Mannone Cadoret
Libération : Demorand sur la sellette
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Dernière modification le 05/10/2016

Nicolas Demorand, les réseaux bien huilés

« En une journée, Demorand n’aura fréquenté le monde extérieur que sur une centaine de mètres : la distance cumulée entre sa porte et le taxi, le taxi et Inter, et retour. » Libération, Portrait : Nicolas Demorand – Voix expresse, 22 avril 2008

Nicolas Demorand est né le 5 mai 1971 à Vancouver (Canada) de Jacques Demorand, diplomate, ancien chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères Roland Dumas, et de Jacqueline Bouaniche, une « juive pied-noir » (supplément télé du Monde, 4 juin 2006). Il partage sa vie avec Louise Tourret, journaliste à France Culture, avec laquelle il a eu deux enfants, nés en 2007 et 2009.

Formation universitaire

Il a suivi ses études à Tokyo, Bruxelles, Rabat et Paris (Lycée Henri IV). Lauréat du concours général de Français, agrégé de lettres modernes, titulaire d’une licence de philosophie, il a quitté volontairement l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, y jugeant l’enseignement « infantile ».

Parcours professionnel

Nicolas Demorand a débuté sa carrière comme enseignant en lycée professionnel (Cergy) et en classes préparatoires, avant de choisir la voie du journalisme, en commençant comme critique gastronomique au Gault&Millau et comme pigiste aux Inrockuptibles. En 1997, il entre comme stagiaire à France Culture et devient le collaborateur d’Antoine Spire, puis de Sylvain Bourneau. Il anime la tranche matinale de la station. Il y produit également l’émission « Cas d’école », puis, à partir de septembre 2002, il présente « Les Matins de France Culture ».

En septembre 2006, il succède à Stéphane Paoli sur France Inter où il anime la tranche d’information matinale jusqu’en juin 2010. Son émission fait l’objet de critiques récurrentes du site d’analyse des médias – proche de la gauche anti-libérale – Acrimed. En 2008, Matthias Reymond remarquait ainsi que « si la tranche matinale (7h-10h) de France Inter est l’une des plus écoutées de la station, c’est aussi là que le pluralisme est le plus anémié ». Preuve à l’appui : « Sur 199 émissions programmées entre le 3 septembre 2007 et le 9 juin 2008, on ne compte pas moins de 329 invités [dont] 127 invitations s’adressaient à de personnalités politiques, dont 58% pour l’UMP et 29% pour le PS. A cela, on peut ajouter 26 experts qui enseignent le libéralisme économique (Jacques Attali, Patrick Artus, Daniel Cohen, Pascal Perrineau, Jean-Paul Betbèze, etc.), 21 philosophes et sociologues qui adorent les médias (Bernard-Henri Lévy – 3 fois -, Glucksmann père et fils, Alain Finkielkraut, etc.), 15 journalistes qui pérorent partout (Jean-François Kahn, Jean-Marie Colombani, etc.), 12 représentants du patronat (Medef et PDG), et quelques stars de la mondialisation libérale (Bill Clinton, Tony Blair, Pascal Lamy ou Jean-Claude Junker). Bilan : pour 87 apôtres de la pensée dominante, on compte seulement 14 hérétiques inégalement avérés. »

En 2008, il est pressenti pour rejoindre France 2 afin d’animer, une semaine sur deux, une émission culturelle le vendredi à 22h30. Cependant selon le site programmes-tv.com l’initiative est « purement et simplement annulée en raison d’un gros malentendu financier entre lui, son producteur et la chaîne ». D’après Le Point l’animateur réclamait « un salaire de 25 000 euros par mois et une indemnité de 100 000 euros en cas de rupture de son contrat. En outre, il demande le versement d’un à-valoir de 30 000 euros dès la signature de son contrat », des prétentions jugées « obscènes » par la direction de la chaîne. Toujours d’après Le Point, « Demorand devait être produit par la société de Serge Moati. Selon nos informations, le budget de l’émission devait tourner autour de 180 000 euros ».

Le 7 juillet 2010, après treize ans passés dans le service public, il quitte subitement France Inter pour Europe 1 où il anime la tranche 18h-20h. Ce départ provoque l’ire de la Société des journalistes de Radio France qui publie un communiqué intitulé « trahison et naïveté » considérant que Nicolas Demorand « trahit le camp qui l’a fait roi sans sommation et sans en avoir informé ceux qui lui faisaient aveuglément confiance » (blog de la SDJ de Radio-France – 7 juillet 2010).

L’ex-journaliste de France Inter amène dans ses bagages Olivier Duhamel qui était chroniqueur des « Matins de France Culture » et avec qui il a créé en mars 2008 la collection Médiathèque aux éditions du Seuil – une collection de textes courts sur le thème « Presse et démocratie ». Parmi les livres qui y sont parus, explique Acrimed en septembre 2010, « un livre co-écrit par Olivier Duhamel et Michel Field, et un livre co-écrit par le frère de Nicolas Demorand, Sébastien Demorand ».

Parallèlement à son activité radiophonique, il présente également la tranche 18h-20h sur la chaîne d’information en continu i>Télé (sept. 2008-avril 2009), ainsi qu’une émission de débat politique intitulée C politique sur France 5 (sept. 2009- février 2011). Ce programme est coproduit par Maximal productions, une société de Lagardère Entertainment, ainsi que par Albertine productions, société dirigée par Matthieu Tarot que le site des Inrockuptibles présentait, en mai 2010, comme l’« ami et manager d’Arielle Dombasle », l’épouse de Bernard-Henri Lévy. Demorand, qui se définit lui-même comme un « juif culturel », invitera BHL sur France Inter à 7 reprises en moins de deux ans et demi.

L’audience de sa tranche 18h-20h sur Europe 1 est jugée décevante (en baisse de 15 % en moyenne) quand Nicolas Demorand quitte la radio au bout de six mois, en janvier 2011, pour prendre la direction de Libération, en mars 2011, où il remplace Laurent Joffrin. Alors que Renaud Dély, ancien rédacteur en chef de Libération et directeur adjoint de la rédaction de France Inter, était donné favori, la candidature de Demorand obtient 56,7 des voix de la rédaction, avec une participation de 81,1%. Une de ses premières décisions est de fermer les Libévilles à Lille, Strasbourg, Rennes et Orléans : déficitaires et minoritaires par rapport aux géants locaux de la presse locale, ces éditions numériques rapprochaient néanmoins Libération de ses lecteurs provinciaux et permettaient à Libé d’échapper un peu au parisiano-centrisme propre à la quasi-totalité des médias français. Mais dès juin 2011, les employés de Libération votent une motion de défiance à 78 %, avec une forte participation, exprimant ainsi des griefs multiples contre Nicolas Demorand, notamment un projet de refonte des dernières pages du journal avec un contenu plus susceptible d’attirer les annonceurs, projet qui ne serait pas en phase avec la « culture » du journal. « Moins d’un an après la motion de défiance votée contre lui, Nicolas Demorand est-il de nouveau sur un siège éjectable ? Convoquée par la Société civile des personnels de Libération (SCPL), l’Assemblée générale du lundi 2 avril [2012] semble recenser les mêmes « points de cristallisation » qu’en juin 2011. L’équipe de Libération fait état d’un « grand malaise, qui tient d’abord au sentiment d’être dépossédée du journal ». En outre, elle dénonce « l’attitude autoritaire et arrogante de la direction » et dresse un constat sans appel : « Un an après l’arrivée de Nicolas Demorand, la greffe n’a pas pris ». Communiqué de l’équipe de Libération (2 avril 2012).

La liste des griefs est longue : Des « Unes » racoleuses qui tantôt défigurent Libération, tantôt vont à l’encontre des valeurs qui ont toujours été les siennes. De pseudos événements basés sur des interviews et non sur des reportages et enquêtes. Un traitement éditorial partisan en matière politique, qui semble inféoder le journal au PS. La mise à l’écart de continents entiers du journal, comme le social, l’environnement, l’immigration. Des embauches de cadres répondant à une logique discrétionnaire, sur fond de précarisation croissante des pigistes. Des divergences évidentes au sein de l’équipe de direction qui conduisent à la confusion tant rédactionnelle qu’organisationnelle.

À la rentrée 2012, Nicolas Demorand rejoint RTL, où il débat notamment avec d’autres chroniqueurs dans le cadre de la campagne présidentielle de 2012. Il intervient également ponctuellement lors de l’émission On refait le monde de Christophe Hondelatte. Il intervient aussi comme chroniqueur sur Canal + dans le Supplément à la rentrée 2012.

Après un bond de 9,5% sur un an grâce à la campagne présidentielle de 2012, les ventes de Libération chutent de 15% en deux ans ; la vente au numéro en kiosque reflue, quant à elle, de 30%. Le 27 novembre 2013, la rédaction vote à 89,9% une motion de défiance contre le plan d’économie de trois à quatre millions d’euros que propose Nicolas Demorand à la demande des actionnaires du journal. Il comprend la révision des accords sociaux des journalistes. Le mouvement se durcit : une grève est entamée le 6 février 2014, et les salariés demandent pour la troisième fois le départ de Nicolas Demorand. Le 8, ils publient une Une opposée à la diversification de Libé : « Nous sommes un journal. Pas un restaurant, pas un réseau social, pas un espace culturel, pas un plateau télé, pas un bar, pas un incubateur de start-up ». Le 13 février 2014 Nicolas Demorand quitte Libération devenue ingouvernable.

À la rentrée 2014, il revient sur France Inter. Tous les soirs de 18 h 15 à 19 h il anime « Un jour dans le monde », puis à l’été 2015 il présente « Homo Numéricus » le dimanche entre 13 h 20 et 14 h; cette émission est consacrée au monde numérique. A la rentrée 2015, il présente toute la tranche 18 h – 20 h avec Mickaël Thébault en reprenant également la présentation du « Téléphone sonne ». A la rentrée 2016, il présente l’émission politique « Agora » à la place de Stéphane Paoli, tous les dimanches de 12h à 14h. Il intervient aussi sur la chaîne d’information continue de l’audiovisuel public France Info, depuis le studio 221 de la Maison de la Radio, au titre de la contribution de Radio France à la chaîne, qu’elle finance pour 3,5 millions d’euros.

Parcours militant

Publications

Collaborations

Il est membre permanent du Jury des prix littéraires, depuis 2011

À la rentrée 2016, il présente sur France 3 « Drôle d’endroit pour une rencontre », le vendredi en alternance avec Marc-Olivier Fogiel.

Ce qu’il gagne

Il l’a dit

« Je crois très, très fortement aux valeurs du service public dans les médias », disait-il. On a des médias qui sont aujourd’hui sous différentes influences, qu’elles soient économiques, politiques, financières. On s’aperçoit que ça complique le travail des journalistes. Les antennes de service public radio sont extrêmement importantes dans le paysage. C’est un autre rapport au contenu, au temps de parole, à l’agenda médiatique. C’est un espace de liberté. », Ozap, 2006.  

«  Je n’ai pas de réseau, je ne suis pas un journaliste politique », Médias n°11, décembre 2006

« Mes parents viennent d’un milieu extrêmement modeste. Je n’appartiens pas à la grande bourgeoisie, aux héritiers, à la connivence sociale. » Le Monde, « Nicolas Demorand : entre deux ondes », 21 octobre 2008.

« J’invite Finkielkraut à la radio, car je préfère Dieu à ses saints, le modèle original aux déclinaisons. Finki, il creuse un sillon intellectuel qui est le même depuis le début. Il pense contre, c’est son fonds de commerce, et il y a un public pour ça. Penser contre, c’est aujourd’hui une part de marché. Ceux qui fustigeaient le consensus sont devenus les professionnels du dissensus, du contrepied. A l’inverse de ce qu’ils disent, ces gens sont installés : le martyrologe des pensées incorrectes, c’est un coup de génie marketing mais c’est désormais une vaste fumisterie, ils sont maintenant archi dominants » Les Inrocks, « Les squatteurs de médias », 11 juillet 2010

« Quant à 2012, rien n’indique à ce stade que les ouvriers, les employés et la partie la plus fragilisée des classes moyennes voteront à gauche. Bien au contraire : c’est Marine Le Pen qui, pour l’instant, rafle la mise. Une décennie pour rien. Bientôt dix ans après le lugubre 21 avril 2002, la gauche ne sait toujours pas comment renouer avec les classes populaires. (…) Que disent les socialistes ? Ils dénoncent, avec Martine Aubry et à juste titre, le redoutable jeu mis en place par Nicolas Sarkozy autour des thèmes identitaires, ses débats sur la nation et la laïcité qui suscitent les dérapages xénophobes, divisent la société française et, surtout, installent le FN au centre du débat politique. L’indignation républicaine de la gauche est nécessaire, mais après ? » Libération, « Audible », 10 mars 2011

« Lorsque j’étais étudiant à l’École Normale supérieure, j’avais l’immense ambition de devenir « zolien ». J’avais lu avec le même enthousiasme tous les romans de Zola et tous les classiques d’Henri Mitterrand, les travaux de Philippe Hamon, ceux de Jean-Pierre Leduc-Adine, ceux d’Alain Pagès. […] Ces lectures furent pour moi une école de journalisme. La dette que j’ai envers Zola est celle-ci : m’avoir permis de comprendre quel métier je voulais faire. M’avoir permis de comprendre l’utilité sociale et démocratique de la presse et du journalisme. M’avoir mis sous les yeux le fait qu’il n’y avait pas de contradiction radicale entre l’Art et la Presse, que l’un et l’autre avaient leur dignité particulière. Leur efficacité propre. » Allocution au pèlerinage littéraire de Médan, 03/10/2011

« J’avais alors comme désir d’écrire une thèse sur les écrits journalistiques de Zola. De l’Affaire Manet à l’Affaire Dreyfus. En analysant la manière dont le dessin de presse, dont Zola fut toute sa vie la cible, entrait en dialogue avec les écrits du Maître. J’aimais la violence de toute cette presse, ses positions tranchées, les campagnes virulentes, la rhétorique brutale de Zola. Ses dons de polémiste. Son engagement à gauche, voire à l’extrême gauche. J’aimais cette politisation généralisée de tout, quel que soit le sujet. J’admirais la manière dont Zola proclamait ses haines, ciblait ses ennemis…  », ibid.

« L’ensemble des pouvoirs, et à ce titre le pouvoir économique est aujourd’hui le plus puissant, ont les moyens de nous compliquer la vie de mille et une façons qui dans certains cas rendent presque impossible le travail journalistique. Si la presse peut sembler plus fade aujourd’hui, et elle l’est, en comparaison de celle du XIXe siècle, c’est à la fois parce que l’espace public est plus ritualisé, la démocratie plus solidement installée ; mais aussi parce que vous payez très cher le fait de sortir brutalement du rang. », ibid.

« L’âge du papier et tout ce qu’il implique du point de vue démocratique est en train de s’achever. L’âge du papier était celui qui permettait à des titres de presse de fédérer de puissantes communautés d’esprit et de lecteurs. De structurer l’espace public. D’organiser le choc des opinions démocratiques. De faire plier, à certains moments, la raison d’État. Aujourd’hui, ce monde est révolu. Si la presse écrite demeure qualitativement première par rapport aux médias audiovisuels, elle n’est plus le média dominant. Elle n’est plus capable de fédérer ces communautés de lecteurs. Sa voix porte moins loin, moins haut dans un monde où elle finit par être considérée non plus comme un outil irremplaçable de l’espace démocratique, mais comme un loisir. », ibid.

« (…) jamais l’extrême droite n’a été aussi forte en France. Ce qui donne à ce premier tour un air de 21 avril, pas aussi tragique qu’il y a dix ans, mais tout aussi inquiétant. Sinon plus. La France n’échappe pas au destin d’autres pays européens, où ces populismes «new look», dédiabolisés dans la forme mais toujours aussi nocifs sur le fond, trouvent un écho toujours plus large auprès des électeurs. Et entraînent les partis conservateurs dans leur sillage. Face à cette nouvelle donne politique, le choix est désormais clair : formuler des réponses au désarroi et à la colère de pans entiers du pays, sans céder sur ce que sont les valeurs de la République. Sortir des crises économique, sociale et morale par le haut en décrivant ce que peut être l’avenir du pays, au lieu de faire vivre le mythe d’une France qui ne survivrait qu’en se refermant sur son histoire, en ressassant son passé, en restaurant ses frontières. » Libération, « Écho », 22 avril 2012

« Après les «anti» et les «alter», voici les tenants de la «démondialisation» où se croisent l’extrême droite arc-boutée sur les frontières et la France d’avant ; des néo-colbertistes de la droite classique ; des souverainistes favorables à des barrières européennes ; un arc-en-ciel socialiste plus ou moins offensif ; une gauche de la gauche souhaitant lutter contre le dumping social, environnemental, fiscal dont se nourrit la mondialisation. (…) A tel point qu’elles sont reprises à droite, Nicolas Sarkozy plaidant avec vigueur pour une taxation des transactions financières, et à l’extrême droite avec Marine Le Pen qui espère récupérer par ce biais le vote des classes populaires. » Libération, « Arrogance », 7 avril 2011

« L’immigration arrive pourtant loin, très loin, dans la longue liste des sujets qui préoccupent vraiment les Français. Eux qui sont, de plus, largement favorables à ce que les étrangers votent aux élections locales. Mais ce sujet mineur passionne tellement Claude Guéant qu’il semblait important de noter que la xénophobie est désormais plus présente au sommet de l’Etat que dans le corps social. » Libération, « Indésirables », 29 novembre 2011

« La crise des banlieues, sociale, économique, territoriale, est au premier chef politique. La gauche étant au pouvoir, elle ne peut s’abriter derrière la rigueur budgétaire, les fins de mois difficiles, pour renoncer à agir et à mettre en œuvre des mesures qui ne coûtent rien d’autre que le courage de les prendre : régler la question des contrôles de police au faciès ; légaliser le cannabis ; donner le droit de vote aux étrangers non-communautaires. Soit désamorcer le racisme institutionnel, briser l’économie souterraine et élargir la définition de la citoyenneté. », Libération, « Préjugés », 8 janvier 2013

« Être patron de Libé, c’est passer son temps à chercher de l’argent pour faire les fins de mois, payer les salaires et les fournisseurs, et parfois embaucher des journalistes, ce que j’ai pu faire. Cela a été une très grosse partie de mon travail auprès des annonceurs, des mécènes, de la puissance publique, pour éviter que le journal ne mette la clé sous la porte. Ce qui a failli arriver à plusieurs reprises depuis trois ans. Cette PME est fragile, dans un secteur en crise, et manque chroniquement de capitaux. », Le Monde, 13 avril 2014.

On a dit à son sujet

«C’est au nom de la « Démocratie«  et de la « Transparence« , que l’animateur de la tranche matinale de France Inter, Nicolas Demorand, se présente comme le garant de la prise de parole des auditeurs dans l’émission « Inter-Activ«  : une parodie qui consiste en réalité à tendre un micro aux auditeurs pour le leur retirer dès qu’ils se l’approprient.  Demorand s’attribue 70% des questions qui sont en principe réservées aux auditeurs, il presse les auditeurs pour circonscrire leurs questions qu’il reformule régulièrement. Pourquoi ? Parce que le pouvoir d’un animateur est tel qu’il peut se comporter en propriétaire de l’antenne. Parce que, bien sûr, seul un vrai professionnel peut poser les « bonnes » questions et se montrer… « interactif« . » Acrimed, 18 février 2008.

« Muhlmann et Demorand n’entendent pas remettre en cause le système, seulement exploiter les marges de manœuvre existantes pour l’améliorer. Cette ambition circonscrite est dénoncée par la critique bourdieusienne des médias, d’Acrimed à PLPL, d’Henri Maler à Pierre Carles, lesquels n’y voient – en substance – qu’un nouveau conformisme de jeunes gens bien élevés aux convictions floues, gens de petits réseaux aux grandes ambitions personnelles », Libération, « Voix expresse », 22 avril 2008.

« Le jeune homme pressé est l’étoile montante d’Inter, apprécié pour son mordant, raillé pour son côté lisse », ibid.

« Nous avons interrompu les discussions avec lui. France Télévisions n’est pas une salle des ventes.  Les prétentions financières de Nicolas Demorand sont considérées comme obscènes sur le service public », Patricia Boutinard Rouelle, directrice des magazines de France 2, au sujet de l’arrivée de l’animateur sur France 2, Le Figaro, 23 juin 2008.

« De quelle démocratie Nicolas Demorand était-il le garant sur France Culture lorsque parmi les chroniqueurs qui l’accompagnaient (Olivier Duhamel, Alexandre Adler, Alain-Gérard Slama, Olivier Pastré et Marc Kravetz), tous étaient des partisans acharnés du « oui » au référendum sur le Traité constitutionnel européen ? Ou lorsqu’il faisait défiler dans son studio, pendant une semaine entière, uniquement des partisans du « oui » pour commenter la victoire du « non » à ce même référendum ? », Acrimed, 9 février 2009.

« Nicolas Demorand, le jour où je me suis fait virer, comme un petit Judas de sous-préfecture, m’a fait la bise et m’a dit : »Va à ton rendez-vous avec Laure [Adler, directrice de France Culture]. Il n’y a aucun problème ma poule, nous restons groupés. » J’ignorais pourquoi on devait rester groupés, je ne savais pas que j’allais me faire virer ; et après il a eu cette charmante attitude que j’ai bien connue en Argentine, qui consiste à regarder ailleurs pendant que les gens disparaissent. Les jeunes talents qui regardent ailleurs vont loin mais ils vont vides », Miguel Benayasag, chroniqueur dans les Matins de France Culture (animés par Nicolas Demorand), viré en mars 2004 pour ses chroniques trop engagées, au sujet de l’attitude de Demorand à son égard. Acrimed, 11 juin 2010

« D’ailleurs Demorand représente l’archétype du journaliste qui ne se pose pas de question, formaté par sa caste, issu d’une bourgeoisie très fière d’elle-même où dès la plus petite enfance le chemin est tracé et où tout doit couler de source », Agoravox, 10/1/2011

« Demorand incarne donc le journalisme à la française : un journalisme mou et souvent panurge. Un journalisme paresseux, qui ne cherche que très rarement l’investigation et accepte peu la critique. C’est un journalisme qui répète ce que raconte la presse écrite le matin, qui prépare en radio ce que diront les « 20 heures » TV du soir, et amplifie comme une caisse de résonnance, des affaires souvent rabâchées autant qu’inintéressantes. », ibid.

« Jeune encore, mais penseur polymorphe, pourfendeur des contraintes, hostile aux préjugés, il est en outre un antinazi courageux. La bête immonde, dont menace d’accoucher la société française, ne verra pas le jour, tant que veillera dans les couloirs des maternités infernales cette vigilante sage-femme experte en grossesse non désirée. Avec un micro ou au moyen d’une plume, il projette des postillons de morale postmoderne », Patrick Mandon, Causeur, 1er mars 2013.

« Entre petites lâchetés et gros échecs, la carrière médiatique de Nicolas Demorand devrait être en grande partie compromise : parti de France Culture pour France Inter en arguant que sa famille était « le service public« , il justifie son arrivée à Europe 1 en se disant « homme de radio« . C’est un échec. Et l’échec cuisant de son émission « C Politique » sur France 5 ne le fait pas dire – heureusement – qu’il était aussi un « homme de télévision« . Enfin, sa carrière à la tête d’un journal dont la plupart des salariés le conspuent semble présager qu’il n’est pas non plus un « homme de presse« , Acrimed, 11 décembre 2013.

Sa nébuleuse

Il est le meilleur ami du journaliste et animateur franco-marocain Ali Baddou.

Il est membre du club Le Siècle. Plusieurs membres de ce cercle d’influence l’ont engagé durant sa carrière, d’Alexandre Bompard (Europe 1) à Édouard de Rothschild (Libération). Le conseil de surveillance du journal Libération est présidé par Anne Lauvergeon (également membre du Club Le Siècle), les actionnaires majoritaires étant Édouard de Rothschild (membre du Club Le Siècle), Carlo Caracciolo (cofondateur de La Repubblica) et Bruno Ledoux (directeur du groupe Colbert).

Photo © Matthieu Riegler, CC-BY

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