Un dossier exclusif sur Quotidien de Yann Barthès

Au moment où Claude Chol­let, directeur de la pub­li­ca­tion de l’Ojim, est mis en exa­m­en pour injures publiques, à la demande de Ramzi Khi­roun, Yann Barthès est sous les feux de la rampe pour d’autres raisons. Son émis­sion Quo­ti­di­en, déjà analysée par Valeurs Actuelles est l’objet d’un dossier com­plet et argu­men­té rédigé par l’Ojim. Pour le recevoir en exclu­siv­ité, rien de plus sim­ple : rejoignez nos dona­teurs (avec un reçu fis­cal de 66%) et vous recevrez ce dossier brûlant par retour. Pour nous soutenir c’est ici.

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Le gouvernement ne vendra pas son CUL aux médias

On s’en est payé une bonne tranche au Con­seil des min­istres du 22 août. À l’origine de la rigo­lade, le min­istre de la Ville, François Lamy, venu présen­ter son pro­jet de créa­tion de « con­trats urbains locaux » dans les ban­lieues sen­si­bles. Vic­torin Lurel, secré­taire d’État chargé de l’Outre-mer, a aus­sitôt rebon­di, sérieux comme un pape : « Bonne chance pour ven­dre médi­a­tique­ment les… CUL ». Et François Hol­lande, hilare, de tranch­er : « Oui, effec­tive­ment, remar­que judi­cieuse ». On s’est plus sage­ment rabat­tu sur les « Con­trats urbains globaux ». C’est plus facile à assumer, mais incon­testable­ment moins médi­a­tique…

L’islamisme modérément rigolo

Les islamistes n’ont décidé­ment pas d’humour. En Tunisie, une émis­sion satirique inspirée des « Guig­nols de l’info » a été inter­dite moins d’un mois après son lance­ment. Selon le syn­di­cat des jour­nal­istes tunisiens, la chaîne Ettoun­siya TV a cédé « à des pres­sions indi­rectes des autorités ». Les « Guig­nols » tunisiens s’en pre­naient apparem­ment trop dure­ment au pou­voir en place. D’après les rares jour­nal­istes osant encore s’exprimer, les « islamistes mod­érés » d’Ennada seraient en train de pren­dre le con­trôle des médias publics en nom­mant des proches à leur tête. Pour les médias privés, les men­aces con­stitueraient une alter­na­tive con­va­in­cante. Des méth­odes sans aucun doute « islamistes », puisqu’elles s’inspirent des Frères musul­mans, mais, il faut bien l’avouer, « mod­éré­ment » démoc­ra­tiques.

France Télévisions licencie à tour de bras…

C’est timide­ment que Rémy Pfim­lin, prési­dent de France Télévi­sions, a admis, le 30 août, qu’il y aurait sans doute « une réduc­tion des effec­tifs plus impor­tante que les 5 % prévus » pour la péri­ode 2011–2015. Selon les syn­di­cats, les licen­ciements pour­raient par­ti­c­ulière­ment frap­per France 3, engagée dans une réor­gan­i­sa­tion com­pliquée.

Une mau­vaise nou­velle qui arrive sur fond de querelle autour du rétab­lisse­ment de la pub­lic­ité en soirée sur les chaînes publiques. Le min­istre de la Cul­ture, Aurélie Fil­ip­pet­ti a claire­ment annon­cé que l’interdiction serait main­tenue. Or, sans recettes sup­plé­men­taires, Pfim­lin ne pour­ra pas boucler son bud­get. Et pas ques­tion d’augmenter la rede­vance ou de deman­der une sub­ven­tion au gou­verne­ment, qui vient de cri­ti­quer la mau­vaise qual­ité des pro­grammes. Autrement dit, Pfim­lin, fidèle sarkozyste, se retrou­ve coincé par le nou­veau pou­voir. En atten­dant d’être poussé vers la sor­tie.

Faveurs financières pour Le Monde et Les Inrocks ?

En don­nant à la banque Lazard man­dat pour con­seiller son min­istère sur la créa­tion de la Banque Publique d’In­vestisse­ment, Pierre Moscovi­ci a don­né lieu à soupçon de con­flit d’in­térêt où les médias représen­tent le cen­tre d’un pos­si­ble échange de (bons ?) ser­vices. Comme le mon­tre l’in­fo­gra­phie ci-dessous Matthieu Pigasse est le piv­ot de l’af­faire. La (fausse ?) protes­ta­tion d’Ar­naud Mon­te­bourg peut appa­raître comme un écran de fumée pour cacher une opéra­tion clas­sique : je te donne, tu me donnes.

Sondage Ifop-UMP : collusion entre médias et politiques ?

Le 25 juil­let, un sondage IFOP pub­lié dans L’Ex­press annonçait : « Les sym­pa­thisants UMP préfèrent les motions mod­érées aux droitières ». À la ques­tion de savoir pour la motion de quelle sen­si­bil­ité ils voteraient, s’ils le pou­vaient, les sym­pa­thisants plac­eraient en tête celle de la Droite mod­erne des libéraux emmenés par l’an­cien min­istre Luc Cha­tel (31%), juste devant celle des Human­istes de l’ex-pre­mier min­istre Jean-Pierre Raf­farin (29%).

Viendraient ensuite la Droite forte (18%), lancée par le sarkozyste Guil­laume Pelti­er. Presque bonne dernière, arriverait la Droite pop­u­laire (12%), dont le chef de file est l’an­cien min­istre Thier­ry Mar­i­ani.

Au total donc, les courants « cen­tristes » et libéraux de l’UMP récolteraient près de 60% des suf­frages ; et le mou­ve­ment ayant incar­né la « droiti­sa­tion » de Nico­las Sarkozy se retrou­verait aux pelotes. Exit, donc, la fameuse « ligne Buis­son ».

Cette analyse a été rapi­de­ment reprise par Le Monde et l’AFP, puis leurs con­frères, sans le moin­dre recul. Or, le résul­tat de ce « sondage » appelle plusieurs remar­ques :

Il est d’abord en con­tra­dic­tion avec ceux effec­tués durant les cam­pagnes prési­den­tielle et lég­isla­tives, où la majorité des sym­pa­thisants et adhérents de l’UMP se clas­sait très net­te­ment à droite, sur la fameuse « ligne Buis­son », du nom du prin­ci­pal con­seiller de Nico­las Sarkozy. Régulière­ment, les électeurs de droite se dis­aient majori­taire­ment favor­ables à des accords avec le Front nation­al. Et la Droite pop­u­laire sem­blait le courant le mieux placé pour répon­dre à leurs attentes (sources : lien 1, lien 2).

Com­ment expli­quer cet appar­ent revire­ment des « sym­pa­thisants » UMP annon­cé par L’Express, Le Monde et l’AFP – entre autres ?

Tout sim­ple­ment en regar­dant en détail com­ment l’IFOP a tra­vail­lé : « Ce sondage, nous dit l’institut, a été réal­isé par Inter­net du 10 au 24 juil­let auprès d’un échan­til­lon de 544 sym­pa­thisants de l’UMP ». Autrement dit, il s’agit d’un sim­ple coup de sonde sur Inter­net, avec toutes les lim­ites de l’exercice, et non d’un sondage effec­tué avec la rigueur habituelle, sur l’ensemble de la pop­u­la­tion, à par­tir d’un échan­til­lon dépas­sant 1 000 per­son­nes.

Ensuite, les son­deurs ont inter­rogé des gens se dis­ant « sym­pa­thisants » de l’UMP et non des adhérents – qui seront pour­tant les seuls à vot­er lors du con­grès.

À ce niveau de super­fi­cial­ité, on peut dif­fi­cile­ment tir­er des con­clu­sions per­ti­nentes de ce qui, dans le jar­gon spé­cial­isé, n’est même pas un « sondage », mais une sim­ple « con­sul­ta­tion ».

Il serait intéressant de savoir qui l’a commandée et s’il ne s’agirait pas d’un coup de communication émanant de certains « spécialistes » des relations publiques au sein de l’UMP.

Le but pour­rait être de con­solid­er une ligne « cen­triste » et libérale en prévi­sion du con­grès du 18 novem­bre. Et d’asphyxier l’incontrôlable Droite pop­u­laire.

Les médias qui ont don­né à cette con­sul­ta­tion la valeur d’un sondage ont fait preuve d’imprudence : ils lui don­nent une dimen­sion per­for­ma­tive : les adhérents de l’UMP, influ­encés par les com­men­taires des jour­naux « de référence » pour­raient bien caler leur vote en fonc­tion des prin­ci­pales con­clu­sions de qu’ils perçoivent comme une étude sérieuse. À ce stade, faut-il blâmer la légèreté des jour­nal­istes ou car­ré­ment leur col­lu­sion avec cer­tains poli­tiques ? Les analy­ses du poli­to­logue Alain Gar­rigou, L’ivresse des sondages, La Décou­verte, 2006 sem­blent par­faite­ment validées.

Paul Amar

PORTRAIT — Paul Amar est né le 11 jan­vi­er 1950 à Con­stan­tine (Algérie) de Charles (agent de la SNCF) et Julie Ghenas­sia. La famille sera rap­a­triée en 1961 et s’installera dans la région lyon­naise.

Gérard Gachet, victime de l’alternance

Ce sont les joies de l’alternance : le jour­nal­iste Gérard Gachet a été ren­voyé de la Délé­ga­tion à l’information et à la com­mu­ni­ca­tion de la Défense (DICoD), qu’il dirigeait depuis le début de l’année, après qua­tre ans passés à la direc­tion de la com­mu­ni­ca­tion du min­istère de l’Intérieur.

Con­nu pour son tem­péra­ment « droiti­er », l’ancien patron de Valeurs actuelles a été plac­ardisé et devient… délégué min­istériel à la Jeunesse. On sent qu’il va s’y amuser !

Le Monde : flagrant délit

Le quo­ti­di­en Le Monde, qui sou­tient claire­ment les insurgés syriens con­tre le régime de Bachar Al-Assad, se fait pren­dre la main dans le sac en page 3 dans son édi­tion du 29/30 juil­let 2012.

Une page entière est con­sacrée aux insurgés, à tra­vers deux arti­cles. D’abord un excel­lent reportage de Flo­rence Aube­nas, sur lequel il n’y a rien à redire. Les insurgés sont con­tre le régime et man­i­fes­tent aux cris de « Allah Akbar », rien de sur­prenant. On peut saluer l’hon­nêteté et le courage de Flo­rence Aube­nas, grand reporter de ter­rain.

Il n’en est pas de même pour un papi­er de tête signé Ben­jamin Barthe. La local­i­sa­tion du jour­nal­iste n’est pas indiquée (sur place, Paris, Bey­routh, ailleurs ?). Une chose est sûre, il com­mence très fort !

Citons l’entame du papier de Benjamin Barthe

« Sim­ple coïnci­dence ou sin­istre cal­cul ? Comme Moscou qui avait envoyé ses chars à lassaut de la Géorgie le jour même de la cérémonie douver­ture des jeux olympiques de Pékin, il y a qua­tre ans, en août 2008, Damas a déclenché son attaque con­tre Alep quelques heures après le lance­ment offi­ciel des olympiades de Lon­dres ».

Décryptage : en deux phrases, un jugement et un mensonge.

Le juge­ment est presque naïf. Qu’il y ait une sim­ple coïnci­dence ou un sin­istre cal­cul (art de l’insinuation, on n’affirme pas, on glisse le mot sous le tapis), il existe bel et bien un axe du mal : « Comme Moscou Damas». Le mal (– le sin­istre – Lit­tré : per­ni­cieux, dan­gereux, funeste) est désigné, c’est l’axe Russie-Syrie. La suite va per­me­t­tre de con­firmer l’existence du dia­ble.

Car suit le men­songe. Le lecteur non aver­ti com­prend : le jour de l’ouverture des précé­dents jeux olympiques la féroce Russie a envahi la pais­i­ble Géorgie. Mais, il y a un mais. Il y a men­songe par omis­sion (vous me copierez trois fois le code de déon­tolo­gie du Monde). Retour sur les faits, chronolo­gie en main. Le 8 août 2008 à 23h10, le gou­verne­ment GÉORGIEN informe le général russe com­man­dant les troupes russ­es en Ossétie du Sud, dans la cap­i­tale Tskhin­vali, de son inten­tion de rétablir « l’ordre con­sti­tu­tion­nel » PAR LA FORCE. Dans l’heure qui suit, une ving­taine de sol­dats russ­es sont tués. C’est l’engrenage que tout le monde con­naît, les forces russ­es inter­vi­en­nent, les troupes géorgi­en­nes sont écrasées, le 12 août Nico­las Sarkozy pro­pose sa médi­a­tion qui débouche sur un plan de paix signé le 15 août.

HISTORIQUEMENT C’EST BIEN LA GÉORGIE QUI A ATTAQUE UN TERRITOIRE – L’OSSÉTIE DU SUD – SOUS CONTRÔLE INDÉPENDANTISTE ET RUSSE DEPUIS 1992 (accords de Sotchi, signés par le prési­dent géorgien Édouard Chevard­nadze le 24 juil­let 1992).

L’article de Ben­jamin Barthe sous entend que Moscou était l’agresseur. Moscou qui aujour­d’hui sou­tient le régime mau­dit de Bachar Al-Assad. Dont les troupes vien­nent d’a­gress­er les insurgés d’Alep. CQFD : revoilà l’axe du mal qui vient per­turber une grande man­i­fes­ta­tion paci­fique et sportive suiv­ie par des mil­liards de per­son­nes. Car­ton rouge pour Le Monde et expul­sion tem­po­raire du ter­rain de la déon­tolo­gie jour­nal­is­tique !

Pho­to : cap­ture d’écran LeMonde.fr

Inrocks : Audrey Pulvar répond aux critiques

Pour Téléra­ma, l’ar­rivée d’Audrey Pul­var aux Inrocks « fait mal à la pro­fes­sion », tan­dis que l’heb­do­madaire Mar­i­anne regrette qu’une jour­nal­iste « alliée de la façon la plus intime qui soit avec le pou­voir, désignée pour diriger un organe du con­tre-pou­voir ». Répon­dant aux cri­tiques qui ont suivi l’an­nonce de sa nom­i­na­tion comme direc­trice édi­to­ri­ale de l’heb­do­madaire, la com­pagne d’Arnaud Mon­te­bourg a promis que Les Inrocks ne deviendraient pas un organe de pro­pa­gande du gou­verne­ment, et regret­té « l’idée archaïque » selon laque­lle elle pour­rait être « manip­ulée par son com­pagnon ». L’idée qu’elle pour­rait tout sim­ple­ment l’aimer et vouloir lui éviter des ennuis, en revanche, est-elle absol­u­ment ridicule ?

Audrey Pul­var dirig­era Les Inrocks avec le jour­nal­iste Arnaud Aubron en rem­place­ment de David Kessler, par­ti rejoin­dre le cab­i­net du prési­dent… François Hol­lande.

Pho­to : cap­ture d’écran Le Parisien

Audrey Pulvar : clash aux Inrocks

L’arrivée d’Audrey Pul­var, com­pagne du min­istre Arnaud Mon­te­bourg, au poste de direc­trice du développe­ment édi­to­r­i­al des Inrock­upt­ibles vient de provo­quer la démis­sion de Thomas Legrand, respon­s­able des pages poli­tiques du mag­a­zine.

Dans une inter­view don­née à Téléra­ma, il déclare : « Pour moi, c’était impos­si­ble de rester (…) For­cé­ment, elle aura des infos : si elle les dit, elletrahit son com­pagnon. Si elle ne les dit pas, elle trahit son jour­nal et sa con­di­tion de jour­nal­iste. (…) On ne peut plus être lu pour ce qu’on écrit. Tout sera for­cé­ment inter­prété ! On a juste­ment un arti­cle sur Mon­te­bourg, ce mer­cre­di. Et j’ai fait un édi­to très “anti” Mon­te­bourg. C’est le hasard, c’était prévu avant l’annonce de l’arrivée d’Audrey Pul­var. Mais vous voyez bien com­ment ça va être lu ! ».

Le jour­nal­iste estime ain­si qu’il y a « un gros malaise », au sein du ser­vice poli­tique du mag­a­zine avant d’affirmer « qu’il ne peut plus y avoir de traite­ment crédi­ble de la poli­tique aux Inrocks. »

Thomas Legrand écrivait pour Les Inrock­upt­ibles depuis sep­tem­bre 2010. Il col­la­bore égale­ment au site Slate.fr et par­ticipe régulière­ment au club de la presse du ven­dre­di du « Grand Jour­nal » sur Canal+.

L’écoute des podcasts radio progresse

Les audi­teurs de radio mon­trent un intérêt crois­sant pour l’écoute de la radio « en rat­tra­page » via les pod­casts, que ce soit par abon­nement ou en télécharge­ment à l’unité : ils sont près de 8 sur 10 à écouter les pod­casts téléchargés, con­tre 7 sur 10 il y a un an.

Menée pour la deux­ième année con­séc­u­tive, l’étude porte sur les com­porte­ments d’écoute des pod­cas­teurs, sur la base des sta­tions de radio mesurées par Médi­amétrie-eStat dans le cadre de la mesure des Pod­casts*.
Sur un mois, les pod­cas­teurs téléchar­gent en moyenne 15,5 pod­casts et en écoutent 12,1, soit 78% des pod­casts téléchargés qui sont écoutés. Cam­pagne prési­den­tielle, développe­ment de l’offre, et ancrage de cette pra­tique ont prob­a­ble­ment con­tribué à la pro­gres­sion de cette écoute par rap­port à 2011 : 69% des pod­casts téléchargés étaient écoutés.

Les plus adeptes des pod­casts sont les 25–34 ans, les Caté­gories Socio Pro­fes­sion­nelles Supérieures et les habi­tants de la Région Parisi­enne : les « pio­nniers » des pod­casts.

L’ordinateur : prin­ci­pal sup­port d’écoute des pod­casts… pour une écoute qui a le plus sou­vent lieu à domi­cile

Si les audi­teurs sont plus nom­breux à écouter leurs pod­casts sur un ordi­na­teur et à domi­cile, cette étude mon­tre égale­ment l’intérêt de l’offre en sit­u­a­tion de mobil­ité. Ain­si, les plus « gros con­som­ma­teurs » de pod­casts sont ceux qui les écoutent sur un télé­phone mobile – ils en écoutent en moyenne 17,2 par mois (con­tre 10 par mois chez ceux qui les écoutent sur un ordi­na­teur) – et ceux qui les écoutent en déplace­ment : 15,8 pod­casts écoutés en moyenne par mois (con­tre 10,8 par mois chez ceux qui les écoutent à domi­cile).

*Sta­tions étudiées : Europe 1, France Bleu, France Cul­ture, France Info, France Inter, France Musique, Le Mouv’ et RTL.

NRJ : première radio de France

Selon la dernière étude Médiamétrie, NRJ, radio musicale « jeune », détrône RTL en gagnant un point de part d’audience par rapport à la période avril-juin 2011 (11,7% de PDA contre 10,7%)*. Cette radio est suivie par 6,16 millions d’auditeurs contre 6,06 million pour RTL. Une performance qui est notamment à mettre sur le compte de l’émission « C’Cauet » qui progresse, sur une année, de 73%.

En début de sai­son, la radio musi­cale avait annon­cé son inten­tion de repren­dre le som­met du podi­um, qu’elle avait per­du depuis 2006 – péri­ode qui avait coïn­cidé avec l’intense actu­al­ité poli­tique de la cam­pagne prési­den­tielle pour 2007. Durant les années suiv­antes, NRJ n’avait jamais pu repren­dre le lead­er­ship. C’est désor­mais chose faite puisque Médi­amétrie révèle que, sur les mois d’avril à juin 2012, NRJ a, cette fois, dépassé tous ses con­cur­rents. Ce qui revient à con­stater qu’au cœur des cam­pagnes prési­den­tielles et lég­isla­tives, la radio la plus écoutée de France était celle des ado­les­cents et des fans de Cauet… Une grande leçon de mod­estie pour les jour­nal­istes poli­tiques !

Cet état de fait ne remet pas en ques­tion l’intérêt des Français pour la chose publique, puisque les qua­tre radios suiv­antes (RTL, France inter, France info et Europe 1) sont toutes des radios d’information ; mais il illus­tre peut-être une forme de las­si­tude face aux manières de ren­dre compte de l’actualité poli­tique.

Dans un pays où la droite et l’extrême droite réu­nies rassem­blent des scores élec­toraux plus élevés que ceux de la gauche, la con­tre-per­for­mance de RTL s’explique peut-être égale­ment par ses recen­trages con­stants depuis un an. À la fin de l’été 2011, la direc­tion avait annon­cé l’éviction de Robert Ménard, qui offi­cie depuis sur Sud-Radio. Le feuil­leton sur l’éviction ou la sim­ple plac­ardi­s­a­tion d’Éric Zem­mour a occupé une bonne par­tie du print­emps 2012, avant de se con­clure par une côte mal tail­lée . Une chose est sûre : cette perte d’audience de RTL implique des remaniements évi­dents de la grille de pro­gramme et la néces­sité de retrou­ver des snipers capa­bles de fidélis­er le grand pub­lic.

Le suc­cès de France Inter, qui s’in­stalle solide­ment — avec 11% de part d’au­di­ence con­tre 10,2% et 5,77 mil­lions d’au­di­teurs — à la troisième place, lui, sem­ble résul­ter du suc­cès de la mati­nale emmenée par Patrick Cohen ain­si que des nom­breux chroniqueurs, sou­vent mar­qués à gauche, qui per­me­t­tent de mari­er infor­ma­tion et diver­tisse­ment. Philippe Val, directeur général de France Inter, veut pour­suiv­re dans cette voie à la ren­trée.

France Info a réal­isé un très bon score avec, comme l’an dernier, 9% de PDA, ce qui peut être con­sid­éré comme un résul­tat sat­is­faisant, les Français ayant claire­ment pris, courant juin, leurs dis­tances avec la poli­tique, ain­si que le fort taux d’ab­sten­tion aux élec­tions lég­isla­tives l’a révélé.

Avec 8,7% de part d’au­di­ence, Europe 1 con­serve le même chiffre que l’an dernier. L’ennui, c’est que, pour crev­er ce pla­fond, la radio avait pro­fondé­ment renou­velé ses équipes en con­fi­ant la mati­nale à Bruce Tou­s­saint et en nom­mant Fabi­en Namias à la direc­tion de l’in­for­ma­tion. La vague de départs qui frappe actuelle­ment cette radio est révéla­trice d’une nou­velle crise. Après l’évic­tion d’Arlette Chabot, plusieurs jour­nal­istes quit­tent Europe 1 : Thier­ry Guer­ri­er, Guil­laume Cahour, Stéphane Grand, Patrick Fay et Cather­ine Boulay.

Enfin, le sondage Médi­amétrie révèle égale­ment une nette pro­gres­sion de RMC qui, avec 7,7% de PDA con­tre 6,7 % en 2011, se taille une hon­nête six­ième place. Un suc­cès qui s’explique, de toute évi­dence, par le ton « pop­uliste », hon­nête et sans con­ces­sion de la mati­nale de Jean-Jacques Bour­din. Les débats sportifs sur le foot­ball et sur le rug­by sem­blent égale­ment avoir attiré un nou­veau pub­lic. Ain­si que le note Le Figaro, « une petite radio s’in­vite désor­mais dans la cour des grands avec toutes les con­séquences que cela peut avoir sur le marché pub­lic­i­taire. » De quoi offrir bien des espoirs aux radios asso­cia­tives ou à celles qui osent une ligne édi­to­ri­ale tranchée et orig­i­nale.

* L’audience cumulée mesure le pour­cent­age des per­son­nes ayant écouté la radio au moins une fois dans la journée, tan­dis que la part d’audience tient compte de la durée d’é­coute.

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Qui a dit…

« Quand on est jour­nal­iste, on par­ticipe un peu à écrire l’his­toire » car « cer­tains faits devi­en­nent his­toriques ».

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