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Censures en série sur les réseaux sociaux

17 septembre 2019

Temps de lecture : 4 minutes
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Censures en série sur les réseaux sociaux

Pendant une dizaine d’années, les réseaux sociaux ont joué le rôle de contre-poids aux médias de grand chemin et nombre de médias alternatifs se sont développés. Les médias dominants ont réagi en développant leurs versions digitales et en développant une campagne « anti fakenews », véritable rideau de fumée pour camoufler leurs insuffisances et surtout avant-garde des nouvelles censures. Tous les réseaux sociaux sont maintenant affectés et ce n’est qu’un début.

Facebook en tête

Quel respon­s­able de site inter­net n’a pas reçu un jour un char­mant mes­sage libel­lé comme suit : « Votre pub­li­ca­tion va à l’encontre de nos stan­dards de la com­mu­nauté. Ces stan­dards sont appliqués à l’échelle mon­di­ale et con­tribuent à faire de Face­book un lieu sûr et accueil­lant (sic) ». Stan­dards de la com­mu­nauté, quid ? Réponse, le bon vouloir d’un des trente mille (vous avez bien lu 30000) mod­éra­teurs de Face­book ou celui de son super­viseur ou du chef du super­viseur ou du chef du chef en l’espèce pour la France l’ex Sarko boy Lau­rent Sol­ly, ex directeur général de TF1, ancien directeur adjoint de la cam­pagne de Sarkozy en 2007, immor­tel pour sa déc­la­ra­tion (rap­pelée par Le Point) « La réal­ité n’a aucune impor­tance, il n’y a que la per­cep­tion qui compte » (Les Médias en servi­tude, Polemia ed). Le cama­rade Sol­ly et ses employés ont le coup de ciseau facile comme quelques exem­ples tout frais de l’été 2019 le démon­trent.

Votre Obser­va­toire a été vic­time du zèle des employés de Lau­rent Sol­ly. Résumons : nous pub­lions le 6 juil­let 2019 une tri­bune libre de lecteur sur Alain Duhamel ; le 22 juil­let, Face­book sup­prime tous les partages vers l’article et les rétablit 8 jours plus tard, le tout sans expli­ca­tions. Entretemps le site subit une attaque qui le paral­yse pen­dant 17 heures, sans plus de dom­mages. Un blogueur d’Ago­ravox qui avait relayé l’affaire le 1er août est à son tour vic­time de la cen­sure de Face­book le 24 août et il lui est impos­si­ble de partager son arti­cle sur le réseau social. Sim­ple aver­tisse­ment ?

Mais nous ne sommes pas les seuls. Le quo­ti­di­en Présent a été exposé par deux fois, directe­ment et à tra­vers un de ses col­lab­o­ra­teurs. Les mil­i­tants de Généra­tion iden­ti­taire (voir notre revue de presse sur le sujet ici) ont été con­damnés à de lour­des peines de prison suite à leur action inti­t­ulée « Defend Europe » dans les Alpes en mai 2018. Sans compter la pri­va­tion de leurs droits civiques et même famil­i­aux pour cinq ans. Ils iront en appel. Le 17 juil­let Présent fait sa Une sur le sujet en man­i­fes­tant son indig­na­tion pour une action menée sans vio­lences ni dépré­da­tions. Que pensez-vous qu’il arri­va ? Deux jours plus tard le réseau social sup­prime les liens vers l’article. Sans être cer­tain qu’il y ait une rela­tion entre les faits, deux semaines plus tard le compte Face­book de David Miège un des dessi­na­teurs de Présent est car­ré­ment sup­primé. Les deman­des d’explication sont suiv­ies d’une réponse admin­is­tra­tive et la plainte classée sans suite. Une cat­a­stro­phe pour un artiste qui perd un accès numérique à des cen­taines de ces dessins. Il a recréé un compte mais le mal est fait. De manière plus récréa­tive Face­book a cen­suré la cou­ver­ture du numéro de sep­tem­bre du men­su­el Causeur d’Élis­a­beth Lévy. La cou­ver­ture représen­tait une évo­lu­tion amu­sante de l’homme de Néan­derthal à l’homo fes­tivus sur sa trot­tinette, en pas­sant par un homo sapi­ens in nat­u­ral­ibus, donc tout nu. L’employé de Lau­rent Sol­ly a été choqué par une représen­ta­tion « de par­ties nues »…

La gauche rad­i­cale n’est pas épargnée. Un arti­cle très doc­u­men­té de Médi­a­part fin août 2019 sig­nale que de nom­breux sites d’extrême gauche (Lille insurgée, Bre­tagne noire, Cerveaux non disponibles, etc) sont vic­times des change­ments d’algorithme et per­dent de très nom­breux lecteurs. Tout se passe comme si le nou­veau pou­voir macronien et ses amis cal­i­forniens avaient décidé de couper toute dif­fu­sion de pen­sée non con­forme pou­vant s’exercer à leurs dépens.

Twitter et Google aussi

Que dire de la mésaven­ture arrivée à Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault ? Déjà vic­time de la créa­tion d’un faux compte Twit­ter en 2018, elle tweete de manière humoris­tique sur la pasion­ar­ia éco­lo Gre­ta Thun­berg, idole des médias, « Dom­mage que la fes­sée soit inter­dite, elle en mérit­erait une bonne ». Indig­na­tion du camp du Bien, men­aces de « cas­sage de gueule », men­aces de mort, sig­nale­ments et… Twit­ter sus­pend le compte. Elle en recrée un autre qui est sup­primé, et Twit­ter la fait chanter :

« Twit­ter me pro­pose un véri­ta­ble chan­tage : soit je sup­prime défini­tive­ment mon tweet sur Gre­ta Thun­berg et il appa­raî­tra sur mon fil que je recon­nais « avoir enfreint les règles de la com­mu­nauté », soit je fais appel et mon compte est totale­ment sus­pendu pen­dant l’examen dudit appel. Cela peut dur­er longtemps ! »

 Aux dernières nou­velles le compte Twit­ter de la députée est tou­jours sus­pendu. Et du côté de nos amis de Google, sont-ils plus ami­caux ? Le site bre­ton d’informations générales Breizh Info n’est pas de cet avis. Créé en 2013, le droiti­er Breizh Info a su se ménag­er une place envi­able dans un univers médi­a­tique bre­ton dom­iné par le géant macro­niste Ouest-France pour les médias dom­i­nants et par la gauche rad­i­cale sur la toile. Le site est con­sulté par près de 30000 vis­i­teurs chaque jour et est bien infor­mé sur la vie bre­tonne, poli­tique, économique et cul­turelle. Google actu­al­ités relayait le site (comme il le fait à ce jour pour votre Obser­va­toire). Jusqu’au 10 août 2019, jour où Google sus­pend le ser­vice sans expli­ca­tions. Le site s’informe, réponse « prob­lème tech­nique lié à votre évo­lu­tion de http à https » (les ini­tiés com­pren­dront). Puis deux­ième réponse après enquête « non-con­for­mité avec la charte de Google, vous avez 60 jours pour faire appel ». Entretemps la chute d’audience est sig­ni­fica­tive.

Loi Avia, le pire est à venir

Toutes ces cen­sures parais­sent « douces », il n’y a pas de mise en prison, pas de tor­tures, mais elles pavent le chemin à un total­i­tarisme mou qui atteint tous les étages de la société : édu­ca­tion nationale, uni­ver­sité, économie, médias, vie poli­tique. Petit à petit toute pen­sée non con­forme est mise avec soin sous le bois­seau du monde libéral lib­er­taire. Le tout au nom de la lib­erté bien sûr. La loi Avia dont nous vous par­lions le 15 juil­let 2019 prévoit de lour­des peines pour les réseaux soci­aux qui ne sup­primeraient pas dans les 24h les « dis­cours extrêmes ou de haine ». Au 15 sep­tem­bre 2019 la loi n’a pas encore été votée en deux­ième lec­ture, elle n’est donc pas encore appliquée. À ceci près que les réseaux soci­aux améri­cains s’entraînent un peu avant. Qu’en sera-t-il lorsque la loi sera pleine­ment en vigueur ? On le devine…

Procès Ramzi Khiroun contre Ojim/Claude Chollet : première audience le 7 octobre 2020

L’Observatoire du journalisme (OJIM), créé en 2012 par Claude Chollet et quelques amis, rentre dans sa neuvième année d’existence. En 230 portraits publiés, 30 infographies et plus de 4500 articles nous n’avions eu — jusqu’à présent — aucune plainte en justice. À la suite d’un article de 2018 où nous parlions du groupe Lagardère et de manière incidente sur deux lignes du porte-parole du groupe, Monsieur Ramzi Khiroun, ce dernier a porté plainte pour « injures publiques ». La première audience est fixée au 7 octobre 2020 à 13h30. Lire la suite

 

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Rudy Reichstadt

PORTRAIT — Omniprésent dans les médias, l’ambitieux Reich­stadt sait se ren­dre indis­pens­able, fort de l’expertise qu’il s’auto-attribue. Au même titre que celle des Décodeurs du Monde, dont il est le pen­dant, sa parole est d’or (c’est du plaqué) dès lors qu’il s’agit de sépar­er le bon grain de l’ivraie et d’éduquer les généra­tions futures…

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PORTRAIT — Véri­ta­ble caméléon poli­tique, Alexan­dre Adler a été tour à tour com­mu­niste, social­iste puis néo-con­ser­va­teur, favor­able à la guerre en Afghanistan et en Irak, par­ti­san du oui au référen­dum sur la con­sti­tu­tion européenne et sou­tien de Nico­las Sarkozy en 2007.

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De sa thèse d’histoire sur le fémin­isme aux nom­breuses biogra­phies qu’elle a con­sacrées, tout au long de sa car­rière, à des grandes fig­ures féminines, Lau­re Adler n’aura cessé d’être fascinée par les glo­rieux des­tins de femmes et, à sa manière, en aura incar­né un.