ies : les Arméniens, les Français de Tunisie, les amis de la Légion étrangère, etc. Sans oubli­er la franc-maçon­ner­ie » L’Ex­press, 6 août 2008

« Par­fois, il pousse un peu. Son regard sur l’ar­mée est com­plète­ment sub­jec­tif, c’est plus que de l’ex­al­ta­tion. Il ne pour­ra jamais être cri­tique » Général Bruno Dary, Le Parisien, 22 juin 2008

Crédit pho­to : DR

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