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Laurent Joffrin

Socialiste libéral compatible à tous les pouvoirs

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 07/12/2018

« Le pro­fes­sion­nal­isme de Lau­rent Jof­frin s’adapte aux cir­con­stances », Bakchich, 26 octo­bre 2007.

Laurent Joffrin, de son vrai nom Laurent (André Marie Paul) Mouchard est né en juin 1952 à Vincennes. Il est le fils de Jean Mouchard, éditeur, propriétaire des Éditions François Beauval, devenu homme d’affaires, puis gestionnaire de fortune, aujourd’hui à la retraite, et de Chantal Michelet, décédée en 1955. Personnalité de la droite nationale, Jean Mouchard fut durant une dizaine d’années l’un des principaux collecteurs de fonds du Front National par le biais de la COTELEC (cotisation électorale). L’engagement de son père auprès de Jean-Marie Le Pen a renforcé les idées politiques de Laurent Joffrin, à l’opposé des siennes : « Entre l’âge de 12 et 18 ans, j’ai passé mon temps à convaincre mon père, à argumenter, à tenter de lui démontrer qu’il avait tort » (Le Nouvel Économiste, du 21 au 27 novembre 2003). Ce qui ne l’a pas empêché, d’après Marine Le Pen, de faire une croisière avec son père quand il avait 25 ans. Sa carrière se caractérise par des allers et retours incessant entre Libération et Le Nouvel Observateur.

Formation

Lau­rent Jof­frin a été élève au Col­lège Stanis­las de Paris, un étab­lisse­ment privé catholique sous con­trat d’association avec l’État. Il est diplômé de l’Institut d’Études Poli­tiques de Paris (Sci­ence-po) et licen­cié en sci­ences économiques. Il est égale­ment diplômé du Cen­tre de for­ma­tion des jour­nal­istes de Paris (pro­mo 1977).

Parcours professionnel

Laurent Joffrin : socialiste libéral compatible à tous les pouvoirs

Lau­rent Jof­frin : social­iste libéral com­pat­i­ble à tous les pou­voirs. Crédit pho­to : DR SuzyQ pour l’Ojim

En 1977, il entre à l’Agence France Presse qu’il quitte très vite pour par­ticiper à la créa­tion d’un nou­veau quo­ti­di­en, Forum inter­na­tion­al.

1981 à 1988 : Serge July l’engage à la rédac­tion de Libéra­tion pour « droi­tis­er » le quo­ti­di­en. À l’origine du ser­vice économique avec Pierre Bri­ançon, il incar­ne l’aile libérale du jour­nal : « On a créé le ser­vice économique avec Pierre Bri­ançon. Serge July avait un pro­jet de trans­for­ma­tion sym­bol­ique du jour­nal, con­crétisé par la nou­velle maque­tte et un point de vue cri­tique de la gauche. Il voulait dou­bler la gauche sur sa droite. Le ser­vice économique était stratégique car on injec­tait du libéral­isme. Je pre­nais des posi­tions vir­u­lentes. Par exem­ple, je dis­ais : « il faut accepter la hiérar­chie des salaires. » Nous étions l’aile mod­erniste, “tapiste” dis­aient les méchants… On trou­vait que Serge July n’allait pas assez vite, mais c’était utile pour lui d’avoir une droite », Yves Rou­caute, Splen­deurs et mis­ères des jour­nal­istes, Cal­mann-Lévy, 1994.

Il dirige ensuite le ser­vice « Société » avant de devenir édi­to­ri­al­iste et respon­s­able de la page « Rebonds » du jour­nal, avec Serge Daney, Gérard Dupuy et Alexan­dre Adler.

1988 à 1996 : Il suc­cède à Franz-Olivi­er Gies­bert à la tête de la rédac­tion du Nou­v­el Obser­va­teur.

1996 à 1999 : Il est directeur de la rédac­tion de Libéra­tion.

1999 à 2006 : Il reprend la direc­tion du Nou­v­el Obser­va­teur.

2006 à 2011 : Il est nom­mé directeur de la pub­li­ca­tion de Libéra­tion dans le cadre du plan de relance du jour­nal pro­posé par ses action­naires, dont Édouard de Roth­schild, action­naire de référence.

Mais en 2011, il reprend la tête du Nou­v­el Obser­va­teur qu’il codirige avec Nathalie Collin. La société des rédac­teurs du titre a approu­vé sa nom­i­na­tion comme directeur de la rédac­tion avec 93% de votes favor­ables. Dans le détail, on compte 121 votes pour, 9 votes con­tre et 3 votes blancs ou nuls.

Le 12 juin 2014, il revient à Libéra­tion où il est nom­mé directeur de la rédac­tion.

En par­al­lèle de ses activ­ités dans la presse écrite, il est chroniqueur radio et débat le lun­di et le jeu­di avec Sylvie Pierre-Brosso­lette du Point sur France Inter. Il est égale­ment pro­duc­teur de l’émission cul­turelle « Diag­o­nales ».

Il ani­me égale­ment « Les détec­tives de l’Histoire » sur France 5, une émis­sion d’enquête sur des faits mar­quants de l’histoire récente.

En mars 2014, il démis­sionne de son poste de directeur de la rédac­tion du Nou­v­el Obser­va­teur, après l’entrée au cap­i­tal du jour­nal du «trio BNP» (Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse)

En juin 2014, il rede­vient patron de Libéra­tion.

Parcours militant

En mai 1968, il est mem­bre du comité d’action lycéen.

En 1971, il adhère au Par­ti Social­iste. Mem­bre de la dix-huitième sec­tion, il côtoie Jean Peyrel­e­vade, Lionel Jospin et Bertrand Delanoë. Il devient par la suite secré­taire du Mou­ve­ment des jeuness­es social­istes (con­trôlé par les trot­skistes), et plus par­ti­c­ulière­ment l’un de ses courants, le Cen­tre d’études, de recherch­es et d’éducation social­iste (CERES) ani­mé par Jean-Pierre Chevène­ment, Alain Gomez, Didi­er Motchane et Pierre Guidoni. Il siège alors à la direc­tion des MJS dans l’équipe de Jean-Marie Per­not et con­stitue le club « Social­isme et Uni­ver­sité » avec des étu­di­ants du CERES comme Denis Olivennes et ses amis du groupe ES du Pan­théon (Patrick Weil, Éric Dupin, etc.). Mem­bre du comité de rédac­tion de son organe, Le Cray­on entre les dents (jan­vi­er 1976 — novem­bre 1978), il pub­lie alors des arti­cles sous le pseu­do­nyme de Lau­rent André (ses deux prénoms) ou de Paul Helleme (pour L.M.).

Ancien mem­bre du club Phares et Balis­esRépub­li­cains de gauche », aujourd’hui dis­sous), avec Régis Debray, Max Gal­lo, Paul Thibaud et Emmanuel Todd.

Ancien mem­bre de la Fon­da­tion Saint Simon, think tank libéral et atlantiste.

En 2016 il sou­tient con­tre vents et marées une can­di­da­ture de François Hol­lande à sa réélec­tion, avant de tourn­er casaque et de le cri­ti­quer quand celui-ci renonce à se représen­ter.

En 2018, lorsque sor­tent Les leçons du pou­voir, le livre de François Hol­lande qui devient con­tre toute attente un best-sell­er, des infor­ma­tions fuitent comme quoi il aurait écrit le livre de bout en bout. Il dément. Cepen­dant au départ, le livre devait se com­pos­er d’entretiens entre Hol­lande et Jof­frin, et il com­porte dans sa sec­tion « remer­ciements » cette men­tion de François Hol­lande : « J’ai égale­ment une pen­sée recon­nais­sante à l’égard de Lau­rent Jof­frin pour son ques­tion­nement ini­tial ». Par ailleurs un long chapitre réécrit des Leçons du pou­voir envoyé par Lau­rent Jof­frin a atter­ri… dans la boîte mail d’Emmanuel Macron.

Publications

  • La Gauche en voie de dis­pari­tion, Seuil, 1984.
  • Coluche, c’est l’histoire d’un mec, avec Serge July et Jacques Lanz­mann, Solar, 1986.
  • Un coup de jeune, por­trait d’une généra­tion morale, Arléa, 1987.
  • Mai 68, une his­toire du mou­ve­ment, Seuil, 1988 ; réédi­tion Points His­toire, série « Doc­u­ment », 2008.
  • Cabu en Amérique, avec Jean-Claude Guille­baud, Seuil, 1990.
  • La Régres­sion française, Seuil, 1992.
  • La Gauche retrou­vée, Seuil, 1994.
  • Yougoslavie, sui­cide d’une nation, Mille et Une Nuits, 1995.
  • Koso­vo, la guerre du droit, suivi de Yougoslavie, sui­cide d’une nation, Mille et Une Nuits, 1999.
  • Où est passée l’autorité ?, avec Philippe Tes­son, NiL édi­tions, 2000.
  • Les Batailles de Napoléon, Seuil, 2000.
  • Le Gou­verne­ment invis­i­ble, nais­sance d’une démoc­ra­tie sans le peu­ple, Arléa, 2001.
  • La Princesse oubliée, roman, Robert Laf­font, 2002.
  • C’était nous, roman, Robert Laf­font, 2004.
  • Les Grandes batailles navales, de Salamine à Mid­way, Seuil, 2005.
  • His­toire de la gauche caviar, Robert Laf­font, 2006.
  • La Gauche bécas­sine, Robert Laf­font, 2007.
  • Le Roi est nu, Robert Laf­font, 2008.
  • Média-para­noïa, Seuil, 2009.
  • La Grande his­toire des codes secrets, Privé, mai 2009.
  • L’Énigme de la rue Saint Nicaise – Les aven­tures de Dona­tien Lachance, détec­tive de Napoléon, Robert Laf­font, 2010.
  • Les Énigmes Kennedy, Omnibus, 2011.
  • Le Grand Com­plot, Laf­font, 2013.
  • Le Réveil Français, Stock 2015.

Ce qu’il gagne

En 2003, au Nou­v­el Obser­va­teur, Lau­rent Jof­frin indique gag­n­er 10 000 euros bruts men­su­els, Le Nou­v­el Écon­o­miste, du 21 au 27 novem­bre 2003.

En 2018, Libéra­tion pub­lie ses plus hauts et plus bas salaires : Lau­rent Jof­frin gagne 10.000 € bruts par mois, et le salarié le moins payé, 2131 €. Cela ne prend pas en compte ses droits d’auteur et ses éventuels ménages.

Il l’a dit

« Plus de cent répons­es à mon papi­er 11 sep­tem­bre. Pas une seule réfu­ta­tion factuelle. Mis­ère de la pen­sée con­spir­a­tionniste », Twit­ter

« La loi sur la presse établit la lib­erté d’expression, à de rares excep­tions près, dont le racisme. C’est une bonne loi », ibid.

« Ménard veut à toute force libér­er la parole raciste. Il est décidé­ment de plus en plus louche », ibid.

« La lég­is­la­tion pro­hibe le racisme et l’incitation au meurtre. La fachos­phere est-elle au-dessus des lois ? », ibid.

« Ce n’est pas faire le flic que deman­der l’application de la loi répub­li­caine. C’est exiger une mesure sim­ple con­tre le fas­cisme numérique », ibid.

« Vio­lence xéno­phobe : peut-on exonér­er des sites de haine, tel fdes­ouche? », ibid.

« Ma cause : c’est le social­isme », « Lau­rent Jof­frin », Le Nou­v­el Econ­o­miste, du 21 au 27 novem­bre 2003.

« Cette Con­sti­tu­tion est un moin­dre mal. Et il vaut mieux vot­er pour un moin­dre mal que pour un mal » (à pro­pos du traité con­sti­tu­tion­nel de 2005), France Inter, 12 mars 2005.

« La France est révoltée. Cette révolte est jus­ti­fiée, légitime. Sur elle il fau­dra bâtir. Mais Dieu qu’elle est mal ciblée ! Un texte noble [la Con­sti­tu­tion européenne de 2005], qui rassem­blait un con­ti­nent autour des mêmes principes, ceux de la lib­erté et de la jus­tice, a été pris pour bouc émis­saire de la crise sociale et brûlé dans les urnes comme un par­chemin malé­fique », « La France révoltée », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 2 juin 2005

« Dans le cas d’Anders Behring Breivik, l’idéologie som­maire et haineuse dif­fusée par de petits groupes qui dénon­cent “l’invasion musul­mane”, qui emploient des ter­mes ani­maliers pour désign­er les musul­mans, qui se réfèrent aux croisés ou aux tem­pli­ers pour car­ac­téris­er la sit­u­a­tion d’aujourd’hui et pré­conisent ain­si, même implicite­ment, l’action vio­lente, qui se félici­tent de voir que des jeunes social­istes ont été tués, qui se situent dans le champ séman­tique de la guerre civile, por­tent une respon­s­abil­ité directe. Ils doivent être dénon­cés comme tels. C’est le cas des sites extrémistes français comme fdes­ouche, que nous avons ici mis en cause et dont on ne com­prend pas qu’ils puis­sent béné­fici­er d’une telle impunité », « Polémique — Lau­rent Jof­frin répond à Paul Mor­eira », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 29 juil­let 2011

« La défi­ance du pub­lic a en fait une autre orig­ine : cette par­tie des cri­tiques des médias qui ne cherchent pas à les amélior­er, mais, pour des raisons idéologiques com­plex­es, à les dis­créditer. A l’extrême-gauche parce qu’ils les tien­nent pour des agents du grand cap­i­tal (pour faire court), à l’extrême-droite parce qu’ils les accusent d’être tenus par les par­ti­sans de la “pen­sée unique mon­di­al­iste et droit-de-l’hommiste”. Cette pro­pa­gande, sou­vent relayée par quelques chroniqueurs aigris, a pro­duit ses effets : une grande par­tie du pub­lic pense désor­mais être vic­time d’un com­plot général visant à trav­e­s­tir sys­té­ma­tique­ment l’actualité au prof­it de forces occultes (le pou­voir social­iste en l’occurrence, hier le pou­voir sarkozyste, mais aus­si, selon l’orientation de celui qui accuse, le monde de la finance, l’ultralibéralisme, le cos­mopolitisme, les juifs, les musul­mans, le boboïsme, etc.) Ain­si les accu­sa­tions les plus folles, pro­tégées par le vide juridique qui pré­side au fonc­tion­nement de la Toile, peu­vent cir­culer libre­ment, détru­isant les répu­ta­tions, accrédi­tant les visions les plus com­plo­tistes de l’Histoire, faisant, en tout état de cause, le jeu des extrêmes et des adver­saires de la démoc­ra­tie », « La Com­mis­sion Jospin et les dérives du web », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 27 aout 2012

« Le pou­voir des trafi­quants de drogues s’accroît de manière inquié­tante dans notre pays. Il faut agir dès main­tenant avant qu’il ne soit trop tard. Ultra-vio­lence, cor­rup­tion poli­tique ou poli­cière, règle­ments de compte en série, ter­ri­toires entiers qui échap­pent à la légal­ité répub­li­caine (…) On sait par expéri­ence — aux États-Unis ou en Amérique latine — qu’une fois le pou­voir des trafi­quants établi, il est très dif­fi­cile de s’en affranchir. Rai­son de plus pour agir dès main­tenant en France, avec la plus grande déter­mi­na­tion. Non pas en mod­i­fi­ant les lois, qui sont déjà rigoureuses ou en déclen­chant on ne sait quelle panique sécu­ri­taire. Mais en rép­ri­mant sans faib­lesse la cor­rup­tion et en accrois­sant rapi­de­ment les moyens d’enquêtes et de sur­veil­lance de la police, de manière à étouf­fer dans l’œuf le développe­ment d’un nar­co-État à la française », « La France, nar­co-État ? », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 14 octo­bre 2012

« Certes l’immigration est un prob­lème et la gauche a grand tort de le nier trop sou­vent. Mais en faire la source prin­ci­pale de la crise française, c’est recourir à une out­rance pro­pa­gan­diste inad­mis­si­ble. La crise finan­cière, la crise écologique, la crise indus­trielle, la crise du com­merce extérieur, la crise de l’euro, n’ont rien à voir avec la présence d’immigrés en France. Par cette procla­ma­tion bru­tale, on assigne aux immi­grés un rôle de bouc émis­saire qui reflète avant tout un préjugé eth­nique », « “Le nou­veau FN de Marine Le Pen n’existe pas”, Le Nou­v­el Obser­va­teur, 24 juin 2011

« Pour jus­ti­fi­er la réduc­tion con­stante des droits des immi­grés en France — et main­tenant celle des Français nat­u­ral­isés, nou­velle dis­crim­i­na­tion — le gou­verne­ment se fonde sur la méfi­ance, la peur d’une mythique inva­sion et la défense obses­sion­nelle d’une iden­tité nationale qui n’est en rien mise en cause. Il désigne implicite­ment les étrangers comme une men­ace, sinon comme des enne­mis, alors que la plu­part d’entre eux sont des oubliés et des humil­iés, qui ne com­met­tent d’autre crime que d’accepter des emplois pénibles pour échap­per à la mis­ère de leur pays d’origine. Au vrai, ce nou­veau dis­posi­tif a surtout une fonc­tion poli­tique, des­tinée à mon­tr­er à la droite de la droite que le sarkozysme, sur ce point-là en tout cas, n’est pas un human­isme. Quitte à faire de l’étranger un bouc émis­saire », « Enne­mis », Libéra­tion, 28 sep­tem­bre 2010

« La dénon­ci­a­tion par Jean-François Copé d’un “racisme anti-blanc” mérite plus qu’un sim­ple anathème, tel qu’on l’a enten­du de la part de cer­tains mil­i­tants ou com­men­ta­teurs. Certes le prési­dent-can­di­dat de l’UMP a con­sciem­ment repris une for­mule depuis longtemps util­isée par le Front nation­al. Cette tac­tique doit être décryp­tée et dûment cri­tiquée. Jean-François Copé se jus­ti­fie en expli­quant qu’il a été lui-même le témoin, dans sa ville de Meaux, de cas d’intolérance ou d’agression ver­bale envers ces citoyens qu’on appelle couram­ment “gaulois” au sein de cer­taines cités. La chose paraît vraisem­blable », « “Racisme anti-blanc” : la mau­vaise foi de Copé », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 27 sep­tem­bre 2012

« En Tunisie, comme en Egypte, les révo­lu­tions arabes sont entrées dans la sec­onde phase de leur com­bat. Après avoir tri­om­phé de tyrans cor­rom­pus et san­guinaires, les démoc­rates doivent désor­mais affron­ter la réac­tion obscu­ran­tiste des fous d’Allah, répan­dus dans les rues avec des matraques ou bien déguisés en élus du peu­ple. Dans ce com­bat décisif, les mil­i­tants des droits humains, dont le com­bat est l’un des plus impor­tants des années qui vien­nent, méri­tent le sou­tien entier et act­if, moral et matériel, de toutes les forces pro­gres­sistes », « Tunisie. Le fas­cisme vert à l’offensive », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 24 août 2012

« Ain­si, depuis vingt-trois ans, la Tunisie était gou­vernée par un trouil­lard ! Ain­si, le grotesque suc­cesseur du grand Bour­gui­ba, flic en chef de l’un des régimes les plus féro­ces de la région, n’était qu’un pleu­tre et, quand le peu­ple insurgé lui a sig­nifié son con­gé, il est par­ti la queue basse. Vive la Tunisie libre ! (…) Les leçons de cet événe­ment his­torique appa­raîtront peu à peu. Mais, d’ores et déjà, on voit que le monde arabe n’est pas for­cé­ment con­damné au sin­istre face-à-face entre fanatisme islamiste et dic­tature cor­rompue ; que le sup­posé réal­isme de ceux qui sou­ti­en­nent les tyrans n’est sou­vent qu’un aveu­gle­ment intéressé, que les valeurs de lib­erté peu­vent pénétr­er en terre d’islam, que cette démoc­ra­tie qu’on dit en crise, qu’on juge fac­tice ou faisandée, qu’on déclare réservée aux Occi­den­taux, sus­cite encore le sac­ri­fice et qu’il y a tou­jours, à Tunis comme naguère à Pékin ou à Varso­vie, des hommes prêts à mourir pour la lib­erté », « Le lâche et les glo­rieux », Libéra­tion, 15 jan­vi­er 2010

« La France future sera tis­sée, en même temps que de chris­tian­isme ou de laï­cisme, de cul­ture musul­mane, d’esprit africain ou de tra­di­tion ultra-marine. Ces apports sont un enrichisse­ment et non une men­ace. Se con­tenter de dénon­cer la bur­ka, ce qui peut certes se com­pren­dre, c’est refuser de voir cette réal­ité nou­velle et à bien des égards pos­i­tive. La dénon­ci­a­tion du com­mu­nau­tarisme — fondée en théorie — finit par cou­vrir une forme d’allergie à la dif­férence. La France est d’ores et déjà plurielle. On ne saurait le nier, à l’heure de l’Europe et de la mon­di­al­i­sa­tion, qui sont par nature mélange et métis­sage », « Il y a aus­si du rouge dans le dra­peau tri­col­ore », Libéra­tion, 27 sep­tem­bre 2009

« La polémique sur ces prières de rue est ain­si ren­due à sa juste pro­por­tion. La République, on doit bien le con­stater aujourd’hui, n’était pas men­acée par ces rit­uels en plein air, qui ne sont guère dif­férents, si l’on y réflé­chit avec un peu de sérénité, des pro­ces­sions catholiques qui ont lieu régulière­ment dans plusieurs villes de France. Aucune “occu­pa­tion” dans ces prières sur la voie publique. La reli­gion, en France, a pignon sur rue, elle n’est pas oblig­ée de pra­ti­quer la clan­des­tinité, dès lors que les règles de cir­cu­la­tion et de bon usage de l’espace com­mun sont respec­tées. Les prières de rue ne gênaient pas grand monde », « Prières de rue : la sagesse de l’Islam de France », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 18 sep­tem­bre 2011

« Défer­lement de clichés antimusul­mans hier soir, dans l’émission de Frédéric Tad­déï “Ce soir (ou jamais !)”. Une opéra­tion de pro­pa­gande lep­éniste. La télévi­sion française est-elle en voie de lep­éni­sa­tion ? Déjà le titre inspi­rait la plus grande méfi­ance : “Marine Le Pen : la mon­tée du sen­ti­ment nation­al”, inti­t­ulé fausse­ment anodin qui décer­nait d’emblée au par­ti lep­éniste une préémi­nence dans la représen­ta­tion de la nation, et désig­nait implicite­ment les autres par­tis comme des entités moins français­es que lui (…) Sous ces aus­pices sci­em­ment biaisées, le présen­ta­teur avait com­posé son plateau avec une rare per­ver­sité », « “France 3 : Le Pen ou jamais” », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 11 mars 2011

« Réprou­ver l’intégrisme musul­man et dénon­cer le pou­voir sup­posé des juifs ce n’est pas la même chose. On est anti-inté­griste dans le pre­mier cas, raciste dans le sec­ond. On choisit sa reli­gion, on ne choisit pas sa race », texte mod­i­fié en ligne par la suite : « (…) atta­quer une reli­gion n’est pas atta­quer une com­mu­nauté. Réprou­ver l’intégrisme musul­man et dénon­cer le pou­voir sup­posé des juifs ce n’est pas la même chose. On est anti-inté­griste dans le pre­mier cas, raciste dans le sec­ond », Libéra­tion, 25 juil­let 2008

« Moi je ne pense pas que c’était arti­fi­ciel [Sos Racisme], ça cor­re­spondait vrai­ment à l’état d’esprit de l’époque, donc ce n’était pas arti­fi­ciel. Ce n’était pas une organ­i­sa­tion struc­turée sur le ter­rain, mil­i­tante, mais ça ne suf­fit pas à con­damn­er un mou­ve­ment […] Pouch­in était très favor­able à SOS et moi ensuite quand je me suis occupé de ces affaires, moi aus­si, j’étais très favor­able », SOS Racisme, his­toire d’une mobil­i­sa­tion “apoli­tique”, Philippe Juhem (Thèse de sci­ence poli­tique soutenue à l’université de Nan­terre en décem­bre 1998 sous la direc­tion du pro­fesseur Bernard Lacroix).

« En matière de mœurs, la franc-maçon­ner­ie est tou­jours plus “avancée” ou plus “pro­gres­siste” que la moyenne de la pop­u­la­tion. Et donc, sur les ques­tions de fin de vie, sur les ques­tions de mariage gay et de vote des étrangers, ils ont une influ­ence indis­cutable. Qui, à mon avis, est pos­i­tive », “Les 4 vérités”, France 2, 4 jan­vi­er 2013

« Si l’on accepte la dig­nité des homo­sex­uels, on ne peut leur refuser l’union offi­cielle. Pourquoi devraient-ils, pour entr­er à la mairie, pren­dre la porte de ser­vice ? », «Mariage homo­sex­uel : la fin d’une dis­crim­i­na­tion mil­lé­naire », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 5 novem­bre 2012

« Bay­rou ? C’est fou. Folie com­préhen­si­ble, empreinte d’une sagesse de juste milieu. Les par­tis tra­di­tion­nels ont trop déçu, les équipes dirigeantes suc­ces­sives trop peu réus­si au pou­voir pour qu’elles puis­sent se présen­ter devant l’électeur sans gêne. Ten­tons l’expérience d’un gou­verne­ment des meilleurs, emmené par un Béar­nais cousin de d’Artagnan. Por­tons-le, surtout, au sec­ond tour pour garan­tir la défaite de l’anxiogène Sarkozy », «Vot­er = décider », Libéra­tion, 20 avril 2007

« C’est à la suite d’une erreur de fonc­tion­nement interne qu’une pub­lic­ité de la Fon­da­tion Jérôme Leje­une [un mes­sage anti-avorte­ment] est passée en avant-dernière page de TéléObs. Le “Nou­v­el Obser­va­teur” pub­lie régulière­ment des annonces por­tant sur des caus­es d’ordre général. Mais il veille à ce qu’elles soient con­formes à ses valeurs. Ce n’est pas le cas cette fois-ci : nous deman­dons à nos lecteurs de nous excuser pour cet impair. Nous veillerons à ce que ce type d’incident ne se repro­duise pas », « Une pub­lic­ité anti-IVG dans l’Obs : erra­tum », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 10 décem­bre 2012

« Les seuls pays à s’intéresser à l’affaire sont la Russie, qui sou­tient et arme le bouch­er Assad, et les pays du Golfe, qui sou­ti­en­nent et arment les plus extrémistes de ses opposants. Grâce à la sage non-inter­ven­tion occi­den­tale, deux enne­mis déclarés des démoc­ra­ties accrois­sent leur influ­ence dans la région en jetant de l’huile sur le feu. Mais on se con­sol­era : la sage non-inter­ven­tion des démoc­ra­ties, si elle laisse Assad libre de mas­sacr­er son peu­ple, a blo­qué l’insupportable offen­sive de BHL. N’est-ce pas l’essentiel ? », «Syrie : lut­ter con­tre Assad ou con­tre BHL ? », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 24 octo­bre 2012

« Depuis longtemps, le “Nou­v­el Obser­va­teur” s’est pronon­cé en faveur du mariage homo­sex­uel (…) L’instauration du “mariage pour tous” est fondée sur le principe d’égalité. Elle con­siste à éten­dre aux homo­sex­uels une lib­erté aujourd’hui réservée aux hétéro­sex­uels. Elle repose sur l’idée qu’il faut abolir les dis­crim­i­na­tions qui pèsent depuis des temps immé­mo­ri­aux sur les homo­sex­uels, dis­crim­i­na­tions injustes et injus­ti­fi­ables. Ces dis­crim­i­na­tions ont été annulées les unes après les autres au fur et à mesure du pro­grès de la société, selon les principes en vigueur dans notre république fondée sur les droits de l’Homme. Le “mariage pour tous” est une étape sup­plé­men­taire dans cette marche vers l’émancipation (…) Si les enfants ain­si élevés tour­naient la plu­part du temps très mal, cela se saurait. Rien de tel en l’occurrence. S’il existe des dif­férences, elles ne sont ni spec­tac­u­laires, ni évi­dentes », « Mariage pour tous : réponse aux man­i­fes­tants », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 18 novem­bre 2012.

« Le crime de Bachar al-Assad change tout. Cette fois, l’intervention occi­den­tale n’est pas une hypothèse, une ten­ta­tion hasardeuse ou un impératif moral plus ou moins jus­ti­fié. C’est une évi­dence. Sad­dam Hus­sein mis à part, aucun pays n’a fait usage de l’arme chim­ique au com­bat depuis près d’un siè­cle. […] Avec ses alliés, le prési­dent Oba­ma avait solen­nelle­ment déclaré que l’emploi des gaz était la ligne rouge à ne pas franchir. Que vaudrait sa parole — et celle des démoc­ra­ties en général — s’il restait inerte alors que les preuves de la mon­stru­osité s’accumulent ? Et com­ment pour­rait-on faire pres­sion sur l’Iran dans le domaine nucléaire si on lais­sait impuni l’usage par Damas d’une arme inter­dite ? » Le Nou­v­el Obser­va­teur, 27 Août 2013.

« On attendait bien plus d’une gauche réal­iste dont le pre­mier devoir est de percevoir la détresse qui frappe les class­es pop­u­laires [et qui n’a pas été capa­ble de pro­pos­er] « un pro­jet de société claire­ment dis­tinct de la régres­sion con­ser­va­trice, des réformes qui ne soient pas des sac­ri­fices, autre chose que l’alignement sur l’orthodoxie agres­sive qui sert de brévi­aire aux class­es dirigeantes », Libéra­tion, 02/12/2016.

« Un livre l’a tué. Avant la paru­tion de l’ouvrage de Gérard Dav­et et Fab­rice Lhomme, le dis­posi­tif était prêt — appel des députés pour Hol­lande, dis­cours pro­gram­més, vis­ites soigneuse­ment cal­i­brées — pour ten­ter un rétab­lisse­ment, une offen­sive con­tre la droite, un début de résur­rec­tion », ibid.

Collaborations

Ani­ma­teur de tables ron­des lors du salon du Livre de la fédéra­tion de Paris de la Ligue inter­na­tionale con­tre le racisme et l’antisémitisme (Licra) : « Des tables ron­des vien­nent ponctuer l’après-midi ; elles sont sou­vent ani­mées par des jour­nal­istes de pre­mier plan, tels que Lau­rent Jof­frin ou Éric Fot­tori­no. Les débats por­tent sur des sujets con­cer­nant la lutte con­tre le racisme et les dis­crim­i­na­tions », Le droit de vivre, n°630.

En jan­vi­er 2013, il est invité à la con­ven­tion nationale du Con­seil représen­tatif des insti­tu­tions juives de France (CRIF) pour débat­tre du phénomène Mohammed Mer­ah : est-il un fana­tique isolé ou le symp­tôme d’une men­ace plus grande ? Et plus large­ment : la République a-t-elle per­du le con­trôle de nou­veaux ter­ri­toires ? Avec Alexan­dre Adler, le pro­fesseur Ian­nis Roder et l’écrivain Jacques Tamero.

En 2010, il est invité au dîn­er organ­isé par « Inven­ter à Gauche », le club de réflex­ion présidé par le député-maire de Greno­ble (PS), Michel Destot ; au col­loque « La démoc­ra­tie et ses nou­veaux défis » organ­isé par le ser­vice cul­turel de l’ambassade de France en Israël se déroulant à Tel Aviv à un débat sur le thème « Com­ment réanimer la poli­tique ? » ; à la table ronde organ­isée par la Revue civique sur le thème : « La frac­ture civique en ques­tion. Com­ment mieux associ­er les citoyens à la vie publique ? » ; présente et ani­me enfin la troisième lec­ture de textes tirés de l’ouvrage « His­toires du peu­ple juif » en présence de Marek Hal­ter au Cen­tre Rachi d’Art et de Cul­ture.

En 2009, il ani­me une table ronde : «L’État et les médias », lors de la 18ème Journée du Livre poli­tique « Lire la poli­tique ».

En 2008, il est invité à la « con­férence annuelle des Entre­pre­neurs » sur le thème « La France sait-elle aimer ses entre­pre­neurs ? » en com­pag­nie de Nico­las Beytout, prési­dent du Groupe DI-Les Echos, Lau­rence Parisot, prési­dente du Medef et Gré­goire Sen­til­h­es, prési­dent-fon­da­teur de la société d’investissement Nextstage (et prési­dent depuis 2011 du G20 Young Entre­pre­neur Alliance).

En 2004, il par­ticipe au Forum de Davos.

En 2003, il planche sur « Le pro­gres­sisme aujourd’hui » devant la loge Demain du Grand Ori­ent de France.

En 2001, il est mod­éra­teur de la con­férence organ­isée par l’Institut de Rela­tions Inter­na­tionales et Stratégiques (IRIS) sur le thème « savoir et expor­ta­tion de mod­èles cul­turels ».

Sa nébuleuse

Lau­rent Jof­frin a été un des dix « Young leader » français de la French Amer­i­can Foun­da­tion en 1994. Créée en 1976 à l’occasion du bicen­te­naire des États-Unis, « la French-Amer­i­can Foun­da­tion France a pour but d’améliorer les rela­tions entre la France et les États-Unis. Sa mis­sion générale, en col­lab­o­ra­tion avec sa Fon­da­tion sœur à New York, est de pro­mou­voir le dia­logue et de ren­forcer les liens entre les deux pays ». Décrié par ses opposants comme un pro­gramme de for­ma­tion des élites français­es à l’idéologie atlantiste et pro-améri­caine, le Young leader Pro­gramme « a été créé en 1981 et sélec­tionne chaque année pour leurs réal­i­sa­tions et leur lead­er­ship, 10 Français et 10 Améri­cains âgés de 30 à 40 ans, appelés à jouer un rôle impor­tant dans leur pays et dans les rela­tions fran­co-améri­caines. Les can­di­dats retenus par­ticipent à deux sémi­naires de cinq jours cha­cun sur deux années con­séc­u­tives — alter­na­tive­ment en France et aux États-Unis — afin d’échanger sur des thèmes majeurs com­muns aux deux pays et d’approfondir leur com­préhen­sion mutuelle. »

Il a égale­ment été mem­bre du Club Le Siè­cle jusqu’en 2011. Fondé en 1944, Le Siè­cle réu­nit, depuis plus de 60 ans, la qua­si-total­ité du pou­voir poli­tique, économique, financier ou médi­a­tique français. Soit env­i­ron 600 per­son­nes qui con­cen­trent entre leurs mains l’essentiel du pou­voir. Tout gou­verne­ment, qu’il soit de droite ou de gauche, a du tiers à la moitié de ses mem­bres qui y appar­tient (Emmanuel Rati­er, Au cœur du pou­voir). D’autres jour­nal­istes par­ticipent à ces dîn­ers men­su­els comme David Pujadas (France 2), Michel Field (Europe 1), Arlette Chabot (Pub­lic Sénat), Alain-Gérard Sla­ma (Le Figaro, France Cul­ture), Claude Imbert (Le Point), Franz-Olivi­er Gies­bert (Le Point, France 2), Emmanuel Chain, etc.

Il est actuelle­ment, mem­bre du con­seil d’administration du think tank proche du Par­ti Social­iste : « En Temps Réel »

Il dirige enfin, avec Denis Olivennes et Patrick Weill, le club de réflex­ion poli­tique Dan­ton. Voici la présen­ta­tion qu’en fait le jour­nal­iste Philippe Cohen : « Lors d’une réu­nion men­su­elle, nous étions une quar­an­taine de hauts fonc­tion­naires, de jour­nal­istes, d’économistes et de chercheurs à échang­er avec un homme poli­tique ou un respon­s­able économique. »

Ils ont dit

« Il est à not­er qu’à peine 15 jours après la pub­li­ca­tion de l’édito de Jof­frin visant Fdesouche.com, ont com­mencé les ennuis de Pierre Sautarel avec la Jus­tice et ses con­vo­ca­tions inces­santes par la Police Judi­ci­aire… » « Poli­tis Vs Lau­rent Jof­frin », Fdesouche.com

« On a com­pris, le pro­fes­sion­nal­isme de Lau­rent Jof­frin s’adapte aux cir­con­stances. Ancien mil­i­tant des Jeuness­es social­istes, il a décou­vert la moder­nité. Il n’a cessé de mul­ti­pli­er les allers et retours entre le quo­ti­di­en fondé par Sartre et Le Nou­v­el Obs avant d’être placé à la tête du pre­mier par Édouard de Rotschild, mil­i­tant de gauche bien con­nu qui pas­sait ses vacances avec un cer­tain Nico­las Sarkozy il n’y pas si longtemps. Les mau­vais­es langues assurent que Jof­frin est allé à plusieurs repris­es diriger l’hebdo de Per­driel pour gag­n­er un peu d’argent. C’est mesquin. D’abord, Lau­rent le Mag­nifique ne cherche que la vérité jour­nal­is­tique. Ensuite, avec Rotschild, il n’aura plus de prob­lème de fin de mois », « Lau­rent le mag­nifique », Bakchich, 26 octo­bre 2007.

« Élevé par un père édi­teur et proche de l’extrême droite, il s’est rebel­lé con­tre cet héritage en mil­i­tant aux jeuness­es social­istes, avant d’entrer à “Libé” en pleine euphorie mit­ter­ran­di­enne, puis de s’affirmer au ”Nou­v­el Obser­va­teur”. Celui qui s’est choisi pour pseu­do­nyme le nom d’une sta­tion de métro cul­tive avec soin sa répu­ta­tion de bret­teur, accu­sant Sarkozy d’imposer à la France une “monar­chie élec­tive” et trai­tant le chien de garde élyséen Frédéric Lefèb­vre de “roquet stipendié”. Mais le bar­bu à la phy­s­ionomie impéné­tra­ble, qui vient de pub­li­er une “Grande His­toire des codes secrets”, est aus­si homme de réseaux, au point d’en ani­mer un, le club Dan­ton. Une plas­tic­ité utile pour dis­cuter avec les mil­liar­daires qui, à l’instar d’Édouard de Roth­schild et de Pierre Bergé, assurent les fins de mois de son jour­nal. Le slo­gan choisi pour relancer le quo­ti­di­en, “L’info est un com­bat”, va en tout cas comme un gant à l’admirateur de la geste napoléoni­enne, capa­ble de racon­ter Water­loo dans tous ses détails », Les Echos n° 20503, 7 sep­tem­bre 2009.

« Pourquoi Lau­rent Jof­frin ne fait-il pas un sujet dans Libéra­tion sur ces soirées [dîn­ers du club le Siè­cle], si elles sont si anodines ? N’importe quel bon jour­nal­iste s’empresserait de faire un papi­er », Pierre Car­les

« A l’époque la fréquen­ta­tion de Jean-Marie Le Pen ne lui héris­sait pas le poil, mais peut être qu’il veut faire oubli­er cela, ce qui serait d’ailleurs absurde », Marine Le Pen au sujet de sa croisière avec Jean-Marie Le Pen à 25 ans, L’Express, 27/06/2011.

« Reste un mys­tère. Quelle mouche a piqué Le Nou­v­el Obs pour s’en pren­dre ain­si à ses icônes ? La Prav­da de la gauche caviar ne nous avait pas habitués à de telles audaces. Lau­rent Jof­frin serait donc encore un jour­nal­iste à la recherche de scoops, fût-ce au détri­ment de ses amis ? On se met à rêver. On en oublierait presque les édi­tos à sens unique, la mau­vaise foi, le mépris affiché, l’arrogance de caste. Mais, soudain, on se sou­vient des pro­pos peu amènes de Matthieu Pigasse envers Le Nou­v­el Obs : un jour­nal de vieil­lards « som­no­lents, com­plaisants et con­nivents », Robert Ménard dans « Scoop ou règle­ment de comptes ? »

« Mon­sieur Lau­rent Jof­frin, En pub­liant dans l’édition du mer­cre­di 23 juin 2010 de Libéra­tion un encart pub­lic­i­taire d’une page, votre quo­ti­di­en com­met une erreur. Cette page est con­sti­tuée d’une péti­tion qui, en des ter­mes out­rageants et vio­lents, sou­tient la dépro­gram­ma­tion et le boy­cott d’une œuvre ciné­matographique israéli­enne. Cette péti­tion est signée par des cinéastes israéliens, très engagés poli­tique­ment pour la cause pales­tini­enne. Nous trou­vons égale­ment dans la même page, un texte du réseau de ciné­mas Utopia, qui, rap­pelons-le, n’a pas hésité à pra­ti­quer cette dépro­gram­ma­tion pour des motifs dis­crim­i­na­toires (…) Pour quelle rai­son Libéra­tion se démar­que-t-il de l’avis unanime des uns et des autres, en pub­liant cette pub­lic­ité, alors que, tout le monde con­sid­ère que le comble du cré­tin­imisme est de cen­sur­er un ciné­ma israélien qui s’est imposé depuis quelques années comme… l’une des forces de l’opposition en Israël ? Or, la pub­li­ca­tion de cette pub­lic­ité relève de la faute. Faut-il rap­pel­er à Libéra­tion que le boy­cott qui est encour­agé par Utopia et con­sœurs est une dis­crim­i­na­tion visée aux arti­cles 225–1 et 225–2 du code pénal ? », Let­tre de Richard Prasquier à Lau­rent Jof­frin, Prési­dent du direc­toire de Libéra­tion

« Avec cette idée, enfin, de front répub­li­cain à l’envers, avec cette façon étrange qu’ont des édi­to­ri­al­istes d’habitude mieux inspirés – je pense à mon ami Lau­rent Jof­frin – de céder à leur chan­tage en pro­posant que les autres par­tis par­rainent, promeu­vent, on dira bien­tôt spon­sorisent, l’entrée en lice de la can­di­date FN, on fait un pas de plus sur la voie d’une banal­i­sa­tion qui est le vrai but de ces gens depuis trente ans », Bernard-Hen­ri Lévy « Ne pas être dupe du bluff des “500 sig­na­tures”»

« Dans son édi­to­r­i­al de la semaine, Lau­rent Jof­frin, directeur du Nou­v­el Obser­va­teur et renom­médi­to­crate bar­bi­chu, écrit que l’intervention occi­den­tale en Syrie doit être «une évi­dence».
Car, explique-t-il, très sûr de lui: “L’Irak mis à part, aucun pays n’a fait usage de l’arme chim­ique au com­bat depuis près d’un siè­cle.”
Tra­duc­tion: depuis que ces fou­tus Chleuhs ont bal­ancé des obus au chlore sur nos tranchées cir­ca 1915, plus per­son­ne, fors Sad­dam H., ne s’était abais­sé à ce ter­ri­fi­ant niveau de bar­barie.
C’est totale­ment faux: dans la vraie vie, comme on sait, les États-Unis ont par exem­ple fait, il y a moins d’un demi-siè­cle, un usage immod­éré de cette arme. L’Oncle Sam, dans sa grande bon­té, a déver­sé sur l’indigénat viet­namien des dizaines de mil­liers de mètres cubes de défo­liants – con­fec­tion­nés par Mon­san­to. Et quar­ante ans plus tard: ces atroc­ités con­tin­u­ent de faire des vic­times.
[…] Lau­rent Jof­frin a décidé­ment des trous dans la mémoire. […] nom­bre de ses édi­to­ri­aux des cinq dernières années, où il manque des fois de mots assez durs pour fustiger la sauvagerie du libéral­isme, mon­trent par exem­ple qu’il n’a gardé aucun sou­venir pré­cis des deux longues décen­nies durant lesquelles il a été, au sein de l’éditocratie, entre 1984 et 2005, l’un des plus zélés pro­pa­gan­distes des marchés. […] Lau­rent Jof­frin se rap­pelle fort bien, au con­traire, qu’il n’a pas du tout exigé en 2009, après la révéla­tion que l’armée israéli­enne avait bal­ancé du phos­pho­re blanc sur les Gaza­ouites, exigé que ce «crime» soit prompte­ment châtié dans une «inévitable inter­ven­tion» (et qu’il n’a bien sûr jamais proclamé qu’il fal­lait d’«évidence» don­ner un sévère «aver­tisse­ment» aux  «bar­bares» de Wash­ing­ton)… …Et qu’il sait que ses appels à une guerre syri­enne, mesurées sous l’aune de ses retenues passées, pour­raient presque appa­raître comme l’esquisse d’un com­mence­ment de tartuferie. » Sébastien Fontenelle, Bakchich, 29 Août 2013.

« Pourquoi ne pas l’avoir écrit plus tôt ? Pourquoi, jusqu’au bout, mon ami Jof­frin a-t-il plaidé en faveur d’une re-can­di­da­ture Hol­lande ? Pourquoi, lorsque dans un ouvrage j’évoquais les retombées prévis­i­bles d’une « inef­façable trahi­son », m’a-t-il accusé d’excès polémique en affir­mant que, pour l’essentiel, Hol­lande avait tenu ses promess­es… ? Alors que ce qu’il pointe aujourd’hui, lucide­ment, est pire que ce que j’avais écris à l’époque », Jean-François Kahn, Mar­i­anne, 07/12/2016.

Portrait vidéo : Laurent Joffrin, socialiste libéral compatible à tous les pouvoirs

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