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France 2 vire Julien Courbet

Le divorce est consommé entre l’animateur Julien Courbet et France 2. En cause, les audiences insuffisantes des émissions de l’animateur, les relations difficiles entre les parties, mais aussi les difficultés financières de la chaine.

« Son jeu quo­ti­di­en décroche une part d’audience de 9,7% depuis jan­vi­er alors qu’il s’est engagé par con­trat à 10%. Rien de dra­ma­tique, sauf que cela fait 6,5% sur la ménagère de moins de 50 ans, tou­jours aus­si pré­cieuse pour la pub », explique Le Parisien.

Philippe Vil­amit­jana, directeur des pro­grammes de la chaine, con­firme : « sur cette cible, c’est le pro­gramme le moins per­for­mant en journée, déplore le directeur. Notre bud­get est lim­ité, le jeu doit donc être arrêté ».

Il faut dire que Julien Courbet a aggravé son cas, avec plusieurs tweet sar­cas­tiques con­tre France 2 : « on fai­sait plus que les deux émis­sions qui suiv­ent (On n’demlande qu’à rire et Mot de passe) mais ils doivent préfér­er les jeux améri­cains » ou encore « Bonne nou­velle pour la créa­tion française, va y avoir un feuil­leton alle­mand à la place » !

Comme le dit Philippe Vil­amit­jana : « la ligne blanche est franchie ». Ce qui sig­ni­fie : Dehors !

Source : Le Parisien — crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo IDF1 via Youtube

Presse écrite : grosse baisse des ventes en janvier

Selon La Correspondante de la presse, les journaux nationaux ont vu leurs ventes baisser « significativement » en janvier 2013.

Une année qui com­mence plutôt mal, donc, pour la presse française, et en par­ti­c­uli­er pour Le Parisien (-12,1 %), son édi­tion nationale Aujourd’hui en France qui flé­chit de 10,7 %, Libéra­tion en baisse de 10,6 % et Le Monde (-8,6 %). Le Figaro et La Croix enreg­istrent une baisse moins impor­tante avec respec­tive­ment 3,4 % et 1,7 % de recul. Seuls Les Échos, pour­tant le quo­ti­di­en le plus cher, pro­gressent avec 3 % d’augmentation.

Dans le détail, les ventes au numéro sont bien pires : Libéra­tion est à -24,6 %, Le Monde à -14,7 %, Aujourd’hui en France à -12,1 %, Le Figaro à -2,7 %, Les Échos à -1,5 % et La Croix à -0,1 %. Le domaine sportif n’est pas en reste : le quo­ti­di­en L’Équipe voit ses ventes chuter de 9,7 % (14,5 % pour les ventes au numéro).

À not­er que le mois de jan­vi­er a été le théâtre de plusieurs mou­ve­ments soci­aux con­cer­nant la dis­tri­b­u­tion et la vente des dif­férents jour­naux.

Mediapart lance une nouvelle formule

Mediapart lancera, le 16 mars prochain, une nouvelle formule de son site web.

Pour Edwy Plenel, inter­rogé par l’AFP, le but est de « mieux val­oris­er la richesse de nos con­tenus » grâce à un site totale­ment revu. Les change­ments à not­er seront une tech­nolo­gie « respon­sive design », pour s’adapter aux mul­ti­ples for­mats d’écran, ain­si qu’une présen­ta­tion « plus lis­i­ble et aérée ». Aus­si, un parte­nar­i­at édi­to­r­i­al d’échange de con­tenus et de finance­ment a été établi avec le site payant espag­nol InfoLi­bre.

Medi­a­part revendique près de 65 000 abon­nés pour 6 mil­lions d’euros de chiffre d’affaires et 700.000 euros de résul­tat net. Le site vient de ter­min­er, en 2012, sa deux­ième année béné­fi­ci­aire con­séc­u­tive. Alors qu’il visait 80 000 abon­nés assez rapi­de­ment, Edwy Plenel explique ne pas avoir atteint ce nom­bre à cause des pra­tiques ban­caires, la bonne marche du site ayant été « entravée par les trop nom­breux inci­dents de paiement liés aux pra­tiques des étab­lisse­ments ban­caires et aux échéances des cartes de crédit, défa­vor­ables à la sta­bil­ité de l’abonnement récur­rent en ligne. » « Sans ces inci­dents de paiement, nous seri­ons à 80 000 abon­nés » a-t-il ajouté.

Pourquoi le ton des journalistes est-il si ridicule ?

20minutes.fr s’est posé une question existentielle : pourquoi le ton employé par les journalistes est-il si étrange, voire ridicule ?

Pour y répon­dre, le quo­ti­di­en est allé inter­roger les respon­s­ables des prin­ci­pales écoles de jour­nal­isme. « Ce n’est pas nous ! » scan­dent-ils en cœur, affir­mant qu’ils ten­tent au max­i­mum d’éviter à leurs élèves de pren­dre ce ton for­maté. Mar­lène Ancon­i­na-Maza­ud, la con­sul­tante « voix et expres­sion orale » de l’École supérieure de jour­nal­isme (ESJ), avance qu’il s’agit peut-être d’une volon­té des chaînes ou des pro­duc­teurs, mais ces derniers nient toute respon­s­abil­ité. L’un d’entre eux opte pour une « espèce de mod­u­la­tion his­torique ».

« Je pense qu’il y a une ques­tion de mimétisme. C’est une espèce de retour du refoulé, lorsqu’ils arrivent dans les rédac­tions, les étu­di­ants pensent que pour faire pro, il faut faire ce qu’ils esti­ment être comme tout le monde », affirme Olivi­er Siou du Cen­tre de For­ma­tion des Jour­nal­istes (CFJ). Quoi qu’il en soit, celui-ci pense que « cela va chang­er », esti­mant qu’avec « le ron­ron­nement imposé par les chaînes infos, ceux qui vont se dis­tinguer seront ceux qui ne sont pas inter­change­ables ». Alors, comme dit le bon vieux stéréo­type jour­nal­is­tique : affaire à suiv­re !

Crédit pho­to : Acuzio via SXC (cc)

Lourde amende pour The Web Family

The Web Family, la société éditrice du site de Jean-Marc Morandini, vient d’être condamnée par la cour d’appel de Paris à verser 171 000 euros à l’un de ses anciens prestataires.

Il s’agit de recettes pub­lic­i­taires qui auraient dû être ver­sées au prestataire en ques­tion entre 2010 et 2011. Jean-Marc Moran­di­ni, qui vient récem­ment de devenir le pro­prié­taire exclusif de son site jeanmarcmorandini.com, a déclaré à l’AFP qu’il allait faire appel auprès de la Cour de cas­sa­tion.

On se sou­vient qu’il y a quelques mois déjà, en novem­bre 2012, ce dernier avait été con­damné à vers­er 50 000 euros de dom­mages et intérêts au mag­a­zine Le Point pour « con­cur­rence déloyale » après avoir « repris inten­sive­ment plusieurs de ses arti­cles sur son site. » Ce dernier avait finale­ment été per­son­nelle­ment mis « hors de cause », faisant pass­er la respon­s­abil­ité sous le nom de sa société.

On peut se deman­der si à l’heure d’Internet et de l’information partagée, ce type de con­damna­tion n’est pas un peu anachronique. Ain­si, dans un arti­cle daté du 7 mars, Lepoint.fr fait pass­er l’information con­cer­nant Moran­di­ni pour une exclu­siv­ité Le Point. Or celle-ci a été pub­liée trois jours plus tôt par l’AFP. Con­cur­rence déloyale là aus­si ?

Bernard Tapie : la conquête de l’ouest

Après le rachat, mouvementé, du pôle sud du groupe Hersant (La Provence, Nice-Matin et Corse-Matin), Bernard Tapie part à la conquête de l’ouest ! L’objectif ? Bordeaux, en passant par Montpellier !

Le nou­veau patron de presse souhaite en effet racheter Le Midi libre et pourquoi pas le groupe Sud Ouest, en proie à de nom­breuses dif­fi­cultés… Au pas­sage, pour « don­ner un coup de pouce » à son ami Jean-Michel Baylet, patron du par­ti rad­i­cal de gauche et pro­prié­taire de La Dépêche du Midi, Bernard Tapie prendrait une par­tic­i­pa­tion d’environ 3% dans le cap­i­tale de Sud Radio.

De Nice à Bay­onne, on n’a donc pas fini d’entendre par­ler de Bernard Tapie !

Source : L’Express — Crédit pho­to : INA.fr via Youtube (DR)

Quel avenir pour Sipa Press ?

Deux projets de reprises ont été présentés dernièrement par les salariés de Sipa Press, l’agence de photojournalisme, lâchée en novembre dernier par l’agence allemande Dapd.

Le pre­mier pro­jet, qui a « reçu le sou­tien de la majorité ses salariés de Sipa », selon un com­mu­niqué cité par L’Express, est « porté par les agences anglais­es Rex Fea­tures et belge Isopix ». Le deux­ième est, quant à lui, porté par Xavier Niel, qui vis­i­ble­ment souhaite ajouter une nou­velle corde à son arc, via sa société NJJ. Le patron de Free s’est asso­cié, pour l’occasion, au Groupe X « spé­cial­isé dans le développe­ment durable et pro­prié­taire du titre Petit Niçois ». Ce dernier utilis­erait prin­ci­pale­ment les archives de l’agence.

Cette « vente à la découpe » ne sem­ble pas plaire aux salariés, qui enten­dent défendre le « pat­ri­moine » et les « archives his­toriques » de l’agence.

Quoiqu’il en soit, le sort de ces 61 salariés et de ces archives est désor­mais entre les mains du tri­bunal de com­merce de Paris.

Source : L’Express

La PQR malade… du manque de concurrence ?

La presse quotidienne régionale traverse une passe difficile. En 2012, presque tous les titres ont vu leur diffusion payée chuter : sur les 51 certifiés par l’Observatoire de la presse (OJD), 46 sont en baisse, 5 en hausse (au maximum 0,5%).

L’Est Répub­li­cain s’effondre de 5,8% sur un an, Nice Matin de 5,6%, Var Matin de 5%, La Provence de 4,1%, La Dépêche du Midi de 3,6%, Le Parisien de 3,3%, Le Pro­grès de 3,2%, comme La Voix du Nord, Le Répub­li­cain Lor­rain de 3,1%, La Mon­tagne de 3%, Sud Ouest de 2,8%, Les Dernières Nou­velles d’Alsace de 2,7%, etc…

Les seuls jour­naux à pro­gress­er sont Ouest France, Le Cour­ri­er de l’Ouest, Le Maine Libre, Presse Océan et Nord Lit­toral. Soit qua­tre jour­naux sur cinq en con­cur­rence frontale.

Le Télé­gramme de Brest, lui aus­si en con­cur­rence avec Ouest France, affiche un petit recul entre 2011 et 2012 mais une hausse depuis 2008. Et si la sit­u­a­tion qua­si-monop­o­lis­tique de titres/groupes régionaux expli­quait en par­tie la dégra­da­tion de leur san­té économique ?

« Nique les journalistes ! »

Les « jeunes de banlieue » ne se contentent pas de « niquer la police », ils aiment également s’en prendre aux journalistes. Ces derniers, pourtant, n’ont cessé de caresser le délinquant dans le sens de la casquette, et même lynchés en retour, ils continuent de lui lécher les Nike. Les journalistes sont-ils masos ?

Durant les émeutes de 2005, Serge Michel, du mag­a­zine suisse L’Hebdo, inau­gure le Bondy Blog, un média en ligne ayant pour voca­tion de racon­ter la France de la diver­sité, en envoy­ant se relay­er des jour­nal­istes en immer­sion dans une cité. Reprochant à ses con­frères français de ne pas con­naître la réal­ité des ban­lieues de l’intérieur, il pré­tend ain­si don­ner une autre image de ces ter­ri­toires per­dus.

Il faut en effet se sou­venir qu’au tour­nant des années

2000, les grands médias – notam­ment TF1 — com­men­cent enfin à se faire l’écho de la sit­u­a­tion dra­ma­tique des ban­lieues français­es, lesquelles se sont pour­tant enfon­cées depuis une bonne dizaine d’années déjà dans la vio­lence, la haine anti-française et la dic­tature des caïds, sans qu’aucun jour­nal­iste n’assume de relay­er une réal­ité coupable de ne pas cadr­er avec le « poli­tique­ment cor­rect ». Alors que l’omerta idéologique com­mence à être en par­tie lev­ée face à l’énormité des faits, la gauche accuse les médias qui suc­combent au réel de créer un « sen­ti­ment d’insécurité », en somme de fomenter un pur fan­tasme. Elle paiera du reste cet ultime déni par un échec reten­tis­sant aux élec­tions de 2002.

Pierre n’a pas de chance, il est grand, blond et blanc…

Durant l’automne 2005, quand ce pré­ten­du fan­tasme tourne à l’ébauche de guerre civile, des jour­nal­istes suiss­es se relaient ain­si dans un local de la cité Blan­qui pour devenir la voix de la diver­sité et par­ler depuis l’intérieur des ban­lieues. Un mois après le début de l’expérience, le jour­nal­iste Paul Ack­er­man se fait agress­er, sort naturel de tout intrus, blanc de sur­croît, dans un tel envi­ron­nement, aus­si divers soit-il. Mais cela, il fal­lait en effet être jour­nal­iste (suisse ou parisien) pour l’ignorer… ou s’en éton­ner. Quoiqu’il en soit, Ack­er­man, en accord avec sa rédac­tion, ne porte pas plainte et le blog est lancé avec un suc­cès décu­plé par l’affaire de cette agres­sion. Témoignant en effet de la ban­lieue vue de l’intérieur, d’autres agres­sions de jour­nal­istes seront relatés par les bloggeurs du Bondy Blog, comme celle de Pierre, en 2007, un jour­nal­iste de 20 min­utes : « Pierre n’a pas de chance, il est grand, blond et pour tout dire blanc. Ses vête­ments aus­si font de lui le bouc émis­saire idéal. Ce matin, il ne savait sans doute pas qu’il devait se ren­dre en ban­lieue. » Depuis, tout de même, le jour­nal­iste parisien a appris à se méfi­er du « jeune » : « L’envoyé de 20 Min­utes qui vis­i­ble­ment l’avait repéré avant moi, accélère le pas et baisse la tête en faisant sem­blant de ne pas le voir. » Cela ne l’empêchera pas de finir gazé et lynché par trente per­son­nes sans même qu’un début de dia­logue ou de dis­pute ait pu s’amorcer, et sans qu’on sache, de sa blancheur de peau ou de sa « sacoche de jour­nal­iste », ce qui lui est essen­tielle­ment reproché.

Reporters de guerre

En fait, depuis que les jour­nal­istes sont allés voir ce qui se pas­sait vrai­ment dans les ban­lieues français­es, ils se font lamin­er par ceux-là même qu’ils red­outent plus que tout de « stig­ma­tis­er ». Et la sit­u­a­tion a telle­ment dégénéré que la moin­dre enquête en « zone de non-droit » paraît s’apparenter à un reportage en zone de guerre. C’est en tout cas ce que rap­por­tent ces jour­nal­istes de Valeurs Actuelles en mis­sion à La Vil­leneuve (Greno­ble) : « Une mil­i­tante asso­cia­tive prévient : « Depuis le départ des Robo­Cop , si vous débar­quez avec vos appareils ou posez des ques­tions, vous risquez l’agression. Pour cir­culer dans la cité, il faut recourir à un pro­tecteur, comme en zone de con­flit. Le nôtre est un géant noir qui préfère ne pas être nom­mé : “Si on sait que je vous ai aidés, je passerai pour un traître” ». Char­mante ambiance de tra­vail…

C’est notre métier !

Heureuse­ment, se faire sys­té­ma­tique­ment agress­er est devenu une norme que cer­tains sem­blent tolér­er avec un flegme assez déroutant. Ain­si ces jour­nal­istes du Parisien, vic­times d’un vol avec vio­lence en 2009. A la ques­tion de savoir s’ils ont été sur­pris par l’agression, ils répon­dent : « Pas vrai­ment. Nous avons l’habitude d’évoluer dans ce genre de ban­lieue. C’est notre méti­er ! » D’autres fois, l’agression est plus pit­toresque, comme pour ce jour­nal­iste de M6 venu faire un reportage à la bien nom­mée « cité des poètes » (93) qui, sans doute en hom­mage à Molière, s’est fait ross­er de coups de bâton après avoir été séquestré dans un apparte­ment désaf­fec­té et avoir dû promet­tre de ne plus revenir.

Les jour­nal­istes des Inrocks, qui s’extasient à longueur de colonnes sur « la diver­sité » et trou­vent générale­ment des excus­es au com­porte­ment des caïds de ban­lieue n’arrivent pas pour autant en ter­ri­toire ami. En jan­vi­er dernier, deux d’entre eux, en reportage à la cité des Cour­tillières à Pan­tin, se fai­saient décrocher la mâchoire et dévalis­er par des hommes cagoulés qui ne devaient pas lire le mag­a­zine branché. « C’est notre cité, vous avez cinq min­utes pour dégager ! » leur avait-t-on pour­tant expliqué, dès qu’ils furent sur place, avec sans aucun doute l’intention de mon­tr­er l’infondé du « sen­ti­ment d’insécurité ». À ce stade, on serait presque ten­té de par­ler de péd­a­gogie du réel.

Caillassage et coup du lapin…

À Lyon, en octo­bre dernier, les langues com­mençaient de se déli­er. En effet, un jour­nal­iste de Télé Lyon Métro­pole se fait d’abord rac­com­pa­g­n­er manu mil­i­tari par les chefs locaux jusqu’aux lim­ites de leur ter­ri­toire. Le jour suiv­ant, ils revi­en­nent à deux jour­nal­istes, tôt le matin, pen­sant les esprits calmés et les « jeunes » encore au lit. Cette fois-ci c’est une voiture qui les emboutit par der­rière, le choc blessant le con­duc­teur d’un léger coup du lapin. Exas­pérés, ils se déci­dent enfin à porter plainte, Le Pro­grès pub­lie un écho et la rédac­tion de France 3 Rhône-Alpes avoue avoir subi des jets de pier­res. Tous ces gens don­nent ain­si par­fois l’impression d’être les vic­times d’un même vio­leur qui doivent s’encourager les unes les autres pour avouer les sévices subis. Et on a pour­tant affaire à des pro­fes­sion­nels de l’information…

Aveuglement idéologique

Mal­gré les humil­i­a­tions et les coups sys­té­ma­tiques, l’invraisemblable sol­lic­i­tude dont témoignent les médias français pour les « jeunes » sem­ble tou­jours intacte, ce qui demeure un mys­tère pour le moins fasci­nant, à moins qu’elle ne prou­ve seule­ment la puis­sance infinie de l’aveuglement idéologique. Par exem­ple, lorsque est dif­fusé sur Arte, en sep­tem­bre 2010, le doc­u­men­taire La Cité du mâle, trai­tant du machisme dans les « quartiers », le film est vive­ment cri­tiqué par l’ensemble des médias français et jugé car­i­cat­ur­al ou à charge, quand bien même une telle cri­tique n’est émise que du fond des rédac­tions parisi­ennes. Il faut dire qu’une con­tro­verse avec la « fixeuse » avait reporté la dif­fu­sion du doc­u­men­taire et que celle-ci pré­tendait déjà que le film don­nait, à tort, une mau­vaise image des jeunes des quartiers. Ques­tion de mon­tage. Pour­tant, l’extraordinaire vio­lence des pro­pos émis par des garçons que la « fixeuse » avait elle-même castés, ne pou­vait pas être pro­duite par la seule magie d’un mon­tage par­ti­san ! Cette fixeuse fut con­damnée par la suite à qua­tre mois de prison ferme pour men­aces de mort sur la réal­isatrice. Était-ce pour s’élever con­tre la car­i­ca­ture que l’on fai­sait des ban­lieues ? On ne le sait… Mais ce qui est cer­tain, c’est que cette infor­ma­tion qui don­nait au débat une con­clu­sion judi­ci­aire, n’a guère été relayée avec autant d’énergie par ceux-là mêmes qui avaient d’emblée soutenu la cause de la « fixeuse » de ban­lieue.

Un ramassis de clichés stigmatisants…

La palme de l’hypocrisie, sur ce sujet, est obtenue, comme sou­vent, par Libéra­tion. Le quo­ti­di­en de la gauche parisi­enne, en effet, s’était par­ti­c­ulière­ment acharné sur ce doc­u­men­taire cen­sé être un ramas­sis de clichés stig­ma­ti­sants. Mais quand Lau­rent Jof­frin, le directeur de la pub­li­ca­tion de Libé, répond aux ques­tions de Respect Mag quant aux rela­tions de ses jour­nal­istes à la ban­lieue, en jan­vi­er 2010, celui-ci répond : « Il y a eu une péri­ode ter­ri­ble où l’on avait du mal à trou­ver des gens pour y aller ! Au moment des émeutes de 2005, on a été obligé d’envoyer un grand reporter étranger… » Ce sont donc des gens qui n’osent pas y met­tre les pieds qui don­nent à ceux qui y enquê­tent des leçons d’optimisme sur la ban­lieue…

Le symptôme d’une rupture

Pour expli­quer cette sit­u­a­tion aus­si invraisem­blable qu’inédite, où l’information réelle sur les ban­lieues est empêchée tant par une auto­cen­sure idéologique que par des tabas­sages en règle sur le ter­rain, on nous donne tou­jours les mêmes raisons : la faute reviendrait aux jour­nal­istes eux-mêmes qui, ayant don­né une mau­vaise image des ban­lieues, récolteraient aujourd’hui une fureur légitime. Vient d’abord l’argument que ne seraient rap­portés de ces zones périphériques que les dys­fonc­tion­nements, jamais ce qui marche. Certes, sauf que c’est générale­ment le pro­pre des médias de procéder de la sorte, et ce sur tout le ter­ri­toire et sur tous les sujets. On par­lera d’un train qui entre en gare avec trois heures de retard, rarement de celui qui arrive à l’heure. On nous par­le égale­ment de com­plai­sance spec­tac­u­laire pour la vio­lence que sécrète la ban­lieue. Il serait ten­tant de se pli­er à un sem­blable argu­ment tant les médias, pour se ven­dre, con­fèrent en effet sys­té­ma­tique­ment un relief spec­tac­u­laire aux évène­ments. Mais ce serait omet­tre un fait essen­tiel : c’est que ce que l’on nous rap­porte — lyn­chages racistes, vio­ls col­lec­tifs à répéti­tion, féo­dal­ités de la drogue, meurtres bar­bares — est réelle­ment spec­tac­u­laire aux yeux de n’importe quel type à peu près nor­mal ! Que la voix off soit gut­turale ou non !

Syndrome de Stockholm…

Enfin, les jour­nal­istes qui jus­ti­fient ain­si leur pro­pre mal­trai­tance, au-delà du syn­drome de Stock­holm qui est la mal­adie men­tale dont l’Europe paraît atteinte depuis au moins trente ans, les jour­nal­istes qui jus­ti­fient ain­si leurs agresseurs par les argu­ments de ces derniers dis­ent en somme : il est nor­mal que des gens offen­sés parce qu’on les sus­pecte de vio­lence vous défon­cent la gueule pour vous pass­er l’idée de con­tin­uer à le faire ! Une rhé­torique absurde qui rap­pelle ce réflexe ahuris­sant des musul­mans fana­tiques appelant à tuer sans pitié ceux qui osent insin­uer que leur reli­gion se mon­tr­erait sou­vent par trop bru­tale…

Des zones en sécession

Il n’est nul besoin d’analyser sérieuse­ment un argu­men­taire aus­si vide pour trou­ver les raisons du rejet des jour­nal­istes en ban­lieue. Il est sim­ple­ment cor­rélatif au rejet des policiers, des pom­piers, des médecins, en somme, de tout ce qui représente, aux yeux des ban­des, l’« autre camp » vécu comme une puis­sance colo­niale. Les médecins se font-ils cail­lass­er parce qu’ils soignent les patients du 9.3 avec trop peu d’amour ? Les pom­piers, parce qu’ils éteignent les feux avec un ent­hou­si­asme feint ? Non, le rejet des jour­nal­istes des zones pudique­ment dites de « non-droit », et qui se trans­for­ment pour eux tou­jours davan­tage en zones de guerre, révèle sim­ple­ment que celles-ci se con­stituent année après année en zones autonomes en séces­sion vio­lente avec le reste de la société française. Un bilan dra­ma­tique qui aurait peut-être pu être évité si les médias n’avaient pas détourné si longtemps les yeux de la plaie de peur qu’elle ne s’infecte, ou s’ils n’y avaient posé inutile­ment le panse­ment bar­i­olé de leurs bons sen­ti­ments.

Une nouvelle génération de journalistes ?

À force d’avoir cul­tivé un « fan­tasme de sécu­rité » au sujet des ban­lieues, un pur délire opti­miste, les jour­nal­istes français, non seule­ment se pren­nent le retour du réel dans les dents quand ils ont le courage de quit­ter leurs rédac­tions pour tra­vers­er le périphérique, mais décou­vrent en plus, dans les rares occur­rences où ils osent dress­er un con­stat sans fard, une hor­reur qui dépasse les fic­tions les plus pes­simistes. Ce que démon­tre avec effroi et brio le doc­u­ment de Lau­rent Ober­tone, se bas­ant sur une sim­ple et métic­uleuse recen­sions de faits, La France Orange mécanique (Ring). Mais c’est sans doute parce que l’auteur n’a que 28 ans qu’il est capa­ble de s’affranchir d’une vieille idéolo­gie au ser­vice du men­songe d’état, et parce qu’à son âge, il est vrai qu’on a moins con­nu les raisons que les con­séquences de ce men­songe. On peut donc espér­er qu’une nou­velle généra­tion de jour­nal­istes sera capa­ble, à son exem­ple, de cor­riger avec courage les erre­ments des précé­dentes, et de regarder enfin le réel en face, même, et surtout si celui-ci est odieux. Dénon­cer les erreurs poli­tiques et révéler les con­di­tions de vie réelles du peu­ple, voilà qui se trou­ve être, au fond, la légiti­ma­tion his­torique de ce qui fut longtemps un con­tre-pou­voir.

MD

Crédit pho­to : journalismes.info

Paris Match / RFI : qui est qui ?

Lundi 4 mars, RFI publie sur son site internet la photo du cadavre du chef islamiste Mokhtar Belmokhtar. Le lendemain, mardi 5 mars, Paris Match publie une photo d’Abou Zeid, le chef islamiste d’Aqmi, lui aussi tué. Problème : la photo est la même !

Qui croire ?

Cha­cun présente, bien enten­du, des preuves irréfuta­bles de la vérac­ité de sa pho­to. Pour RFI, ce sont des sol­dats tcha­di­ens qui l’aurait prise avec leurs télé­phones. Pour Match, la pho­to proviendrait d’un « offici­er » qui l’aurait prise avec « le petit appareil numérique qu’il porte dans un étui à sa cein­ture ».

Pour ajouter un peu plus de con­fu­sion, l’agence mau­ri­tani­enne Sahara Medias, estime que « le corps peut appartenir à n’importe quel autre com­bat­tant d’AQMI ». En bref, une belle cacoph­o­nie…

Une chose est sûre cepen­dant : ni Mad­ji­as­ra Nako, envoyé spé­cial de RFI, ni le jour­nal­iste tcha­di­en Abdel­nass­er Gar­boa pour Match ne sont à l’origine de cette pho­to et n’ont vu le cadavre !

Source : L’Express — crédit pho­to : DR

Stéphane Hessel : la manipulation des médias

La mort de Stéphane Hessel a été célébrée de manière unanime par les médias qui ont retracé la carrière et le parcours du « grand homme » que certains voudraient aujourd’hui voir entrer au Panthéon.

Un élé­ment majeur de sa vie a été rap­pelé sur toutes les chaines et dans tous les jour­naux : l’ancien résis­tant a été coau­teur de la Déc­la­ra­tion des droits de l’homme de 1948, ce qui lui donne bien enten­du une aura sup­plé­men­taire. Prob­lème : c’est faux.

Le jour­nal­iste Claude Moisy, ancien directeur de l’AFP, dénonce la « fab­ri­ca­tion » d’une légende dans un arti­cle paru dans Le Monde daté du 5 mars dernier. Ni auteur, ni con­tribu­teur, ni col­lab­o­ra­teur des auteurs de la déc­la­ra­tion, Hes­sel a tout au plus été témoin dans cette affaire. « La réal­ité est que pen­dant son séjour aux Nations-Unies, de 1946 à 1948, Stéphane Hes­sel n’a pris aucune part à la rédac­tion de la Déc­la­ra­tion qui eut lieu à ce moment-là », écrit-il. Hes­sel était en effet « le mod­este chef de cab­i­net de l’un des huit secré­taires généraux adjoints de l’ONU, le Français Hen­ri Laugi­er, chargé des affaires économiques et sociales, qui ne fai­sait pas par­tie du comité chargé de rédi­ger la Déc­la­ra­tion ».

Pour­tant, les jour­nal­istes relaient sys­té­ma­tique­ment cette « info », cer­tains plaçant Hes­sel aux côtés de René Cassin, un des véri­ta­bles rédac­teurs du doc­u­ment, d’autres car­ré­ment à la droite d’Eleanor Roo­sevelt, qui présidait le comité de rédac­tion, alors que « Stéphane Hes­sel n’a jamais siégé aux côtés ni de l’un ni de l’autre aux réu­nions du comité ».

Le plus grave pour Claude Moisy c’est que « tout le monde peut aujourd’hui accéder par Inter­net à des cen­taines de doc­u­ments offi­ciels sur la genèse de la Déc­la­ra­tion uni­verselle des droits de l’homme, sur son comité de rédac­tion, sur ses débats et les con­di­tions de son adop­tion. Aucun doc­u­ment de l’époque ne men­tionne le nom de Stéphane Hes­sel ».

Si le prin­ci­pal intéressé a par­fois été ambigu sur son pro­pre rôle, il sem­ble qu’au cré­pus­cule de sa vie, il ait souhaité clar­i­fi­er la sit­u­a­tion. Ain­si le 3 jan­vi­er 2011, il cor­rigeait lui-même le tir dans un entre­tien au mag­a­zine Poli­tis : « C’est l’occasion pour moi de revenir sur deux idées fauss­es. La pre­mière est que j’aurais fait par­tie du Comité nation­al de la Résis­tance (…) L’autre erreur est de m’accorder le rôle de coré­dac­teur de la Déc­la­ra­tion uni­verselle des droits de l’homme (…) »

Cela n’empêche pas les médias de con­tin­uer à relay­er « l’erreur ». Jeune Afrique, Médi­a­part, Arte, Le Nou­v­el Obser­va­teur, Rue89, France Info, etc… (liste com­plète ici).

La vérité étant publique, c’est donc sci­em­ment que les jour­nal­istes con­tin­u­ent de relay­er un men­songe dont le but est de créer une légitim­ité au per­son­nage pour don­ner plus de poids à ses pro­pos, large­ment partagés par l’ensemble de la classe médi­a­tique.

« Un bel exem­ple de l’inconséquence avec laque­lle les médias imposent à l’opinion publique une vision illu­soire de l’Histoire autour de héros pop­u­laires ren­dus plus séduisants encore qu’ils ne le sont en réal­ité », selon Claude Moisy.

Dit autrement : un bel exem­ple de manip­u­la­tion pure et sim­ple.

Crédit pho­to : DR. Source : papakarlos.free.fr

Radio classique revoit ses partenariats

Selon La Lettre de l’Expansion, Étienne Mougeotte, récemment nommé à la tête de Radio classique, est en train de revoir les partenariats de l’antenne.

Pub­lic Sénat, parte­naire de la mati­nale de Radio clas­sique, pour­rait ain­si être évincé au prof­it de LCI (chaîne d’information de TF1, dont Éti­enne Mougeotte est l’ancien vice-PDG), qui dif­fuserait notam­ment l’interview poli­tique de Guil­laume Durand.

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Qui a dit…

« Aujourd’hui, un cer­tain jour­nal­isme se fonde sur la vio­la­tion de la loi. Toutes les grandes affaires que vous évo­quez sont basées sur la vio­la­tion du secret de l’instruction. Le jour­nal­iste dit ‘d’investigation’ a des pou­voirs et des moyens exor­bi­tants du droit com­mun. »

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