Devinette de la fête des rois
Nous sommes autour de la fête des rois, par­lons galette. Quel est le groupe de presse détenu par la pre­mière for­tune de France et que vous sub­ven­tion­nez à hau­teur de 12 mil­lions d’euros par an via les aides à la presse (chiffres 2016) ? C’est le groupe de Bernard Arnault (Les Échos, Le Parisien). L’Observatoire est moins riche qu’Arnault, plus libre que Le Parisien et tous les jours vous informe sur ceux qui vous infor­ment. Pour nous aider, nous aimer, nous soutenir, vous pou­vez don­ner avec un reçu fis­cal de 66% de votre don, c’est par ici.

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Le SNJ demande la création d’une instance déontologique

Le Syn­di­cat nation­al des jour­nal­istes (SNJ), réu­ni en con­grès à Villeur­banne (Rhône), a appelé à la créa­tion d’une instance déon­tologique des médias afin de « regag­n­er la con­fi­ance » des lecteurs, audi­teurs et téléspec­ta­teurs. L’objectif de cette instance « au ser­vice de la restau­ra­tion de l’image de la pro­fes­sion » sera « d’analyser les erreurs com­mis­es pour éviter qu’elles ne se repro­duisent », explique le SNJ. Un objec­tif proche de celui de l’Observatoire de la déon­tolo­gie de l’information (ODI) lancé la semaine dernière par l’historien Patrick Eveno. Le SNJ souhait­erait que la future instance émette des avis pou­vant être ren­dus publics, « cette seule pub­lic­ité ten­ant lieu de sanc­tion ». D’après le syn­di­cat, « la défi­ance, voire l’indifférence, du pub­lic envers les médias ne cesse de croître ». L’Ojim a salué la nais­sance de l’ODI dès sa nais­sance et y a adhéré en tant qu’association.

Claude Chollet / Francis Puyalte – “L’inquisition médiatique”


Claude Chol­let / Fran­cis Puyalte –… par OJIMTV
Près de quar­ante ans de carte de presse, de Paris-Jour au Figaro en pas­sant par L’Aurore, du statut de sta­giaire échoti­er à celui de grand reporter, Fran­cis Puyalte a tout con­nu, tout vécu de la presse écrite. Dans un livre bril­lant, nour­ri, enlevé, par­fois drôle et sou­vent amer, il passe de l’autre côté du miroir. Et ce n’est pas tou­jours sym­pa­thique. L’Inquisition Médi­a­tique, pré­face de Chris­t­ian Mil­lau, édi­tions Dual­pha, 2011, www.dualpha.com

Débuts décevants pour D8

En soirée, la chaîne a rassem­blé 1 189 000 de téléspec­ta­teurs (4,5% de part d’audience) avec un film encore jamais dif­fusé sur la TNT, Le 13e Guer­ri­er et a été battue par TMC qui pro­po­sait le pour­tant déjà mul­ti­d­if­fusé Inde­pen­dance Day (1 216 000 téléspec­ta­teurs et 5,1% de PDA). Il s’en est d’ailleurs fal­lu de peu pour que W9 ne grille la politesse à D8 avec Men in Black (1 094 000 de téléspec­ta­teurs et 4,1% de PDA) !

Inter­rogé par 20 Min­utes lors du Marché inter­na­tion­al des con­tenus audio­vi­suels (MIPCOM), Nonce Paoli­ni a con­fié « aucune crainte » pour sa chaîne. Le P-DG du Groupe TF1 a iro­nisé : « Vous ne voulez pas que je craigne D8 à 2,8 points d’audience, non ? ». Et remué le couteau dans la plaie : « Quand on veut être une grande chaîne et qu’on fait, 2,6 à 2,9 le pre­mier jour, on se dit qu’il y a du chemin. À grande chaîne, petite audi­ence… »

Dans le détail, il faut égale­ment not­er le démar­rage plus que mod­este du « Grand 8 », l’émission « 100% girl pow­er » qui mon­tre « cinq bour­geois­es médi­a­tiques faire sem­blant de ressem­bler à la femme au foy­er » (sans sur­prise, Le Nou­v­el Obs est en-thou-siaste !) a attiré 240 000 téléspec­ta­teurs, soit 1,9% des qua­tre ans et plus et 2,1% des ménagères de moins de cinquante ans. Un score déce­vant : il y a un an, dans la même case, la série Papa Schultz réal­i­sait une per­for­mance sim­i­laire sur Direct 8…

Hervé Chabalier

PORTRAIT — Hervé Cha­balier est né le 7 sep­tem­bre 1945 à Lan­gogne (Lozère). De son engage­ment au sein de la mou­vance trot­skyste dans les années 1960, le fon­da­teur et prési­dent de CAPA, a retenu l’importance de détenir les leviers du pou­voir cul­turel pour influer sur la société.

Numéro 23 lève 5 millions d’euros

Tous les action­naires ont par­ticipé à l’augmentation de cap­i­tal : Pas­cal Houzelot (pre­mier action­naire de la chaîne gay Pink TV), Xavier Niel (Free), François-Hen­ri Pin­ault (PPR), Jean-Charles Naouri (le PDG de Groupe Casi­no), Jacques Veyrat (qui dirige Eif­fel Invest­ment Group) ou encore Matthieu Pigasse, directeur général délégué de la banque Lazard en France et vice-prési­dent de Lazard Europe, action­naire du Groupe Le Monde et pro­prié­taire des Inrock­upt­ibles.

Bernard Arnault, le pro­prié­taire du groupe de luxe LVMH, a prof­ité de cette lev­ée de fonds pour entr­er à son tour dans le cap­i­tal de Diver­sité TV France, la société éditrice de Numéro 23.

Un député s’attaque à l’avantage fiscal des journalistes

Courageux ou incon­scient ? Jean-Pierre Gorges, député UMP de la 1ère cir­con­scrip­tion d’Eure-et-Loire et mem­bre de la Com­mis­sion des Finances a déposé un amende­ment au Pro­jet de Loi de Finances 2013 visant à sup­primer l’avantage fis­cal des jour­nal­istes. « Cer­tains con­tribuables con­tin­u­ent à béné­fici­er de nich­es ou de réduc­tions, incom­préhen­si­bles pour nos conci­toyens. Tel est le cas des jour­nal­istes. L’objet du présent amende­ment est de sup­primer l’avantage fis­cal dont ils béné­fi­cient et de le faire con­tribuer ain­si à l’effort con­sen­ti par tous nos conci­toyens », explique-t-il dans l’exposé des motifs.

Les jour­nal­istes béné­fi­cient en effet, qu’ils aient la carte de presse ou non, d’une réduc­tion fis­cale de 7 650 euros sur leur impôt sur le revenu. Cet avan­tage a été mis en place pour leur per­me­t­tre de cou­vrir les frais pro­fes­sion­nels inhérents à la pro­fes­sion : déplace­ments, déje­uners, mais aus­si frais de « représen­ta­tion » (tenue ves­ti­men­taire)… Un dis­posi­tif com­préhen­si­ble pour les jour­nal­istes pigistes (qui n’ont pas de rédac­tion), mais pour tous les autres ? Cet avan­tage per­met à cer­tains de réduire leur impôt de près de 50%. L’amendement de Jean-Pierre Gorges a recueil­li les sig­na­tures d’une quin­zaine de députés. Mais aucun ancien min­istre ou par­lemen­taire médi­a­tique.

« Tvous, la diversité » change de nom et de logo

Numéro 23 est dirigée par Pas­cal Houzelot, action­naire à 29,92% de Pink TV, une chaîne gay cryp­tée qui ne dif­fuse plus que deux heures de pro­grammes en clair chaque jour (dont des red­if­fu­sions) sans compter les cinq heures de porno gay chaque nuit.

Le con­cept de la diver­sité est-il devenu à ce point impop­u­laire en France qu’une chaîne qui en fera son fond de com­merce dès son lance­ment sur la TNT gra­tu­ite le 12 décem­bre 2012, dont le slo­gan était jusqu’alors « La diver­sité, 24h/24 » et qui a besoin d’annonceurs donc de téléspec­ta­teurs, n’ose plus s’afficher ouverte­ment ?

La redevance TV en hausse

Et ce n’est pas fini, à moins que la pub­lic­ité ne fasse son retour sur France Télévi­sions après 20 heures, une option qui « n’est pas à l’ordre du jour », avait assuré Jean-Marc Ayrault à l’Université d’été du PS en août dernier et con­tre laque­lle milite Aurélie Fil­ip­pet­ti, le min­istre de la Cul­ture et de la Com­mu­ni­ca­tion.

La Société civile des auteurs mul­ti­mé­dia milite en effet pour une aug­men­ta­tion de 3% chaque année du quin­quen­nat de François Hol­lande afin d’atteindre les 140 euros en 2017. Le Syn­di­cat des pro­duc­teurs indépen­dants priv­ilégie, lui, une index­a­tion sur les revenus…

Cette hausse devrait don­ner un peu d’oxygène à France Télévi­sions, qui a per­du plus de 100 mil­lions d’euros en 2012.

La rede­vance française reste toute­fois moins élevée qu’au Roy­aume-Uni (169 euros par an), qu’en Alle­magne (215 euros) ou qu’en Suisse (365 euros).

Plan social à El País

El País, l’équivalent du Monde en Espagne, va se sépar­er de près d’un tiers de ses effec­tifs (466 salariés) après une année 2011 morose, a annon­cé ven­dre­di sa direc­tion. La faute à une dif­fu­sion en baisse (365 118 exem­plaires par jour en 2011) et à un résul­tat d’exploitation en chute libre : 8,92 mil­lions d’euros l’année dernière ! Il est loin le temps où, comme en 2005, le quo­ti­di­en réal­i­sait 143,71 mil­lions d’euros de béné­fices avant intérêts et impôts…

Un « plan de prére­traites », une « réduc­tion d’effectifs dans les bureaux du jour­nal en vue d’un change­ment de mod­èle », une « réduc­tion des effec­tifs dans les rédac­tions de Madrid et Barcelone » et une « baisse des salaires » vont donc être entamées par la direc­tion du quo­ti­di­en, des mesures « douloureuses » mais « inévita­bles ».

El País appar­tient au groupe Prisa, qui a annon­cé une perte nette de 451 mil­lions d’euros en 2011, après avoir procédé à des pro­vi­sions cou­vrant cer­tains risques et dépré­ci­a­tions d’actifs, notam­ment au Por­tu­gal. Sans ces don­nées excep­tion­nelles, le groupe était tout juste à l’équilibre (1,6 mil­lion d’euros), ce qui ne jus­ti­fie sans doute pas la rémunéra­tion de son P-DG, Juan Luis Cebri­an (8,2 mil­lions d’euros en 2011).

Le prob­lème, c’est que la sit­u­a­tion s’est depuis dégradée. En effet, Prisa a annon­cé une perte nette de 53,09 mil­lions d’euros pour le 2e trimestre.

2 500 emplois ont déjà été sup­primés (18% des effec­tifs du groupe) depuis jan­vi­er 2011, notam­ment en Amérique latine, au Por­tu­gal et en Espagne où le jour­nal­isme tra­verse une crise impor­tante. Selon la Fédéra­tion des asso­ci­a­tions de jour­nal­istes espag­nols (FAPE), 7 901 jour­nal­istes ont déjà per­du leur emploi dans le pays depuis le début de la crise en 2008, dont 3 039 depuis jan­vi­er 2012 !

Air France veut abandonner la presse écrite

Dans le cadre de son plan d’économies 2012/2015 Air France envis­age de sup­primer la presse écrite dans les salons et les avions de la com­pag­nie. Il serait pro­posé à la place le télécharge­ment sur des tablettes et des télé­phones intel­li­gents.

Mais les édi­teurs se révoltent… et pour cause. Air France est de loin le pre­mier acheteur de presse papi­er de France. Pour cer­tains titres, les achats peu­vent représen­ter plus de 10% de la dif­fu­sion payée. Ces ventes dites « par tiers » ne rap­por­tent rien aux édi­teurs qui vendent à prix coû­tant. Mais cette « dif­fu­sion » est compt­abil­isée comme vente payante par l’Office de la Jus­ti­fi­ca­tion de la Dif­fu­sion (OJD). Et ce sont les sta­tis­tiques OJD qui déter­mi­nent les chiffres de ventes, qui eux-mêmes déter­mi­nent les tar­ifs pub­lic­i­taires.

Air France a fait mine d’enclencher la machine arrière. Les titres numériques seront pro­posés aux abon­nés début 2013, et ensuite éten­dus aux autres pas­sagers. Mais à terme la dis­pari­tion du papi­er, lourd, cher à trans­porter sem­ble bien entamée. Une nou­velle accéléra­tion de la muta­tion de la presse papi­er vers le numérique.

+ 25% d’interventions en matière de déontologie

Le rap­port annuel du Con­seil Supérieur de l’Audiovisuel pour 2011 con­state une ten­dance à la hausse en matière de déon­tolo­gie. Le nom­bre des affaires traitées est resté sta­ble mais celui des déci­sions pris­es par le con­seil a aug­men­té de 25% (49 con­tre 39). L’essentiel de ces déci­sions sont des rap­pels à la régle­men­ta­tion et au respect par les sta­tions de radiotélévi­sion de leurs cahiers des charges ou con­ven­tions.

Deux sanc­tions ont été pronon­cées en 2011, visant des sta­tions de radio : Radio Con­tact pour des pro­pos « racistes et xéno­phobes » dif­fusés lors d’une émis­sion de libre antenne ; Ici et Main­tenant pour des « man­que­ments répétés à l’obligation de maîtrise de l’antenne », notam­ment la dif­fu­sion de « pro­pos à car­ac­tère raciste » par un ani­ma­teur.

Les prin­ci­pales inter­ven­tions du CSA l’ont été dans les domaines suiv­ants :

  • Rigueur et hon­nêteté : traite­ment des affaires judi­ci­aires en cours ; présen­ta­tion et traite­ment de l’information ; manque de diver­sité dans l’expression des dif­férents points de vue.
  • Atteintes à l’ordre pub­lic : inci­ta­tion à la haine ou à la vio­lence ; encour­age­ments à des traite­ments dis­crim­i­na­toires ; respect des sen­si­bil­ités cul­turelles et de la diver­sité de la société.
  • Respect de la per­son­ne humaine : traite­ments avilis­sants ou humiliants. Pro­tec­tion des téléspec­ta­teurs : l’avertissement aux publics sen­si­bles (pour la dif­fu­sion sans pré­cau­tions d’images pou­vant heurter).
  • La « traça­bil­ité de l’image ». Un des enjeux des années à venir en par­ti­c­uli­er pour les images venant de l’étranger.

Source : Bul­letin de l’APCP, octo­bre 2012

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Qui a dit…

« C’est con­nu des hommes poli­tiques : je refuse toutes les invi­ta­tions. Ce n’est même pas une règle déon­tologique, c’est une pro­tec­tion per­son­nelle. J’aurais plus de mal à pos­er les ques­tions aux gens que je con­nais, et pour lesquels je pour­rais avoir, peut-être, de la sym­pa­thie. Je suis telle­ment dans mon rôle que je ne me vois pas suc­comber. Je ne ren­tre pas du tout dans un jeu de séduc­tion. Il n’y a pas de coup de foudre pos­si­ble sur mon plateau. »

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