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Pascale Clark

19 mai 2020

Temps de lecture : 12 minutes
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Pascale Clark

Le journalisme militant

« Cette expres­sion est dégueu­lasse… » Pas­cale Clark face à Louis Aliot le 7 mars 2012 sur France Inter, à pro­pos de l’ex­pres­sion « IVG de con­fort »

Pascale Clark est journaliste sur France Inter où elle se fait particulièrement remarquer pour sa morgue, son mépris et son parti pris face aux personnalités politiques de droite. Elle est née le 30 novembre 1963. Son père était un assureur d’origine anglaise. Elle quitte France Inter au printemps 2016. À titre personnel, elle pratique le poker assidument ; elle a gagné le tournoi des « sultanes » au Chilipoker Marrakech Festival 2010 : un prix de 10.000 € lui a été remis.

Formation universitaire

Pas­cale Clark est tit­u­laire d’une licence de jour­nal­isme obtenue au CELSA (Cen­tre d’É­tudes Lit­téraires et Sci­en­tifiques Appliquées).

Parcours professionnel

Elle débute sa car­rière dans une radio libre ver­sail­laise en 1983, puis tra­vaille dans dif­férentes sta­tions : CVS, 95.2, Europe 2, France Info, Europe 1 (durant la sai­son 1993–1994, elle présente Europe Nuit avec Christophe Delay de 22 h à minu­it).

Pas­cale Clark rejoint France Inter en 1995 en effec­tu­ant des rem­place­ments d’été et en ani­mant la rubrique « Ques­tion par A+B ». Elle suc­cède ensuite à Nico­las Poin­caré pour la présen­ta­tion du « ren­dez-vous mati­nal » de la sta­tion, le 7/9, avec la revue de presse et l’in­ter­view de 8h20, jusqu’en juin 2001. De sep­tem­bre 2001 à juil­let 2004, elle ani­me égale­ment sa pro­pre émis­sion Tam tam, etc. sur France Inter.

Elle par­ticipe par­al­lèle­ment à dif­férentes émis­sions de télévi­sion comme Arrêt sur images (1996) sur France 5, TV+ et Un an de + avec Marc-Olivi­er Fogiel sur Canal+, ou encore Cul­ture pub avec Chris­t­ian Blachas sur M6.

En sep­tem­bre 2004, elle rejoint RTL où elle ani­me jusqu’en juin 2006 On refait le monde, une émis­sion quo­ti­di­enne de débat où elle suc­cède à Christophe Hon­de­lat­te. Elle con­gédie l’un des inter­venants réguliers de l’émis­sion, la jour­nal­iste poli­tique du Figaro Mag­a­zine Élis­a­beth Lévy après que cette dernière eut vive­ment réa­gi à l’an­tenne (29 novem­bre 2004) aux pro­pos sar­cas­tiques de Pas­cale Clark, iro­nisant sur la per­son­nal­ité du nou­veau min­istre des Finances, Hervé Gay­mard.

De sep­tem­bre 2001 à juin 2007, elle ani­me En aparté sur Canal +, une émis­sion d’in­ter­view atyp­ique puisque Pas­cale Clark n’est pas présente physique­ment à l’an­tenne, dia­loguant hors champs (« en off ») avec l’in­vité.

De sep­tem­bre 2007 à juin 2008, elle ani­me, égale­ment sur Canal+ Un café, l’addition, avec la par­tic­i­pa­tion de Yas­sine Belat­tar et de Nico­las Rey. Chaque same­di à 13h45, cette émis­sion passe en revue l’ac­tu­al­ité de la semaine écoulée, donne la parole à des polémistes et reçoit un invité. Pas­cale Clark inter­vient là-encore en voix-off.

À la ren­trée 2008, Pas­cale Clark revient sur l’an­tenne de RTL pour présen­ter la revue de presse quo­ti­di­enne du matin.

L’an­née suiv­ante, elle retourne sur France Inter, cinq ans après l’avoir quit­té, afin de pren­dre en charge la tranche de 9h à 10h. Avec Comme on nous par­le, elle ani­me une inter­view poli­tique où elle se fait remar­quer par son par­ti pris envers les per­son­nal­ités de droite. Elle affiche par­ti­c­ulière­ment sa morgue, sa suff­i­sance et son agres­siv­ité lors de ses inter­viewes de Robert Ménard, Louis Aliot ou Marine Le Pen.

À la ren­trée 2014, elle ani­me A’live. L’émis­sion est dif­fusée à 21 h du lun­di au jeu­di, en direct, et mêle petits con­certs et entre­tiens avec des per­son­nal­ités des arts et de la cul­ture, mais aus­si sim­ples citoyens. Cette émis­sion vaut à Pas­cale Clark la perte de sa carte de jour­nal­iste le 9 mars 2015 ; la CCIJP ne la renou­velle pas pour le dou­ble motif qu’elle est rémunérée en qual­ité de pro­duc­trice sous le statut d’in­ter­mit­tente du spec­ta­cle et que l’émis­sion qu’elle présente, A’Live, ne présente pas le car­ac­tère d’une émis­sion d’in­for­ma­tion. Une polémique s’in­stalle, au cours de laque­lle Patrick Cohen découpe la sienne. Le coup de force de deux ani­ma­teurs qua­si-inamovi­bles et (très) bien payés passe très mal auprès des nom­breux salariés pré­caires du ser­vice pub­lic, qui s’en émeu­vent.

En juin 2015 l’émis­sion A’live est arrêtée à la demande de Pas­cale Clark.

En sep­tem­bre 2015 elle lance une émis­sion, Mak­ing of, difusée une fois par semaine et qui dure une heure, musique com­prise. Cette émis­sion ne dur­era qu’une sai­son.

Le 18 juin 2016, elle quitte France Inter après la dernière émis­sion de Mak­ing of. Son départ est lié à des ten­sions avec la nou­velle direc­tion.

Elle annonce le 16 mai sur Téléra­ma qu’elle rejoint Box­Sons, une web-radio médias créée avec d’autres ama­teurs de musiques :

« Nous sommes une bande, un col­lec­tif, qui ressent de l’insatisfaction à exercer son méti­er et a pour point com­mun l’amour du son. Nous allons donc traiter de l’actualité par le son – qui est, étrange­ment, sous-représen­té sur Inter­net –, et accom­pa­g­n­er l’intérêt actuel des audi­teurs pour les pod­casts ».

Pas­cale Clark se met en retrait et dirige l’équipe de reporters, elle ne reprend plus le rôle d’animatrice qu’elle occu­pait à Inter. La plate­forme pure play­er, financée par abon­nement est lancée en avril 2017. Au bout d’un an et demi, en novem­bre 2018, le pro­jet est mis en pause, faute de ren­trées finan­cières suff­isantes. La cofon­da­trice du média, Can­dice Mar­chal, assure que le mod­èle économique, le mar­ket­ing et le con­tenu édi­to­r­i­al doivent être repen­sés afin d’assurer la via­bil­ité du pro­jet. En effet, Mar­chal et Clark tien­nent à tout prix à rester indépen­dantes et refusent tout revenu ou parte­nar­i­at pub­lic­i­taire tout en exclu­ant la pos­si­bil­ité du bénévolat (a con­trario, le bénévolat des patrons d’émissions et les dons des audi­teurs assurent la péren­nité de Radio Cour­toisie depuis plus de vingt ans). Dif­fi­cile de revenir sur terre lorsque l’on a été habitué à Radio France et au robi­net à sub­ven­tions, d’autant plus que les audi­teurs de gauche dis­posent déjà d’une offre pléthorique et que les inciter à pay­er pour du con­tenu sim­i­laire à ce qui peut se faire ailleurs (ARTE Radio notam­ment) n’est pas une sinécure. Pour qui se rend sur la page d’accueil du site, les titres des reportages de Box­Sons annon­cent la couleur, emprun­tant autant à VICE qu’à France Inter, et lais­sent transparaître les préoc­cu­pa­tions majeures du lecteur libéral lib­er­taire moyen : « Ils ont choisi la vasec­tomie », « Has­san : en atten­dant l’asile » et « Du chan­vre au cannabis thérapeu­tique ».

Le 4 sep­tem­bre 2016, Pas­cale Clark a démar­ré une chronique heb­do­madaire dans l’émis­sion 13h15 ani­mée par Lau­rent Dela­housse le week-end sur France 2.

Voir notre article sur l’échec de Boxsons

Une virée dans le Box­Sons de Pas­cale Clark

L’« affaire Med­hi Meklat » replace Pas­cale Clark sur le devant de la scène au début de l’année 2017, car c’est elle qui a lancé la car­rière du jeune trublion, en l’invitant en tant que chroniqueur réguli­er sur Inter, désor­mais rat­trapé par la patrouille pour des tweets pas très “Char­lie”. Alors même que le jeune Meklat est lâché par la plu­part de ses sou­tiens et que l’éventualité de pour­suites judi­ci­aires s’épaissit, Clark per­siste à pren­dre sa défense avec une pointe de lyrisme sur Twit­ter : « À l’an­tenne @mehdi_meklat ne fut que poésie, intel­li­gence et human­ité. » Elle fait mon­tre toute­fois d’une cer­taine hon­nêteté en avouant que la tous les médias qui col­lab­o­raient avec le jeune homme avaient con­nais­sance de ces tweets et avaient agi en con­nais­sance de cause.

Parcours militant

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Publications

  • Tout le monde fait l’amour, Paris, éd. Albin Michel, févri­er 2001
  • Mer­ci de votre atten­tion, Paris, éd. Albin Michel, 2003
  • Après, Fred Chichin est mort, Paris, Édi­tions du Seuil, 2008
  • Mute, édi­tions Flam­mar­i­on, 2020

Collaborations

En févri­er 2007, Pas­cale Clark prête sa voix à un album du rappeur Sopra­no, Puisqu’il faut vivre, où elle joue le psy­cho­logue de celui-ci. C’est égale­ment sa voix qui incar­ne l’or­di­na­teur de bord du vais­seau Axiom dans le long-métrage des stu­dios Pixar WALL‑E, sor­ti sur les écrans en 2008.

En 2014, Pas­cale Clark réus­sit à faire expos­er à la galerie Vin­cenz Sala (IIIearrondisse­ment de Paris) les clichés réal­isés depuis son télé­phone dans le taxi qui la mène le matin à la Mai­son de la Radio. L’exposition est inti­t­ulée « 6am Bon­jour ». Le con­cept fumeux et les pho­togra­phies floutées provo­quent les sar­casmes des inter­nautes qui s’interrogent sur la légitim­ité esthé­tique de cette expo­si­tion. Clark réag­it dans Les Inrocks en don­nant rai­son à demi-mot à ses détracteurs : « Jamais on ne se serait intéressé à mon tra­vail si je n’avais pas un nom con­nu ? Argu­ment accordé. Sauf que ce n’est pas un nom qui m’est tombé dessus, c’est moi. Merde, je ne l’ai pris à per­son­ne, ce nom ! […] “Et en même temps, c’est peut-être une faib­lesse, mais je pense que dans la masse informe du bash­ing, il y a tou­jours un peu de vérité. »

Ce qu’elle gagne

Non ren­seigné.

Elle l’a dit

« Rien n’est éter­nel dans la vie, et surtout pas à la radio, où tout est par déf­i­ni­tion éphémère… ! Sérieuse­ment : parce que quand un cycle est ter­miné, il faut s’en ren­dre compte. La fin de l’histoire a eu lieu l’an dernier, et cette année-ci a été une année de tran­si­tion, à tous points de vue. C’était un peu spé­cial, honnêtement.J’étais dans la posi­tion d’un joueur de foot qui fait par­tie d’une équipe mais qui reste sur le banc de touche : je me suis retrou­vée pro­gram­mée le same­di, à 22 heures, sans moyens, après des années d’émissions quo­ti­di­ennes », Téléra­ma, 16/05/2016.

« On est jour­nal­iste, ça c’est un statut, et on est inter­mit­tent parce que c’est le sort de tous ceux qui ne font pas par­tie de la rédac­tion à France Inter. A mon corps défen­dant je le pré­cise, hein, je n’ai jamais voulu ça, mais il n’y a pas d’autre solu­tion. C’est une ques­tion d’identité, c’est une ques­tion d’histoire, j’ai tou­jours été jour­nal­iste, j’ai fait une école de jour­nal­isme. Et surtout c’est une ques­tion de trans­parence. Qui sont ces gens qui déci­dent d’un seul coup que vous n’êtes plus jour­nal­iste alors que vis­i­ble­ment pour Clos­er ça ne pose aucun prob­lème ? », Le Petit Jour­nal sur Canal+, 17/03/2015.

« Ce soir, je vais vous par­ler de ma vie de jour­nal­iste pro­fes­sion­nelle. 30 ans de carte de presse. Numéro 53.216. Partout je l’ai obtenue. CVS, 95.2, Europe 2, France Info, Europe 1, Oui FM, Canal+, RTL, France Inter. Mais ça c’é­tait avant . Alors comme je ne suis pas jour­nal­iste, je m’en voudrais d’usurp­er tel titre ou telle carte. Ce soir, et peut-être d’autres suiv­ront, voici DJ Clark. DJ, il paraît qu’on peut exercer sans carte pro­fes­sion­nelle » A’live 9/3/2015, après la déci­sion de la CCIJP ; l’émis­sion devait être con­sacrée au Sec­ours Pop­u­laire, mais elle l’a rem­placé par des dis­ques.

« Lévy, comme Finkielkraut ou Zem­mour, ce sont des gens qui par­lent fort. Comme si le fait de hurler plus fort que les autres et de se met­tre en scène, comme si cette révolte à deux balles, était une forme de lib­erté. Il y a un côté jeu de rôle là-dedans, c’est évi­dent. Ils sont devenus ceux qu’on adore détester. » Les Inrock­upt­ibles – juil­let 2010.

« Nous, gens de radio, sommes des inter­mit­tents. Par­fois, des émis­sions s’arrêtent, nul n’est pro­prié­taire, ça m’est arrivé, c’était dans le privé, j’ai pointé. Il est nor­mal qu’un directeur con­stru­ise une grille, que ne lui reprocherait-on s’il ne fai­sait rien. […] Il n’est pas très agréable et pas très hon­nête de tir­er à soi la cou­ver­ture de la lib­erté, de l’impertinence. Par­lez-en à tous ceux qui en font usage sur l’antenne, jour après jour, j’ai la faib­lesse de m’y ranger », au sujet de l’évic­tion de Stéphane Guil­lon et de Didi­er Porte, sur son blog le 03/07/2010.

« C’est [Jean-Luc Hees] l’homme de la sit­u­a­tion. […] l’une de ses par­tic­u­lar­ités, c’est de ne pas avoir de réseaux poli­tiques. […] il n’intrigue pas comme la plu­part des gens. […] Je ne sais pas com­ment le nom de Hees est arrivé aux oreilles de Sarkozy. Mais c’est for­cé­ment un bon choix. Où est le prob­lème ? Il faut aus­si arrêter le délire », sep­tem­bre 2009, citée par Acrimed.

« On a une ½ heure devant nous, il va fal­loir assur­er, Gérard Schivar­di. Pour une fois que vous avez la parole. J’ai du mal à dire votre nom, je vais le refaire : Schivar­di ! C’est pour­tant pas com­pliqué : Schi — var — di ! Ouais, je vous dis­ais, il va fal­loir assur­er, hein ! […] Il y a un cas­soulet. […] Pre­mière info, Gérard Schivar­di, vous mangez du cas­soulet. C’est une nour­ri­t­ure qui tient au corps. […] Vous avez été ras­ta dans une autre vie ? […] Vous tenez bien l’alcool ? […] Vous n’avez peur de rien ? […] Vous jouez quel poste [au rug­by] ? […] Je suis sûre que vous con­nais­sez des chan­sons ital­i­ennes, ce n’est pas pos­si­ble autrement. […] Il va fal­loir chanter un petit peu. […] C’est quoi vous votre injure préférée ? […] Est-ce que vous vous êtes déjà bat­tu ? […] Il paraît que les habi­tants de votre vil­lage sont appelés “les courges”. […] Si vous êtes élu, le cas­soulet devient oblig­a­toire ? », inter­view de Gérard Schivar­di dans En aparté, sur Canal+, en 2007.

« J’ai rien vu venir et je m’en veux. J’en veux à tout le monde ce matin : aux insti­tuts de sondage, les aveu­gles, aux médias, les aveu­gles, aux absten­tion­nistes, les semeurs d’ex­trême-droite, aux poli­tiques impuis­sants à déclencher le désir. A moi je m’en veux, je m’en veux, je n’ai rien vu venir et j’ai envie de vom­ir », sur France Inter le 22/4/2002 après l’ac­ces­sion de Jean-Marie le Pen au sec­ond tour de la prési­den­tielle. Pro­pos repris par le n°20 (oct-novem­bre 2009) de Plan B.

Sa nébuleuse

Jean-Luc Hees, Patrick Cohen, Char­line Van­hoe­nack­er, Can­dice Mar­chal, Philippe Val. Can­dice Mar­chal, cofon­da­trice de Box­Sons.

On dit sur elle

« Peut-être peut-on regret­ter que Pas­cale Clark, pour­tant shootée à l’information et à l’actualité, n’échappe pas au pen­chant facile de la nos­tal­gie d’une époque (« je viens d’une époque révolue où les voix ne se fil­maient pas et où les jour­nal­istes étaient crus »). Elle con­damne le découpage des émis­sions radio à la mode Twit­ter sans se deman­der si ce n’est pas aujourd’hui la seule façon pour la radio de rester, pour repren­dre ses mots van­tant une époque passée, « le plus court chemin vers l’instantanéité ». Elle pour­fend le con­cept de parole don­née à l’antenne aux audi­teurs, le vit comme un échec a pri­ori ; ses argu­ments sont forts mais son rejet d’un bloc passe peut-être à côté d’une réal­ité : pren­dre un audi­teur à l’antenne, n’est-ce pas aus­si une façon de faire ce qu’elle aime tant, recueil­lir des voix ? L’anglais le dirait mieux que le français : on se laisse par­fois aller à penser, à la lec­ture de Mute, que le silence de Pas­cale Clark a aus­si pris sa source dans un refus de cer­taines muta­tions. », Agathe Cagé, Le Nou­veau Mag­a­zine Lit­téraire, 17 mars 2020.

Au sujet du nou­veau media fondé par Pas­cale Clark :
« Box­Sons n’est pas une webra­dio, mais un « média indépen­dant qui pro­pose du con­tenu sous forme de pod­cast », pré­cise Can­dice Mar­chal, cofon­da­trice du site. La plate-forme veut priv­ilégi­er des réc­its qui don­nent une dimen­sion par­ti­c­ulière à l’actualité. Tel celui de Samy qui « pour vivre libre » a quit­té son pays, l’Erythrée, pour se ren­dre au Roy­aume-Uni. Après l’avoir suivi par inter­mit­tence pen­dant trois ans, la jour­nal­iste Marie Monier l’a retrou­vé à Leeds où il a fini par obtenir des papiers. « Tu sais, ici c’est une petite ville. Les gens pensent que tous les gens noirs sont méchants, ne sont pas des bonnes per­son­nes. Mais ce n’est pas vrai, moi je respecte les gens, peu importe leur couleur de peau. Ils ne peu­vent pas nous juger par rap­port à notre couleur. D’abord, il faudrait qu’ils nous posent la ques­tion : com­ment on est arrivés en Angleterre ? Com­ment était notre vie avant ? Qu’est-ce qui nous a poussés à par­tir ? Ils ne nous posent même pas la ques­tion. Ils nous trait­ent de “fuck­ing” immi­grants », racon­te le jeune homme. En cinq épisodes, Marie Monier retrace son par­cours. », Le Monde, 18 avril 2017.

« Sur qui je tombe aujourd’hui ? D’abord, sur une jour­nal­iste, vis­cérale­ment jour­nal­iste. Pour autant, elle a pactisé avec un sys­tème, qui lui a demandé de ne plus l’être admin­is­tra­tive­ment pour devenir une inter­mit­tente du spec­ta­cle qu’elle n’a jamais été. Et ensuite, sur son défenseur qui par­le de lui-même en feignant de par­ler d’elle. Ain­si donc, on prend une pos­ture à la Gains­bourg, non pas pour brûler un bil­let de 500 francs, mais pour jeter à la poubelle une carte dont on a que faire. Le résul­tat est tout aus­si désagréable : il faut avoir les moyens de brûler 500 balles devant la caméra comme il faut avoir les moyens de déchir­er sa carte de jour­nal­iste devant tous ceux qui ten­tent de grap­piller un feuil­let ou une minute pour espér­er l’obtenir », Didi­er Tourancheau, ancien secré­taire général de la Com­mis­sion de la carte de presse, Libéra­tion, 17/03/2015.

« Nos amis Pas­cale Clark et Patrick Cohen nous oblig­ent à écrire que leur défense indi­vidu­elle les con­duit à une dou­ble trahi­son dont ils n’avaient sûre­ment pas con­science. Accepter qu’ils soient con­sid­érés comme inter­mit­tents du spec­ta­cle, c’est pré­cisé­ment affaib­lir la cause des authen­tiques inter­mit­tents qui se bagar­rent pour la survie de leur statut. Le vrai com­bat, c’est bien le main­tien de ces deux-là comme jour­nal­istes, traités et rémunérés comme tels. Aurait-il été trop d’exiger de Patrick Cohen de s’en pren­dre à la direc­tion de sa pro­pre entre­prise, qui organ­ise ce désor­dre, plutôt que de s’attaquer à la Com­mis­sion de la carte, qui ne fait que le con­stater ? La réponse est dans la ques­tion. », ibid.

« Patrick Cohen est indigné par la sit­u­a­tion de Pas­cale Clark ? La mienne devrait lui don­ner des envies de révo­lu­tion. Et c’est celle de cen­taines de ses col­lab­o­ra­teurs à Radio France. Comme on dit chez nous, je suis “sur le plan­ning”. Ailleurs, on dit “bouche-trou”. Radio France est une société organ­isée en castes. Tout en bas de l’échelle, il y a le sta­giaire – qui n’a pas de prénom– puis le pigiste, le CDD (moi) et enfin le Graal : la tit­u­lar­i­sa­tion. Patrick Cohen et Pas­cale Clark, c’est encore un autre monde. Dans la mai­son, les stars de la mati­nale sont à peu près aus­si acces­si­bles pour les jour­nal­istes de la boîte que pour le reste de la France », Le Plus Nou­v­el Obs, Marie pré­caire, salariée pré­caire de Radio France, 13/03/2015.

« La grévette médi­a­tique de Pas­cale Clark, privée de sa carte de presse, suiv­ie du coup de ciseaux sol­idaire de Patrick Cohen, nous ont offert une farce médi­a­tique qui mérit­erait à peine qu’on s’y attarde si elle ne témoignait d’une appro­pri­a­tion nar­cis­sique de l’antenne de France Inter par deux intouch­ables arro­gants, sol­idaires… d’eux-mêmes », Acrimed, 12/03/2015.

« Pas­cale Clark n’a pas choisi, nous dit-elle, ce statut. Mais on ne lui con­naît aucune grève ou grévette con­tre l’abus de ce statut [d’in­ter­mit­tent, NDLA] : il est vrai qu’il est plus aisé de pro­test­er con­tre la com­mis­sion de la carte que con­tre son employeur quand on ne cesse de lui prêter allégeance. Pour­tant, la pré­car­ité de nom­bre de salariés de France Inter et d’ailleurs, le recours par leurs employeurs au statut d’intermittent du spec­ta­cle, la mod­i­fi­ca­tion du régime des inter­mit­tents mérit­eraient une vraie mobil­i­sa­tion », ibid.

« Dès sep­tem­bre 2009, Pas­cale Clark revient sur France Inter après en être par­tie en 2004. Elle avait eu le bon goût, depuis 2001, d’inviter à plusieurs repris­es Philippe Val à par­ticiper à ses émis­sions, tant à la radio qu’à la télévi­sion », ibid.

« A pro­pos de cette ten­dance si humaine à s’approprier son fau­teuil, ce numéro du duo Pas­cale Clark-Patrick Cohen, à pro­pos de la carte de presse de Clark. Et que je te joue les divas offen­sées en annu­lant le pro­gramme de mon émis­sion, et que je décapite solen­nelle­ment ma pro­pre carte de presse, avec mes grands ciseaux, devant la caméra. Toutes les dérives de l’audiovisuel sont con­cen­trées là. Ce n’est pas la Com­mis­sion de la carte, qui a refusé à Pas­cale Clark le rec­tan­gle de plas­tique. C’est la direc­tion de France Inter, en la main­tenant dans un statut d’intermittente », Daniel Schnei­der­mann, Rue89, 11/03/2015.

« Il y a des noms qui me font m’é­touf­fer. Je n’aime pas les don­neuses de leçons. Je me fais insul­ter en per­ma­nence sur France Inter par Pas­cale Clark. J’ai fait une réflex­ion il y a peu de temps sur les jeunes et la fis­cal­ité, elle a dit que j’é­tais un mau­vais citoyen parce que j’é­tais lux­em­bour­geois et que je ne payais pas for­cé­ment mes impôts en France. Or, je suis bien lux­em­bour­geois mais je paye mes impôts en France et je le fais avec plaisir. Elle est sèche. Elle est frus­trée, elle ne m’a jamais aimé. C’est son droit d’ailleurs ! Je suis aus­si par­ti de France Inter à cause d’elle, elle ne m’a jamais dit bon­jour pen­dant onze ans. Chaque matin, je lui dis­ais bon­jour, elle ne me salu­ait jamais. Je dis les choses franche­ment, c’est quelqu’un que je n’aime pas et qui ne m’aime pas. Elle est très don­neuse de leçons à la terre entière ! », Stéphane Bern au sujet de Pas­cale Clark, C à vous, 06/09/2013.

« Sou­vent, elle agace. Par son ton suff­isant, ses airs de con­nivence, son goût de l’en­tre-soi », Téléra­ma, 05/05/2012.

« Je me suis déjà far­ci madame Clark avec son inter­view [elle rece­vait Chris­t­ian Estrosi à 7h50, ndlr]… La façon dont elle fait ses inter­views … elle dit qu’elle est jour­nal­iste, non, elle est mil­i­tante poli­tique, elle devrait s’inscrire dans un par­ti et aller faire des meet­ings. » (Hen­ri Guaino – France Inter – 24 avril 212)

« Pas­cale Clark est vrai­ment le mètre étalon du con­formisme de la rébel­lion » (Élis­a­beth Lévy, revue-media.com, été 2011)

Crédit pho­to : Dominique Planche via wiki­me­dia (cc)

L'Ojim fait sa rentrée

Bonjour à tous, après quelques semaines de vacances au cours desquelles nous avons sélectionné les meilleurs articles du premier semestre, nous reprenons le cours normal de nos parutions. Bonne rentrée pour certains d'entre vous, bonne fin de vacances pour les autres et bonne lecture pour tous.