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Twitter : à l’ouest, toujours plus de censure

12 septembre 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Twitter : à l’ouest, toujours plus de censure

Au début de l’année 2018, nous vous révélions les pratiques de « shadow banning » qui permet à l’algorithme maison de rendre invisible (partiellement ou totalement) un compte sans que l’utilisateur ne soit prévenu ni ne puisse le réaliser. En juillet nous vous annoncions que Twitter avait fermé en deux mois plus de 70 millions de comptes :

« Selon les déc­la­ra­tions de Del Har­vey, vice-prési­dente « con­fi­ance et sécu­rité » (sic) de la société, Twit­ter est en train de faire évoluer la bal­ance entre la libre dif­fu­sion de dis­cours et la sécu­rité. Elle insiste « Un des plus grands change­ments est inter­venu dans notre manière d’appréhender l’équilibre entre la lib­erté d’expression elle-même et le risque que cette lib­erté glace/effraie (chill en améri­cain) le dis­cours de quelqu’un d’autre ».

Trump contre twitter

Dans une série de tweets du 28 août 2018 Don­ald Trump, grand util­isa­teur de Twit­ter, accu­sait les grands réseaux soci­aux améri­cains de partialité :

Qua­tre-vingt-seize pour cent des recherch­es “actu­al­ités Trump” sur Google ren­voient vers des médias de gauche, c’est très dan­gereux (…). Il n’y a que des “fake news”, ils ont truqué les résul­tats pour n’afficher que les mau­vais résul­tats… Google, Twit­ter et Face­book nav­iguent vrai­ment en eaux très trou­bles et ils doivent faire atten­tion… C’est injuste pour une grande par­tie de la pop­u­la­tion », ajoutait le prési­dent américain.

Le prési­dent de Twit­ter, Jack Dorsey, s’est défendu de toute par­tial­ité, il a recon­nu qu’il votait pour l’aile gauche du par­ti démoc­rate mais assuré que ses opin­ions per­son­nelles n’influaient pas sur une quel­conque sélec­tion sur son réseau.

Citius, altius, fortius

Pour­tant Twit­ter sem­ble avoir adop­té la devise olympique du baron Pierre de Cou­bertin, du moins en ce qui con­cerne la fin de la lib­erté d’expression sur le réseau. Plus vite, plus haut, plus fort dans la cen­sure. À la suite d’une cam­pagne d’activistes de gauche, Twit­ter a sup­primé nom­bre de comptes « con­ser­va­teurs » ou qual­i­fiés comme « extrémistes ». Le compte Infowars d’Alex Jones (près d’un mil­lion d’abonnés), déjà chas­sé de Face­book, et de YouTube a été sup­primé le 6 sep­tem­bre 2018. La société indi­quant dans un com­mu­niqué « Mr Jones a posté des mes­sages dans les dernières 24h, violant la poli­tique du réseau qui inter­dit les men­aces directes de vio­lence et les formes de dis­cours de haine ».

Justice immanente ?

Il y a par­fois une jus­tice imma­nente : mal­gré des résul­tats financiers enfin posi­tifs (un béné­fice his­torique de 100 mil­lions de dol­lars au deux­ième trimestre 2018), l’action a chuté de 20% après cette annonce. Car la poli­tique de cen­sure de Twit­ter présente un écueil : la sup­pres­sion de dizaines de mil­lions de comptes, cer­tains très act­ifs, entraine de fac­to une diminu­tion de la fréquen­ta­tion de la plate-forme. Moins de fréquen­ta­tion, moins de pub­lic­ité. Moins de pub­lic­ité, moins de revenus.

Il n’est pas toute­fois cer­tain que le sur-moi censeur de Twit­ter s’apaise. Twit­ter a racheté en 2016 la société d’intelligence arti­fi­cielle Mag­ic pony, une tech­nolo­gie employée pour tra­quer et élim­in­er les comptes non poli­tique­ment cor­rects. Et en 2018, vient de racheter Smyte spé­cial­isée dans la « lutte con­tre les con­tenus haineux, le har­cèle­ment et le spam ». Jack Dorsey aura la con­science tranquille.

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