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Bataille des matinales entre radios privées et publiques

11 septembre 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Bataille des matinales entre radios privées et publiques

Si Hegel disait que la lecture des journaux du matin est la prière de l’homme moderne, celle-ci tend à être remplacée par l’écoute des informations à la radio. En prenant son petit déjeuner, à sa toilette, en conduisant, dans les transports en commun via le téléphone, chacun ou presque écoute à un moment du matin une radio généraliste. D’où une bataille féroce et un mercato renouvelé chaque année pour s’arracher les présentateurs vedettes.

Europe 1, sortir du naufrage

L’arrivée de Patrick Cohen devait être la solu­tion mir­a­cle pour l’audience du matin d’Europe 1. Ce fût le con­traire et la radio est main­tenant en dessous des 7% d’écoute glob­ale (mati­nale incluse). La venue de Lau­rent Guimi­er, venu de Radio France (mais déçu de l’élection de Sybile Veil à la prési­dence, il en espérait le poste) se fait déjà sen­tir. Le pop­u­laire Nikos Alia­gas rem­place Cohen. Le retour de Jean-Michel Aphatie n’est pas syn­onyme de nou­veauté. L’humoriste Nico­las Can­teloup sauvera peut être les audi­ences.

France Info toujours plus de conformisme

Bruno Tou­s­saint par­ti sur BFMTV, Marc Fau­velle (venu de la mai­son voi­sine France Inter) le rem­place. Appel­er Renaud Dély (ex rédac­teur en chef de Mar­i­anne rem­placé par Nat­acha Polony), comme édi­to­ri­al­iste poli­tique ne peut que ren­forcer la ligne libérale lib­er­taire gauchisante (mais tou­jours intolérante) de la radio. Dély surnom­mé plaisam­ment “Délit d’opinion”, sera dans la droite ligne de la fréquence.

France Inter on prend presque les mêmes et on recommence

La ren­trée de Nico­las Demor­and (en place depuis sep­tem­bre 2017) et de Léa Salamé (son por­trait sera prochaine­ment actu­al­isé) a été mar­quée par un gros coup : la démis­sion en direct de Nico­las Hulot, émo­tion à l’appui. Bernard Guet­ta est par­ti rem­placé par Pierre Has­ki, ancien de Libéra­tion comme Nico­las Demor­and et du feu Rue89. La ligne moral­isante n’en sera pas déparée.

France Culture, encore plus engagé, encore moins pluraliste

Si Guil­laume Ern­er reste la voix , les nou­veaux inter­venants (ou mon­tés en grade) Élodie Piel, Mai­wenn Guizou, Mathilde Ser­rell réalisent le prodi­ge d’être encore plus sec­taires que la moyenne de la radio. La revue de presse inter­na­tionale de Camille Mag­nard rem­plaçant Thomas Cluzel (exerçant son mil­i­tan­tisme dans le jour­nal de 13h00) paraît plus équili­brée que celle de son prédécesseur.

Radio Classique, classique

Une mati­nale en effet clas­sique avec Guil­laume Durand, les édi­to­ri­aux de Guil­laume Tabard du Figaro, et une intéres­sante revue de presse de Michel Grossiord.

RMC, Bourdin toujours

On aime ou on n’aime pas, mais Jean-Jacques Bour­din con­tin­ue d’entretenir un lien qua­si ami­cal avec son pub­lic. RMC n’est pas près de le rem­plac­er dans son rôle de “pape cévenol”.

RTL matin, solide au poste

Yves Calvi est doué d’ubiquité, présent à la télévi­sion comme à la radio. Un des jour­nal­istes préférés des audi­teurs, il entre­tient depuis 2014 une tranche horaire qui est con­stam­ment la pre­mière en part de marché. Mais l’éviction d’Eric Zem­mour privé de chroniques à la suite de pres­sions de la rédac­tion (ah ! la lib­erté de penser de la rédac­tion de RTL…) pour­rait coûter cher en ter­mes d’audience.

Sud Radio, Patrick Roger aux commandes

Passé par TF1, France Inter, France Info, BFM, Europe 1, Patrick Roger met depuis deux ans son expéri­ence au ser­vice de Sud Radio, relancée par le groupe Fidu­cial.

L’Observatoire revien­dra au fil du temps sur l’évolution de ces mati­nales et leur respect (sou­vent un non respect) d’un min­i­mum de plu­ral­isme.

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