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La MGEN, une mutuelle qui protège contre les infox ?

26 juin 2019

Temps de lecture : 4 minutes
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La MGEN, une mutuelle qui protège contre les infox ?

26 juin 2019

L’OJIM revient régulièrement sur la manière dont les médias sont utilisés à l’école, tant dans le primaire que dans le secondaire, à des fin d’encadrement des consciences. Une propagande de moins en moins insidieuse, de plus en plus ouverte, qui s’adresse aux jeunes mais aussi de plus en plus directement aux enseignants.

Voilà que la MGEN, Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale, à la fois mutuelle et sécu­rité sociale pour des enseignants qui y sont mas­sive­ment affil­iés, s’y met. Comme il se doit cette Mutuelle dif­fuse une let­tre « d’information ». L’OJIM se l’est procurée.

De l’OJIM, de la propagande et de l’école

Le sujet de l’encadrement des con­sciences à l’école et par l’école, en même temps que celui de la pro­mo­tion de l’idéologie au pou­voir par le biais de la pro­mo­tion de médias à ori­en­ta­tion unique dans ces mêmes écoles, est devenu un objet d’analyse de pre­mière impor­tance. C’est pourquoi l’OJIM s’y intéresse régulièrement.

Exemples récents

Au sujet de la pro­pa­gande menée par l’Union Européenne à l’école :

Sur la façon dont les média offi­ciels pénètrent l’école :

  • Nom­breux exem­ples en suiv­ant les liens de cet arti­cle sur la pro­pa­gande en faveur des migra­tions, notam­ment au sujet du CLEMI et de France tv édu­ca­tion.

La mutuelle des profs : assurance contre les infox

Dans sa Let­tre d’information de juin 2019, entre infor­ma­tions pro­fes­sion­nelles et autres liens usuels, la MGEN pro­pose aux enseignants de se ren­dre sur une page explica­tive quant aux « fake news » : il s’agit d’une page du site de l’observatoire. Un site qui s’intéresse aux « usages numériques ». La MGEN juge utile que les enseignants affil­iés chez elle, autrement dit la majorité des enseignants, s’informe au sujet des hoax­busters. De quoi s’agit-il ? « Des enfants qui traque­nt les fake news ». Une idée à laque­lle per­son­ne n’avait encore pen­sé : met­tre les enfants à con­tri­bu­tion pour tra­quer les méchantes pré­ten­dues « fauss­es infor­ma­tions », dont cer­taines sont en effet réelle­ment des infox, d’autres de sim­ples infor­ma­tions ayant opin­ions autres. For­mater les futurs traque­urs d’infox…

L’objet de cette let­tre de la MGEN est de faire décou­vrir aux enseignants un arti­cle présen­té ain­si : « L’E­d­u­ca­tion nationale forme les élèves à iden­ti­fi­er les fauss­es infor­ma­tions sur Inter­net. L’in­sti­tutrice Rose-Marie Farinel­la pro­pose une méth­ode dès l’é­cole pri­maire ». For­mer de jeunes enfants à « iden­ti­fi­er » ce qui est juste ou non par­mi ce qui est dit, et par­faite­ment légal ou autorisé, comme étant des « fauss­es infor­ma­tions », le tout au nom de l’esprit cri­tique, cela ne peut que rap­pel­er les for­matages des esprits du 20e siè­cle. Surtout si c’est méthodique.

La farine Farinella

Quelle méth­ode ? C’est « la méth­ode farinel­la récom­pen­sée et plebisc­itée ». Que l’on en juge !

« Anci­enne jour­nal­iste dev­enue insti­tutrice en mater­nelle dans l’A­cadémie de Greno­ble, elle a eu l’idée de bâtir un pro­gramme de sen­si­bil­i­sa­tion adap­té aux élèves du pri­maire dès 2014, quand elle a con­staté la recrude­s­cence de fauss­es infor­ma­tions qu’elle rece­vait par mail ou sur les réseaux soci­aux, et l’in­quié­tude des par­ents d’élèves désir­ant pro­téger leurs enfants de ces « hoax ». À cette époque, l’E­d­u­ca­tion nationale ne pro­po­sait pas d’outils pour accom­pa­g­n­er les plus jeunes dans la traque aux fauss­es nou­velles sur internet.
Depuis 2015, Rose-Marie Farinel­la déploie son pro­gramme d’ini­ti­a­tion en classe de CM2, sur la base du volon­tari­at. Sa méth­ode a été récom­pen­sée par trois prix nationaux et deux prix inter­na­tionaux, dont le Prix mon­di­al de l’é­d­u­ca­tion aux médias qui lui a été remis par l’Unesco en 2017, et elle a été nom­mée Cheva­lier de l’Or­dre des Palmes académiques en août 2017 ».

Le prix mon­di­al de l’éducation aux médias, vos enfants sont bien gardés, ma bonne dame.

Il y a plusieurs étapes :

  • « com­pren­dre d’abord ce qu’est une information »
  • « appren­dre à lire les images »
  • « des­sine-moi une chas­se aux hoax » :

« Sa for­ma­tion à l’e­sprit cri­tique face à l’in­for­ma­tion en ligne se déroule en 16 séances de trois quarts d’heure, aux­quelles se sont ajoutés au fil des années des débats sur la cyberci­toyen­neté, la lib­erté d’ex­pres­sion ou encore le racisme. La pre­mière étape con­siste à com­pren­dre ce qu’est une infor­ma­tion. Pour cela, les élèves con­cen­trent d’abord leur atten­tion sur la dif­férence entre un slo­gan pub­lic­i­taire rel­e­vant d’une vague promesse, et une infor­ma­tion fiable véri­fi­able. Ils con­sul­tent dif­férents médias et inter­ro­gent des jour­nal­istes. Ils se famil­iarisent avec les 5 ques­tions-clés qui per­me­t­tent au jour­nal­iste de syn­thé­tis­er les faits : « qui ? » « quoi ? », « où ? », « quand ? » et « pourquoi ? ». Puis les élèves appren­nent à crois­er les infor­ma­tions en s’ap­puyant sur des médias fiables : ils s’en­traî­nent à décor­ti­quer l’in­for­ma­tion, en se ren­seignant sur l’au­teur de l’ar­ti­cle, sur la date de pub­li­ca­tion, sur la date à laque­lle l’événe­ment s’est déroulé, et sur le média qui pub­lie l’ar­ti­cle et ses règles déon­tologiques. Pour pren­dre en main ces con­cepts par­fois abstraits, ils s’ex­er­cent en pra­tique, grâce à des exer­ci­ces d’im­pro­vi­sa­tion. Rose-Marie Farinel­la leur pro­pose ain­si de « cou­vrir » des faits divers, comme un acci­dent de la route par exem­ple, ou des sujets cli­vants, tels qu’une man­i­fes­ta­tion con­tre la chas­se : cer­tains élèves jouent le rôle des chas­seurs, d’autres celui des écol­o­gistes, et les appren­tis jour­nal­istes ten­tent de rap­porter leurs dif­férents points de vue sans pren­dre par­ti. Les élèves con­sta­tent alors que tous les témoignages ne se valent pas : cer­tains évo­quent des faits, tan­dis que d’autres relèvent d’une opin­ion. Ils décou­vrent égale­ment la dif­fi­culté de se mon­tr­er objec­tif quand on a soi-même des con­vic­tions. Cer­tains scé­nar­ios abor­dent des sujets de société plus sen­si­bles, liés aux ques­tions de rad­i­cal­ité religieuse ou de racisme ».

En ingérant la farine de la MGEN, on peut douter que des élèves étu­di­ant des arti­cles du Monde ou des reportages de France 2 au sujet de la Hon­grie actuelle « con­sta­tent alors que ces arti­cles relèvent d’une opinion ».

Si vous avez bien suivi et que la curiosité vous a poussé à lire les autres arti­cles de l’OJIM, ceux liés au CLEMI ou à France tv édu­ca­tion par exem­ple, vous aurez sans peine con­staté qu’il s’agit en réal­ité d’une « méth­ode » unique à toutes les échelles, comme il y avait autre­fois des par­tis uniques. L’idée est sim­ple : que tous les enfants et tous les ado­les­cents, dans tous les étab­lisse­ments sco­laires, appren­nent de façon mil­i­tante ce qui relève du « bien » en matière médi­a­tique, et donc en matière d’opinion. Avec l’aide de leurs enseignants.

Voir aussi

Quand l’éducation nationale organ­ise la pro­pa­gande autour des médias

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