Poubelle la vie : un dossier exclusif

Après le dossier Yann Barthes, voici un dossier exclusif sur la série Plus belle la vie alias “Poubelle la vie”, machine de guerre idéologique du monde libéral lib­er­taire. Pour le recevoir rejoignez nos dona­teurs (avec un reçu fis­cal de 66 %). Pour nous soutenir c’est ici.

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François Pinault intéressé par La Provence

Après Jean-Noël Guéri­ni, le duo Mougeotte – Safa et même Bernard Tapie, c’est au tour du mil­liar­daire français François Pin­ault de lorgn­er sur le pôle PACA du Groupe Her­sant Média (qui détient les jour­naux La Provence, Nice-Matin, Var-Matin et Corse Matin), révèle LeFigaro.fr ce jeu­di. « L’in­dus­triel, qui a récem­ment déje­uné avec François Hol­lande, aurait les faveurs de l’Élysée, qui voit d’un mau­vais œil les mar­ques d’in­térêt de Bernard Tapie » indique le quo­ti­di­en à la devise de Beau­mar­chais.

Déjà pro­prié­taire du Point, d’His­to­ria et de La Recherche via Artémis, sa hold­ing famil­iale, François Pin­ault aurait con­fié à Cyril Duval, P‑DG du pre­mier titre, et à Franz-Olivi­er Gies­bert, directeur et directeur de la pub­li­ca­tion, « le soin d’é­tudi­er de près le dossier ». Le 11 avril 2007, ce dernier avait été enten­du par la police pour la pub­li­ca­tion en 2005 d’un arti­cle (« Un PDG inter­dit de séjour ») jugé com­plaisant par le juge Philippe Cour­roye et paru dans son jour­nal Le Point sur le mil­liar­daire français Iskan­dar Safa, alors recher­ché par la jus­tice…

La nuit des nouveaux chiens de garde

Le documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Les nouveaux chiens de garde, paraît en DVD le 4 décembre prochain.

À cette occa­sion, les auteurs du film organ­isent « La nuit des nou­veaux chiens de garde » le 28 novem­bre 2012, au cours de laque­lle « le prix de la Laisse d’or » sera décerné au « meilleur chien de garde de l’ordre médi­a­tique » et des extraits du film dif­fusés.

Sor­ti en salle en 2011, Les nou­veaux chiens de garde a été vu par plus de 210 000 spec­ta­teurs, ce qui le classe par­mi les doc­u­men­taires français les plus vus de ces dernières années.

Le film de 1h40 dresse un réquisi­toire cru­el et argu­men­té de la presse, de la télévi­sion et de la radio français­es où l’absence de plu­ral­isme, d’indépendance et d’objectivité ont trans­for­mé les jour­nal­istes, qui pré­ten­dent incar­n­er un improb­a­ble « con­tre-pou­voir », en pré­cisé­ment l’inverse : des « chiens de garde du pou­voir ».

Le titre du doc­u­men­taire est inspiré du livre de Paul Nizan, Les chiens de garde, paru en 1932, dans lequel l’écrivain com­mu­niste dénonçait écrivains et philosophes de son temps qui, sous cou­vert de neu­tral­ité poli­tique, s’érigeaient en gar­di­ens de l’ordre établi. « Aujourd’hui, les chiens de garde, ce sont les jour­nal­istes, édi­to­ri­al­istes et experts médi­a­tiques devenus évangélistes du marché et gar­di­ens de l’ordre social », avan­cent les auteurs.

La nuit des nou­veaux chiens de garde, 28 novem­bre 2012, de 18h à 22h à la Bourse du Tra­vail, salle Eugène Hénaff, 29 bld du Tem­ple, 75003 Paris. Plus d’information sur www.lesnouveauxchiensdegarde.com

Le Financial Times Deutschland met la clé sous la porte

Ce quotidien économique en langue allemande, fondé il y a douze ans, n’en a plus que pour deux semaines à vivre. Sa dernière édition papier est annoncée pour le 7 décembre, et le personnel ne sait toujours pas si le journal a une chance de continuer sous forme numérique.

Lancé en févri­er 2000 pour con­cur­rencer le Han­dels­blatt, le Finan­cial Times Deutsch­land (FTD) a rapi­de­ment atteint une dif­fu­sion quo­ti­di­enne de 100 000 exem­plaires, mais jamais la rentabil­ité. Le groupe bri­tan­nique Pear­son (pre­mier édi­teur mon­di­al et pro­prié­taire de presse via sa fil­iale FT Group) a reven­du ses parts en 2008 au groupe alle­mand Gruner + Jahr, divi­sion mag­a­zine du groupe Ber­tels­mann (la plus grosse entre­prise média d’Europe).

Gruner + Jahr enreg­istre 15 mil­lions d’euros de pertes pour ses titres économiques, dont 10 mil­lions pour le seul FTD, ce qui motive sa déci­sion d’en finir avec le titre. Il cherche aujour­d’hui un repre­neur.

En Alle­magne comme ailleurs, les temps sont dif­fi­ciles pour la presse : cette annonce fait suite à celle de la fail­lite du quo­ti­di­en Frank­furter Rund­schau, et aux dif­fi­cultés de la DADP, deux­ième agence de presse ger­manique, qui a annon­cé une cen­taine de licen­ciements.

Bernard Tapie, futur patron de presse ?

Un de plus ! Après le gag Jean-Noël Guéri­ni, et la propo­si­tion, plus sérieuse, du duo Mougeotte – Safa, c’est au tour de Bernard Tapie d’an­non­cer son inten­tion d’in­ve­stir dans La Provence, Nice-Matin, Var-Matin et Corse Matin, titres actuelle­ment détenus le Groupe Her­sant Média.

L’an­cien patron de l’OM pré­cise dans une inter­view à France Bleue Provence : « ce n’est pas La Provence qui m’in­téresse, c’est une par­tic­i­pa­tion dans l’in­té­gral­ité des quo­ti­di­ens du Sud ». Selon lui, le groupe de presse n’a « pas du tout l’in­ten­tion de ven­dre tel ou tel titre pour le moment », mais cherche sim­ple­ment des investis­seurs pour l’« accom­pa­g­n­er ».

« C’est hal­lu­ci­nant comme enjeu », con­tin­ue-t-il, rap­pelant les 4000 emplois du Groupe Her­sant Média dans le sud de la France. Selon Le Nou­v­el Obs, Bernard Tapie « aurait évo­qué le dossier au min­istère de l’é­conomie, espérant le sou­tien de la nou­velle majorité ».

Crédit pho­to : cap­ture d’écran RTL via Youtube

Alain Duhamel à l’Institut de France ?

Le journaliste Alain Duhamel sera candidat, le 10 décembre prochain, au fauteuil de l’historien Jean Dupaquier à l’Académie des Sciences morales et politiques. Jean-Christian Petitfils, historien, est également candidat.

Alain Duhamel, né à Caen en mai 1940, est diplômé de l’Institut d’Études Poli­tiques de Paris. Il est le frère de Patrice Duhamel, ancien directeur général de France Télévi­sion. Chroniqueur au jour­nal Le Monde depuis 1963 (soit depuis près de 50 ans !), Alain Duhamel sem­ble être passé par toutes les rédac­tions parisi­ennes. Ain­si il a d’abord été chroniqueur à l’hebdomadaire Témoignage Chré­tien en 1965, à L’Express en 1966, édi­to­ri­al­iste au Nou­v­el Écon­o­miste de 1975 à 1981, édi­to­ri­al­iste poli­tique à Antenne 2 de 1976 à 1981, chroniqueur au Quo­ti­di­en de Paris de 1981 à 1992 et au Parisien de 1986 à 1990.

En par­al­lèle, il devient édi­to­ri­al­iste poli­tique sur Europe 1, puis directeur poli­tique de l’an­tenne en 1988 et prési­dent du comité édi­to­r­i­al en 1994 et jusqu’en 1999. Il passe ensuite sur RTL, où il sévit encore comme édi­to­ri­al­iste poli­tique quo­ti­di­en. De 2001 à 2009, il a ani­mé l’interview poli­tique heb­do­madaire de France 2 « Ques­tion ouverte ».

Chroniqueur au Monde depuis 1963, au Point depuis 1986, à Libéra­tion depuis 1992, au Dernières Nou­velles d’Alsace et à Nice Matin, Alain Duhamel est égale­ment l’auteur de nom­breux ouvrages poli­tiques, dont La République gis­car­di­enne, anatomie poli­tique de la France, édi­tions Gras­set, 1980, Les Pré­ten­dants, édi­tions Gal­li­mard, 1983, Le Vème Prési­dent, édi­tions Gal­li­mard, 1987, De Gaulle-Mit­ter­rand, la mar­que et la trace, édi­tions Flam­mar­i­on, 1991, La poli­tique imag­i­naire, les mythes poli­tiques français, édi­tions Flam­mar­i­on, 1995 (Prix de l’essai de l’Académie française), La Marche con­sulaire, édi­tions Plon, 2009 ou encore Por­traits sou­venirs : 50 ans de vie poli­tique, édi­tions Plon, 2012. Il a gag­né l’aimable surnom de “Le Cumu­la­rd”.

Crédit pho­to : ΛΦΠ via Wikipé­dia (cc)

Caroline Fourest porte plainte contre Civitas

Mal­menée same­di lors de la man­i­fes­ta­tion organ­isée par l’institut Civ­i­tas con­tre le mariage homo­sex­uel et l’adoption par des per­son­nes de même sexe, Car­o­line Fourest a déclaré avoir entamé une action en jus­tice.

« J’ai déjà porté plainte » a‑t-elle affir­mé ce lun­di sur les ondes d’Europe 1 avant de présen­ter sa cause : « On m’a mise à terre et ma tête a heurté le trot­toir. (…) On m’a tirée par les cheveux, tabassée, comme on peut imag­in­er les mil­i­tants d’ex­trême droite tabass­er des Arabes et des Noirs ou des femmes ». « Nous avons été tabassées, rouées de coups et à plusieurs repris­es » a‑t-elle rap­porté. Et la jour­nal­iste de pour­suiv­re : « Je fil­mais der­rière les agresseurs et quand j’ai dépassé la ligne de ceux qui étaient en train de fon­dre sur les activistes, en train de les met­tre à terre, de leur tir­er les cheveux, de leur sauter dessus, (…) ils m’ont mis des coups au dos, à la tête ».

Une fois son bon­net retiré, son iden­tité s’est révélée aux man­i­fes­tants. « C’est Fourest ! Cours, sale pute ! » aurait alors lancé l’un d’entre eux. « J’ai pris une deux­ième raclée et ils m’ont encore rossée un petit moment dans le dos et à la tête » a‑t-elle con­tin­ué.

Voir notre post du 19 novem­bre Car­o­line Fourest, con­flit d’intérêt ?

Crédit pho­to : Jérôme Choain via Flickr (cc)

François Rousseau, un nouveau journaliste à i>Télé

L’an­cien attaché de presse de Mar­tine Aubry à la mairie de Lille et au Par­ti social­iste, vient d’être embauché comme jour­nal­iste par la chaîne d’in­for­ma­tion con­tin­ue i>Télé. François Rousseau, présen­té par Paris Match en juil­let 2011 comme « le com­mu­ni­cant, amor­tis­seur impa­vide des sail­lies sou­vent peu amènes de la patronne à l’encontre des jour­nal­istes », a donc com­mencé son nou­veau tra­vail, le 19 novem­bre dernier.

Le néo-jour­nal­iste n’est, pour le moment, qu’en « for­ma­tion » et ne « sera pas à l’an­tenne de i>Télé dans les mois qui arrivent », pré­cise Céline Pigalle, direc­trice de la rédac­tion de la chaîne. Mieux, con­tin­ue-t-elle, « il ne fera aucun sujet poli­tique. Il fera tout sauf de la poli­tique : du ter­rain, du ter­rain, du ter­rain ». Nous voilà ras­surés !

Source : Le Lab — Europe 1

Cachez ce Kamel que je ne saurais voir

Les internautes n’ont pas les mêmes pudeurs que certains journalistes. Le traitement de l’enlèvement de la jeune Chloé en est une nouvelle illustration.

Le 16 novem­bre, aux alen­tours de midi, le kid­nappeur de Chloé est inter­pel­lé en Alle­magne. L’in­for­ma­tion fait immé­di­ate­ment le tour des rédac­tions.

En début d’après-midi, on apprend qu’il s’ag­it d’un « con­duc­teur orig­i­naire du Gard », d’un « homme, âgé de 32 ans », d’« un français de 32 ans orig­i­naire du Gard ». Si son iden­tité n’est pas révélée, ses antécé­dents judi­ci­aires, eux, sont large­ment dévoilés : « il a été con­damné plusieurs fois pour vols et vio­lences et une fois pour agres­sion sex­uelle » pré­cise, à 13h13, L’Ex­press.

En milieu d’après-midi, tou­jours le 16 novem­bre, Le Figaro donne ses ini­tiales, et rap­pelle que l’homme « avait notam­ment été écroué en 2007 pour une série de ten­ta­tives d’agressions sex­uelles com­mis­es dans le Gard et dans le Vau­cluse ».

À par­tir de ces ren­seigne­ments, l’in­ter­naute peut décou­vrir l’i­den­tité de ce K. B., iden­tité qui n’est tou­jours pas révélée par le presse. En effet, un arti­cle de La Provence du 15 juin 2007, encore disponible sur le site du jour­nal, rap­pelle que « Kamel Bous­se­lat, 27 ans, domi­cil­ié à Roque­mau­re, aurait en effet com­mis onze ten­ta­tives d’a­gres­sion sex­uelle entre le 3 et le 12 juin, dans le Gard et dans le Vau­cluse ». Les infor­ma­tions se recoupent.

Côté presse, il fau­dra atten­dre 18h30 pour qu’Europe 1 révèle, au con­di­tion­nel, le nom de l’a­gresseur de Chloé : Kamel Bous­se­lat.

Sources : L’Ex­press, Le Figaro, La Provence, Europe 1

Crédit pho­to : cap­ture d’écran MSN Actu­al­ités

Caroline Fourest, conflit d’intérêt ?

Cer­tains sont pour le mariage entre per­son­nes du même sexe. D’autres con­tre. Cer­tains man­i­fes­tent pour. D’autres con­tre. Où l’ex­er­ci­ce du méti­er de jour­nal­iste devient dif­fi­cile, c’est quand le/la jour­nal­iste est à la fois juge et par­tie. La posi­tion de Car­o­line Fourest la con­traint à pra­ti­quer une forme de jour­nal­isme engagé. Pourquoi pas ? Mais il faut alors ne pas se porter comme juge de paix moral sur les ondes de la radio ou de la télévi­sion. À défaut cela porte un nom bien con­nu en déon­tolo­gie : le con­flit d’in­térêt.

Crédit pho­to : DR

BBC : Twitter dans l’œil du cyclone

On connaissait le tweet de Valérie Trierweiler, ou encore le message privé envoyé par Éric Besson, alors ministre, à ses 14.000 abonnés Twitter, « Quand je rentre je me couche. Trop épuisé. Avec toi ? »

Mais la crise que tra­verse actuelle­ment la BBC place le réseau social sur le banc des accusés. Voici l’histoire. Atten­tion, elle est pleine de rebondisse­ments. En toile de fond : une hys­térie (ou une prise de con­science ?) au sujet de la pédophilie dans des élites qui s’exonèreraient des règles morales com­munes. Alors qu’on a appris récem­ment qu’une anci­enne vedette de la BBC, Jim­my Sav­ile, util­i­sait son méti­er et sa célébrité pour avoir accès à des enfants, une des émis­sions phares de la BBC, « News­night », accuse de pédophilie un homme poli­tique con­ser­va­teur à la retraite. Sans le nom­mer. Mais le nom de Lord McAlpine, 70 ans, ancien tré­sori­er du Par­ti con­ser­va­teur, cir­cule le jour même sur Twit­ter. Nous sommes alors le 2 novem­bre. Puis pata­tras, le témoin prin­ci­pal dit qu’il s’agit d’une fausse accu­sa­tion.

Scan­dale. Démis­sion for­cée du directeur général de la BBC le 10 novem­bre et jeu de chais­es musi­cales. Les têtes ont com­mencé à tomber et Twit­ter – tou­jours lui – bruit de rumeurs con­cer­nant la suite des événe­ments.

Le 13 novem­bre, la nou­velle direc­trice de l’information de la BBC, Fran Unsworth, demande à son per­son­nel, via un mail interne, de cess­er de se répan­dre sur Twit­ter con­cer­nant la crise que tra­verse l’entreprise publique.

Lord McAlpine, lui, annonce par l’intermédiaire de son avo­cat qu’il sait qui sont les per­son­nal­ités coupables d’avoir livré son nom en pâture sur Twit­ter, qu’il attend leurs excus­es publiques, et aus­si des répa­ra­tions de la BBC (tout en pré­cisant qu’il va être mod­éré dans ses deman­des parce qu’il est bien con­scient qu’au final, c’est le con­tribuable qui va pay­er via la rede­vance). Un accord à l’amiable est trou­vé avec la BBC, qui accepte de vers­er au Lord calom­nié 185,000 livres. Puis, surenchère le 16 novem­bre : des plaintes en diffama­tion vont être inten­tées con­tre une douzaine de per­son­nal­ités, prin­ci­pale­ment des jour­nal­istes, pour leurs tweets, même effacés ultérieure­ment, et même si ce sont de sim­ples retweets. Le Dai­ly Tele­graph titrait ven­dre­di 16 novem­bre, « It’s time to end tri­al by Twit­ter ». Pour Lord McAlpine et pour ceux qui le sou­ti­en­nent, il faut en finir avec l’impunité sur Twit­ter et les pour­suites dans cette affaire doivent servir d’avertissement.

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Qui a dit…

« Ça les a beau­coup sur­pris que je vienne sans caméra. C’est là que j’ai ren­con­tré Ben­jamin Rosoux et Christophe Beck­er (deux des inculpés, ndlr). J’ai passé énor­mé­ment de temps avec eux. Puis je suis revenu une deux­ième fois pour tourn­er (…) On en a fait un faux por­trait, de gens sec­taires qui échafau­dent des plans. Alors que quand on les ren­con­tre, ils ont l’air de gen­dres idéaux. J’avais presque l’im­pres­sion d’être un punk à côté d’eux. »

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