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Les Gafa préparent les élections présidentielles américaines de 2020

13 septembre 2019

Temps de lecture : 3 minutes
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Les Gafa préparent les élections présidentielles américaines de 2020

Les informations commencent juste à filtrer sur la manière dont les géants du numérique, autrement dit la quinzaine d’acteurs majeurs du web, préparent les élections présidentielles de 2020 aux Etats-Unis. Acteurs devenus incontournables des médias modernes, souvent plus importants que nombre de médias traditionnels, qu’ont-ils décidé ?

Concertation au sommet

Le 5 sep­tem­bre 2019, les respon­s­ables de la cyber­sécu­rité de Face­book, Microsoft, Google, Twit­ter mais aus­si les plus pres­tigieuses uni­ver­sités améri­caines et des représen­tants des prin­ci­pales agences de ren­seigne­ment du pays se sont réu­nis « pour garan­tir l’intégrité des élec­tions » et « met­tre en place des straté­gies pour en garan­tir la sécu­rité ». Pour le respon­s­able de la cyber­sécu­rité de Face­book les débats prin­ci­paux con­cer­naient « la coor­di­na­tion à men­er entre l’industrie et le gou­verne­ment pour détecter et réduire les men­aces ».

Plusieurs remar­ques vien­nent immé­di­ate­ment à l’esprit :

  • La puis­sance con­cen­trée de ces acteurs médi­a­tiques, impres­sion­nante, est plus à même d’effrayer l’électeur lamb­da que de le ras­sur­er.
  • Un doute sur­git, au vu des expéri­ences récentes (obses­sion de com­plots non prou­vés con­tre les can­di­dats préférés du sys­tème, pour soutenir des can­di­dats devenus par con­tre coup can­di­dats « offi­ciels », à com­mencer par une Hillary Clin­ton dont per­son­ne ne sait si elle aurait ou non choisi Jef­frey Epstein comme secré­taire d’Etat à la petite enfance) : ne s’agirait-il pas plutôt d’orienter les élec­tions dans le bon sens ? Celui voulu par les idéo­logues des grandes métrop­o­les des côtes Est et Ouest du pays ? Les médias offi­ciels étaient ain­si à 98 % vio­lem­ment anti Trump en 2016.
  • Une cyber­sécu­rité reliant multi­na­tionales ultra puis­santes, ser­vices secrets et milieux intel­lectuels (« lib­er­als », autrement dit de cen­tre gauche au sens français du mot), cela ne sent-il pas bon (ou plutôt mau­vais) son 1984 ?

Que veu­lent faire toutes ces bonnes âmes épris­es de démoc­ra­tie à 14 mois de la tenue de l’élection sans doute la plus impor­tante de la planète :

  • Repouss­er les attaques de pirates (les sup­posés méchants russ­es, sachant qu’il ne viendrait jamais aux États-Unis l’idée de, par exem­ple dévelop­per un sys­tème d’écoute des con­ver­sa­tions à l’échelle mon­di­ale, y com­pris celles des prési­dents de ses pays alliés…) ;
  • Sur­veiller la « pro­pa­gande » sur les réseaux soci­aux (faux comptes Twit­ter par exem­ple) ;
  • Lut­ter con­tre les deep­fakes, trucages vidéos plus vrais que nature qui per­me­t­tent de met­tre en scène une per­son­ne dans n’importe quelle posi­tion et, pire encore, d’intégrer sa voix. La lutte con­tre les deep­fakes (qui n’existeraient pas sans les GAFA — le principe est le même que celui des virus infor­ma­tiques, nés au sein d’un univers qui peut finale­ment pro­duire ses pro­pres out­ils de lutte ‑payants- con­tre ce qu’il a con­tribué à fab­ri­quer) s’organise par le biais d’un con­cours doté de 10 mil­lions de dol­lars de prix, des­tinés aux chercheurs, super­visé par le con­sor­tium Part­ner­ship on AI. Ce dernier est une vaste entre­prise de col­lab­o­ra­tion dont la voca­tion est de dévelop­per au max­i­mum l’utilisation de l’Intelligence Arti­fi­cielle dans l’avenir proche, dans le but de… « défendre les droits de l’homme ». Les mem­bres fon­da­teurs de ce con­sor­tium sont Ama­zon, Face­book, Google, Deep­mind, Microsoft, IBM et Apple. Qui n’est pas ras­suré ? Le prin­ci­pal con­cur­rent de cet ensem­ble est l’OpenAI d’Elon Musk…
  • La lutte con­tre ces deep­fakes va con­duire à génér­er… le plus de deep­fakes pos­si­bles, des mil­lions, de façon à « entraîn­er les algo­rithmes de détec­tion ». La tête à l’envers, en somme, comme tout ce qui con­cerne l’IA, laque­lle apprend par elle-même. Bien sûr, Face­book a tenu à pré­cis­er qu’« aucune don­née d’utilisateur ne sera util­isée ». Cha­cun est encore plus ras­suré, c’est cer­tain.

GAFA maîtres du monde ?

Les GAFA font donc main­tenant par­tie inté­grante du jeu des élec­tions eu sein de la démoc­ra­tie représen­ta­tive et libérale et cela sem­ble glob­ale­ment « nor­mal », les prin­ci­paux médias n’en par­lant pas, jouant même plutôt le jeu voulu par les multi­na­tionales. Richard Sal­ga­do, l’un des prin­ci­paux dirigeants de Google, pré­cise cepen­dant que la tech­nolo­gie des GAFA ne sera pas la seule solu­tion per­me­t­tant à elle-seule de garan­tir l’intégrité des élec­tions….

De toutes les façons, les élec­tions améri­caines ne sont pas à observ­er avec des yeux français : out­re- Atlan­tique, tous les coups sont per­mis, y com­pris les coups de mil­lions de dol­lars et de men­songes éhon­tés, en formes d’interrogation, bal­ancés par des spots pub­lic­i­taires.

Ce qui est réelle­ment sur­prenant, c’est plutôt que la démoc­ra­tie libérale ait besoin de s’interroger sur le trucage de ses pro­pres élec­tions par des procédés tech­nologiques qui lui sont inhérents, ceux du « Pro­grès » sans pen­sée ni lim­ites.

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