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L’Instant M, petits moments d’informations entre amis

12 août 2020

Temps de lecture : 3 minutes
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L’Instant M, petits moments d’informations entre amis

Red­if­fu­sion esti­vale 2020. Pre­mière dif­fu­sion le 5 juin 2020

L’Instant M, c’est chaque samedi un petit quart d’heure d’informations sur l’actualité des médias, mené par Sonia Devillers. Son axe éditorial ? « Saisir au bond tout ce que réseaux sociaux et chaînes continues ont profondément bouleversé : le traitement de linfo, le poids des petites phrases et le choc des images. » L’idée n’est pas mauvaise en soi, sauf que l’émission est rarement dans cet axe. Celle qui a été diffusée le 23 mai 2020 en est presque une caricature.

L’OJIM se penche régulière­ment sur France Inter et sur L’Instant M. Par exem­ple, ici :

Évidem­ment, il ne s’agit pas de remar­quer ce qui, selon l’axe de l’émission pub­lié sur le site de France Inter, pour­rait con­duire à sur­veiller ce qui est dit durant ce quart d’heure, tout au con­traire puisque L’Instant M est déjà et par nature l’un des out­ils au ser­vice de toutes les lois de type Loi Avia du futur proche. Et de toutes les visions médi­a­tiques offi­cielles, comme France Inter en règle générale.

État partout, liberté d’opinion nulle part ?

Le 23 mai 2020, L’Instant M informe sur les médias. Mais pas n’importe lesquels : ceux de France Télévi­sions. C’est ain­si que l’invité de ce same­di-là est le directeur général de France Télévi­sions, Takis Can­dil­lis.

L’émission com­mence, pour faire bonne mesure, ou faire sem­blant, par une analyse des con­séquences du con­fine­ment et de la crise qui en découle sur le mod­èle économique, fondée sur la pub­lic­ité, des chaînes privées de télévi­sion. Au pro­gramme TF1, RMC, etc… Mais aus­si sur le mod­èle économique des chaînes par abon­nement. Con­stat : « Quand le con­tenu cor­re­spond à une attente, les gens sont prêts à pay­er ». Une notion très étrange que celle de « l’attente des gens » : qui, quand, quoi, com­ment se déter­mine-t-elle ? Qui sont « les gens » ? La preuve viendrait des abon­nements « pris en masse » sur cer­taines plate­formes comme Net­flix ou Dis­ney (il faut dire que le matraquage pub­lic­i­taire a été mas­sif, il faut le dire mais L’Instant M ne le dit pas). Cet accroisse­ment des abon­nements en ligne vaudrait aus­si pour la presse : ceux du New York Times auraient « explosé » durant le con­fine­ment, aux États-Unis. Et « selon les infor­ma­tions de l’émission, ce serait aus­si le cas du Monde et de Médi­a­part ». Des médias amis (il n’y en a pas d’autres qui ont gag­né des abon­nés ?), et au pas­sage une petite pub­lic­ité gra­tu­ite et ami­cale.

Médias publics et copinage bis

Du coup, le véri­ta­ble sujet arrive : que vont devenir les médias publics qui, eux, « ne dépen­dent que de la volon­té de l’État d’avoir un audio­vi­suel pub­lic fort ? ». Même Boris John­son voudrait main­tenant relancer la BBC. Bojo est rede­venu sym­pa… En France, pareil France 4 pour­rait-elle sur­vivre, tant la chaîne à per­mis de ranger les gamins devant Lum­ni, la chaîne qui propage la pro­pa­gande offi­cielle dans les étab­lisse­ments sco­laires ? Le rem­plaçant de Francetv édu­ca­tion. Out­re ce lien, taper Francetv édu­ca­tion dans le moteur de recherche de l’OJIM mon­tr­era com­bi­en les ressources recy­clées dans Lum­ni sont ori­en­tées.

L’entretien avec Takis Can­dil­lis ne vient en réal­ité par faire le point sur la sit­u­a­tion économique ou le mod­èle des chaînes publiques. C’est une forme de pub­lic­ité ou d’information : le directeur général déroule le pro­gramme qui vient, celui des prochains mois, avec titres d’émissions, noms de jeux, de séries, tout ce qu’il faut pour que cha­cun sache qu’il peut appuy­er sur sa télé­com­mande : L’Instant M, ce jour-là, c’est le Télé Loisirs de France Télévi­sions.

Sonia Dev­illers insiste : les pro­grammes repren­nent ! Le « frais » reprend ! Et la nou­velle grille sera mise en œuvre en jan­vi­er, que l’on se tienne prêt.

On par­le… « pro­duits frais » et « appro­vi­sion­nements » qui repren­nent, ce sont les mots pronon­cés. Voilà qui devrait inter­peller un min­istre de la cul­ture qui se respecte, en France.

On par­le aus­si de bien pren­dre en compte la « fonc­tion ludique » et « éduca­tive » : il faut que les écoles aient accès à des pro­grammes bien for­matés. Pas sur France 4, finale­ment, car la chaîne ne reprendrait pas for­cé­ment (Takis le laisse ample­ment enten­dre). C’est cela qui ne plaît pas à Sonia Dev­illers, qui eut bien aimé que France 4 pour­suive son audi­ence ridicule.

Finale­ment ? Une semaine de pré­pa­ra­tion, de salaires, de dépens­es au sein de France Inter pour… si peu. Que dit, qu’apprend L’Instant M sur les médias ? Rien, sinon que le monde qui doit être cen­sé­ment « réin­ven­té », selon les mots du prési­dent de la république, et donc l’être dans les chaînes et les radios d’État, sera le monde d’avant légère­ment accen­tué, avec plus de « pro­duits » en guise d’émissions et tou­jours plus d’outils de pro­pa­gande mis à dis­po­si­tion des enseignants.

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