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Michel Field

Du trotskysme à la superclasse mondiale

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 14/04/2016

Michel Field (pseudonyme) est né le 17 juillet 1954 à Saint-Saturnin-lès-Apt (Vaucluse). Il est le fils de Jacqueline Lévy et d’Erwin Feldschuh, un ouvrier autrichien réfugié en France après l’Anschluss.

Formation universitaire

Agrégé de philoso­phie. Pro­fesseur à l’École nor­male d’institutrices de Douai puis à l’École nor­male d’instituteurs de Ver­sailles. Enseignant dans les uni­ver­sités de Nan­terre et Vin­cennes à Saint-Denis.

Parcours professionnel

Décembre 2015

Il est nom­mé directeur exé­cu­tif de l’information de France Télévi­sions par Del­phine Ernotte, en rem­place­ment de Pas­cal Golom­er. Michel Field a fait con­sen­sus, il fal­lait selon Le Monde, « une fig­ure nou­velle, non mar­quée par les rival­ités entre France 2 et France 3, ni par les affron­te­ments avec les syn­di­cats sur le pro­jet de fusion. » Car cet « homme de réseaux, agi­ta­teur d’idées » est une « pièce impor­tante de l’équipe Ernotte [la prési­dente de France Télévi­sions] depuis sa con­sti­tu­tion. » Et en vue de l’élection prési­den­tielle de 2017, Michel Field a l’avantage de réc­on­cili­er la droite et la gauche, avec une image de gauche auprès du grand pub­lic il cul­tive une ami­tié avec l’ancien prési­dent de la République, Nico­las Sarkozy.

Depuis son arrivée sur­prise décem­bre 2015, selon Le Parisien, « le nou­veau patron de l’info de France Télévi­sions, a réus­si à s’attirer les foudres de ses rédac­tions. » Les jour­nal­istes de la rédac­tion dénon­cent pêle-mêle, l’arrêt du mag­a­zine « Des paroles et des actes », la refonte d’« Envoyé spé­cial » et une nou­velle émis­sion poli­tique pro­duite en externe à la ren­trée. Pour un jour­nal­iste « on n’a jamais vu un man­age­ment aus­si dés­in­volte. »

2015

Il prend la direc­tion de France 5. Il quitte Europe 1, LCI et la chaîne His­toire. Le cour­riel de Michel Field aux salariés de LCI : « Avant de quit­ter LCI la semaine prochaine, je voulais vous adress­er ces quelques mots. Je n’ai pas souhaité faire de ” pot de départ ” : ce rit­uel a pu être joyeux, mais sa répéti­tion ces derniers temps, dans le con­texte qu’on sait, laisse à chacun(e), je crois, un goût plus amer que savoureux. (…) Vous dire que j’ai passé dix ans avec vous, et que cette décen­nie restera comme une des plus belles expéri­ences pro­fes­sion­nelles que j’ai pu vivre, mal­gré les men­aces sur l’avenir encore incer­tain de la chaîne. » (lien)

Ani­me l’émission His­torique­ment show sur la chaîne de télévi­sion His­toire.

2008 à 2015

Il ani­me sur TF1 « Au Field de la nuit », un mag­a­zine cul­turel de 52 min­utes dif­fusé en troisième par­tie de soirée

2011 à 2012

Ren­dez-vous à l’hôtel en direct de l’hôtel Costes sur Europe 1.

2010 à 2011
  • Émis­sion quo­ti­di­enne Café décou­vertes sur Europe 1.
  • En 2005, il intè­gre LCI pour « Oui/Non », « Le Ring », « Le 17/20 ».
  • Depuis 1995, sur Europe 1, il ani­me la tranche 18h/20h, Écolo­gra­phie. Depuis sep­tem­bre 2007, il pro­pose avec Olivi­er Duhamel Médi­apo­lis, un mag­a­zine heb­do­madaire d’une heure où ils décor­tiquent les nou­velles rela­tions dans les médias et le monde poli­tique. Présen­ta­teur de Ren­dez-vous à l’hôtel en direct de l’hôtel Costes.
  • En 2000, Michel Field s’associe à Serge Kraïf, indus­triel dans le tex­tile (La Com­pag­nie de Cal­i­fornie), pour créer une des pre­mières télévi­sions sur le net, Alatele.com.
  • Il lance en 1997 sa pro­pre société de pro­duc­tion « Field Com­pag­nie SA » pro­duisant : « Pub­lic » pour TF1 (1997–1999), « Prise directe » (2000) France 3, « Ce qui fait débat » (2000), « Chante la vie chante » (2000), « Ban­des à part » TF6.
  • Ani­ma­teur « Généra­tion Europe 1 » (1995–1997).
  • Ani­ma­teur de « Décou­vertes » (1994–1995).
  • Présen­ta­teur de « Pas si vite », « L’Hebdo » (1994–1997), Canal+.
  • Présen­ta­teur de « La grande famille », Canal+.
  • Présen­ta­teur de « Le cer­cle de minu­it » (1992–1994), TF1.
  • Chroniqueur à « Ciel mon Mar­di ! » (1989–1992).
  • « Panora­ma » sur France Cul­ture (1984–1992).
  • Col­la­bore aux Nou­velles lit­téraires (1984–1985), Le matin de Paris, L’Autre jour­nal.

Parcours militant

Leader du mouvement lycéen contre la Loi Debré (1973)

« Le 14 mars [1973] se tient à Jussieu, amphi Guy de la Brosse,la pre­mière coor­di­na­tion nationale des comités con­tre la Loi Debré. Le mot d’ordre adop­té est celui de «rétab­lisse­ment et exten­sion des sur­sis», alors que l’AJS préfère ne s’en tenir qu’au sim­ple «rétab­lisse­ment», fidèle à sa ligne de «défense des acquis». La coor­di­na­tion parisi­enne est chargée de l’exécution des déci­sions, et un col­lec­tif de cinq per­son­nes est désigné en son sein. Il y a Pierre Morville pour Révo­lu­tion, Marc Rosen­blat pour l’AJS, et trois de la LC : Michel Field, Isabelle Alleton et moi-même. La LC [Ligue Com­mu­niste] impose Michel Field comme porte-parole médi­a­tique. » (germe-inform.fr)

Rouge

Col­la­bore à « Rouge » (en com­pag­nie d’Edwy Plenel, Patrick Rot­man et Hen­ri Weber) ten­ant la rubrique lycéenne sous les pseu­do­nymes de Beauchamp et Sat­urnin. Fonde la revue « Quel corps ! » avec Char­ly Naj­man et Jean-Marie Brohm en 1973.

Ligue Communiste Révolutionnaire

Adhérent à la « Ligue Com­mu­niste », au « Front Com­mu­niste » puis à la « Ligue Com­mu­niste Révo­lu­tion­naire ». En 1997, lors de son pas­sage à la chaine privée TF1, Alain Kriv­ine, alors porte-parole de la Ligue com­mu­niste révo­lu­tion­naire depuis sa créa­tion en 1969 et ami de Michel Field, expri­mait toute son admi­ra­tion à son ancien cama­rade trot­skyste : «  Le par­cours de Michel Field prou­ve que la Ligue sert à quelque chose… (…) Out­re “L’Hebdo” sur Canal, je retiendrai surtout son émis­sion-forum con­sacrée au CIP sur France 2, qui, selon moi, est le type même de la télévi­sion citoyenne et un grand moment de démoc­ra­tie. N’importe quel jour­nal­iste n’aurait pas pu réalis­er cela. Il faut avoir mil­ité et géré des assem­blées générales pour maîtris­er une telle émis­sion. (…) Même s’il n’est plus mil­i­tant de la Ligue, Field con­tin­ue à cul­tiv­er un fond de mil­i­tan­tisme de gauche, qu’il a traduit par exem­ple dans “L’Hebdo” en don­nant la parole aux sans-papiers. Je crois qu’il se bat pour des valeurs, et c’est sans aucun doute sa con­tri­bu­tion au débat démoc­ra­tique. C’est un très bon jour­nal­iste de télévi­sion, et je crois qu’en la matière ce devrait être la règle et non pas l’exception. » « Alain Kriv­ine : “un jour­nal­iste citoyen” (Le Monde, 01/09/1997).

Respon­s­able des Comités d’actions lycéens.

Publications

  • L’École dans la rue, Gras­set, 1973
  • Le Passeur de Les­bos, Robert Laf­font, 1984
  • Impasse de la nuit, éd. Bernard Bar­rault, 1986
  • Excen­triques, Bernard Bar­rault, 1987
  • L’Homme aux pâtes, Bernard Bar­rault, 1989
  • Con­tes cru­els pour Anaëlle, Robert Laf­font, 1995
  • Le Livre des ren­con­tres, Robert Laf­font, 2002
  • Le Grand Débat, Robert Laf­font, 2006
  • Le Starkozysme, édi­tions du Seuil, 2008

Collaborations

En 2012, par­ticipe à un clip con­tre l’abstention aux élec­tions prési­den­tielles, à l’initiative du mou­ve­ment Pluric­i­toyen lancé par l’historien François Dur­paire.

En 2005, il accepte « par fidél­ité et par ami­tié » d’animer un meet­ing de Nico­las Sarkozy en sou­tien au Traité con­sti­tu­tion­nel européen. (Serge Hal­i­mi, Les nou­veaux chiens de garde, nou­velle édi­tion actu­al­isée et aug­men­tée, p. 24)

En 2004, Michel Field assur­ait ses fins de mois « en se livrant à des ménages, moments de pro­mo­tions télévi­suels sur­réal­istes où un ani­ma­teur télé, ancien trot­skyste et agrégé de phi­lo se livre à un éloge incroy­able d’une bis­cotte de super­marché et des nou­velles modal­ités de pas­sage en caisse mis­es en place par l’enseigne Casi­no ».

En 1996, il sera l’un des qua­tre jour­nal­istes sélec­tion­nés par Claude Chirac, con­seil­lère en com­mu­ni­ca­tion de l’Élysée, pour inter­roger le prési­dent Jacques Chirac.

Ce qu’il gagne

-

Il l’a dit

« En tant que mil­i­tant révo­lu­tion­naire, nous pen­sons que nous chang­erons cette société, effec­tive­ment, parce que nous y serons con­traints par les gens d’en face par la force. Et nous pen­sons que la lutte armée n’est pas à exclure, à pri­ori. » Les Nou­veaux chiens de gardeDai­ly­mo­tion

Sa nébuleuse

Mem­bre du Club Le Siè­cleBakchich — Din­er du club “Le Siè­cle”

Les anciens trotkystes : Alain Kriv­ine, porte-parole de la Ligue com­mu­niste révo­lu­tion­naire depuis sa créa­tion en 1969, a bien con­nu Michel Field lorsque ce dernier était mil­i­tant de cette organ­i­sa­tion : « Le par­cours de Michel Field prou­ve que la Ligue sert à quelque chose… A part son pas­sage chez Decha­vanne, où il fai­sait le guig­nol, et où il m’a forte­ment déçu, j’estime qu’il s’est bien rat­trapé depuis sur France 2 et Canal Plus. Mais faire le clown est peut-être un pas­sage obligé pour faire de la télévi­sion… Ses mag­a­zines sont très intel­li­gents et pas du tout dégradants. Out­re “L’Hebdo” sur Canal, je retiendrai surtout son émis­sion-forum con­sacrée au CIP sur France 2, qui, selon moi, est le type même de la télévi­sion citoyenne et un grand moment de démoc­ra­tie. N’importe quel jour­nal­iste n’aurait pas pu réalis­er cela. Il faut avoir mil­ité et géré des assem­blées générales pour maîtris­er une telle émis­sion. Quant à son pas­sage sur TF 1, je crois que tout le monde est au pied du mur. Le prob­lème est de savoir si Field va pou­voir con­tin­uer à tra­vailler comme il l’entend, et si TF 1 va le tolér­er. Quoi qu’il en soit, rem­plac­er Anne Sin­clair est sans doute la meilleure des choses car “7 sur 7” était la car­i­ca­ture du débat poli­tique. Même s’il n’est plus mil­i­tant de la Ligue, Field con­tin­ue à cul­tiv­er un fond de mil­i­tan­tisme de gauche, qu’il a traduit par exem­ple dans “L’Hebdo” en don­nant la parole aux sans-papiers. Je crois qu’il se bat pour des valeurs, et c’est sans aucun doute sa con­tri­bu­tion au débat démoc­ra­tique. C’est un très bon jour­nal­iste de télévi­sion, et je crois qu’en la matière ce devrait être la règle et non pas l’exception. » Le Monde — 31 août 1997, « Michel Field au pied du mur TF1 Alain Kriv­ine : un jour­nal­iste citoyen ».

Ami de Patrick Buis­son, le con­seiller de Nico­las Sarkozy et ancien co-ani­ma­teur avec ce dernier de « Ques­tions qui fâchent » sur LCI : « Patrick Buis­son est un des rares intel­lectuels de droite. Un intel­lectuel organique de droite » Le Figaro — 29 mars 2012

Sonia Djal­lali : Pour le quo­ti­di­en Le Parisien, cette coor­di­na­trice auprès du directeur de l’information, Michel Field, est « surnom­mée la Régente ». Selon un jour­nal­iste anonyme, « elle est présente à toutes les réu­nions. C’est son émi­nence grise et elle a son oreille, mais on ne sait pas qui c’est. » Sonia Djal­lali est sa proche col­lab­o­ra­trice depuis plusieurs années, d’abord à LCI, puis à France 5 et main­tenant à France Télévi­sions.

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo ONPC/France 2 via Youtube

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