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Eugénie Bastié

Le nouveau mousquetaire de la droite

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 07/05/2019

Née en novembre 1991 à Toulouse, Eugénie Bastié est journaliste au Figaro et à Causeur, rédactrice en chef de la revue Limite, et essayiste depuis peu.

Cette jeune jour­nal­iste, couram­ment qual­i­fiée de « réac­tion­naire », ou de « fille spir­ituelle » d’Éric Zem­mour, a gran­di à Pibrac, en Haute-Garonne. Son père est paysag­iste et sa mère médecin nucléaire au can­céropôle de Toulouse, elle est l’aînée de 5 enfants.

Sa plume acerbe, large­ment util­isée et relayée sur les réseaux soci­aux, se révèle au moment des débats sur le Mariage pour tous, en 2013. Elle est alors étu­di­ante à Sci­ences Po et écrit pour Causeur, la revue fondée par Élis­a­beth Lévy, avant d’effectuer un stage remar­qué au Figarovox, où elle est embauchée en 2015.

Son minois, ses yeux d’un bleu tran­chant et son sourire en coin, en font rapi­de­ment une « bonne cliente » des médias, qui s’interrogent sur le par­cours et les con­vic­tions de cette jeune fille, et mul­ti­plient invi­ta­tions en plateau et sujets sur le phénomène « réac » qu’elle incar­ne. L’insolence avec laque­lle elle répond à Jacques Attali sur le plateau de « Ce soir ou jamais », à qui elle coupe le sif­flet d’un : « le vieux monde est de retour, Mon­sieur Attali », est – pour l’instant ! — le point d’orgue des faits d’armes de cette jour­nal­iste engagée (« Ce soir ou jamais », 25 sep­tem­bre 2015 sur le thème : « Face à l’afflux de réfugiés, que faire ? Que penser ? »).

À not­er égale­ment, par­mi les faits d’arme du jeune « mous­que­taire Bastié » (« Néo-fémin­isme : le mous­que­taire Bastié fait mouche… Et porte l’estoquade », arti­cle de David Des­gouilles paru sur Causeur le 8 avril 2016), un entartage en règle par des mil­i­tants LGBT, au cours de l’enregistrement d’une émis­sion sur le fémin­isme, en novem­bre 2015.

C’est d’ailleurs par ses écrits sur la ques­tion fémin­iste qu’elle démarre une car­rière d’auteur, avec la paru­tion en 2016 d’Adieu Made­moi­selle, et en 2018 d’un sec­ond ouvrage, Le Porc émis­saire : Ter­reur ou con­tre-révo­lu­tion, sur le mou­ve­ment #Metoo.

Formation

Eugénie Bastié a passé sa sco­lar­ité dans un pen­sion­nat privé catholique. En 2009 elle entre à Sci­ences po Paris, dont elle sort diplômée en 2014. Elle est égale­ment tit­u­laire d’une licence de philoso­phie passée à l’Institut catholique de Paris.

Parcours professionnel

En par­al­lèle de ses études, Eugénie Bastié col­la­bore à Causeur à par­tir de 2013, pour lequel elle suit les débats liés au Mariage pour tous. Elle effectue ensuite un stage au Figarovox, le site « débats et opin­ions » du Figaro dirigé par Vin­cent Tré­mo­let de Villers. À l’issue de ce stage (2015) elle est embauchée par le nou­veau directeur des pub­li­ca­tions du Figaro, Alex­is Brézet. Cette col­lab­o­ra­tion se péren­nise dans le temps puisqu’elle devient en avril 2017 jour­nal­iste au ser­vice « Débats et opin­ion » du Figaro.

Elle fonde en 2015 avec Gau­ti­er Bès de Berc, Camille Dal­mas et Paul Pic­car­reta la revue Lim­ite, qui se dit d’ « écolo­gie inté­grale ». Elle en est la et rédac­trice en chef poli­tique.

Elle tient depuis 2016 une chronique dans l’émission His­torique­ment show de Patrick Buis­son sur la chaîne His­toire. Elle par­ticipe égale­ment à l’émission de LCI 24h Pujadas, et depuis jan­vi­er 2017 au Club de la Presse sur Europe.

Ce sont aus­si les nom­breux « buzz » médi­a­tiques dont elle est l’origine qui la font con­naître : sa pre­mière passe d’arme avec Jacques Attali dans Ce soir ou jamais et son entar­trage par des mil­i­tantes fémin­istes lors de l’émission Flashtalk ne sont que les pre­miers d’une longue série. Elle fait à nou­veau la une lors du mou­ve­ment #Metoo lors de l’émission de Léa Salamé sur France Inter lorsque la jour­nal­iste cite une phrase de son récent ouvrage, Le Porc émis­saire : « une main aux fess­es n’a jamais tué per­son­ne ». Mar­lene Schi­ap­pa lui adresse ses reproches sur Twit­ter dans les min­utes qui suiv­ent, de même qu’une de ses col­lègues de la revue Lim­ite. Elle rétropé­dale rapi­de­ment et déclare finale­ment « si je devais refaire le livre aujourd’hui, je n’écrirais plus cette phrase ». Quelques mois plus tard, en mars 2018, elle jus­ti­fie à l’antenne de Cnews les iné­gal­ités salar­i­ales entre hommes et femmes par le fait que ces dernières seraient « moins per­for­mantes au tra­vail » du fait de leur cycle. Le scan­dale ne se fait pas atten­dre.

Très présente sur Twit­ter, avec plus de 53 000 abon­nés en avril 2019, elle doit au réseau social un cer­tain nom­bre de « bad buzz » qui ont eux aus­si rapi­de­ment fait le tour de la toile. Elle tweete ain­si à la suite de la mort du lieu­tenant-colonel Arnaud Bel­trame lors de l’attaque ter­ror­iste du 23 mars 2018 « Ne jugeons pas trop vite cet homme en héros, il a peut-être mis des mains aux fess­es à Saint-Cyr ». Le trait d’humour, en référence à l’article de Libéra­tion de mars 2018 révélant des cas de « har­cèle­ment sex­iste » dans la célèbre école mil­i­taire (Guil­laume Lecaplain et Anaïs Moran, « Lycée Saint-Cyr : une machine à broy­er les femmes », Libéra­tion, pub­lié le 22 mars 2018) ne passe pas : la jour­nal­iste choisi de retir­er le jour même son tweet et pub­lie des excus­es le jour suiv­ant.

Parcours militant

Issue d’une famille gas­conne de la petite bour­geoisie, de ten­dance con­ser­va­trice et gaulliste, Eugénie Bastié n’a pas de par­cours mil­i­tant con­nu avant son engage­ment aux côtés de la Manif pour tous. Elle a déclaré elle-même avoir voté pour Nico­las Dupont-Aig­nan au pre­mier tour en 2012, et on peut qual­i­fi­er son envi­ron­nement poli­tique de con­ser­va­teur, sou­verain­iste et gaulliste.

Ses références intel­lectuelles sont Charles Péguy, Bernanos, ou le Pape François. Mais elle cite égale­ment Pasoli­ni, Simone Weil ou encore Mona Ozouf ou Han­nah Arendt. Elle s’érige dans son ouvrage Adieu Made­moi­selle en cri­tique de Simone de Beau­voir.

Elle répond sans ciller aux jour­nal­istes qui l’interrogent sur sa reli­gion et dit elle-même qu’elle va à la messe chaque dimanche, mais refuse d’en faire un éten­dard poli­tique en expli­quant que cela con­stituerait une forme de com­mu­nau­tarisme, ce qu’elle cri­tique.

Publications

Début 2016, Eugénie Bastié a pub­lié son pre­mier ouvrage aux édi­tions du Cerf. Adieu Made­moi­selle : la défaite des femmes est un essai cri­tique qui met en lumière les con­tra­dic­tions du néofémin­isme mod­erne, son échec et sa mis­ère. Ses cri­tiques lui reprochent de con­sacr­er un ouvrage entier à la cri­tique du fémin­isme en ne men­tion­nant la ques­tion des vio­lences faites aux femmes qu’au sujet des agres­sions de Cologne de 2016. La jour­nal­iste pointe en effet du doigt dans son ouvrage le silence des mou­ve­ments fémin­istes quant à la vio­lence nou­velle engen­drée par l’immigration de masse, mais aus­si par l’Islam rad­i­cal.

Elle pour­suit sa cri­tique du fémin­isme con­tem­po­rain avec la pub­li­ca­tion en 2018 d’un sec­ond ouvrage, Le Porc émis­saire : Ter­reur ou con­tre-révo­lu­tion, égale­ment aux édi­tions du Cerf. Il s’agit d’un essai cri­tique sur le mou­ve­ment #Metoo. Elle y dénonce le mécan­isme de déla­tion à l’origine du hash­tag et y refuse les posi­tions qu’elle estime « vic­ti­maires » des mou­ve­ments fémin­istes sur la ques­tion des vio­lences faites aux femmes et s’inquiète d’une dérive puri­taine de ces mou­ve­ments.

Collaborations

En sep­tem­bre 2015, Eugénie Bastié lance la revue Lim­ite, en col­lab­o­ra­tion avec Gau­ti­er Bès de Berc, Camille Dal­mas et Paul Pic­car­reta deux amis. Elle en est est la rédac­trice en chef poli­tique.

Selon la descrip­tion de ses fon­da­teurs, Lim­ite, trimestriel de com­bat cul­turel, est « la revue de la jeune généra­tion chré­ti­enne, écol­o­giste, antilibérale et bio­con­ser­va­trice (qui) promeut une écolo­gie inté­grale, c’est-à-dire une écolo­gie envi­ron­nemen­tale, sociale, et humaine ».

Par­mi les col­lab­o­ra­teurs de cette revue, on y trou­ve plusieurs auteurs catholiques engagés, tels que Fab­rice Had­jadj, Richard de Sèze, Paul Pic­car­reta ou Falk Van Gaver.

Elle est avec Mar­i­anne Dura­no à l’origine d’un dossier spé­cial con­sacré au fémin­isme, paru dans le 8e numéro de la revue en octo­bre 2017. Elle y réu­nit Peg­gy Sas­tre, Nathalie Heinich, Hélé Béji, Eli­ette Abé­cas­sis, Nan­cy Hus­ton, Marie Jauf­fret, Iseul Turan et Isabelle Collin. Mar­i­anne Dura­no et Eugénie Bastié prof­i­tent de ce dossier pour lancer un appel à un « fémin­isme inté­gral » sous la forme d’un man­i­feste. Les deux femmes ten­tent de créer l’évènement en organ­isant en févri­er 2018 une soirée-débat inti­t­ulée « Osez le fémin­isme inté­gral » avec Thérèse Argot et Nat­acha Polony. L’évènement reste toute­fois peu relayé au-delà des sphères catholiques et anti-fémin­istes.

L’expression n’est d’ailleurs que peu reprise dans les médias, qui préfèrent par­ler, pour les plus indul­gents, d’« alter-fémin­isme » (Lucie Dela­porte, « Entre alter­fémin­isme et antifémin­isme, la droite tâtonne », Médi­a­part, pub­lié le 12 févri­er 2018), et pour les plus sévères de « fémin­isme iden­ti­taire ». Eugénie Bastié est ain­si classée dans le « fémin­isme néo-réac ou fémin­isme iden­ti­taire » par un arti­cle de L’Obs aux côtés de Thérèse Argot, Ludi­vine de la Rochère, Madeleine de Jessey, ou encore Agnès Mar­i­on, les Antigones et les Cary­atides (Marie Vaton, « D’Olympe de Gouges aux Effronté(e)s, plongée dans la galax­ie fémin­iste », L’Obs, pub­lié le 14 jan­vi­er 2018) Quelle que soit la désig­na­tion, elle s’inscrit en effet dans un courant cri­tique du fémin­isme large­ment relayé dans les média de l’ultra-droite, avec par exem­ple une par­tic­i­pa­tion aux côtés de Bérénice Lev­et, Solange Bied-Char­reton, Nat­acha Polony, Ingrid Riocre­ux, Mar­cel­la Iacub et Mar­i­on Maréchal au dossier du numéro 166 de la revue Ele­ments « Le Con­ser­vatisme au féminin », en juin 2017.

Ce qu’elle gagne

Non ren­seigné.

Elle l’a dit

À Jacques Attali, sur le plateau de « Ce soir ou jamais », le 25 sep­tem­bre 2015 : « L’immigration, c’est pas Eras­mus. L’immigration n’est pas une chance, c’est un drame , c’est une tragédie. Aujourd’hui l’Europe qui s’est con­stru­ite sur la dilu­tion du poli­tique, c’est-à-dire : on renonce à la poli­tique, on devient juste un grand super­marché ( … ) Le vieux monde est de retour, Mon­sieur Attali »

À Renaud Camus, au cours d’un échange en vers sur tweet­er : « Oserais-je l‘avouer ? Que le dia­ble m’emporte. / J’ai pour vous la ten­dresse qu’on a pour Don Qui­chotte. »

À pro­pos de sa pro­fes­sion : « Je con­sid­ère que le jour­nal­isme n’est pas un exer­ci­ce objec­tif, mais j’essaie d’être hon­nête intel­lectuelle­ment. »

À pro­pos du fémin­isme de Simone de Beau­voir : « J’admire Beau­voir, qui avait du génie dans l’erreur, comme Marx et Niet­zsche. Elle avait une puis­sance de pen­sée qui a boulever­sé les dogmes de l’époque. Mais cela s’est payé par un cer­tain nom­bre de dérives néofémin­istes, que Le Deux­ième Sexe con­te­nait déjà en germe. » (Inter­view à Causeur, 10 avril 2016).

A pro­pos du har­cèle­ment sex­uel, lors de l’émission de Léa Salamé sur France Inter en sep­tem­bre 2018 : « une main aux fess­es n’a jamais tué per­son­ne, con­traire­ment aux bonnes inten­tions qui pavent l’enfer des utopies », cita­tion tirée de son ouvrage alors à paraître Le Porc émis­saire : Ter­reur ou con­tre-révo­lu­tion.

Ils l’ont dit d’elle

« Eugénie Bastié, le nou­veau vis­age de la droite réac’ », selon le por­trait dressée d’elle par le Sup­plé­ment de Canal+, émis­sion du 17 avril 2016.

« Elle a un côté chip­ie, vous ne trou­vez pas ? », Élis­a­beth Lévy, répon­dant à Canal+.

« Eugénie Bastié est-elle l’étoile mon­tante de la réa­cosphère ? L’expression est aus­si laide que juste », d’après le jour­nal Libéra­tion, qui dresse son por­trait à l’acide dans son édi­tion du 18 mai 2016.

« La petite Zem­mour en pire », c’est le surnom que lui donne Jacques Attali depuis leur accrochage sur le plateau de « Ce soir ou jamais ».

Sa nébuleuse

Élis­a­beth Lévy : la rédac­trice en chef de Causeur con­stitue la pre­mière prise de con­tact d’importance d’Eugénie Bastié avec le monde médi­ati­co-poli­tique. Le style enflam­mé de cette chroniqueuse expéri­men­tée a sans aucun doute joué un rôle sur l’assurance dont a rapi­de­ment fait preuve la jeune jour­nal­iste débu­tante.

Jacques de Guille­bon : jour­nal­iste à Causeur au moment où Eugénie Bastié y entre ; il peut être con­sid­éré comme un « grand frère spir­ituel » d’Eugénie Bastié. Jour­nal­iste, essay­iste et auteur, Jacques de Guille­bon est un catholique engagé, antilibéral et de sym­pa­thie roy­al­iste. Il est, avec Fab­rice Had­jadj, le « par­rain » de la revue Lim­ite, qu’Eugénie Bastié fonde avec Paul Pic­car­reta, Gau­ti­er Bès de Berc et Camille Dal­mas. C’est Jacques de Guille­bon qui per­met à cette revue d’être éditée au Cerf, puis amène l’ouvrage d’Eugénie Bastié à ces mêmes édi­tions (« Adieu Made­moi­selle ») où il tra­vail­lait alors.

Nat­acha Polony : comme son aînée, Eugénie Bastié est jour­nal­iste au Figaro, comme elle, elle est sou­verain­iste, et invitée sur les plateaux télévi­sion pour porter une voix « réac », ce qu’elle fait avec tal­ent et aplomb. Les deux femmes se sont naturelle­ment trou­vées à la rédac­tion du Figaro, et la pre­mière peut faire fig­ure de grande sœur pour la sec­onde.

Crédit pho­to : Twit­ter@eugeniebastie

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