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Robert Namias

Le dernier chiraquien

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 17/02/2015

« Alter­na­tive­ment, le pays se nour­rit d’une pen­sée de droite et d’une pen­sée de gauche. Mais, sur 8 mil­lions de téléspec­ta­teurs, on a 1,3 mil­lion de lep­énistes. Ce n’est pas en mon­tant au créneau que l’on va résoudre le prob­lème. Dès que nous attaquons le Front nation­al, nous recevons des tonnes d’appel. Finale­ment le point prin­ci­pal, c’est la façon dont on analyse l’immigration. Il ne faut pas avoir peur d’expliquer que l’immigration est un prob­lème d’emploi », Libéra­tion, 1996.

Robert Lionel Namias, petit fils d’un juif apatride de Salonique, est né en avril 1944 à Paris. Il est marié à la productrice de télévision Anne Barrère, est père de deux enfants issus de son premier mariage, Fabien (ancien rédacteur en chef des services politique et économique de la rédaction de France 2, et actuel directeur général d’Europe 1), et Nicolas, sorti de l’ENA en 2003, actuel directeur de la stratégie de Natixis et nommé à Matignon en 2012 où il exerce le poste de conseiller technique auprès du Premier Ministre pour le financement de l’économie, les entreprises et les affaires économiques internationales.

Robert Namias est com­man­deur de la Légion d’honneur et de l’Ordre des Arts et Let­tre, il est égale­ment Offici­er de l’Ordre Nation­al du Mérite.

Formation

Robert Namias est tit­u­laire d’une licence de let­tres et d’un diplôme d’études supérieures en philoso­phie (Uni­ver­sité Paris 1 Pan­théon-Sor­bonne). Il a rédigé son mémoire de DES sur « la notion de classe chez Marx » (1967).

Parcours professionnel

Robert Namias a briève­ment enseigné la philoso­phie avant de se lancer dans une car­rière de jour­nal­iste sur les ondes radio de RTL.

1968–1969

Robert Namias entre à RTL en tant que rédac­teur et reporter.

1969–1982

Il rejoint la radio Europe 1 où il assure le poste de chroniqueur pour ensuite devenir en 1970 présen­ta­teur de jour­naux et finir par inté­gr­er le ser­vice poli­tique en 1971. En 1978, il devient rédac­teur en chef, poste qu’il assume jusqu’à son départ d’Europe 1.

En par­al­lèle à ses activ­ités radio­phoniques, Robert Namias donne des cours au CFJ durant sept années (1976–1983). Il sera égale­ment vice-prési­dent de l’école durant qua­tre ans.

1983

Tou­jours à Europe 1 il fonde, avec Benoit Clair (jour­nal­iste et écrivain), et Alexan­dre Mar­cellin, la radio parisi­enne : 95.2 FM.

1984

Robert Namias quitte Europe 1 pour la télévi­sion. Il ren­tre alors à FR3 en tant que jour­nal­iste pour un pro­gramme médi­cal ain­si qu’une émis­sion poli­tique « Face à la 3 ».

1986

Il intè­gre TF1 en tant que jour­nal­iste pour l’émission « Médecines à la une », pour ensuite devenir copro­duc­teur de « San­té à la une », rôle qu’il tien­dra jusqu’en 1994. Robert Namias est aus­si rédac­teur en chef et présen­ta­teur de « Une pre­mière » dès 1987.

1990

Il devient chef du ser­vice économique, vie mod­erne, arts et spec­ta­cles de TF1.

1991

Robert Namias est pro­mu directeur-adjoint de la rédac­tion de TF1. Cette même année, il devient égale­ment rédac­teur en chef du JT de 20 heures aux cotés de PPDA.

1992

Il devient directeur de la rédac­tion de TF1, un poste qu’il gardera jusqu’en 1996.

1994

La prési­dence de la com­mis­sion inter­min­istérielle con­sacrée à la vitesse et à la sécu­rité routière est con­fiée à Robert Namias. Une mis­sion qui don­nera lieu à un rap­port pub­lié l’année suiv­ante.

1996

Robert Namias est directeur de l’information. En accep­tant ce poste, TF1 espère ain­si met­tre un homme « pas trop poli­tique, (…) cen­sé laver TF1 de son attache­ment à Bal­ladur » à la tête de l’information (source : Libéra­tion).

2003

Il devient prési­dent du Con­seil Nation­al de la Sécu­rité Routière (CNRS). Pen­dant ce temps Anne Bar­rère, son épouse, est la con­seil­lère per­son­nelle de Bernadette Chirac dans l’opération « Pièces jaunes ».

2005

Robert Namias est nom­mé directeur-général-adjoint chargé de l’information de TF1.

2008

Robert Namias quitte la direc­tion de l’information de TF1 à 64 ans, rem­placé par Jean-Claude Dassier (directeur général de LCI). Au même moment, PPDA est évincé du 20 heures de TF1.

Cette même année Robert Namias rejoint Pub­li­cis Groupe en tant que con­seiller du prési­dent et vice-prési­dent de Pub­li­cis Con­sul­tants.

2009

Robert Namias crée une nou­velle radio d’informations dif­fusée avec les moyens tech­niques de Goom Radio (Wikipé­dia : bou­quet de webra­dios et radios numériques, prestataire de dif­fu­sion pour de grandes mar­ques désir­ant dévelop­per une webra­dio).

Il par­ticipe à l’émission « Les grandes voix d’Europe 1 » et est édi­to­ri­al­iste sur i>Télé.

2010

Il démis­sionne de Pub­li­cis.

2011

Robert Namias devient le PDG de l’hebdomadaire L’Hémicycle, un jour­nal d’actualité et de débat plu­ral­iste qui est ouvert à tous les courants poli­tiques. Dans celui-ci nous pou­vons retrou­ver en sig­na­ture des arti­cles : Michèle Cot­ta, Brice Tein­turi­er, Éric Fot­tori­no, Philippe tes­son, Bruno Jeudy. Il par­ticipe aus­si à la mati­nale de LCP.

2013

Le nom de Robert Namias com­mence à être évo­qué pour pren­dre les rênes du jour­nal Nice-Matin à la place d’Olivi­er Bis­caye. Finale­ment des désac­cords entre Benard Tapie et Robert Namias retarderont cette arrivée.

2014

Il devient le prési­dent du direc­toire et directeur des rédac­tions de Nice-Matin.

2015

Robert Namias est fait com­man­deur de la Légion d’Honneur.

Publications

« Vitesse et sécu­rité routière: Rap­port au Pre­mier Min­istre » – 1er mars 1995 de Robert Namias.

En 2011, Robert Namias con­fie vouloir écrire un ouvrage con­sacré aux médias et la com­mu­ni­ca­tion. Il déclare vouloir « tout dire », « tout des men­songes, manip­u­la­tions et autres tricheries dont le milieu de l’information fait l’objet ». Les inter­views sur ce futur ouvrage se suc­cé­dant, les infor­ma­tions égale­ment, « la cam­pagne prési­den­tielle de 2007 vue depuis un angle inédit ». Un ouvrage qui devait être édité par Plon mais n’a, sem­ble-t-il, jamais abouti.

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné.

Parcours militant

« L’ancien étu­di­ant soix­ante-huitard, recruté en 1969 à Europe 1, pour suiv­re les ques­tions uni­ver­si­taires, fon­da­teur de la sec­tion CFDT, a large­ment viré sa cutie », extrait du por­trait de Robert Namias effec­tué par le jour­nal Libéra­tion en 1996.

« En poli­tique, Namias a tou­jours su adhér­er à son époque. En 1974, à Europe 1, il se glis­sera sans états d’âme au coeur de la machine de guerre gis­car­di­enne dirigée par le “général” Éti­enne Mougeotte. Jeunes et ambitieux, Gérard Car­rey­rou, Jean-Claude Dassier, Robert Namias, Charles Vil­leneuve for­ment l’escadron des “cap­i­taines por­tu­gais” en référence à la révo­lu­tion des œil­lets qui se déroule alors à Lis­bonne », ibid.

« Robert Namias est par ailleurs éti­queté chi­raquien, alors que l’amitié entre Mar­tin Bouygues, prin­ci­pal action­naire de TF1, et le prési­dent Nico­las Sarkozy est notoire. Il a présidé le Con­seil nation­al de la sécu­rité routière à par­tir de 2003, au moment où Jacques Chirac avait fait de la lutte con­tre la vio­lence routière l’une des pri­or­ités de son quin­quen­nat. Et son épouse Anne Bar­rère était chargée de la com­mu­ni­ca­tion de l’ex-première dame Bernadette Chirac », Nou­v­el Obs, 2008.

Collaborations

En 2004, Robert Namias joue dans le film Les Parisiens de Claude Lelouch, où il inter­prète le rôle d’un patron de presse.

Il a dit

« Je suis pour la tolérance, et con­tre le racisme », Libéra­tion, 1996.

« Alter­na­tive­ment, le pays se nour­rit d’une pen­sée de droite et d’une pen­sée de gauche. Mais, sur 8 mil­lions de téléspec­ta­teurs, on a 1,3 mil­lion de lep­énistes. Ce n’est pas en mon­tant au créneau que l’on va résoudre le prob­lème. Dès que nous attaquons le Front nation­al, nous recevons des tonnes d’appel. Finale­ment le point prin­ci­pal, c’est la façon dont on analyse l’immigration. Il ne faut pas avoir peur d’expliquer que l’immigration est un prob­lème d’emploi », Libéra­tion, 1996.

« Les ami­tiés du prin­ci­pal action­naire de TF1 avec Nico­las Sarkozy, que je respecte, ne me regar­dent pas. Elles ne jouent en rien sur l’information », Le Monde, 2007.

« Per­son­ne n’y croit beau­coup à notre pro­jet de SCIC (Société Coopéra­tive d’Intérêt Col­lec­tif), tout le monde est scep­tique. Si on ajoute ceux qui espèrent qu’on se casse la gueule et ceux qui ne croient en rien, on n’a que peu de chances de réus­sir », inter­view accordée au jour­nal local Le Petit Niçois alors que Robert Namias vient juste d’arriver à la tête du quo­ti­di­en Nice-Matin, décem­bre 2014.

« Je n’ai de prob­lème avec per­son­ne. Nice-Matin doit être d’une indépen­dance totale et défini­tive. Nous n’agirons jamais sous la pres­sion des lob­bys. Si ça ne plaît pas aux hommes poli­tiques, tant pis pour eux. Par­ler de “con­nivence” en matière jour­nal­is­tique, c’est scan­daleux et insul­tant », inter­view accordée au jour­nal local Le Petit Niçois en réponse à la ques­tion « Quelle atti­tude avec le monde poli­tique ? », décem­bre 2014.

« À mon âge, je ne crains plus rien, ni per­son­ne », inter­view accordée au jour­nal local Le Petit Niçois, décem­bre 2014.

Ils ont dit

« “Robert est un beau par­leur, et c’est bien utile pour aplanir les prob­lèmes de la rédac­tion”, com­mente-t-on dans les hautes sphères de la chaîne (TF1) », Libéra­tion, 1996.

« Robert Namias, 52 ans, directeur de l’information, est mis en avant pour ten­ter d’édulcorer l’image de TF1. Vendeur de sens », ibid.

« Il est cen­sé laver TF1 de son attache­ment à Bal­ladur. Bon pro­fes­sion­nel, il a réus­si à faire pass­er la réor­gan­i­sa­tion de l’information sans trop de heurts », ibid.

« Rhé­torique et volte-face per­ma­nente : la méth­ode Namias est sim­ple », ibid.

Sa nébuleuse

  • Patrick Poivre d’Arvor, qu’il con­sid­ère comme un véri­ta­ble ami.
  • Éti­enne Mougeotte, jour­nal­iste, ancien vice-prési­dent du groupe TF1, ancien directeur des rédac­tions du Figaro et actuel directeur-général de Radio Clas­sique (depuis 2012).
  • Jean-Claude Dassier, ancien directeur général de la chaîne d’information en con­tinu LCI et prési­dent du club français de foot­ball Olympique de Mar­seille de 2009 à 2011.
  • Jacques Chirac et son épouse Bernadette Chirac.
  • Nonce Paoli­ni (ancien directeur général délégué de Bouygues Tele­com, actuel PDG du groupe TF1).
  • Bernard Tapie.
  • Le Club Aver­roes
  • Le Club de la Presse Méditer­ranée

Crédit pho­to : DR

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