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Yves de Kerdrel

Dr Yves et Mister Kerdrel

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 26/01/2015

PORTRAIT. Yves de Kerdrel, journaliste au Figaro, a été nommé directeur général du groupe Valmonde en remplacement de Guillaume Roquette (voir son portrait) parti au Figaro Magazine. Il prend ainsi la tête d’un groupe qui rassemble trois titres : l’hebdomadaire Valeurs actuelles, le mensuel Spectacle du monde et le trimestriel Jours de chasse.

Famille et études

Le Vicomte Yves Audren de Ker­drel est né en 1961 à Paris, dans le XVIIème arrondisse­ment. Il est le fils d’Henri Audren de Ker­drel, directeur de banque, et de Madame, née Colette Chenain.

En 1988, il épouse Anne Augi­er de Crémiers, artiste-pein­tre et fille du Cap­i­taine de Vais­seau Charles Augi­er de Crémiers.

Les Ker­drel ont deux enfants et rési­dent dans le 15ème arrondisse­ment de Paris. Le château de Tarnac (XVIIème siè­cle, inscrit aux Mon­u­ments his­toriques), jolie pro­priété située sur le plateau des Mill­e­vach­es en Cor­rèze, étant leur rési­dence sec­ondaire.

Yves de Ker­drel a fait son lycée au Col­lège Stanis­las et à l’Insti­tu­tion Frilley, à Paris. Tit­u­laire d’une maîtrise de Droit obtenue à l’Université Paris II-Pan­théon Assas, il est égale­ment diplômé de l’Institut Supérieur de Ges­tion (ISG) et de la Société française des ana­lystes financiers (Sfaf), et Lieu­tenant de réserve.

Parcours professionnel

Yves de Ker­drel com­mence sa car­rière de jour­nal­iste en 1983, à 22 ans, au Jour­nal des Finances, une fil­iale du Figaro. Quelques années plus tard, en 1988 il est nom­mé chef de ser­vice, puis grand reporter en 1991, et rédac­teur en chef en 1993.

Il quitte la rédac­tion du Jour­nal des Finances en 1999 pour Les Échos où il est édi­to­ri­al­iste, créa­teur et ani­ma­teur de la rubrique “Crible” avec Renaud Belleville.

En 2005 il devient édi­to­ri­al­iste au Figaro où il tient encore chaque semaine une chronique au ton résol­u­ment libéral.

En par­al­lèle, il est directeur de la rédac­tion du Jour­nal des Finances de 2006 à 2008, directeur du Figaro Pat­ri­moine de 2007 à 2009, chroniqueur sur BFM, LCI et i>Télé de 2005 à 2010.

WanSquare, cofondé en 2009 par Yves de Kerdrel

Wan­Square, cofondé en 2009 par Yves de Ker­drel

En 2009, il fonde le site d’intelligence économique Wan­Square, avec Hilaire de Laage, ingénieur, créa­teur de l’agence de com­mu­ni­ca­tion IDE Edi­tion, pas­sion­né d’infographie ani­mée sur le web, et Dominique Leblanc, diplômé d’HEC, énar­que, spé­cial­isé en finances des marché et éval­u­a­tion d’entreprises, prési­dent de la Fédéra­tion française des clubs d’investissement. Le Figaro en est le prin­ci­pal action­naire. Wan­square, dont Yves de Ker­drel prend la direc­tion de la rédac­tion, est un média numérique inno­vant et réac­t­if, con­sacré aux couliss­es et l’analyse de la finance et de l’économie.

En sep­tem­bre 2012, il est désigné pour rem­plac­er Guil­laume Roquette devenu directeur de la rédac­tion du Figaro Mag­a­zine, et prend la direc­tion du groupe Val­monde (Valeurs actuelles, Spec­ta­cle du Monde, Jours de Chas­se), évinçant Ivan Rioufol ou Éric Bran­ca, dont les noms avaient été évo­qués pour le poste.

La ligne édi­to­ri­ale qu’il fixe à Valeurs actuelles, offen­sive et inso­lente, ren­con­tre un vif suc­cès auprès des lecteurs. Les abon­nés aug­mentent, les ventes au numéro triplent (par rap­port à 2008) et le chiffre d’affaires pub­lic­i­taire bon­dit de 17%… En quelques mois, Yves de Ker­drel et son équipe réus­sis­sent à men­er l’hebdomadaire à l’équilibre après 23 ans de pertes. Un exploit dans une presse pro­fondé­ment en crise.

Au lende­main des atten­tats des 7 et 9 jan­vi­er 2015, Yves de Ker­drel par­ticipe à la marche répub­li­caine du dimanche 11 jan­vi­er et se dit sur Twit­ter « fier d’avoir par­ticipé à la marche répub­li­caine con­tre l’islamisation aux côtés de [ses] amis du Crif ». Mais ces derniers le ren­ver­ront froide­ment dans les cordes en pré­cisant que le Crif avait marché « en hom­mage aux vic­times, pour la république attaquée, con­tre le dji­hadisme, rien d’autre ».

En jan­vi­er tou­jours, paraît un arti­cle soulig­nant les con­tra­dic­tions d’un homme se dis­ant patri­ote et con­ser­va­teur à Valeurs actuelles pour flat­ter son pub­lic mais étant pro­fondé­ment pro-immi­gra­tionniste, ultra­l­ibéral et atlantiste par ailleurs. Ker­drel, qui ne croit prob­a­ble­ment pas un mot de ce qu’il fait écrire dans Valeurs, aurait-il pour rôle de ramen­er les bre­bis égarées au sarkozysme ? C’est ce que pensent cer­tains.

Ils l’ont dit

« Dans le dernier numéro de Valeurs actuelles, Tartuffe de Ker­drel a fait très fort en la matière. “Mer­ci Très-Saint-Père”, psalmodie-t-il huit ou neuf fois dans un édi­to­r­i­al dégouli­nant comme du miel (…) Yves de Ker­drel passe son temps, et ses chroniques du Figaro, à défendre les requins du cap­i­tal­isme qui ne sont pas pré­cisé­ment le genre à se jeter à genoux devant le Christ humil­ié. Son seul dieu, c’est Mam­mon. S’il faut faire explos­er la Créa­tion ou la recou­vrir d’une dalle de béton pour créer de la richesse, vous pou­vez compter sur lui. Et n’allez pas lui par­ler du “principe de pré­cau­tion” qui n’est que le terme bureau­cra­tique de la pru­dence ances­trale des hommes, c’est une « insulte aux savants » ! Quand une cen­trale nucléaire se fis­sure, comme à Tri­c­as­tin en 2008, il con­sid­ère que ceux qui en par­lent sont des « marchands de peur col­lec­tive ». Son seul souci évangélique, c’est de défendre les rich­es et les puis­sants con­tre les faibles et les pau­vres, qu’il n’est pas loin de con­sid­ér­er comme des par­a­sites (…) Mon­sieur le vicomte fait par­tie de ces aris­tos vain­cus qui ont épousé l’idéologie de leurs vain­queurs bour­geois. Avec l’instinct du seigneur en sus, mal­heureuse­ment employé à glo­ri­fi­er la guerre économique et à jus­ti­fi­er un dar­win­isme social qui ne dit pas son nom, au lieu de com­bat­tre les oppresseurs avec le petit peu­ple à ses côtés. Et à présent, si vous voulez en savoir plus, lisez Léon Bloy. C’est pré­cisé­ment d’Yves de Ker­drel que le grand écrivain catholique a par­lé dans cha­cun de ses livres », Minute, 20 févri­er 2013

Il l’a dit

Depuis 2005, Yves de Ker­drel tient dans le Figaro une chronique au ton libéral et sans com­plex­es.

En 2008, il prend résol­u­ment posi­tion pour le tra­vail du dimanche et n’hésite pas à s’en pren­dre aux évêques sur un ton piquant :

« Les évêques de France sont des gens admirables. D’abord plus de deux siè­cles après la Révo­lu­tion, ils se font tou­jours sacr­er, sans avoir besoin d’aller à Reims, comme les pre­miers secré­taires du Par­ti social­iste. Ensuite, mal­gré la sépa­ra­tion de l’Église de l’État, ils ne peu­vent tou­jours pas être nom­més à la tête d’un diocèse sans que le min­istre de l’Intérieur leur accorde sa béné­dic­tion. Enfin, ils ont tou­jours un avis sur tout, et ils ont un cer­tain tal­ent pour le faire partager (…)

Il n’y a pas si longtemps, ils ont renou­velé leurs exploits rhé­toriques en prenant le par­ti, à de mul­ti­ples repris­es, de la régu­lar­i­sa­tion des sans-papiers, voire d’une im­migration non choisie, alors même que cer­tains à gauche expliquent depuis longtemps que «la France ne peut accueil­lir toute la mis­ère du monde ».

Sans doute dés­in­hibés par un prési­dent de la République qui par­le avec facil­ité de reli­gion, voici nos apôtres d’aujourd’hui démangés à nou­veau par la volon­té de don­ner leur opin­ion sur la crise finan­cière, la pré­car­ité de l’emploi et sur un sujet par lequel ils se sen­tent par­ti­c­ulière­ment con­cernés : le tra­vail domini­cal. Mgr Vingt-Trois, le car­di­nal-archevêque de Paris et prési­dent de la con­férence des évêques de France, a récem­ment affir­mé lors d’un dis­cours solen­nel : « Si des dis­po­si­tions lég­isla­tives général­i­saient le champ du tra­vail domini­cal, les dom­mages humains et soci­aux qui en découleraient se­raient sans com­mune mesure avec le prof­it économique qui peut en résul­ter. Ce serait une mesure sup­plé­men­taire dans la déstruc­tura­tion de notre vie col­lec­tive qui ne toucherait pas seule­ment les chré­tiens…

Le prob­lème, c’est que le sujet du tra­vail domini­cal n’est pas une ques­tion de ren­de­ment max­i­mal, de gain opti­mal, ou d’un néostakhanovisme, voire d’une société rongée par le matéri­al­isme. Non, cette ques­tion, c’est juste­ment celle qui con­stitue le fil rouge des Écri­t­ures, c’est celle de l’homme et de sa lib­erté. Est-il nor­mal que la France soit l’un des derniers pays qui régle­mente de manière dras­tique le tra­vail le dimanche, inter­dis­ant ceux qui souhait­ent ouvrir leurs échoppes, petites ou grandes, de le faire ? Est-il nor­mal que la lib­erté de tra­vailler, donc de s’épanouir et de s’émanciper, se trou­ve ain­si entravée ? Est-il nor­mal en 2008, qu’à un être humain qui veuille de son libre choix tra­vailler le dimanche, on oppose une régle­men­ta­tion obsolète ? »

En avril 2010, l’une de ses chroniques inti­t­ulée “Arrêtez de tir­er sur les rich­es !” sus­cite quelques remous :

« Jules Michelet avait tout com­pris, à force d’étudier l’histoire de France par tous les bouts. Il affir­mait : « La poli­tique, c’est l’art d’obtenir de l’argent des rich­es et des suf­frages des pau­vres, sous pré­texte de les pro­téger les uns des autres. »

Le 12 mars 2012, il titre sa chronique du jour : « Paris n’est pas Wall Street, hélas ! »

« (…) La bourse améri­caine qui vient de pro­gress­er pen­dant cinq semaines con­séc­u­tives, devrait pour­suiv­re sur sa lancée. Tout con­court pour motiv­er l’enthousiasme des investis­seurs. D’abord les bons indi­ca­teurs économiques, avec notam­ment la baisse spec­tac­u­laire du taux de chô­mage. Ensuite le niveau très élevé du cash détenu par les fonds mutuels améri­cains qui avaient fait preuve d’un excès de pru­dence, ces dernières semaines. Enfin, il y a un cli­mat général qui a changé.

La crise de 2008 a certes lais­sé des traces et mod­i­fié les com­porte­ments, voire les textes. Mais la page est tournée. Et l’on par­le à nou­veau d’introductions en bourse records et d’opérations spec­tac­u­laires. Bref les États-Unis ont fini par ter­rass­er la peur qu’ils s’étaient faits à la suite de la crise finan­cière. Ils ont réal­isé qu’ils avaient repris la maîtrise de leur des­tin et de leur crois­sance. Et même mieux, puisqu’ils vien­nent de devenir expor­ta­teurs de pét­role au moment où l’or noir bat des records !

À côté de cela, la sit­u­a­tion des marchés européens, et notam­ment de notre pau­vre marché bour­si­er français fait un peu pitié. Bien sûr le début d’année n’est pas si mau­vais que cela. Bien sûr les résul­tats des grands groupes du CAC 40 sont à la hau­teur des espérances et leurs per­spec­tives pour 2012, bien plus élevées que prévu. Bien sûr, le col­lap­sus grec n’a pas eu lieu, et la longue page de la crise hel­lène finit de se tourn­er, lev­ant ain­si une lourde hypothèque. »

Sa nébuleuse

Yves de Ker­drel a ses entrées dans de nom­breux cer­cles d’influences et d’affaires.

En 2005 il rejoint la Com­mis­sion du dia­logue économique du Medef , ce qui lui vaut d’être nom­mé à la Com­mis­sion Attali pour le redresse­ment de la Crois­sance en 2007. Mem­bre du Con­seil fran­co-Bri­tan­nique et du Comité d’éthique du Medef, il est égale­ment délégué général du Cer­cle de l’audace créa­trice, pro­fesseur à Dauphine jusqu’en 2010, et admin­is­tra­teur du groupe Vit­ry frères.

Il est mem­bre du pres­tigieux Jock­ey Club de Paris et du Cer­cle de La Revue des deux-Mon­des (dont il est prési­dent), mais ne fréquente pas les dîn­ers du Siè­cle.

Il est égale­ment proche de Marc Ladre­it de la Char­rière pro­prié­taire du groupe Fimalac (l’agence de nota­tion Fitch Rat­ings entre autres), ancien pro­prié­taire du Groupe Val­monde (reven­du à Das­sault qui le reven­dra au groupe Fab­re), qui est à l’origine de la Fon­da­tion Agir con­tre l’exclusion avec Mar­tine Aubry, fon­da­tion qu’il sou­tient finan­cière­ment, et qui s’est présen­té comme un des fon­da­teurs de SOS Racisme.

Voir aus­si : Le blog d’Yves de Ker­drel sur Yahoo! Finance / Yves de Ker­drel sur Twit­ter

Crédit pho­to : Wan­squareTV via Youtube

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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