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Sarkozy : Lagardère nous voilà !

5 mars 2020

Temps de lecture : 2 minutes
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Sarkozy : Lagardère nous voilà !

Le groupe d’Arnaud Lagardère présente une santé contrastée. Les pertes abyssales de l’activité autour du sport sont compensées par les succès de Hachette, de la distribution presse (Relay) et surtout du retail (boutiques aéroports et gares). Un fonds activiste s’affaire autour des comptes (partiellement opaques) du groupe, le bon moment pour faire rentrer Nicolas Sarkozy au conseil de surveillance ?

Qatar, vous avez dit Qatar ?

Les qataris via une hold­ing d’État sont les pre­miers action­naires du groupe avec autour de 13% des actions. Ils sont talon­nés par le fonds activiste Amber Cap­i­tal qui petit à petit monte dans le cap­i­tal et dépasse main­tenant les 10%. Der­rière, le troisième action­naire c’est Arnaud Lagardère lui-même avec seule­ment 7.33% des actions. Mais dans une société en com­man­dite ces 7.33% lui per­me­t­tent de con­serv­er la direc­tion de la société… en étant respon­s­able sur son pat­ri­moine, un col­latéral obligé. Nul n’ignore les excel­lentes rela­tions de Nico­las Sarkozy avec le Qatar et sa famille rég­nante, pre­mier action­naire du groupe.

Une situation d’équilibre instable pour Arnaud Lagardère

Même si les chiffres sont plutôt opaques l’endettement per­son­nel de Mon­sieur Lagardère serait plus ou moins équiv­a­lent à la val­ori­sa­tion des parts de son groupe qu’il détient, autour de 170M€ des deux côtés. Si le Crédit Agri­cole (le prê­teur) demandait le rem­bourse­ment de son emprunt, Arnaud Lagardère serait con­traint de céder ses parts et son poste pour hon­or­er ses engage­ments. Il détient ses parts dans une hold­ing (LCM) qui ne donne des infor­ma­tions sur ses comptes qu’avec une admirable retenue, une dis­cré­tion que cer­tains jugent inquié­tante.

Conseil de surveillance : faire venir des alliés

Amber Cap­i­tal cri­tique la ges­tion (dis­ons hasardeuse) d’Arnaud Lagardère et souhait­erait que le groupe se retire des médias (Paris-Match, le JDD, Europe1) pour se recen­tr­er sur l’édition, les Relay et le retail. Avec 10% du cap­i­tal, Amber n’a tou­jours pas de représen­tants au con­seil d’administration, les Qataris par­fois hési­tants s’étant tou­jours ral­liés à Arnaud Lagardère en votant con­tre les Améri­cains. C’est là que l’arrivée de Nico­las Sarkozy est une riche prise. Son arrivée au con­seil de sur­veil­lance est accom­pa­g­née de celle de Guil­laume Pepy ex Prési­dent de la SNCF qui pour­rait diriger dans un sec­ond temps la branche trav­el retail.

Fin 2019 c’est un ancien du Crédit Agri­cole, Mon­sieur Patrick Val­roff, qui a été nom­mé prési­dent d’un con­seil de sur­veil­lance qui se voit con­sid­érable­ment mod­i­fié. Mais cette nom­i­na­tion peut aus­si être vue comme une incur­sion de la banque, inquiète des erre­ments (sportifs et autres) du groupe. Dans un con­seil de sur­veil­lance, comme le nom l’indique, on sur­veille…

Et inquiétude des journalistes

Les sociétés de jour­nal­istes (SDJ) et de rédac­teurs (SDR) du pôle média du groupe, Paris-Match, Jour­nal du dimanche et Europe 1 se font des cheveux pour leur crédi­bil­ité devant ces arrivées au con­seil de sur­veil­lance, surtout celle de Nico­las Sarkozy. Dans un com­mu­niqué com­mun :

« Dans un con­texte de défi­ance général­isée vis-à-vis des médias et de sus­pi­cion de leur prox­im­ité avec les respon­s­ables poli­tiques, nous nous inquié­tons du risque que cette nom­i­na­tion fait peser sur notre crédi­bil­itéLes SDR et SDJ des trois rédac­tions réu­nies réaf­fir­ment dès aujour­d’hui avec force leur attache­ment à l’indépen­dance édi­to­ri­ale et leur vig­i­lance quant au traite­ment de l’in­for­ma­tion en dehors de toute pres­sion. »

NB : Le porte-parole du groupe Lagardère, Mon­sieur Ramzy Khi­roun a porté plainte con­tre le directeur de la pub­li­ca­tion de l’Ojim pour « injures publiques ». Ce dif­férend n’influence en rien la rédac­tion des arti­cles que nous con­sacrons au groupe Lagardère et à ses médias.

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