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Élisabeth Lévy
Mis à jour le

24 janvier 2020

Temps de lecture : 12 minutes

Élisabeth Lévy

La “polémiste néo-réac”

Issue d’une famille juive pratiquante, Élisabeth Lévy est née en 1967 à Marseille. En 2000, elle acquiert une petite no­toriété grâce à son ar­ticle « Kosovo, l’insoutenable légèreté de l’information », dénonçant le parti-pris des médias français contre les Serbes. Aujourd’hui chroniqueuse multi-cartes et fondatrice du site Causeur.fr et de la web télé Réac’n Roll, Élisabeth Levy fait partie avec Éric Zemmour, Ivan Rioufol, Robert Ménard et Philippe Cohen, des journalistes « néo-réacs », dénoncés comme « agents de décontamination de la pensée du FN » (Le Nouvel Observateur – 10 mars 2011).

« La com­mu­nion uni­verselle des médias m’emmerde. » (Valeurs actuelles – 10 juin 2010)

Formation

Insti­tut d’Études poli­tiques de Paris. Elle échoue au con­cours d’en­trée de l’E­NA.

Parcours professionnel

Après des débuts à l’A­gence France-Presse (AFP), Élis­a­beth Levy tra­vaille de 1994 à 1996 pour un quo­ti­di­en fran­coph­o­ne de Lau­sanne, le Nou­veau Quo­ti­di­en.

Elle rejoint dans les années 1990 la rédac­tion de L’Événe­ment du jeu­di, et par­ticipe à la créa­tion de Mar­i­anne. Licen­ciée par Jean-François Kahn, elle con­tin­ue cepen­dant à col­la­bor­er en écrivant des arti­cles pour l’heb­do­madaire, ain­si que pour Le Figaro et Le Figaro Mag­a­zine.

Elle écrit pour la revue Le Débat un arti­cle inti­t­ulé « Koso­vo, l’insoutenable légèreté de l’information » qui est pub­lié dans le numéro de mars-avril 2000. Élis­a­beth Lévy y dénonce l’attitude des jour­nal­istes français, qu’elle accuse d’avoir pour beau­coup sys­té­ma­tique­ment pris par­ti con­tre les Serbes dans leurs arti­cles.

Elle inter­vient sur RTL dans l’émis­sion On refait le monde, où elle a été réin­té­grée par Nico­las Poin­caré après en avoir été exclue par Pas­cale Clark en 2004, pour avoir cri­tiqué l’an­i­ma­trice.

Élis­a­beth Lévy a été chroniqueuse dans l’émis­sion de radio de Lau­rent Ruquier On va s’gên­er, sur Europe 1, de 2005 à 2007.

Elle a été pro­duc­trice de l’émis­sion de cri­tique des médias, Le Pre­mier pou­voir, sur France Cul­ture, émis­sion arrêtée en 2006.

En sep­tem­bre 2007, elle rejoint l’équipe du site Arrêt sur images et ani­me le site Causeur.fr.

À par­tir de 2008, elle inter­vient dans l’émis­sion de Jean-Marc Moran­di­ni sur Europe 1 dans la séquence « débat » et à la télé dans On refait le monde, Semaine cri­tique ! et Ce soir (ou jamais !).

La même année, Causeur devient un men­su­el papi­er ; son asso­cié, Gil Mia­he­ly, est israélien. Il passe en kiosque en 2013, n’est tou­jours pas rentable en 2014 et est recap­i­tal­isé en 2016. Par­mi ses action­naires on trou­ve Gérard Pen­ci­olel­li, qui a détenu Minute, Xavier Niel, Charles Beigbed­er, Thier­ry Wil­helm et l’homme d’af­faires ital­ien Pao­lo Scar­foglio Fer­rara. En jan­vi­er 2016 Causeur affiche 8000 abon­nés et 4000 ventes en kiosque pour le mag­a­zine.

Depuis 2012, elle par­ticipe en tant que débat­teur, tous les dimanch­es sur la chaîne numéro 23, à l’émis­sion Hon­de­lat­te Dimanche. Elle par­ticipe à un débat heb­do­madaire dif­fusée sur Yahoo! Actu­al­ités, Le débat Yahoo!

En 2014 Causeur inter­viewe Dieudon­né et Élis­a­beth Lévy est vio­lem­ment attaquée par plusieurs jour­nal­istes de gauche, dont Lau­rent Jof­frin ou Bruno Roger-Petit. Elle leur répond avec énergie dans les colonnes de la presse de droite. Sud Radio lui offre une une tri­bune, Le Regard d’Élisabeth Lévy, qui est dif­fusée chaque matin du lun­di au ven­dre­di à 8h15.

Elle est abon­dam­ment sif­flée et huée à l’occasion de son inter­ven­tion lors de l’Université d’été du fémin­isme en 2018, où elle s’était vue inviter en qual­ité de « fémin­iste con­ser­va­trice (sic) ». Elle réplique aux auditri­ces mécon­tentes que « la huée est le sig­nal faible de la bar­barie. Si vous êtes inca­pables d’entendre quelque chose avec lequelle vous n’êtes pas d’accord, excusez-moi, mais vous ne devriez pas répon­dre à l’invitation de la min­istre ! ». Rap­pelons qu’au début de cette même année, Lévy fig­u­rait, au même titre qu’un autre invitée gênante, Peg­gy Sas­tre, par­mi la liste des sig­nataires de la tri­bune pub­liée dans le Monde en faveur de la « lib­erté d’importuner »

Parcours militant

Elle vote pour Miter­rand en 1988, fait un pas­sage à Globe, dirigé par Bernard Hen­ry-Lévy, puis s’en­gage poli­tique­ment aux côtés de Chevène­ment. Cepen­dant dans M le Mag­a­zine du Monde (14/12/2013) elle affirme que « aujour­d’hui, ma seule iden­tité poli­tique, c’est d’être pas-de-gauche ».

En mai 2017 elle refuse de tranch­er entre Macron et Le Pen et ne donne aucune con­signe de vote, refu­sant de céder au battage médi­a­tique anti-Le Pen.

Sur LCI elle appelle en sep­tem­bre 2017 à la créa­tion d’un « par­ti con­ser­va­teur » qui « par­le de la ques­tion de l’is­lam ».

Publications

  • La France aux Français ? Chiche !, Un entre­tien avec Malek Boutih mené par Élis­a­beth Lévy, Paris, Fon­da­tion du 2 mars, Mille et une nuits, 2001
  • Les Maîtres censeurs : pour en finir avec la pen­sée unique, Paris, Librairie générale française, Le Livre de poche, 2002
  • Les Dan­gers de l’euthanasie, entre­tiens avec Lucien Israël par Élis­a­beth Lévy, pré­face d’Alain Besançon, Paris, Édi­tions des Syrtes, 2002
  • Fes­tivus fes­tivus, con­ver­sa­tions de Philippe Muray avec Élis­a­beth Lévy, Paris, Édi­tions Fayard, 2005
  • La Dis­corde : Israël-Pales­tine, les juifs, la France, con­ver­sa­tions de Rony Brau­man et Alain Finkielkraut avec Élis­a­beth Lévy, Paris, Mille et une nuits, 2006
  • Le Pre­mier pou­voir : inven­taire après liq­ui­da­tion, Cli­mats — Flam­mar­i­on, mars 2007
  • Notre méti­er a mal tourné : deux jour­nal­istes s’én­er­vent, avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2008
  • Les Français sont-ils anti­sémites ? avec Robert Ménard, Mordi­cus, 2009
  • La gauche con­tre le réel, Paris, Fayard, 2012
  • Les rien-pen­sants, Paris, édi­tions du Cerf, octo­bre 2017

Collaborations

Élis­a­beth Levy par­ticipe régulière­ment depuis 2006 comme ani­ma­trice de table ronde aux Ren­con­tres de Cannes.

Elle ani­me une émis­sion heb­do­madaire, L’esprit de l’escalier sur Radio RCJ avec Alain Finkielkraut. La radio RCJ est un média du Fonds social juif unifié qui partage sa fréquence (Paris 94.8 MHz) avec Radio J, Judaïques FM et Radio Shalom. L’émission n’est plus heb­do­madaire à par­tir de 2019 et est déplacée sur Réac’n Roll.

Ce qu’elle gagne

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Elle l’a dit

« Ces quinze années d’anathèmes, d’ex­com­mu­ni­ca­tion, de naz­i­fi­ca­tion de l’électeur fron­tiste n’au­ront pas été inutiles, le grand soir est presque advenu. A peine con­nu le score du pre­mier tour, ils ont ressor­ti leurs habits de résis­tants et leurs cos­tumes de cer­ti­tudes sat­is­faites. Et, à vrai dire, on aurait assez envie de rire de tant de pom­peux ridicules, si la colère ne l’emportait pas devant le spec­ta­cle de leur incon­science dou­blée d’un abyssal mépris pour l’électeur. Sans doute les antifas­cistes d’opérette échoueront-ils à don­ner la vic­toire à un Le Pen qui n’a pas plus envie d’aller au pou­voir que ses électeurs n’en­ten­dent l’y porter, mais il faut avouer que son score a de quoi don­ner de mer­veilleux fris­sons. » (Le Figaro — 24 avril 2002)

« Autant avouer mon crime, il m’arrive de con­sul­ter ce site [NDLR : FdeS­ouche]. On y trou­ve, en plus d’une indi­geste pro­pa­gande, des infor­ma­tions cen­surées – ou ignorées – ailleurs. » (Causeur — 10 avril 2009)

« Le prob­lème est qu’on a des poli­tiques qui sont à plat ven­tre devant les médias, et des médias qui sont dans une espèce de bulle bien-pen­sante – c’est le camp du Bien, com­plète­ment coupé du réel ; et que le con­formisme de gauche est extrême­ment répan­du à droite. Un cer­tain nom­bre d’opinions ont été érigées en vérité, et notre rôle est de les ramen­er à leur statut d’opinion, c’est-à-dire de chose con­testable, dis­cutable, sur laque­lle on peut s’empailler. » (Valeurs actuelles - 10 juin 2010)

« Mais enfin est en guerre ! On a des zones de guerre ! On a des gens qui tirent sur les flics à l’arme lourde ; ils ren­trent dans la cité, ils passent une fron­tière et on est là à faire des chichis (…). Est-ce que vous vous ren­dez compte de la sit­u­a­tion dans laque­lle nous sommes ? Là, on n’a pas affaire à de pau­vres gamins dis­crim­inés, si vous voulez, qui volent des mobylettes ; on a affaire à des caïds, à des mal­frats, à des clients de Cour d’assise — d’accord ? — qui tirent sur les flics sans aucune hési­ta­tion — il y en a un qui meurt, excusez-moi, je n’aurai pas une larme, j’en suis navrée mais c’est comme ça (…) Non, mais là main­tenant, si vous voulez, il faut y aller avec l’armée ! On est dans une sit­u­a­tion de guerre, je suis navrée. » (RTL – On refait le monde – 19 juil­let 2010)

« Lau­rent Jof­frin est au jour­nal­isme ce qu’Elis­a­beth Lévy est à la chan­son », Le Figaro , 21/2/2014.

« Ces dignes représen­tants de la gauche olfac­tive (ils passent leur temps à se bouch­er le nez), ils doivent être inca­pables d’in­ter­view­er quelqu’un sans l’ap­prou­ver. Ils sont inca­pables de par­ler à quiconque n’est pas d’ac­cord avec eux sans l’in­sul­ter, alors Dieudon­né, vous imag­inez! Peut-être ont-ils peur d’être con­t­a­m­inés par les mau­vais­es idées. En tout cas, c’est une con­cep­tion orig­i­nale du jour­nal­isme que celle qui con­siste à atta­quer quelqu’un, comme nous le faisons avec Dieudon­né, en refu­sant de lui don­ner la parole », ibid.

« Ces petits pro­cureurs qui se fan­tas­ment en sauveurs de la démoc­ra­tie ne cessent de la frag­ilis­er. Inca­pables de livr­er un com­bat à la loyale, ils manient l’in­vec­tive, le men­songe, la car­i­ca­ture, pra­ti­quant sans la moin­dre honte la reduc­tio ad lep­enum, ad petainum, ad hitlerum pour dis­qual­i­fi­er leurs adver­saires qu’ils rêvent de faire taire », ibid.

« Ce jour­nal­isme polici­er en dit long sur l’é­tat de la presse et aus­si sur l’é­tat d’une cer­taine gauche qui ne peut puis­er sa légitim­ité que dans la haine qu’elle voue à tout ce qui n’est pas elle. Pour exis­ter, ces don­neurs de leçons ont besoin d’in­ven­ter je ne sais quelles hordes réac­tion­naires ou fas­cistes qu’ils com­bat­traient courageuse­ment. L’en­nui, c’est qu’ils finis­sent par faire office de bous­soles qui indiquent le sud », ibid.

« Causeur, c’est un site et un men­su­el en kiosque depuis avril 2013. C’est un média d’opinions – je tiens au pluriel – qui s’est un peu con­stru­it sur le mod­èle du salon du XVI­I­Iè siè­cle : l’art de la con­ver­sa­tion, la guerre civil­isée, l’humour, le choc des idées et des argu­ments… bref, il ne nous déplaît pas de met­tre un peu d’ambiance dans le débat pub­lic. Et pour le coup, nous n’avons pas à nous forcer parce que, dans le drôle de monde où nous vivons, des opin­ions par­faite­ment raisonnables et par­faite­ment con­testa­bles – par exem­ple, être « con­tre le mariage homo­sex­uel » ou « pour la réduc­tion des flux migra­toires » – sont tenues pour morale­ment scan­daleuses et leurs défenseurs dénon­cés comme d’effroyables racistes-homo­phobes-réacs », Actu­al­ité Juive, 08/09/2014.

« Si on admet que les Juifs ont apporté au monde la Torah, l’humour et le sens de la polémique, on essaie de cocher deux cas­es sur trois. Causeur, bien sûr, n’est pas un « média juif ». Du point de vue « eth­ni­co-religieux », notre rédac­tion est par­faite­ment cashère – c’est-à-dire « diverse »… Il ne s’adresse pas spé­ci­fique­ment aux juifs », ibid.

« Je ne crois pas que les Juifs soient en dan­ger, mais ils ont des raisons d’être inqui­ets… pour la France autant que pour eux-mêmes », ibid.

« Je refuse d’être dif­fusée dans l’émission de cette con­nasse, vous pou­vez lui dire. De cette CONNASSE », au sujet de Char­line Van­hoe­nack­er, à Guil­laume Meurice qui est venu se promen­er aux cinquante ans de Valeurs Actuelles en octo­bre 2016

« Il existe chez nous un par­ti que les tri­bunaux ne peu­vent pas inter­dire, qui a le droit de se présen­ter aux élec­tions, mais les électeurs n’ont pas le droit de vot­er pour lui et ses dirigeants n’ont pas le droit de gag­n­er. Ce qui, on en con­vien­dra, est assez pra­tique pour ceux qui l’affrontent en duel. On me dit qu’il respecte le cadre de la République, mais pas ses fameuses valeurs. Sauf que, par­don, qui est arbi­tre des valeurs, Le Monde, les Inrocks, Jacques Attali ? », Causeur, 05/05/2017.

« La France qui gagne a gag­né. Le sys­tème est mort, vive le sys­tème!, pour­rait-on ajouter. En effet, nous n’as­sis­tons pas à une révo­lu­tion, plutôt à un change­ment de dynas­tie », Le Figaro Vox, 20/05/2017.

« Pour la pre­mière fois depuis le référen­dum sur le traité de Maas­tricht, un respon­s­able a été élu en por­tant ouverte­ment, donc dans une forme presque chim­ique­ment pure, un pro­jet européen et libre-échangiste, ain­si que le pro­gres­sisme cul­turel et socié­tal bon teint qui va avec. Pour faire court, c’est la banque cen­trale européenne pour le «dur» — l’é­conomie, la mon­naie, les affaires -, et Ter­ra­no­va pour le sup­plé­ment d’âme, c’est-à-dire, notam­ment les ques­tions d’in­té­gra­tion et d’im­mi­gra­tion », ibid.

« Quand Emmanuel Macron se rend à Sar­celles, il joue au foot, fait des self­ies et nous sert un dis­cours gen­til­let sur la richesse de nos ban­lieues, mais il se garde de toute allu­sion aux sujets qui fâchent — fon­da­men­tal­isme, sex­isme, anti­sémitisme…. Et con­tre le FN, il sort l’ar­tillerie lourde de l’an­ti­nazisme et des heures les plus som­bres. Seule­ment, les anti­sémites qui pour­ris­sent la vie des juifs ne se trou­vent pas au Front nation­al, mais à Sar­celles », ibid.

« Après François Hol­lande qui gou­ver­nait sous la sur­veil­lance du Monde, que Macron tienne la dragée haute aux jour­nal­istes m’a­muse beau­coup. Les sociétés de rédac­teurs s’é­tran­g­lent de rage parce que l’Elysée pré­tend, sem­ble-t-il, choisir des inter­locu­teurs com­pé­tents, ce qui est assez out­re­cuidant, et, plus générale­ment, ne man­i­feste pas à l’é­gard de la pro­fes­sion la déférence à laque­lle elle est habituée », ibid.

« Trois soirs de suite, tout le cen­tre de Paris, de la Bastille au Palais-Roy­al, a été livré à un fra­cas inde­scriptible dou­blé d’un embouteil­lage géant où des mil­liers de mal­heureux qui avaient le mau­vais goût de sor­tir du boulot ou d’avoir à tra­vers­er Paris d’est en ouest, ce qui, en plein mois de juil­let devrait être une prom­e­nade de san­té, se sont retrou­vés piégés des heures durant », au sujet du fes­ti­val Fnac Live, Causeur, 10/07/2017.

« Le mal­heureux quarti­er coincé entre Notre-Dame et l’Hôtel de ville paye déjà un lourd trib­ut à la fab­ri­ca­tion du Parisien nou­veau, avec Paris-Plage, qui à par­tir de minu­it, déverse tous les week-ends dans les rues son con­tin­gent de noc­tam­bules, gra­cieux voca­ble qui cache des indi­vidus avinés et brail­lards. C’est ce qu’on appelle la poésie de la nuit », ibid.

« Désor­mais, ce ne sont pas les bruits de bottes mais ceux des sonos qui nous font marcher droit. Cela s’appelle le pro­grès », ibid.

« Il faut un par­ti con­ser­va­teur qui par­le de la ques­tion de l’Islam qui obsède, qui inquiète, qui ter­ri­fie beau­coup de Français », LCI, 02/09/2017.

« Ils pensent tous pareil, mais tous. Et je tape sur la ‘Manif pour tous’ un jour, et je tape sur la droite le lende­main. Et le troisième jour, je dis à quel point c’est mal de vot­er Front nation­al… comme c’est rebelle et courageux ! », au sujet des humoristes de France Inter dans Salut les Ter­riens (21/10/2017).

« Si à 50 ans on n’a pas été insulté par un humoriste de France Inter, c’est qu’on a raté sa vie », Twit­ter, 24/10/2017.

« Il y’a un con­sen­sus effec­tive­ment sur la réal­ité du change­ment [cli­ma­tique], mais sur ses caus­es et son évo­lu­tion, non. », L’Heure des Pros, CNEWS, 06/05/2019.

« Ce fémin­isme ultra-minori­taire pré­tend par­ler au nom des femmes — qu’on me per­me­tte de répon­dre au nom de mes copines «si vous n’aimez pas ça, vous n’en dégoûterez pas les autres!» Si ses représen­tantes veu­lent la peau du mâle blanc hétéro­sex­uel, c’est d’abord pour pren­dre sa place. Mais aus­si, plus pro­fondé­ment — et sans doute incon­sciem­ment — pour en finir avec la sex­u­al­ité, ses tour­ments et ses risques — d’abord, avec l’hétérosexualité, comme le pro­po­sait récem­ment un fes­ti­val fémin­iste, mais aus­si avec l’homosexualité, désor­mais domes­tiquée et famil­ial­isée. Car ces néo-fémin­istes ont rai­son sur un point, la sex­u­al­ité est dan­gereuse: pas parce que les hommes sont des brutes et les femmes des agnelles, mais parce qu’elle met en jeu des pul­sions dont l’entendement nous échappe. », Le FigaroVox, 18/10/2019.

Sa nébuleuse

Élis­a­beth Levy est cofon­da­trice de la Fon­da­tion Marc-Bloch, fondée en 1998 et rebap­tisée, en 2000, Fon­da­tion du 2 Mars. En 2001, elle devient secré­taire générale, puis prési­dente de ce think-tank œuvrant pour la défense et la pro­mo­tion des valeurs répub­li­caines.

En juin 2019, Élis­a­beth Lévy lance, en com­pag­nie du co-rédac­teur en chef Aaron Fon­vielle Buch­wald, issu de l’influente société de pro­duc­tion Télé Paris, la webtélé Réac’n Roll, où l’on peut voir que l’intéressée sem­ble s’être inspirée de la flo­rai­son de nou­veaux médias de réin­for­ma­tion qui ont vu le jour ces dernières années : par­mi ceux-ci, on compte aus­si bien PolonyTV que La France libre (auquel Levy a d’ailleurs par­ticipé à la soirée de lance­ment), désor­mais inti­t­ulée Gold­nadel TV, qui sont à chaque fois cha­peautés par Stéphane Simon et Télé Paris, une société dont la moitié des parts est détenue par Thier­ry Ardis­son. La plate­forme fait aus­si bien la part belle aux étoiles mon­tantes du con­ser­vatisme (Math­ieu Bock-Côté, Eugénie Bastié), qu’aux vieux loups de mer de la dis­si­dence télévi­suelle (Alain Finkielkraut et Eric Zem­mour en tête), tout en met­tant sou­vent l’accent sur Israël comme l’entreprise com­plé­men­taire de Gilles-William Gold­nadel. Réac’n Roll est la pro­tubérance dig­i­tale de Causeur.

On l’a dit à son sujet

« Dieudon­né et Élis­a­beth Lévy ont eu une agréable con­ver­sa­tion. Tout est dans le fanzine “Causeur” de ce mois de févri­er. Quand on partage le même but, lut­ter con­tre le “poli­tique­ment cor­rect”, au bout du compte, on se com­prend. Les cli­vages d’an­tan s’estom­pent. Les bar­rières s’ou­vrent. On se par­le. On s’en­tend bien. On se recon­nait. Et on se légitime mutuelle­ment », Bruno Roger-Petit, L’Obs, 06/02/2014.

« Loin de délégitimer Dieudon­né, Élis­a­beth Lévy le légitime, le fonde, l’an­cre dans le dia­logue démoc­ra­tique alors qu’en con­science, un jour­nal­iste digne de ce nom devrait l’en exclure, par principe », ibid.

« En bonne âme réac­tion­naire qu’elle est, l’éditorialiste de Causeur décide de ne pas suiv­re la meute et est même prête à ériger à François Fil­lon une stat­ue de bouc émis­saire, véri­ta­ble vic­time expi­a­toire des juges », Le Nou­veau Céna­cle, 05/03/2017

« Élis­a­beth Lévy se veut en tout temps une intel­lectuelle dis­si­dente, quitte à renier les fonde­ments même de son com­bat. En défen­dant François Fil­lon face à la curée des juges et des médias, elle se met à dos le peu­ple qu’elle chérit tant et qui, lui aus­si, fustige les agisse­ments du prési­den­tiable. Et c’est par esprit de con­tra­dic­tion qu’elle se con­tred­it », ibid.

« Élis­a­beth Lévy est moins casse-couille que vos voisins. Au lieu d’ap­pel­er la police pour se plain­dre du bruit, elle écrit des édi­tos dans Causeur. Ce qui est somme toute inof­fen­sif. Et en plus on peut se mar­rer », Brain Mag­a­zine, 10/07/2017.

« Ça a été com­pliqué pour moi de recevoir des leçons d’hu­mour de la part d’Élis­a­beth Lévy parce que c’est vrai, c’est une con­sœur que je respecte énor­mé­ment. Et je dis con­sœur parce qu’on fait le même méti­er: on est tous les deux payés pour racon­ter des con­ner­ies et franche­ment, elle vole pas son salaire », Alex Vizorek, France Inter, 24/10/2017.

« Élis­a­beth Lévy est tout ce que vous voulez, mais « pas de gauche ». France Inter aime tout, selon elle, « sauf les gens de droite ». Vous ne pou­vez pas imag­in­er comme ça me fait du bien d’entendre cela. J’ai l’impression d’avoir à nou­veau six ans et demi. Mit­ter­rand était au pou­voir depuis un an. Dans les familles français­es, il y a avait celles qui lisaient Le Figaro et celles qui lisaient Libéra­tion. Moi, petite, j’avais l’impression qu’elles ne se mélangeaient jamais ces familles-là. Aujourd’hui, je suis grande, je suis per­due, les lecteurs du Figaro votent Mélen­chon, les lecteurs de L’Humanité votent Philip­pot. Il était temps de se trou­ver une bous­sole, un guide dans la tem­pête, un phare de la pen­sée. Et tant pis si elle nous déteste. Autant l’inviter. », France Inter, 26/10/2017.

« En voilà une qui, au moins, a le mérite de la cohérence. D’une cohérence d’airain. Elle a peu, très peu, var­ié, au milieu de la ronde des con­vic­tions mou­vantes. C’est la jour­nal­iste Élis­a­beth Lévy. Eh oui… Celle que ses (nom­breux) détracteurs car­i­ca­turent en pétroleuse ne dévie pas de sa ligne. Et trace le sil­lon d’un grand refus: refus de ce qu’elle a nom­mé, suc­ces­sive­ment, la bien­pen­sance, le par­ti du Bien, la férule des “maîtres censeurs”, et, avec ce nou­veau livre, la tyran­nie de la “rien-pen­sance », L’Ex­press, 24/11/2017.

« Dans la pre­mière table ronde con­sacrée aux actions néces­saires à met­tre en place après #MeToo, le cap­i­taine de police Lau­rent Boyet a tout de même été obligé de rap­pel­er à la jour­nal­iste-essay­iste Peg­gy Sas­tre que «#MeToo ne fait pas peur aux hommes, mais aux agresseurs». De même, la philosophe Mar­tine Stor­ti a dû utilis­er son – pré­cieux – temps de parole pour rétor­quer à Elis­a­beth Lévy, la franc-tireuse du site réac Causeur, que non, «le réc­it délivré par #MeToo n’est pas vic­ti­maire puisque les femmes osent juste­ment pren­dre la parole», que non, «il n’y a indif­féren­ci­a­tion des sex­es dans les iné­gal­ités de salaires, dans le har­cèle­ment, dans les agres­sions», que non, «le fémin­isme n’a pas large­ment gag­né mais que le com­bat ne fait que com­mencer». », Libéra­tion, 14 sep­tem­bre 2018.

Crédit pho­to : Causeur (2011)

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