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Les versions françaises de Mashable et Buzzfeed mettent la clé sous la porte

2 septembre 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Les versions françaises de Mashable et Buzzfeed mettent la clé sous la porte

Après Buzzfeed France au début de l’été, c’est maintenant la version française de Mashable, lancée avec France 24, qui va fermer. Deux médias digitaux qui pâtissent de la réorganisation de leurs maisons-mères situées à l’étranger, autant que de problèmes franco-français de rentabilité.

Mashable change de modèle

Lancée en parte­nar­i­at avec France 24 en mars 2016, la ver­sion française de Mash­able emploie sept jour­nal­istes. Enfin employ­ait, puisque la ver­sion France ferme. Racheté par Ziff Davis en décem­bre 2017 pour 50 mil­lions de dol­lars – un cinquième de la val­ori­sa­tion du site – le pure-play­er améri­cain réori­ente son mod­èle économique vers le « com­merce affil­ié », c’est-à-dire des liens URL vers des sites parte­naires, l’éditeur touchant une rémunéra­tion à chaque clic.

Fondé en 2005, Mash­able se décline en France, Roy­aume-Uni, Inde, Aus­tralie et Asie. Le site revendi­quait un traf­ic de 45 mil­lions de vis­i­teurs uniques par mois, mais a chuté à 26 mil­lions de vis­i­teurs en 2018, notam­ment à cause du change­ment d’algorithme de Face­book qui met moins en avant ses contenus.

La ver­sion française, détenue à 50% par France 24, n’est « pas en phase » avec ce « change­ment de cap stratégique », indique une source interne citée par Les Échos. Une autre source interne avance cepen­dant des « raisons budgé­taires » pour jus­ti­fi­er la fin du site français. Les qua­tre employés en CDI devraient être reclassés au sein de France Médias Monde.

Buzzfeed se réorganise et ferme son site français

Comme nous vous l’annoncions en juin, Buz­zfeed pâtit aus­si du change­ment d’algorithme de Face­book qui a frap­pé au cœur sa démarche de monéti­sa­tion et ferme ses portes. Le pure-play­er se sépare de ses 14 jour­nal­istes français, tout en embauchant 45 per­son­nes ailleurs afin « d’apporter du sang neuf ». Il emploie actuelle­ment 1450 per­son­nes dans le monde.

Stéphane Jour­dain, rédac­teur en chef de l’édition française, a déclaré sur Twit­ter le 7 juin dernier, date de la ces­sa­tion d’activité de la ver­sion française : « On sort de qua­tre super mois en ter­mes de traf­ic et d’infos. @sayseal avait con­sti­tué une équipe géniale, hyper impliquée, des super grat­teurs que j’ai adoré diriger. C’est très triste ». Fin 2017, Buz­zfeed avait déjà licen­cié plus de 100 per­son­nes en Grande-Bre­tagne et aux USA pour des raisons budgétaires.

Le blog du Mod­éra­teur sig­nale entre autres que l’antenne française n’avait pas de régie pub­lic­i­taire : « En tant qu’annonceurs, nous avons déjà cher­ché à tra­vailler avec eux, mais il était impos­si­ble de faire du con­tenu spon­sorisé avec l’antenne française. Il était en revanche tout à fait pos­si­ble de tra­vailler avec Top­i­to, Kon­bi­ni ou Min­ute­Buzz sur ce même créneau de « médias à forte présence sociale ». La régie européenne de Buz­zFeed est située à Lon­dres et cen­tralise toutes les deman­des des annon­ceurs. Un fonc­tion­nement com­plexe qui empêche de pren­dre en compte les spé­ci­ficités des annon­ceurs locaux ». Et impacte for­cé­ment les revenus.

Mal­gré le tra­vail d’investigation dévelop­pé par Buz­zfeed France – par exem­ple sur les prob­lèmes de har­cèle­ment moral au sein du mag­a­zine féminin Causette, le site comme sa mai­son mère améri­caine est très dépen­dant de Face­book et de la monéti­sa­tion sur YouTube. Prob­lème : les deux ont bais­sé, et le mod­èle des Instant Arti­cles Face­book n’est pas suff­isam­ment rémunéra­teur non plus.

« Cet état de fait est assez dés­espérant tant Buz­zfeed est érigé en mod­èle de monéti­sa­tion web pour les médias », résume le Blog du Mod­éra­teur, qui s’interroge aus­si sur son posi­tion­nement. « On peut enfin se deman­der si Buz­zFeed avait une vraie place sur le marché français. Sa fer­me­ture a fait du bruit sur Twit­ter, mais on ne peut pas dire que cela ait mobil­isé les foules… Buz­zFeed était pris­on­nier entre une ligne « News » sérieuse, mais bien moins dévelop­pée qu’un média clas­sique, et des arti­cles « Top 10 », « Food », « Tu as moins de 30 ans si… », sans valeur ajoutée, et disponibles chez plein d’autres médias ». Et puis Buz­zfeed était un fab­ri­cant avéré de fauss­es nou­velles

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