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Confier à l’ARCOM un contrôle « au cas par cas » : « pas aberrant » pour le ministre de la Culture Rachida Dati

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8 avril 2024

Temps de lecture : 3 minutes
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Confier à l’ARCOM un contrôle « au cas par cas » : « pas aberrant » pour le ministre de la Culture Rachida Dati

Temps de lecture : 3 minutes

Le 21 mars 2024, à l’occasion de son audition devant la commission d’enquête sur l’attribution, le contenu et le contrôle des autorisations de services de télévision à caractère national sur la TNT, Rachida Dati est revenue sur les questions relatives à la concentration des médias.

Bolloré, encore et toujours

C’est encore dans une ambiance proche de l’inquisition que l’audition a com­mencé : attaquée de manière immé­di­ate par le rap­por­teur Aurélien Sain­toul quant au départ « pré­cip­ité » de son prédécesseur Rima Abdul-Malak, le min­istre a d’abord refusé de répon­dre à cer­taines de ques­tions ori­en­tées du député LFI. Revenant sur les déc­la­ra­tions du min­istre au JDD et sur CNews, ce dernier a demandé au min­istre si elle sup­po­sait que l’audiovisuel pub­lic ne respec­tait pas la plu­ral­ité des opin­ions et la rai­son pour laque­lle elle s’était ren­due sur ces deux canaux du groupe Bol­loré. « Ma pre­mière inter­view a été don­née à France Inter. […] Je crois que ce n’est pas inter­dit d’être sur les chaînes du groupe Bol­loré. […] J’ai la tutelle des médias, […] la respon­s­abil­ité du plu­ral­isme pour l’ensemble de l’audiovisuel français. Je n’opposerai jamais l’audiovisuel pub­lic et privé », a répon­du le min­istre. Le député a con­tin­ué en déclarant chercher s’il exis­tait des affinités par­ti­c­ulières entre le min­istre et les chaînes du groupe Bol­loré, lais­sant plan­er l’idée selon laque­lle elle aurait pu être nom­mée après une ren­con­tre entre Emmanuel Macron et Vin­cent Bol­loré. Une sus­pi­cion qui a sus­cité l’agacement du min­istre et mené le prési­dent de la com­mis­sion, Quentin Batail­lon, à couper court à la conversation.

ARCOM et pluralisme

Rap­pelant que « la pro­duc­tion d’une infor­ma­tion de qual­ité coûte cher », le min­istre a indiqué : « il est vital que les médias soient soutenus par des groupes indus­triels capa­bles de leur apporter les moyens de leur développe­ment ». Soulig­nant que le mou­ve­ment de con­cen­tra­tion ne pou­vait « se faire sans garde-fou », elle a indiqué qu’il fal­lait « cor­recte­ment éval­uer les opéra­tions de con­cen­tra­tion ayant un impact sur le plu­ral­isme, l’indépendance des médias. […] Notre mécan­isme de con­trôle des con­cen­tra­tions au regard de cet objec­tif du plu­ral­isme et au regard d’un marché per­ti­nent ». Pour autant, le min­istre a appelé à se mon­tr­er pru­dents sur les con­damna­tions rapi­des des chaînes, qui pour­raient se retourn­er con­tre l’État.

Pour un audiovisuel public rassemblé

Évo­quant l’indépendance du rôle de l’autorité de régu­la­tion, Rachi­da Dati a soutenu qu’il ne « serait pas aber­rant de con­fi­er à l’Arcom un con­trôle au cas par cas des con­cen­tra­tions au regard de l’objectif de plu­ral­isme et au regard d’un marché per­ti­nent ». Face à un « audio­vi­suel privé qui rassem­ble ses forces », le min­istre a par ailleurs indiqué : « on ne peut pas avoir un mod­èle d’audiovisuel pub­lic com­plète­ment divisé […] Je pense qu’il fau­dra, à terme, aller à la fusion […] dans le cadre par­lemen­taire ».  La révi­sion de la régle­men­ta­tion de la con­cen­tra­tion serait pour le min­istre, qui répondait à Philippe Bal­lard (RN), néces­saire pour faire face à la mod­erni­sa­tion des canaux d’information et pour faire face à la perte de la sou­veraineté poten­tielle que cette mod­erni­sa­tion induit.

Reprenant la parole en fin d’audition, le rap­por­teur Sain­toul a sus­cité la colère de Rachi­da Dati qui a tem­pêté : « C’est une com­mis­sion d’enquête con­tre Vin­cent Bol­loré ! […] Vous êtes rap­por­teur d’une com­mis­sion, vous n’êtes pas pro­cureur ! »

Voir aus­si : L’OJIM saisit l’ARCOM pour faire respecter le plu­ral­isme poli­tique à la radio et à la télévision

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