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Valeurs actuelles : S. Denis et Ch. Clerc sur le départ ?

Le 17 janvier prochain, l’hebdomadaire Valeurs actuelles, que dirige depuis peu Yves de Kerdrel fera peau neuve, avec une nouvelle maquette qui laissera plus de place aux sujets de société et réduira les chroniques régulières afin de dynamiser l’hebdomadaire.

Selon nos infor­ma­tions, Stéphane Denis et Chris­tine Clerc ne seront pas asso­ciés à la nou­velle for­mule et seraient ain­si sur le départ.

Stéphane Denis, écrivain et jour­nal­iste né en 1949, Prix Inter­al­lié 2001 pour Sis­ters et can­di­dat mal­heureux à l’Académie française en 2007, a écrit pour Le Quo­ti­di­en de Paris, Paris Match, Mar­i­anne et Le Figaro avant de tenir une chronique dans Valeurs actuelles. Stéphane Denis a été mêlé à l’affaire Clearstream, affir­mant en 2006 avoir trans­mis à deux repris­es à Nico­las Sarkozy, alors min­istre de l’Intérieur, un mes­sage oral du général Ron­dot, « un par­ent et ami ». Le mil­i­taire l’aurait ain­si chargé de faire savoir à Nico­las Sarkozy qu’il avait enquêté sur l’Affaire et tenait le dossier com­plet à sa dis­po­si­tion, ce que le prin­ci­pal intéressé a démen­ti.

Chris­tine Clerc, née en 1942, a com­mencé sa car­rière à L’Express avec François Giroud avant de pass­er au Point, à RMC, à RTL et au Figaro. En 2006, Le Monde la classe dans « les sou­tiens éclec­tiques » de Ségolène Roy­al qu’elle admire en effet sans s’en cacher. Elle quitte alors Le Figaro et devient « jour­nal­iste indépen­dante », écrivant prin­ci­pale­ment pour Le Télé­gramme de Brest (elle tient depuis 25 ans une chronique chaque lun­di), Midi-libre et Valeurs actuelles où elle tient une chronique heb­do­madaire inti­t­ulée « Le car­net de Chris­tine Clerc ». Elle est une des rares femmes à avoir obtenu le pres­tigieux prix Albert Lon­dres (1982) qui couronne chaque année le meilleur « Grand Reporter de la presse écrite » (et depuis 1985 le meilleur « Grand Reporter de l’audiovisuel »).

Crédit pho­to : DR / col­lage Ojim

Free met en péril des milliers d’éditeurs sur Internet

Jeu­di, Free a ren­du télécharge­able une mise à jour pour sa célèbre box qui, en plus de résoudre des bugs du con­trôle parental et de la télé­phonie, con­tient un adblock activé par défaut inter­dis­ant toute liste blanche (et pas facile à dés­ac­tiv­er pour le com­mun des mor­tels).

Si le four­nisseur d’accès à Inter­net (FAI) n’a, pour l’instant, don­né aucune expli­ca­tion, il sem­ble que nous assis­tions en direct au dernier épisode du con­flit larvé qui l’oppose à Google sur la ques­tion du finance­ment de la bande pas­sante donc des infra­struc­tures, ce dernier tirant l’immense majorité de ses revenus de la pub­lic­ité en ligne, dont il est le leader mon­di­al. Jusqu’en décem­bre, c’est à un autre ser­vice de Google (le site de vidéo en stream­ing YouTube) que s’en était pris Free, pour la même rai­son. Ses qua­tre mil­lions de foy­ers abon­nés sem­blent servir de « boucliers humains » (Pierre-Olivi­er Car­les) dans cette lutte entre les deux géants.

For­cé­ment, une par­tie d’entre eux (pas les anti-pubs, les autres, notam­ment les webmestres de petits sites tirant l’essentiel de leurs revenus de la pub­lic­ité en ligne) n’apprécient que mod­éré­ment. Pour eux, le site Free­box AdBlock Sucks pro­pose un script javascript qui per­met de « rediriger les util­isa­teurs de Free­box AdBlock vers l’URL de votre choix, blo­quant ain­si l’accès au con­tenu de votre site ». « Je vous sug­gère de rediriger les vis­i­teurs ayant Free­box AdBlock activé vers une page où est affiché un mes­sage (ou une image..) expli­quant poli­ment que le fait de blo­quer vos pub­lic­ités met en péril votre mod­èle économique et ne vous per­met pas de con­tin­uer à fournir du con­tenu de qual­ité gra­tu­ite­ment », écrit son créa­teur.

Au-delà de la ques­tion de la neu­tral­ité de l’Internet et du pou­voir des FAI, des inter­ro­ga­tions tech­niques posées par le fil­tre (qui sem­ble hétérogène) et des con­séquences dom­mage­ables sur le plan de l’éthique (la fin for­cée de la pub ver­rait vite l’émergence de pub­li-arti­cles/­posts rémunérés) c’est l’équilibre — déjà pré­caire — de mil­liers d’acteurs de l’Internet qui est en jeu. Fleur Pel­lerin, la min­istre déléguée à l’Economie numérique, doit ren­con­tr­er Xavier Niel pour évo­quer le fil­tre la semaine prochaine. Affaire à suiv­re…

Crédit pho­to : DR.

Du neuf pour Valeurs actuelles

Valeurs actuelles se cherche une nouvelle place dans la France de François Hollande.

L’objectif du nou­veau patron, Yves de Ker­drel : dépass­er les 100 000 exem­plaires ven­dus, dans les dix-huit mois prochains.

Pour cela, l’hebdomadaire de droite libérale met les moyens. Après celle du site inter­net, c’est la maque­tte du mag­a­zine qui va chang­er : moins de poli­tique et plus de sujets économiques, inter­na­tionaux et de société. Presse­News pré­cise égale­ment qu’un « nou­veau cahi­er, Valeurs d’avenir, fera son appari­tion en fin de jour­nal, avec l’ambition d’alimenter le débat d’idées à droite ». En bref, Valeurs Actuelles veut exis­ter à droite.

Autres facettes de ce nou­veau plan : l’augmentation des recettes pub­lic­i­taires, qui ne représen­tent que 17% du chiffre d’affaires 2012 de l’hebdo ; la diver­si­fi­ca­tion des activ­ités, avec des cycles de con­férence et de l’édition ; et comme dans toute la presse écrite, un vrai ser­rage de cein­ture, notam­ment pour les pigistes…

Source : Presse­News

Crédit pho­to : Cap­ture d’écran — site de Valeurs actuelles

Alexandre Adler écarté de la tribune du Figaro

Après Philippe Labro, qui a quitté le quotidien à la mi-décembre, Le Figaro se sépare d’un autre de ses chroniqueurs vedette.

Alexan­dre Adler (néo-con­ser­va­teur, atlantiste et sion­iste engagé dans ses chroniques dans le jour­nal et en-dehors de celui-ci) pub­li­ait, selon Presse­News, un bil­let heb­do­madaire pour 10 000 euros par mois (2 500 euros le bil­let). Ce spé­cial­iste des rela­tions inter­na­tionales, mem­bre de nom­breuses organ­i­sa­tions libérales et mon­di­al­istes (Bilder­berg, Le Siè­cle, Grande Loge Nationale Française, Tri­latérale…), ne fera plus par­tie des plumes du jour­nal auquel il col­lab­o­rait depuis 2002.

Ce départ se fait un con­texte de grave crise pub­lic­i­taire (-7 %). Le quo­ti­di­en, dont les ventes sont pour­tant en légère aug­men­ta­tion (DTP OJD 2011–2012 : 327 143 ex., +1,5%), affiche cette année un déficit record pour la Société du Figaro : 10 mil­lions d’euros. Le groupe Le Figaro devrait égale­ment voir cette année son résul­tat net divisé par 2 (18 mil­lions d’euros pour 550 mil­lions de chiffre d’affaire prévi­sion­nel).

Voir également le portrait détaillé d’Alexandre Adler dans notre rubrique « Portraits »

Crédit pho­to : Ji-Elle via Wikimé­dia (cc)

60 millions de consommateurs change de formule

Le magazine consumériste 60 millions de consommateurs fait peau neuve pour 2013. Nouvelle présentation, plus de tests comparatifs, plus d’interaction avec les lecteurs, le mensuel compte ainsi augmenter ses ventes en kiosque de 20 à 25%.

Car celles-ci représen­tent jusqu’à présent moins d’un tiers des ventes (50 000 sur 160 000 selon l’éditeur) et le mag­a­sine édité par l’Insti­tut Nation­al de la Con­som­ma­tion (INC) depuis 1970 compte bien y remédi­er. Entre 2005 et 2011, ses ventes avaient chuté de 40%. Une baisse quelque peu cor­rigée de jan­vi­er à octo­bre 2012 avec une aug­men­ta­tion de 18% selon les chiffres divul­gués par l’INC. Forte­ment con­cur­rencé par un autre mag­a­sine de con­som­ma­teurs, Que Choisir qui tire à près de 420 000 exem­plaires, 60 mil­lions de con­som­ma­teurs aura une con­cur­rence tout aus­si rude sur inter­net où il souhaite faire de son site (400 000 vis­i­teurs par mois) un forum con­sumériste de référence.

« Plus que jamais, il y a de la place pour 60 Mil­lions, a assuré son rédac­teur en chef Thomas Lau­renceau. Nous voulons assumer que l’on s’adresse aux con­som­ma­teurs col­lec­tive­ment mais aus­si indi­vidu­elle­ment. 60 Mil­lions est un jour­nal fait pour ses lecteurs et pas pour les annon­ceurs, ajoute-t-il. Le rat­tache­ment à l’INC et l’absence de pub­lic­ité nous garan­tis­sent une indépen­dance économique et édi­to­ri­ale. »

L’INC étant un organ­isme pub­lic, l’indépendance revendiquée par le mag­a­sine est-elle si totale ?

L’Ina baisse le prix de ses archives audiovisuelles

Alors que les extraits audiovisuels étaient, jusqu’alors, payables à la minute, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) vient d’opter pour une offre à la seconde à compter d’un minimum de 30 secondes.

Cette nou­velle for­mule, active au 1er jan­vi­er 2013, a per­mis à l’Ina de réduire ses prix de moitié, mis­ant sur une aug­men­ta­tion des vol­umes de vente. Par exem­ple, pour un extrait d’actualité de 30 sec­on­des en prime time, le prix est de 400 euros. Pour ceux des pro­grammes de diver­tisse­ments inclu­ant la presta­tion d’un artiste, le prix s’élève à 760 euros les 30 sec­on­des.

« Cette rigid­ité de la minute indi­vis­i­ble est abolie pour per­me­t­tre aux pro­duc­teurs, aux chaînes, d’acheter la quan­tité d’archives la plus juste » a rap­pelé Math­ieu Gal­let, prési­dent de l’Ina. Et ce dernier d’ajouter : « nos tar­ifs n’avaient pas été réfor­més depuis 2002. Ils cor­re­spondaient à un paysage audio­vi­suel à six chaînes nationales. Il fal­lait tenir compte de l’arrivée des petites chaînes de la TNT pour lesquelles le prix des archives était trop élevé. »

Rue89 quitte le Spiil « contraint et forcé »

Rue89 commence son année 2013 en respectant les bonnes résolutions… de son actionnaire ! Ce mercredi 2 janvier, le média en ligne nettement marqué à gauche a fait part dans un communiqué de sa décision de quitter le Syndicat de la presse indépendance d’information en ligne (Spiil), syndicat qu’il avait contribué à fonder il y a plus de trois ans.

En cause, le « man­i­feste du Spi­il pour un nou­v­el écosys­tème de la presse », pub­lié en octo­bre 2012, qui pro­po­sait notam­ment « la sup­pres­sion en trois ans des aides directes à la presse ». Un sys­tème dont béné­fi­cie… Le Nou­v­el Obser­va­teur, action­naire à 100% de Rue89.

Selon Rue89, cette déci­sion, prise par Claude Per­driel, patron du Nou­v­el Obser­va­teur, l’a été « afin de met­tre en cohérence la représen­ta­tion des titres du groupe dans les organ­i­sa­tions pro­fes­sion­nelles ». Mais pour Daniel Schnei­der­mann d’@rrêt sur images (l’un des mem­bres fon­da­teur du Spi­il), ce choix « con­traint et for­cé » est le signe que « les (…) médias tra­di­tion­nels lui rap­pel­lent aujourd’hui qu’au fond, dans l’âme d’un jour­nal, l’actionnariat con­tin­ue de compter au moins autant que le sup­port ».

Et ce dernier de cri­ti­quer indi­recte­ment le mod­èle économique de Rue89, appuyé sur le Nou­v­el Obs : « plus de cinq ans après la créa­tion de nou­veaux médias inter­net indépen­dants, il faut bien con­stater qu’un seul mode de finance­ment garan­tit l’indépendance totale : l’achat ou l’abonnement par les inter­nautes, lecteurs, spec­ta­teurs, et eux seuls, au détri­ment de tout finance­ment pub­lic­i­taire et de toute sub­ven­tion directe — le vieux mod­èle Canard Enchaîné, en somme. »

France 2 : quand Pujadas nous informe sur 2013…

Le 20 décembre 2012 dans le JT de France 2, David Pujadas s’est livré à un exercice inédit de politique fiction. Au lieu de proposer un reportage sur la traditionnelle rétrospection de l’année écoulée, il a au contraire choisi de faire un « bond en avant » en diffusant deux reportages de politique fiction pour l’année 2013, un « noir » et un « rose ».

Voyons briève­ment la nature des deux scé­narii :

Scé­nario noir : en France, la vente de voitures chute de 25% dès le début de l’année entraî­nant la fer­me­ture d’usines, puis une nation­al­i­sa­tion de PSA ; une grève générale éclate au Por­tu­gal et en Espagne, des émeutes en Grèce oblige l’armée à pren­dre le con­trôle d’Athènes ; la note de la France est dégradée par les agences de nota­tion ; enfin, « le pire » a lieu le 16 novem­bre 2013 avec la créa­tion d’une « zone euro-mark » et la fin de fait de l’euro. Pujadas pleure.

Scé­nario rose : fin des plans de rigueur en Grèce, sig­na­ture entre le patronat et les syn­di­cats d’un accord sur la réforme du marché du tra­vail ; Mon­ti écrase Berlus­coni aux élec­tions ital­i­ennes de févri­er (« les marchés ont salué le choix des ital­iens ») ; Air­bus signe le con­trat du siè­cle avec le Qatar ; suc­cès plané­taire de la nou­velle voiture élec­trique de Renault ; Total décroche un « con­trat en or » en Libye ; l’Espagne devient l’eldorado du con­struc­teur Wolk­swa­gen qui y installe deux usines ; le tourisme aug­mente de 15% à l’été 2013 avec « 120 mil­lions de nuitées », bref « l’actualité économique est au beau fixe » durant toute l’année, avec ce bilan « fab­uleux » : 2,5 mil­lions de chômeurs « seule­ment » et un déficit sous la barre des 3%. Pujadas rit.

A se deman­der quel est véri­ta­ble­ment le scé­nario noir !

En dehors de l’aspect totale­ment ridicule et spec­tac­u­laire de l’exercice, il est néan­moins intéres­sant de soulign­er que ces deux scé­narii, sous cou­vert de s’intéresser à l’intérêt général, ne représen­tent en vérité que les ter­reurs et les espoirs des milieux économiques. On notera ain­si que les révoltes et les grèves, c’est noir, tan­dis que la paix sociale (au béné­fice de qui ?), les gros con­trats et l’invasion touris­tique, c’est rose. Autrement dit : le social, c’est l’apocalypse. L’économie, c’est le par­adis.

L’exercice n’a du reste pas fait l’unanimité, de nom­breux com­men­ta­teurs se deman­dant si c’était bien là le rôle d’un jour­nal­iste que de se livr­er à une telle facétie. C’est notam­ment le cas de Bruno Masure qui a posé cette ques­tion per­ti­nente : « A quoi joue ce zozo de Pujadas avec ces sénars cata à la mord moi le nœud ? Et si France 2 se con­tentait de nous informer sérieuse­ment ? »

Crédit pho­to : banlon1964 via Flickr (cc)

Des journalistes appellent à « saboter » une manifestation

Alors qu’une grande manifestation contre le « mariage pour tous » est prévue le 13 janvier prochain, des « journalistes » (peut-on les appeler ainsi ?) appellent sur Twitter à « saboter » et à « pourrir » la « sale manif ».

Agnès Léglise, dont le nom de famille n’est vis­i­ble­ment pas prédes­tiné, a lancé le 27 décem­bre la pre­mière attaque en divul­guant sur son compte le mail interne (des­tiné au recrute­ment de bénév­oles) des organ­isa­teurs de la « manif pour tous ». Pub­liant une cap­ture d’écran du mail qu’elle a acci­den­telle­ment reçu, la chroniqueuse d’Europe 1 se tar­gue d’un com­men­taire cinglant : « la sale manif anti-mariage homo du 13 jan­vi­er cherche des bénévoles…notez le “ne pas dif­fuser sur twit­ter”. » Et cette dernière de renchérir en pub­liant cette fois le for­mu­laire d’inscription en appelant ses abon­nés à « pour­rir leur truc ».

Engagée par la suite dans un vif débat avec les opposants au mariage gay, cette dernière a ten­té de jus­ti­fi­er son geste. « Je ne suis pas jour­nal­iste mais chroniqueuse. sans carte de presse mais avec opin­ions donc » a-t-elle pré­cisé avant d’ajouter, avec une hypocrisie toute per­son­nelle : « je n’ai pas appelé à pour­rir la manif mais juste leur site de recrute­ment en ligne. » Inter­pel­lée par l’abbé Gros­jean, qui lui reprochait son manque de déon­tolo­gie jour­nal­is­tique, Agnès Léglise lui a rétorqué, avec un par­ti pris inquié­tant : « on a voté aus­si pour ça le 6 mai alors vos man­i­fs, on s’en moque, vous ne faites peur à per­son­ne et vous n’y chan­g­erez rien. »

Un peu plus tard, cette dernière sera suiv­ie par un appren­ti jour­nal­iste, Tris­tan Quin­ault Maupoil (ex-Figaro, ex-LCP et aujourd’hui « rédac­teur en chef » de la radio Fréquence ESJ), qui prévien­dra ses abon­nés, en leur com­mu­ni­quant le même for­mu­laire d’inscription interne : « Coucou Twit­ter : si tu veux sabot­er la manif anti mariage du 13 jan­vi­er, c’est par ici. »

Rap­pelons que la divul­ga­tion de cor­re­spon­dances internes est punie par l’arti­cle 226–45 du Code Pénal : « Le fait, com­mis de mau­vaise foi, d’ouvrir, de sup­primer, de retarder ou de détourn­er des cor­re­spon­dances arrivées ou non à des­ti­na­tion et adressées à des tiers, ou d’en pren­dre fraud­uleuse­ment con­nais­sance, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. Est puni des mêmes peines le fait, com­mis de mau­vaise foi, d’intercepter, de détourn­er, d’utiliser ou de divulguer des cor­re­spon­dances émis­es, trans­mis­es ou reçues par la voie élec­tron­ique ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réalis­er de telles inter­cep­tions. »

Crédit pho­to : Cap­ture d’écran via Twit­ter

Les États-Unis au cœur de l’information française

Selon l’Institut National de l’Audiovisuel (Ina) et son dernier baromètre Ina Stat’ consacré à la place des États-Unis dans l’information internationale des journaux télévisés français, le pays de l’oncle Sam est au cœur de l’actualité.

« Au cours des 5 dernières années, et quelle que soit l’actualité inter­na­tionale, les USA s’affirment tou­jours comme l’État le plus présent dans l’information télévisée, occu­pant de 4,5 % des JT en 2007 — l’année la plus basse — à 8 % en 2008 — l’année la plus haute », a ain­si con­clu l’INA. L’étude con­cerne les prin­ci­pales chaînes de télévi­sion français­es que sont TF1, France 2, France 3, Canal+, Arte et M6.

2 498 sujets traités en 2012

C’est Canal + qui arrive en tête des chaînes ayant le plus traité l’information venue d’outre-Atlantique avec 9,8 % de son jour­nal télévisé du soir. La chaîne cryp­tée est suiv­ie par Arte (8 %), France 2 (6 %), TF1 (5 %), M6 (4,7 %) et France 3 (3,6 %).

Le pic de 2008 est dû notam­ment à l’élection de Barack Oba­ma (881 sujets) ain­si qu’au début de la crise économique (407 sujets). En 2012, le nom­bre de sujets con­sacrés exclu­sive­ment à l’élection prési­den­tielle améri­caine est retombé à 476, soit un de plus qu’en 2004 (475). Force est de con­stater, au regard de ces chiffres, que l’élection prési­den­tielle améri­caine trou­ve tou­jours un large écho dans les médias de l’hexagone.

Crédit pho­to : Cap­ture d’écran LCI via lci.fr

Bernard Tapie (suite) : commission d’enquête parlementaire ?

Le député social­iste des Bouch­es-du-Rhône, Patrick Men­nuc­ci, réclame une com­mis­sion d’enquête par­lemen­taire sur le rachat par Bernard Tapie des jour­naux du pôle sud du groupe de presse Her­sant Medias (GHM). Dans un cour­ri­er adressé au prési­dent du groupe social­iste à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux, le par­lemen­taire demande qu’une com­mis­sion exam­ine d’éventuelles manœu­vres qui, « en lim­i­tant la con­cur­rence, ont fait dimin­uer le prix d’acquisition ». Patrick Men­nuc­ci, qui est can­di­dat déclaré aux élec­tions munic­i­pales de Mar­seille en 2014, s’inquiète vis­i­ble­ment de l’influence soudaine­ment acquise par Bernard Tapie qui pos­sède doré­na­vant de nom­breux jour­naux dans la région, notam­ment La Provence et Nice Matin, et à qui l’on prête égale­ment des ambi­tions munic­i­pales…

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo Europe1

TF1 et Discovery finalisent leur accord

L’accord entre TF1 et le groupe Discovery Communications vient d’être finalisé.

De par cet accord, le groupe audio­vi­suel améri­cain prend part à hau­teur de 20% au cap­i­tal d’Eurosport, pour une valeur d’entreprise de 170 mil­lions d’euros. Aus­si, Dis­cov­ery a acquis 20% du cap­i­tal des chaînes de télévi­sion payantes suiv­antes : TV Bre­itz, His­toire, Ushaïa TV et Stylía. La valeur d’entreprise est estimée à 14 mil­lions d’euros.

Pour le PDG de TF1, Nonce Paoli­ni, « cet accord per­met à TF1 Pro­duc­tion de dévelop­per son savoir-faire dans la créa­tion de con­tenus au-delà de nos fron­tières ». Il vient finalis­er deux semaines de dis­cus­sions entre deux poids lourds de l’audiovisuel et mar­que le début d’une nou­velle alliance stratégique.

Crédit pho­to : Dis­cov­ery Com­mu­ni­ca­tions

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Qui a dit…

« Le nation­al­isme de l’époque post-com­­mu­niste peut avoir le vis­age du com­mu­niste nos­tal­gique Miloše­vić, du dic­ta­teur post-sovié­­tique Pou­tine, des anti­com­mu­nistes post-sovié­­tiques Orbán et Jarosław Kaczyńs­ki. Il peut avoir dif­férents vis­ages. Cepen­dant, le dénom­i­na­teur com­mun, c’est tou­jours une hos­til­ité aux règles de l’État de droit libéral, à la philoso­phie du dia­logue, à l’esprit de plu­ral­isme et de tolérance. »

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