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Arnaud Lagardère entre deux feux, qui mangera qui ?

25 avril 2020

Temps de lecture : 2 minutes
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Arnaud Lagardère entre deux feux, qui mangera qui ?

Nous avons consacré de nombreux articles à l’empire d’Arnaud Lagardère. Un empire dont certains secteurs (les Relay, les boutiques d’aéroport, Hachette) se portent bien mais qui rétrécit avec la déconfiture du pôle sportif, les ventes par appartements des magazines et un management erratique. Avec en toile de fond, l’appétit du fonds opportuniste américain Amber qui critique la gestion d’Arnaud Lagardère et son contrôle par le biais de la commandite. Et au moment où l’héritier de l’empire aurait du mal à finir ses fins de mois.

Le Crédit agricole en position d’arbitre

Fin 2007 Lagardère signe une con­ven­tion de nan­tisse­ment de ses actions dans la hold­ing du groupe. Ces 7,26% du cap­i­tal (qui lui assurent le con­trôle de la société) sont apportés en garantie d’un prêt per­son­nel du Crédit agri­cole, qui est aus­si le ban­quier prin­ci­pal du groupe. En clair, si l’emprunteur ne peut rem­bours­er, le prê­teur saisit les actions et devient action­naire de fait.

Pour que l’emprunteur puisse rem­bours­er, il doit d’un côté con­serv­er un équili­bre entre le sol­de de la somme emprun­tée (160M€) et la valeur des actions nanties et de l’autre percevoir des div­i­den­des pour assur­er les échéances de rem­bourse­ment. Or, début 2020, ça coince des deux côtés. D’une part la valeur de Lagardère s’est effon­drée en bourse, les parts d’Arnaud ne valent fin mars 2020 qu’environ 120M€ face à une garantie de 160M€. Pire, les pres­sions d’Amber et celles des pou­voirs publics entraîn­eraient la sup­pres­sion du verse­ment du div­i­dende pour 2020, une perte sèche supérieure à 10M€ pour Arnaud Lagardère.

Arrivée des crocodiles

Quand un pois­son mal en point (Arnaud Lagardère) est men­acé par un bro­chet car­ni­vore (Amber) il peut avoir recours au garde-pêche (le Crédit agri­cole) mais aus­si appel­er de solides croc­o­diles à son sec­ours. Pre­mier croc­o­dile : Nico­las Sarkozy qui doit ren­tr­er au con­seil de sur­veil­lance, un allié poli­tique de poids. Est-ce Nico­las qui a sug­géré à ses amis Marc Ladre­it de Lachar­rière et Bol­loré de venir au sec­ours d’Arnaud ? Ces derniers ont annon­cé leur arrivée au cap­i­tal, provo­quant une cer­taine sur­prise et immé­di­ate­ment une reprise du cours de bourse.
Un sec­ours qui per­me­t­tra peut-être d’éviter les dents du bro­chet Amber mais sans doute pas de finir dans l’estomac des deux croc­o­diles financiers, ces derniers n’ayant pas l’habitude de jouer les minori­taires ni les pots de fleurs.

Emmanuel Macron, dont Arnaud Lagardère est réputé proche (source La Let­tre A) aura son mot à dire. Dans ce jeu com­plexe, Lagardère pour­rait per­dre sa com­man­dite et les restes de l’empire pour­raient se voir déman­telés. Hachette, les Relay et les bou­tiques d’aéroport sont de jolies affaires qui peu­vent intéress­er beau­coup de monde. Ver­ra-t-on Edi­tis (Bol­loré) cro­quer Hachette (Lagardère) ? Sans compter les médias, car Lagardère c’est aus­si le JDD, Paris Match, Europe 1, des influ­enceurs poli­tiques d’importance aux­quels pour­rait jeter un coup d’œil le pro­prié­taire de Fimalac déjà très présent dans le dig­i­tal et qui pour­rait utilis­er son savoir-faire dans tel ou tel média, papi­er ou radio­phonique.

NB : Mon­sieur Ramzi Khi­roun, porte-parole du groupe Lagardère, a porté plainte con­tre Claude Chol­let, directeur de la pub­li­ca­tion de l’Ojim pour « injures publiques ». Cette plainte n’influence en rien les arti­cles que nous con­sacrons au groupe Lagardère, pro­prié­taire de médias (Paris Match, JDD, Europe 1). Voir notre arti­cle sur la plainte de M. Ramzi Khi­roun.

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